HiFiMan Ananda Nano : Test d'un casque hifi accessible, un vrai intérêt face au gaming ?

Mathieu Vandenburie Publié par Mathieu Vandenburie
le 19 août 2026 à 09h35
Casque gaming ou casque hifi, le choix n'est pas toujours évident. Nous avons passé l'Ananda Nano de HiFiMan au crible pour voir ce qu'il a vraiment dans le ventre face au jeu vidéo.
HiFiMan Ananda Nano : Test d'un casque hifi accessible, un vrai intérêt face au gaming ?

Caractéristiques

  • Type : Casque Hi-Fi ouvert, transducteurs planaires magnétiques
  • Diaphragme : Épaisseur nanométrique, aimants furtifs (Stealth Magnets)
  • Impédance : 14 ohms
  • Sensibilité : 94 dB
  • Poids : 419 g
  • Connectique : Câble détachable 3,5 mm + adaptateur 6,35 mm
  • Prix : 330 €

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Contextualisation

On associe généralement le casque gaming à un microphone intégré, un son démonstratif et différentes fonctions pensées pour les joueurs. Pourtant, certains préfèrent se tourner vers des casques Hi-Fi, quitte à faire l'impasse sur une partie de ces fonctionnalités, dans l'espoir de gagner en qualité sonore. Mais est-ce réellement pertinent pour jouer ?

Si ce n'est pas notre premier essai, notamment avec le Meze 99 Classic qui nous a longuement accompagnés, nous profitons cette fois de notre collaboration avec HiFiMAN pour nous pencher à nouveau sur la question avec l'Ananda Nano.

HiFiMAN est un fabricant historiquement tourné vers l'audiophilie et spécialisé dans les casques à transducteurs planaires magnétiques. Contrairement aux haut-parleurs traditionnels, cette technologie repose sur une fine membrane mise en mouvement par des aimants. Plus légère et réactive, celle-ci permet notamment de restituer davantage de détails tout en limitant la distorsion.

L'Ananda Nano représente la troisième génération de cette gamme et reprend notamment le diaphragme à épaisseur nanométrique du Susvara, le modèle haut de gamme de la marque, afin de rendre cette technologie plus accessible. Le casque adopte par ailleurs une conception ouverte, qui laisse volontairement circuler l'air et le son à travers l'arrière des oreillettes. Contrairement à un modèle fermé, il n'isole donc pas complètement l'auditeur, mais offre en contrepartie une scène sonore plus large et un rendu généralement plus naturel, une approche encore assez peu courante dans l'univers du jeu vidéo.

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Présentation et déballage

Voici ce qui vous attend à l'ouverture de la boîte du HiFiMAN Ananda Nano :

  • Le casque HiFiMAN Ananda Nano
  • Un câble détachable 3,5 mm de grande longueur
  • Un adaptateur 6,35 mm
  • Une housse de transport rigide
  • La documentation

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À la première prise en main, notamment pour les non-initiés dont nous faisons partie, l'Ananda Nano surprend par son gabarit plutôt imposant, mais également par la sensation de solidité qu'il dégage. Nous devons toutefois l'avouer, son design ne nous a pas immédiatement séduits. Les oreillettes affichent une forme assez particulière, loin des codes esthétiques auxquels les casques gaming nous ont habitués, et peuvent donc dérouter au premier regard.

La structure de l'Ananda Nano inspire néanmoins confiance, avec un ensemble rigide et robuste. Les coussinets en mousse se montrent quant à eux agréables au toucher et suffisamment larges pour entourer complètement les oreilles. Le casque est également livré avec une housse de transport rigide, un accessoire particulièrement appréciable pour le protéger lors des déplacements ou simplement le ranger lorsqu'il n'est pas utilisé.

Enfin, le câble fourni se distingue par sa longueur généreuse et sa conception indépendante pour chaque oreillette. Il est ainsi possible d'inverser les canaux gauche et droit simplement en échangeant les branchements. Cette longueur reste toutefois à double tranchant selon l'usage, puisqu'un câble plus court aurait parfois été préférable pour éviter de le laisser traîner sur le bureau ou au sol.

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Confort et prise en main

Une fois posé sur la tête, le HiFiMAN Ananda Nano se révèle finalement confortable malgré ses 419 grammes annoncés. Le poids est plutôt bien réparti et ne pèse pas particulièrement sur le sommet du crâne, ce qui permet d'envisager de longues sessions sans gêne notable.

 

Le bandeau se montre toutefois plutôt rigide, tandis que le réglage en hauteur, indépendant pour chaque oreillette, repose sur des crans particulièrement fermes. À tel point que nous avons initialement pensé que le casque n'était tout simplement pas réglable en hauteur. Il faut en réalité maintenir fermement l'arceau tout en tirant progressivement sur les montants des oreillettes pour les faire descendre ou remonter. Une manipulation qui demande un petit temps d'adaptation, mais qui a au moins le mérite d'éviter tout mouvement intempestif une fois le réglage effectué.

Les oreillettes particulièrement volumineuses permettent à l'oreille de prendre entièrement place dans les coussinets, sans toucher leurs bords. Cette conception n'est toutefois pas forcément idéale pour toutes les morphologies. De notre côté, nous avons constaté que les coussinets ne plaquaient pas toujours parfaitement autour des oreilles, laissant parfois de petites zones suffisamment larges pour y glisser presque un doigt.

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Ce phénomène n'est pas réellement problématique pour le rendu sonore, le casque étant de toute façon conçu pour être ouvert, mais il peut avoir une incidence sur la sensation de maintien et de confort. Son gabarit généreux peut également poser quelques contraintes avec certains sièges gaming équipés d'un coussin de tête, notamment lorsque celui-ci est particulièrement volumineux. Une assise très enveloppante ou un dossier fortement baqué peut également accentuer le phénomène. Dans notre cas, lorsque nous étions bien au fond du siège, il arrivait que le casque entre en contact avec le coussin de tête lorsque nous tournions la tête.

L'Ananda Nano reste donc particulièrement agréable sur la durée, mais son gabarit imposant et son système de réglage méritent d'être pris en compte. Les personnes dont la morphologie s'éloigne des dimensions les plus courantes pourront notamment rencontrer davantage de difficultés à obtenir un maintien parfaitement ajusté.

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Une conception ouverte, donc des contraintes d'usage

Peu traditionnels dans le milieu gaming, mais largement répandus dans l'univers Hi-Fi, les casques à conception ouverte laissent passer les bruits ambiants et permettent également au son de s'échapper vers l'extérieur. L'Ananda Nano est donc avant tout pensé pour une écoute sédentaire, à la maison ou dans un environnement calme, plutôt que pour un usage nomade ou dans une pièce partagée.

Autre point intéressant, l'Ananda Nano se montre relativement facile à alimenter grâce à son impédance de 14 ohms. Il reste compatible avec un amplificateur ou un préampli, mais peut parfaitement fonctionner directement sur un équipement classique.

Nous l'avons ainsi utilisé aussi bien sur la sortie casque de la carte mère de notre PC, sans amplification dédiée, que sur une Nintendo Switch 2. Dans les deux cas, nous avons obtenu un niveau d'écoute suffisant et un rendu qui nous a semblé très proche d'une source à l'autre. Bien sûr l'absence de dongle dédié et de Bluetooth empêchera l'utilisation avec un périphérique sans prise jack 3.5 ou même un smartphone récent. 

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Qualité sonore

Pour entrer dans le cœur du sujet, et sans nous considérer comme des audiophiles, nous avons testé le casque avec différents types de contenus, tout en le comparant aux solutions gaming que nous avons l'habitude d'utiliser et de tester sur le site. Sur le plan sonore, le HiFiMAN Ananda Nano privilégie davantage la précision et l'équilibre que les sensations immédiates.

Cela se ressent notamment dans les basses, qui restent plutôt timides sans pour autant être absentes. Le casque profite d'un spectre sonore ample, avec des graves suffisamment présents pour donner du corps aux explosions, aux bruits de pas et aux différents effets sonores en jeu. Ils restent néanmoins moins marqués que sur certains casques gaming, notamment lorsqu'il s'agit de musiques ou de contenus particulièrement exigeants dans les basses fréquences. Le rendu paraît ainsi plus naturel et moins appuyé, mais aussi plus fluide dans son ensemble.

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Les médiums et les aigus occupent davantage le devant de la scène. Les voix ressortent clairement et les différents détails sonores sont faciles à distinguer. Cette précision participe beaucoup à la sensation de définition du casque, même si elle pourra sembler un peu plus présente pour les personnes habituées à une signature sonore plus chaleureuse.

C'est toutefois la spatialisation qui constitue l'un des véritables points forts de l'Ananda Nano. Les différents sons sont bien séparés et facilement identifiables, tandis que la sensation d'espace apportée par la conception ouverte se montre particulièrement appréciable en jeu. On perd certes les basses profondes que certains recherchent pour renforcer les sensations, mais on gagne en parallèle en lisibilité et en naturel.

Cette approche se retrouve enfin dans la gestion du volume. Le rendu sonore ne gagne pas énormément en puissance lorsque l'on pousse le casque, ce qui permet de conserver une écoute propre sans chercher à tout prix à faire monter la pression sonore. Cela peut toutefois se montrer frustrant lorsque l'on souhaite davantage s'immerger dans une musique ou un jeu. Avec une conception ouverte, augmenter fortement le volume profite également à l'entourage, qui entend alors lui aussi une partie de ce que vous écoutez.

Et pour le jeu vidéo dans tout ça ?

L'utilisation gaming reste évidemment le cœur de cet article. Après tout, quel intérêt de se tourner vers un casque Hi-Fi pour jouer s'il ne parvient pas à offrir une expérience à la hauteur ? Avant de nous pencher sur son rendu, un point mérite toutefois d'être précisé. Contrairement à la plupart des casques gaming que nous testons, HiFiMAN nous a recommandé de procéder à un temps de rodage avant de profiter pleinement de l'Ananda Nano. Nous avons donc multiplié les heures d'écoute à volume modéré avant de tirer nos conclusions définitives.

Une vraie différence sur les jeux immersifs

Nous avons alterné entre League of Legends, Palworld et Clair Obscur: Expedition 33, sans oublier quelques sessions de séries et de musique. Sur League of Legends, le rendu se montre agréable et permet notamment de bien distinguer la musique d'ambiance des effets sonores liés aux sorts. Palworld se montre plus anecdotique dans cet exercice, son univers sonore nous ayant moins permis de mesurer les qualités du casque.

C'est finalement sur Clair Obscur: Expedition 33 que l'Ananda Nano nous a le plus convaincus. La large scène sonore et la bonne séparation des différents éléments mettent particulièrement en valeur les ambiances et la bande-son du jeu. Sans chercher à accentuer artificiellement les effets, le casque offre une restitution plus naturelle qui laisse davantage de place aux musiques et aux détails sonores. Une approche particulièrement pertinente sur ce type d'expérience, où l'ambiance participe autant à l'immersion que les effets sonores eux-mêmes.

Un casque Hi-Fi qui assume ses choix

Cette orientation permet également de mieux comprendre le positionnement du produit. L'Ananda Nano ne dispose d'aucun microphone intégré, ce qui n'est évidemment pas un défaut compte tenu de sa vocation. Il s'adresse avant tout à ceux qui recherchent une immersion sonore privilégiant la précision, l'ampleur et la richesse du rendu. Pour les adeptes du multijoueur et des communications vocales permanentes, un casque gaming classique reste donc bien plus pratique.

La conception ouverte constitue également une limite dans certains environnements. Le casque laisse entrer les bruits environnants autant qu'il laisse sortir le son, ce qui le rend peu adapté aux pièces partagées et moins pertinent pour une utilisation en LAN ou en tournoi. À la maison, le bruit de votre environnement peut également facilement se faire entendre. Nous l'avons notamment constaté lorsque les ventilateurs de notre PC se mettaient à souffler davantage. Même si le jeu restait parfaitement audible, la ventilation devenait rapidement perceptible.

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Une alternative, plutôt qu'un remplacement

C'est finalement là que se trouve toute la différence avec un casque gaming classique. Ces derniers restent particulièrement pertinents à ce niveau de prix grâce à leur polyvalence, leur microphone intégré et leurs nombreuses fonctionnalités. Certains proposent d'ailleurs une excellente qualité sonore, mais avec une approche différente. L'Ananda Nano fait le choix inverse, en privilégiant la richesse de la scène sonore, la précision et un rendu plus naturel.

Le choix dépend donc avant tout de l'expérience recherchée. Pour un joueur qui alterne entre jeu, communication vocale et sessions compétitives, un casque gaming reste probablement la solution la plus cohérente. En revanche, pour profiter seul de jeux comme Clair Obscur: Expedition 33, ou pour quelqu'un qui utilise son casque aussi bien pour jouer que pour regarder des films et écouter de la musique, l'Ananda Nano prend davantage de sens. Il propose alors une expérience différente de celle d'un casque gaming, plus proche de l'approche recherchée en Hi-Fi.

Enfin, sa conception ouverte présente même un petit avantage dans le cadre d'un usage avec un micro externe. Il reste possible d'entendre naturellement sa propre voix sans avoir besoin d'activer un retour micro dans les oreillettes. Une caractéristique appréciable pour ceux qui souhaitent conserver une écoute immersive tout en évitant la sensation d'isolement propre aux casques fermés avec, comme premier exemple, les streamers et créateurs de contenu. 

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Conclusion

8 Le HiFiMAN Ananda Nano est avant tout un casque Hi-Fi, mais son rendu sonore précis, sa conception ouverte et sa large spatialisation lui permettent de trouver une vraie pertinence dans le jeu vidéo. Clair Obscur: Expedition 33 en est un très bon exemple, avec une bande-son particulièrement riche qui permet de profiter pleinement de ses qualités sonores.

À 330 euros, il ne s'agit toutefois pas de déterminer s'il est meilleur qu'un casque gaming au même prix. Ces derniers se montrent généralement plus polyvalents, notamment grâce à leur microphone et aux différentes fonctionnalités pensées pour les joueurs, tout en proposant une expérience sonore différente. L'Ananda Nano fait un autre choix et demande donc de savoir ce que l'on recherche réellement.

C'est finalement là que se trouve son intérêt. On ne choisira pas l'Ananda Nano pour sa polyvalence, mais pour profiter d'une expérience sonore différente de celle proposée par les casques gaming traditionnels. Il faudra alors accepter certaines concessions, notamment l'absence de microphone, les basses plus discrètes et la conception ouverte. En contrepartie, il offre une restitution précise et naturelle qui prend tout son sens sur les jeux où la musique, l'ambiance et les détails sonores occupent une place importante.
  • +Rendu sonore ample et naturel
  • +Spatialisation convaincante
  • +Très agréable sur les jeux solo et narratifs
  • +Construction robuste
  • +Housse de transport rigide fournie
  • -Basses en retrait face aux casques gaming traditionnels
  • -Conception ouverte peu adaptée aux environnements partagés
  • -Aucun microphone intégré
  • -Réglage du bandeau particulièrement rigide
  • -Gabarit moins adapté aux petites têtes

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