Pourquoi Rust ne tournera jamais sur Steam Deck (ou Steam Machine)

Corentin Rimbert Publié par Corentin Rimbert
le 21 novembre 2025 à 15h16
Les possesseurs de Steam Deck espéraient pouvoir emmener leur survie partout avec eux, mais Facepunch Studios vient de doucher ces espoirs. Le studio refuse catégoriquement d'adapter Rust à l'environnement Linux, invoquant un risque majeur pour l'intégrité du jeu.
Pourquoi Rust ne tournera jamais sur Steam Deck (ou Steam Machine)
C'est une nouvelle qui risque de décevoir une partie de la communauté nomade, mais qui rassurera sans doute les puristes de la version PC. Alors que le Steam Deck de Valve continue de séduire les joueurs par sa capacité à faire tourner des titres exigeants, le célèbre jeu de survie Rust ne rejoindra pas la liste des jeux compatibles. La raison invoquée par les développeurs n'est pas technique, mais sécuritaire : l'ouverture à Linux serait une porte ouverte aux tricheurs.

La fin des espoirs pour une version portable

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La discussion a été relancée sur Reddit à la suite de l'annonce de la Steam Machine, où un utilisateur demandait l'activation de Proton, la couche de compatibilité de Valve permettant aux jeux Windows de tourner sur SteamOS (basé sur Linux). La réponse d'Alistair McFarlane, directeur des opérations chez Facepunch Studios, a été sans appel. Le studio n'a aucune intention de supporter Proton ou Linux, considérant ces plateformes comme des vecteurs privilégiés pour le développement de logiciels de triche.

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Dans sa réponse, McFarlane explique que la maintenance d'une version Linux serait trop coûteuse en ressources par rapport au faible nombre d'utilisateurs légitimes. Il s'appuie sur des données historiques du studio :  « Il n'est pas prévu de prendre en charge Proton ou Linux. C'est un vecteur pour les développeurs de triche, et il serait mal maintenu par nous et l'EAC (Easy Anti-Cheat) en raison de la faible base d'utilisateurs. Lorsque nous avons arrêté le support de Linux, nous avons constaté qu'il y avait plus de tricheurs exploitant Linux que d'utilisateurs légitimes réels. »

Linux : le paradis des tricheurs ?

Le cœur du problème réside dans l'architecture même de Linux. Contrairement à Windows, ce système d'exploitation open source offre une flexibilité qui, si elle est appréciée des développeurs, facilite grandement la tâche des créateurs de hacks et de scripts malveillants. Pour Facepunch, lutter contre la triche sur Windows est déjà « une bataille sans fin ». Ouvrir un nouveau front sur Linux ne ferait que multiplier les problèmes sans apporter de bénéfice significatif à la majorité des joueurs.

Le dirigeant anticipe d'ailleurs les critiques récurrentes accusant les développeurs de paresse :  « Je sais qu'à chaque fois que je poste quelque chose comme ça, certains utilisateurs de Proton et de Linux nous traitent de paresseux ou de méprisants. La réalité est que combattre les tricheurs sur un seul front (Windows) est déjà un défi permanent. Ajouter d'autres fronts multiplie ce défi sans ajouter d'avantage significatif pour la base de joueurs plus large. »


Une question d'éthique commerciale

Une solution intermédiaire aurait pu être envisagée : autoriser l'accès via Proton uniquement sur des serveurs spécifiques ou « Premium ». Cependant, cette idée a été rapidement écartée par McFarlane pour des raisons éthiques. Le studio refuse de conditionner l'accès à une fonctionnalité technique à un achat supplémentaire, jugeant cette pratique injuste pour le consommateur.
Je pense que c'est des conneries totales de demander aux utilisateurs de Proton d'acheter le jeu puis 15 $ de DLC. Je serais furieux si on m'obligeait à faire ça.
En conclusion, si la philosophie du « ne jamais dire jamais » reste de mise dans l'industrie, voir Rust tourner officiellement sur un Steam Deck et sur la future Steam Machine semble aujourd'hui relever de l'utopie. Pour profiter du jeu dans des conditions saines et sécurisées, le PC sous Windows reste l'unique sanctuaire.

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