Le climat interne chez le géant de l'édition de jeux vidéo est décrit comme catastrophique. Suite aux récentes vagues de renvois et à la fermeture choc de BioWare, célèbre pour les franchises Mass Effect et Dragon Age, les témoignages d'employés se multiplient pour dénoncer des méthodes de gestion particulièrement rudes. Selon des sources anonymes citées par Vertical Slice, le processus de licenciement s'avère profondément perturbant et baigne dans un secret pesant. Il n'est pas rare que les salariés découvrent le départ de leurs collègues via des publications sur les réseaux sociaux professionnels.
Une vague de licenciements glaciale et déshumanisée
La méthode employée par la direction pour annoncer ces départs choque par son manque d'empathie. Les employés concernés sont convoqués à des réunions virtuelles où la discussion textuelle est désactivée et la liste des participants masquée. Cette approche empêche toute communication ou question, isolant totalement les travailleurs dans un moment d'une extrême vulnérabilité.
Faire plus avec moins face au mirage de l'intelligence artificielle
Le mal-être généralisé s'explique également par les nouvelles directives de la haute direction. Les équipes rapportent une injonction constante à faire mieux avec moins de ressources, une équation qui se traduit sur le terrain par une charge de travail inchangée répartie sur des effectifs réduits. Dans ce contexte tendu, les cadres dirigeants affichent un engouement démesuré pour l'intelligence artificielle générative, notamment l'outil Claude, suscitant l'incompréhension et l'amertume des développeurs.
Le moral est épouvantable. La direction nous répète de faire moins mais mieux, alors que nous faisons la même chose avec moins de monde.
Les managers présentent l'intelligence artificielle comme l'avenir incontournable de l'entreprise. Bien que son utilisation ne soit pas encore formellement obligatoire, la pression est telle qu'il deviendra bientôt presque impossible de travailler sans y recourir. Cette déconnexion entre les impératifs de développement et la vision des dirigeants creuse un fossé béant au sein de l'entreprise.
Les conséquences d'un rachat colossal
Il est impossible de dissocier cette crise interne de la récente privatisation d'Electronic Arts. Conclue en août dernier pour la somme astronomique de 55 milliards de dollars par un consortium incluant le Fonds public d'investissement d'Arabie saoudite, Affinity Partners et Silver Lake, cette acquisition a laissé des traces. L'éditeur a contracté une dette de 20 milliards de dollars et s'est engagé à réduire ses coûts annuels de sept cent millions de dollars. Une part importante de ces coupes budgétaires concerne directement l'optimisation organisationnelle, un terme pudique pour désigner des réductions d'effectifs.
Le constat final dressé par les équipes est amer et témoigne d'une rupture de confiance totale envers la hiérarchie. L'entreprise qui a fait rêver des millions de joueurs semble aujourd'hui se transformer en une machine purement financière, et l'avenir ne s'annonce pas forcément radieux, lorsque nous voyons comment a été traité BioWare, ses projets, et ses employés.
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