Ubisoft dévoile un bilan contrasté. Si l'éditeur français se félicite d'avoir atteint ses objectifs d'économies, le prix humain est lourd avec 1500 départs. En parallèle, Yves Guillemot confirme un virage massif vers l'IA générative et tease le retour de licences cultes.
L'industrie du jeu vidéo continue de traverser une zone de turbulences, et le géant français Ubisoft n'est pas épargné. Lors de la présentation de ses
derniers résultats financiers, l'entreprise a confirmé l'ampleur de sa restructuration interne. Ce plan de réduction des coûts, entamé il y a plusieurs mois, a eu des
conséquences directes et lourdes sur les effectifs, redessinant le visage de l'éditeur pour les années à venir.
Une cure d'austérité qui dépasse les objectifs
Les chiffres sont tombés et ils sont sans équivoque. Au cours des douze derniers mois,
Ubisoft s'est séparé de 1 500 collaborateurs. Le rapport précise que 700 de ces départs ont eu lieu depuis la fin du mois de mars 2025. Cette réduction drastique s'inscrit dans
une volonté d'économiser 200 millions d'euros sur les dépenses de base d'ici l'année fiscale 2026. L'éditeur annonce fièrement être «
en avance sur le calendrier et légèrement au-dessus de l'objectif » fixé initialement.
Pourtant, la diète ne semble pas terminée. Ubisoft regarde désormais vers l'avenir avec
l'intention de réduire encore ses coûts de 100 millions d'euros supplémentaires d'ici l'année fiscale 2027. Une stratégie financière agressive qui vise à redresser la barre après des performances commerciales en demi-teinte sur certaines productions récentes, mais qui soulève inévitablement des questions sur la stabilité des équipes de production restantes.
L'intelligence artificielle comme nouveau moteur
Alors que les effectifs humains diminuent,
l'investissement technologique, lui, s'accélère. Yves Guillemot, le PDG d'Ubisoft, a profité de cette allocution pour réaffirmer son amour pour l'intelligence artificielle générative. Pour le dirigeant,
il ne s'agit pas d'un simple outil d'assistance, mais d'un changement de paradigme majeur pour la création vidéoludique.
Nous faisons de grands progrès dans l'application de l'IA générative à des cas d'utilisation à forte valeur ajoutée qui apportent des avantages tangibles à nos joueurs et à nos équipes. C'est une révolution aussi importante pour notre industrie que le passage à la 3D. Et nous avons tout ce qu'il faut pour être en tête sur ce front.
Selon Yves Guillemot, toutes les équipes au sein des studios explorent désormais cette technologie, que ce soit pour la programmation, la direction artistique ou la qualité globale des jeux.
L'objectif est également d'améliorer l'expérience utilisateur, notamment via les Neo PNJ, ces personnages non-joueurs capables de dialoguer de manière plus naturelle, un projet sur lequel l'éditeur promet d'en dire plus avant la fin de l'année.
Prince of Persia et le retour de l'infiltration
Malgré ce contexte social tendu, Ubisoft doit sortir des jeux pour survivre.
Le calendrier pour l'année à venir confirme quatre titres majeurs. Les joueurs mobiles auront droit à Rainbow Six Siege Mobile et The Division Resurgence. Pour les joueurs PC et consoles, l'attente se cristallise autour du remake de
Prince of Persia : Les Sables du Temps, un projet maintes fois repoussé qui semble enfin voir le bout du tunnel.
Un quatrième titre mystère est également prévu. Si Ubisoft reste muet, les rumeurs insistantes pointent vers le très attendu remake de
Splinter Cell. Ce projet, en développement depuis un long moment,
pourrait viser une sortie pour le second semestre 2026, offrant enfin aux fans le retour de Sam Fisher après des années d'absence.
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