Nous avons eu l'occasion de tester Assassin's Creed Shadows, développé et édité par Ubisoft. Voici toutes nos impressions sur cet opus Assassin's Creed, qui met en scène deux personnages principaux et qui se déroule au Japon féodal.
Préambule
Nous avons joué à Assassin's Creed Shadows sur PS5, et donc avec la manette DualSense. Nous avons opté pour le mode Qualité, favorisant l'aspect graphique, et l'HDR activé, pour notre aventure aux côtés de Naoe et Yasuke. À propos de la difficulté, nous avons sélectionné le mode Normal, pour profiter d'une expérience équilibrée. Remarquons, pour finir, que nous avons choisi de jouer dans la langue japonaise, et avec les sous-titres français.

En ce qui concerne notre expérience sur la franchise, nous avons parcouru les différents opus parus après Assassin's Creed III (en dehors des titres considérés comme dérivés). Nous avions, d'ailleurs, grandement apprécié Odyssey et Mirage, alors que Valhalla nous est tombé des mains après quelques heures de jeu. Syndicate et Unity font également partie de nos meilleures expériences sur la franchise.
Assassin's Creed Shadows, très attendu et sujet à plusieurs controverses ainsi que report, est perçu par beaucoup comme l'ultime opportunité pour Ubisoft, qui traverse une période difficile depuis quelques mois. En effet, nombreux sont les fans qui attendent ce nouvel opus avec impatience. Certains nourrissent de grandes espérances, notamment en raison de la longue attente de la communauté pour un cadre japonais. Ces derniers espèrent que Shadows saura répondre à leurs attentes, en apportant de réelles innovations à la formule amorcée par Origins.
Assassin's Creed Shadows, un contexte de conflits et une quête plus que personnelle
La guerre fait rage
Assassin's Creed Shadows propose (enfin) une aventure se déroulant au Japon, et plus précisément au Japon féodal. Avec cet opus, Ubisoft livre une histoire dont les événements se déroulent dans la période Azuchi-Momoyama, entre 1579 et le début des années 1580.
Licence Assassin's Creed oblige, des faits et personnages historiques sont présents dans le titre. Sur ce point, remarquons que nous ne prétendons pas connaître l'histoire du Japon suffisamment. Ainsi, nous ne nous amuserons pas à pointer du doigt les exactitudes ou divergences entre les faits et la transposition d'Ubisoft dans Shadows. Nous laissons cela aux fins connaisseurs, qui débattront certainement sur ce point (bien que cela ait déjà été fait, ces derniers mois).
| Pour les férus de faits historiques ou les joueurs qui veulent en savoir plus à propos du pays et de ses coutumes, sachez que des éléments de codex sont à récupérer aux quatre coins de la carte et permettent, ainsi, d'accéder à des informations sur l'histoire et la culture japonaise de l'époque. |
De ce fait, et comme nous vous le disions, Assassin's Creed Shadows présente des personnages qui ont réellement existé, notamment Oda Nobunaga, considéré comme l'un des unificateurs du Japon durant l'ère Sengoku, ou encore Fujibayashi Nagato, le shinobi et père de Naoe. Sans oublier, évidemment, Yasuke, l'un des deux protagonistes.
Avec ces quelques précisions,
nul besoin de souligner que le contexte narratif d'Assassin's Creed Shadows est celui d'un pays en guerre, rongé par les conflits politiques et sociaux. D'ailleurs, le prologue de ce nouvel opus Assassin's Creed pose très vite le ton : la province d'Iga, d'où est originaire Naoe, est attaquée par Oda Nobunaga, qui est assisté par le samouraï Yasuke.
Le destin lié d'une shinobi et d'un samouraï
Les premières heures d'Assassin's Creed Shadows esquissent déjà le destin de deux personnages en devenir. D'un côté Yasuke, initialement esclave, finit par entrer au service d'Oda Nobunaga et devient même l'un de ses guerriers les plus proches. De l'autre Naoe, habitante de la province d'Iga, entreprend son apprentissage pour devenir une shinobi, à l'aide de son père.
Ces deux parallèles narratifs finissent, bien entendu, par se rejoindre, suite à des événements majeurs qui bouleverseront le destin des protagonistes. L'un de ces événements mérite d'être brièvement évoqué pour comprendre l'enjeu scénaristique de ce nouvel opus (mais pas d'inquiétude, aucun spoiler majeur n'est révélé. Par précaution, cette information est placée sous un encadré masqué).
Prendre connaissance d'éléments scénaristiques supplémentaires concernant Assassin's Creed Shadows
Alors que les forces armées de Nobunaga marchent sur Iga, Naoe est missionnée par son père pour trouver une mystérieuse boîte, dissimulée des regards dans un kofun. Malheureusement, l'objet termine entre les mauvaises mains, avant d'être subtilisé par des hommes et des femmes masqués. Nous ne vous en dirons pas plus à ce sujet afin de vous laisser la surprise entière. Fort heureusement, Naoe ne sera pas seule dans son périple, pour tenir une promesse, et recevra de l'aide, notamment celle de Yasuke (là encore, nous restons évasifs à dessein).
Dans tous les cas, Assassin's Creed Shadows reprend un format bien connu : à la manière du Culte de Kosmos dans Assassin's Creed Odyssey, les joueurs et les joueuses doivent, de nouveau, s'attaquer à un ordre secret, en les localisant puis en les éliminant. Ce n'est donc probablement pas ce point majeur de la construction narrative de Shadows qui surprendra la communauté.L'ensemble de l'histoire de Shadows profite, qui plus est, d'une certaine profondeur, qui est notamment apportée grâce à un jeu d'alternance et de flashbacks.
Une structure narrative entre alternance et flashbacks
Évidemment, qui dit deux protagonistes, dit deux pans narratifs, en plus du segment scénaristique principal (dans lequel ils sont liés).
Grâce à des séquences de flashback, Ubisoft donne une certaine profondeur aux personnages d'Assassin's Creed Shadows.
Par exemple, dans les premières heures de jeu centrées sur l'héroïne, nous avons la possibilité d'effectuer des kuji-kuri, soit une activité, avec des séquences de QTE, qui permet d'accéder au passé de Naoe. L'occasion parfaite de voir la protagoniste devenir une shinobi et, en tant que joueur, de s'attacher à elle. Des retours dans le passé sont également proposés pour Yasuke, à travers des quêtes, qui nous offrent la possibilité de voir son apprentissage de samouraï et les liens qu'il a tissés.
Cette alternance de points de vue et de temporalité épaissit bien l'histoire entourant les héros d'Assassin's Creed Shadows, qui sont très convaincants et plutôt intéressants en réalité.
Bien entendu, cette structure narrative a une autre utilité : cela allonge la durée de vie du titre. En effet, certains flashbacks doivent absolument être parcourus pour progresser dans la quête principale. Cela est assez bien amené, mais cet « obstacle » scénaristique, qui ne peut être ignoré, pourrait un tantinet déranger les joueurs.
Parfois, il est nécessaire de compléter des quêtes secondaires pour avancer dans l'histoire. Par exemple, à un certain moment, il est exigé d'éliminer les membres de l'organisation mineure « L'Arbre tordu » pour débloquer une quête de l'intrigue principale. De manière générale, il est également souvent demandé de rendre des services à divers personnages avant de pouvoir accéder à l'emplacement d'une cible importante.

Ces différents éléments et cette construction ne sont pas une nouveauté en soi : de nombreux jeux proposent des quêtes complémentaires, parfois de type FEDEX, et impératives pour progresser dans l'histoire principale.
Assassin's Creed Shadows ne fait pas exception à la règle, vous voilà prévenus. Sur ce nouvel opus, ne vous attendez donc pas à une aventure à l'échelle d'Assassin's Creed Mirage, qui offrait une histoire et une expérience plus condensées.
Dans une certaine mesure, cet opus reprend plutôt la structure des premiers jeux qui ont marqué la refonte de la licence, à savoir Assassin's Creed Origins ou encore Odyssey.
Dans cette optique, comptez une bonne trentaine/quarantaine d'heures de jeu pour terminer Shadows en ligne droite, et bien plus pour les complétionnistes.
Pour autant, Assassin's Creed Shadows ne se contente pas d'être une pâle copie de ses aînés (en dehors de Mirage) et parvient à enrichir son gameplay de façon significative, en apportant des améliorations qui font sens et intéressantes.
Dualité, RPG et gestion pour une expérience Assassin's Creed enrichie
Naoe et Yasuke, une belle complémentarité
Si avant même de poser les mains sur Assassin's Creed Shadows, nous étions impatients de jouer Naoe, et ce, plus que Yasuke, en raison des capacités de cette dernière et de son statut de shinobi, force est de constater que le titre est parvenu à nous faire apprécier les deux héros. Un beau tour de force.
Naoe et Yasuke sont, effectivement, complémentaires dans leur gameplay.
L'héroïne incarne la furtivité, la vitesse et l'agilité, qui la taillent parfaitement pour l'exploration et la discrétion, tandis que le protagoniste impose par sa force, sa brutalité et sa puissance, qui font de lui un véritable atout pour les combats. D'ailleurs, il y a de nombreuses fois où, entourés par plusieurs ennemis redoutables, nous aurions aimé être aux commandes de Yasuke afin de les éliminer rapidement. Infiltrer les châteaux et autres domaines en toute discrétion est fortement préférable aux côtés de Naoe.

Grâce, notamment, à son grappin, Naoe est à même de grimper des surfaces hautes (non atteignables par Yasuke) et peut même s'amuser à se suspendre dans un intérieur pour assassiner les ennemis. En outre, la protagoniste est capable de nager et se cacher dans l'eau pour s'approcher en toute discrétion. Et nous vous en passons.
À l'inverse, la force de Yasuke permet d'enfoncer les portes avec fracas et surtout de briser rapidement l'armure d'un adversaire (ce qui est plus long et fastidieux avec Naoe, équipée de son katana par exemple). Le personnage principal peut, en outre, attaquer à distance avec son arc ou son teppo (arme à feu).

Si ce jeu de parallèle entre les possibilités offertes par les personnages, tant du point de vue de l'exploration et des combats, peut être continué sur encore plusieurs paragraphes, vous aurez compris l'essentiel :
avec Naoe et Yasuke, Ubisoft propose deux héros qui fonctionnent bien ensemble, car ils gomment les défauts/faiblesses de l'un et de l'autre, afin de former un tout cohérent.
Il ne reste qu'au niveau des mécaniques basiques et pures, leur moveset est, dans le principe, assez identique. Ces derniers peuvent effectuer des attaques légères mais aussi de posture (en maintenant la touche adéquate). Du côté de la défense, nos deux héros ont la faculté de pouvoir parer les coups ennemis ou bien de les esquiver. Dans les deux cas, l'attaque portée par l'adversaire indique quelle défense adopter (bleu pour la parade, rouge pour l'esquive). D'ailleurs, si la parade ou bien l'esquive sont effectuées au bon moment, l'ennemi se retrouve en état de vulnérabilité pendant quelques secondes, ce qui offre une belle fenêtre de contre-attaque.
En plus des caractéristiques principales des héros, qui les distinguent l'un de l'autre, les équipements, les outils et les armes ne sont pas les mêmes. Leur belle diversité enrichit, d'ailleurs, grandement l'expérience, tout en permettant de l'adapter à sa guise.
L'aspect RPG fourni et de grandes possibilités
Assassin's Creed Shadows est catégorisé comme un jeu d'action-aventure, mais possède également des mécaniques de type RPG. Sur ce point, cet opus respecte les codes du genre, tout en proposant une version quelque peu enrichie.
Évidemment, au fil de la progression, Naoe et Yasuke gagnent des points d'expérience et montent de niveau en niveau. Cette statistique, en plus d'être en corrélation avec le niveau de difficulté des zones et la possibilité ou non d'équiper tel ou tel élément, offre des points de maîtrise, à chaque palier dépassé.
Ces derniers sont à dépenser dans l'arbre de compétences/maîtrise des héros, qui propose divers embranchements.

Ces ramifications sont représentées par une arme ou bien un style de jeu : outils (kunaï, bombe fumigène, etc.), shinobi, assassin, katana, kusarigama et tanto pour Naoe contre teppo, samouraï, arc, katana long ou encore kanabo pour Yasuke.
Chacune de ces voies de maîtrise comporte diverses compétences à débloquer pour obtenir un passif ou bien une aptitude. À ce propos, Ubisoft n'a pas fait dans la demi-mesure et permet, ainsi, aux joueurs de façonner leur héros à leur image, soit selon leur façon de jouer.
À cela s'ajoute le rang de connaissance, qui lui aussi doit être augmenté. Cela exige, notamment, de terminer des activités annexes (sanctuaires, temples, kuji-kuri, kata, archerie montée, etc.), qui font parfois office de mini-jeux de rythme/de réflexes, et d'engranger suffisamment de points pour accéder au rang suivant.
Ceci étant fait, de nouvelles compétences/maîtrises se déverrouillent dans les voies disponibles. Comme vous l'aurez compris, cela exige de s'intéresser au contenu secondaire mais aussi d'explorer le monde ouvert.
Un postulat qui s'applique également pour l'acquisition de nouveaux équipements (armes et amures).
Organisés par rareté, et donc selon un code couleurs, les équipements s'obtiennent de diverses manières sur Assassin's Creed Shadows : en accomplissant des quêtes, en éliminant des ennemis, en tuant les samouraïs daisho dans un château et en ouvrant le coffre légendaire du lieu (renfermant un loot unique), par exemple.
Les pièces d'équipement, dont l'apparence peut être modifiée grâce à la fonctionnalité de transmogrification, qui est, ici, plutôt complète, disposent de différentes statistiques : DPS de l'arme ou de posture, génération d'adrénaline, chances de coup critique, santé et bien d'autres.
Autant d'informations qui sont présentées aux joueurs, afin que ces derniers puissent tirer parti du meilleur et façonner un build à leur convenance (avant de l'améliorer à la forge, si besoin, ou bien de le démanteler contre des ressources).
Un autre point a retenu notre attention en ce qui concerne les équipements :
Assassin's Creed Shadows met à disposition des armes, qui infligent un effet (saignement, poison, hébétement), en plus d'un passif pour certaines. Ce qui est relativement intéressant puisque cet aspect apporte un petit plus en termes de possibilité et d'intérêt de build.
Chercher des équipements et passer du temps à consulter le loot pour créer un build est réellement plaisant, et sera primordial pour celles et ceux qui comptent se lancer dans l'aventure selon la difficulté la plus élevée (dite « Expert »).
Que ce soit le système de progression plutôt complet ou les possibilités en termes de création de paquetages d'équipements, les développeurs d'Assassin's Creed Shadows ont mis les petits plats dans les grands. Pour autant, Ubisoft ne s'est pas arrêté là et a ajouté une autre dimension à son nouvel opus Assassin's Creed.
Le repaire, un hub personnalisable et pertinent
À la manière de la colonie de Ravensthorpe dans Assassin's Creed Valhalla, l'opus Shadows permet aux joueurs de bâtir et gérer leur repaire, qui s'avère aussi intéressant que pertinent.
Faisant office de véritable HUB, le repaire peut être aménagé selon un espace quadrillé au sol : nous pouvons y placer des bâtiments utilitaires, comme la forge, et d'autres structures, en plus de décorations (chemins, végétation, etc.) et même... des animaux de compagnie, rencontrés et caressés dans le monde ouvert ou bien achetés.
En outre, les joueurs ont la possibilité de changer l'aspect de la toiture ou encore la couleur des murs des infrastructures, à condition d'avoir obtenu ou acheté les éléments cosmétiques adéquats auprès de marchands. Dans la même idée, les intérieurs peuvent également être décorés. Les différentes bâtisses peuvent, en outre, être connectées grâce à des passerelles, dites « engawas ».
De ce fait, Ubisoft a grandement enrichi la formule du repaire afin de laisser l'imagination et l'aspect créatif des joueurs s'exprimer comme bon leur semble.
Cependant, le repaire ne se limite pas à un simple ajout de gameplay : les bâtiments et le niveau global du lieu confèrent des effets, plus ou moins significatifs. Par exemple, en faisant évoluer le refuge au niveau 4, les joueurs bénéficient d'une réduction de 20 % du coût de gravure à la forge. De plus, les structures elles-mêmes peuvent être améliorées pour offrir des bonus supplémentaires notables.
Ainsi, s'intéresser au repaire sur Assassin's Creed Shadows est aussi intéressant qu'important. Mais pour profiter pleinement de cet élément de gameplay, les joueurs et les joueuses doivent impérativement récupérer des ressources, comme du bois et des récoltes. Cela exige donc d'allouer du temps au contenu annexe et surtout d'explorer le monde ouvert d'Assassin's Creed Shadows.
Le Japon féodal, un terrain de jeu aussi magnifique que riche
Une formule de l'open world classique en apparence...
Assassin's Creed Shadows n'a absolument pas la prétention de proposer un monde ouvert à la The Legend of Zelda: Breath of the Wild ou Tears of the Kingdom, qui ne donne rien d'emblée mais tout à découvrir par soi-même. Non,
Shadows reprend les codes de l'open world bien connus de tous, car présents dans d'innombrables jeux (The Witcher 3: Wild Hunt, pour ne convoquer qu'un seul exemple).
Ainsi, la carte d'Assassin's Creed Shadows, qui se veut relativement plus petite et digeste que celle de Valhalla, reste tout de même assez grande, et fourmille de points d'intérêt (signalés par « ? »), de marqueurs de quêtes/contrats et d'endroit à synchroniser (logo d'aigle). Évidemment, se mouvoir vite dans ce monde est possible, et ce, de diverses manières : à pied (bon courage avec Yasuke, qui est un peu lent), à cheval ou encore aux commandes d'un petit bateau. Un système de déplacement rapide est, évidemment, de la partie pour rendre les allers-retours moins chronophages.

D'un point de vue structurel, l'ensemble de la map' de Shadows est organisé par régions, disposant de diverses sous-régions en leur sein. Chacune de ces grandes zones est affublée d'un chiffre, indiquant le niveau de difficulté. Bien qu'il soit possible de les arpenter sans être au niveau adéquat, cette indication pour le monde ouvert régule la progression des joueurs.
Autant dire que lorsqu'Assassins Creed Shadows ouvre son open world, nous ne sommes pas perdus étant donné que son fonctionnement n'est pas surprenant (pour quelqu'un qui a mis les mains sur des jeux en monde ouvert parus ces dernières années, évidemment). Néanmoins, c'est à un autre niveau qu'Ubisoft parvient à étonner : l'aspect vivant, la richesse et la beauté du monde d'Assassin's Creed Shadows ne peuvent échapper à un œil curieux et attentif aux détails.
... De la richesse, profondeur et beauté, dans le fond
Arpenter un monde ouvert vaste peut, parfois, faire naître un sentiment paradoxal : de l'enthousiasme, surtout dans les premières heures, puis une forme de lassitude, notamment lorsque l'habitude s'installe.
Ainsi, au début de l'aventure, nous avons été émerveillés par l'architecture des bâtiments, la densité de la végétation par endroits et l'ambiance générale. Après quelques heures, cet émerveillement s'est quelque peu dissipé (chose tout à fait normale).
Toutefois, Assassin's Creed Shadows a réussi à nous rappeler, par touches, la beauté et la richesse de son monde, faisant ainsi, de nouveau, surgir notre enthousiasme, et ce, à plusieurs reprises. Par exemple, après avoir parcouru les deux premières régions, nous avons dû nous rendre à Omi. Là-bas, et plus précisément en bas des dizaines de marches menant au château d'Azuchi, l'aspect somptueux du jeu nous a, une nouvelle fois, saisi.
Le monde d'Assassin's Creed Shadows profite, en outre, d'une belle diversité topologique, alternant ainsi entre zones plates, endroits escarpés, lieux aquatiques, en plus de ces espaces occupés par la civilisation, et nous vous en passons. Il n'est pas rare de tomber sur quelque chose de nouveau, caché au détour d'un chemin ou non, qui va interpeller votre regard.
Le tout étant sublimé par les saisons et les effets météorologiques.
L'open world de Shadows est régi par différents facteurs : le cycle jour/nuit, les changements météorologiques et le passage d'une saison à une autre. Cela contribue grandement à la sensation de richesse et le sentiment d'immersion.
Les effets de bourrasque de vent, faisant virevolter des dizaines de feuilles dans les airs, sont franchement réussis. L'aspect maussade et triste qui se dégage par temps pluvieux l'est tout autant.
Introduits par des panoramas, les changements de saisons sont tout bonnement saisissants. Passer en hiver et parcourir les forêts, dont le sol est tapi de neige (ce qui ralentit le personnage), est très plaisant. Tout comme voir l'automne s'installer et nimber les terres de centaines de feuilles mortes encore rougies par le soleil. Le temps qui passe et l'alternance des saisons renforcent beaucoup l'aspect sublime de ce monde, c'est indéniable.
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L'open world de Shadows ne se contente pas d'être esthétiquement impressionnant ; il se veut également vivant. La faune et la flore, omniprésentes, apportent une réelle dimension aux phases d'exploration. Il suffit de les observer et de les voir se mouvoir pour en prendre pleinement conscience. Il nous est arrivé de nous promener dans une forêt et de nous arrêter pour admirer les lieux et, surtout, écouter les sons environnants. Les bruitages, presque toujours très précis, renforcent l'immersion et rendent l'expérience encore plus authentique.
Remarquons, qui plus est, que le monde de Shadows se déploie, d'une manière restreinte, en fonction des actions des joueurs. Par exemple, dans le quartier de Sakai, un homme a attiré notre attention, en raison de ses complaintes portées à haute voix. Ce dernier désirait de l'argent pour diverses raisons. En accédant à l'une de ses requêtes, nous avons réussi à glaner une information sur l'emplacement d'un vendeur de cosmétiques. Une autre fois, un homme nous a pointé un endroit où trouver un coffre légendaire.
Évolutif, sublime et vivant, le monde d'Assassin's Creed Shadow est un endroit très plaisant à parcourir et qui peut étonner (positivement), à différents moments. Ce qui ne peut que difficilement vous échapper puisque le titre force à observer l'environnement.
Un opus qui ne prend pas le joueur par la main
Si les marqueurs de quêtes et contrats figurent toujours sur la carte, en plus de la fameuse peinture jaune sur quelques éléments de parkour (surtout dans les arbres),
Ubisoft ne facilite pas trop l'aventure pour les joueurs.
En effet, Assassin's Creed Shadows ne permet pas de bénéficier d'un aigle en tant que compagnon (contrairement aux précédents opus), qui scrute les environs depuis les airs.
À la place, les joueurs doivent utiliser la mécanique « Observer », qui effectue un léger zoom et met en surbrillance divers éléments plus ou moins importants (liés à la quête, le butin, les coffres, etc.), tout en permettant de marquer les ennemis (à coupler avec la vision d'aigle).
De ce fait, au lieu de faciliter la découverte grâce à un point de vue mobile et surplombant l'ensemble, les développeurs poussent les joueurs à scruter et à prendre le temps de regarder les alentours. Cette mécanique fonctionne très bien manette en main, tant elle invite à explorer à travers les yeux de Naoe/Yasuke, afin d'anticiper leurs prochains mouvements ou bien « scanner » une zone d'investigation. De la même manière, les points de synchronisation, une fois activées, ne révèlent qu'une poignée de « ? » dans les environs.

Cet aspect est d'autant plus frappant à travers les quêtes.
Bien souvent, celles-ci ne donnent que des vagues indications à propos de l'emplacement d'une personne ou d'un objet. Par exemple, pour la quête « Récupérer les chiens errants », exigeant de trouver le kanzachi, nous n'avions qu'une poignée d'informations à l'écran : celui-ci serait au nord d'Izumi Settsu, dans l'église de Takatsuki et entre les mains de Tetsuo. Des bribes informatives qui donnent donc d'une idée d'où chercher, sans partager la localisation exacte.
Cela permet à Ubisoft d'introduire
les éclaireurs, soient des personnes qui peuvent être envoyées à des endroits précis pour obtenir des informations ou découvrir l'emplacement exact d'un élément. Pour autant, il ne faudra pas trop compter sur eux car leur nombre est limité et les éclaireurs ne deviennent, de nouveau, disponibles qu'après un changement de saison (ou contre de l'argent à un kakurega, sorte de relai et mini-repaire).
Dans tous les cas, qu'il doive obtenir l'information par lui-même en explorant ou qu'il utilise un éclaireur, le joueur doit un minimum réfléchir pour progresser sur Assassin's Creed Shadows. Un point qui plaira grandement à la communauté, tant l'assistance parfois intempestive et poussée dans certains jeux (Atreus dans God of War Ragnarök, à la sortie du jeu, par exemple) est un reproche de plus en plus récurrent, car cela empêche de penser et de trouver la solution par soi-même.
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