Dean Hall s'en prend à Valve et dénonce les mécaniques de jeu assimilées au pari

Corentin Rimbert Publié par Corentin Rimbert
le 28 octobre 2025 à 15h43
Le créateur de DayZ et d'Icarus, Dean Hall, accuse Valve de banaliser les mécaniques de jeu proches du gambling dans ses titres comme Counter-Strike 2. Selon lui, ces pratiques nuisent à l'industrie et manquent cruellement de régulation.
Dean Hall s'en prend à Valve et dénonce les mécaniques de jeu assimilées au pari
Dean Hall n'a jamais eu peur de dire ce qu'il pense, et sa dernière déclaration en est la preuve. Dans un entretien accordé à Eurogamer, le créateur néo-zélandais de DayZ et fondateur du studio RocketWerkz, à qui nous devons Icarus, s'en est pris frontalement à Valve, qu'il accuse de ne pas recevoir « suffisamment de critiques » pour ses méthodes de monétisation inspirées du jeu d'argent.

Dean Hall se dit « écœuré par les mécaniques de jeu assimilées au pari »

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Dean Hall, le papa de DayZ et Icarus.

Le très célèbre Dean Hall ne mâche pas ses mots quant à la gestion de Valve. « Je suis honnêtement écœuré par les mécaniques de jeu liées au gambling. Elles n'ont absolument pas leur place dans le jeu vidéo. »

Il dénonce particulièrement le système de loot boxes de Counter-Strike 2, qui permet d'obtenir des skins d'armes ou d'équipement échangeables entre joueurs, alimentant ainsi un marché secondaire estimé à plusieurs milliards de dollars. Ce marché, où les objets virtuels sont parfois revendus à prix d'or, est également intimement lié aux paris en ligne et à la spéculation, et Valve semble vouloir réguler tout cela, avec sa dernière mise à jour qui a fait chuter le marché.

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Une régulation contournée par Valve

Alors que plusieurs pays ont enquêté sur les loot boxes et leur impact sur les plus jeunes, Valve a réussi à contourner les restrictions en modifiant le fonctionnement de son système. Désormais, les joueurs paient directement pour le contenu du coffre, et non plus pour le coffre lui-même, évitant ainsi la qualification de « jeu de hasard » dans certains territoires, bien que cela reste la même chose in fine.

Dean Hall déplore ce genre de subterfuge et appelle à plus de transparence :
Si les développeurs pensent que ces mécaniques ne posent pas problème, qu'ils rendent leurs données publiques pour permettre aux universités d'étudier le phénomène.

Des modèles économiques qui poussent les studios à la survie

Au-delà de Valve, Dean Hall critique plus largement la manière dont les studios sont poussés à adopter des stratégies de monétisation discutables pour exister. Son propre jeu, Icarus, devait initialement être un free-to-play avant de passer à un modèle basé sur des DLC payants.
Je ne suis pas heureux de cette approche non plus. Nous avons dû l'adopter pour survivre. Beaucoup de studios n'aiment pas ces modèles, mais n'ont pas le choix.
Hall estime que 99 % des développeurs désapprouvent ces systèmes, mais qu'ils sont piégés par les réalités économiques du secteur. « Qui gagne vraiment ? Ce ne sont pas les joueurs, et ce ne sont pas non plus les studios indépendants », résume-t-il.

Le prochain projet de RocketWerkz, intitulé Kitten Space Agency, pourrait être la réponse de Dean Hall à ces dérives. Ce nouveau titre, inspiré de Kerbal Space Program, ambitionne de proposer un modèle plus sain. Le jeu serait gratuit, avec la possibilité d'un don facultatif pour soutenir le studio.

Miniature vidéo

Le développement du jeu avance doucement, avec une phase de test actuellement ouverte à des invités triés sur le volet. Aucune date de sortie n'a encore été annoncée, mais le projet porte une ambition claire, réconcilier passion, éthique et viabilité économique.

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