Dans une interview exclusive qu'il nous a accordée, Dean Hall, le créateur de DayZ, revient sur l'évolution mouvementée de son dernier titre, Icarus. Il y fait une confidence rare, le raz-de-marée Valheim a tellement impressionné son studio qu'il a fallu modifier le jeu en pleine production.
Le genre de la survie est un écosystème en perpétuelle mutation, où les pionniers d'hier observent attentivement les pépites d'aujourd'hui. Pour Dean Hall,
l'arrivée de Valheim sur la scène vidéoludique, en février 2021 n'a pas été qu'une simple curiosité de joueur, mais un véritable catalyseur pour son propre projet, Icarus. Alors que RocketWerkz travaillait déjà sur sa vision d'une survie spatiale exigeante, la proposition des développeurs d'Iron Gate a redistribué les cartes.
Une inspiration qui a bouleversé la production
Lors de notre entretien exclusif,
Dean Hall a admis sans détour que le succès du titre scandinave a provoqué une profonde remise en question au sein de son équipe. Plutôt que d'ignorer la concurrence, le studio a préféré s'en inspirer pour affiner l'expérience d'Icarus, quitte à bousculer le planning de développement.
Pendant le développement d'Icarus, nous avons beaucoup joué à Valheim lors de son lancement. Nous avons été tellement inspirés par la manière dont il gérait certains systèmes que cela nous a conduits à modifier des parties de notre propre jeu.
Cette humilité face au travail d'un autre studio indépendant est assez rare pour être soulignée.
Elle témoigne de la volonté de Dean Hall de ne jamais rester figé sur ses acquis, même après avoir « créé » le genre de la survie moderne avec DayZ. Cette influence se ressent aujourd'hui dans la manière dont Icarus gère ses boucles de gameplay et son sentiment de progression.
L'héritage de DayZ et l'évolution du genre
Pour le développeur néo-zélandais, cette porosité entre les jeux est l'essence même de l'industrie. Si DayZ a popularisé une certaine forme de narration émergente,
des titres comme Valheim ou Minecraft ont apporté des couches de polissage et de profondeur systémique indispensables.
Dean Hall souligne que le genre est passé du «
choc brut » des interactions sociales de l'époque
DayZ à des systèmes beaucoup plus denses. Selon lui, la survie moderne doit désormais équilibrer la liberté du joueur avec des mécaniques profondes comme l'économie du butin ou la progression des personnages. Dans Icarus, cela s'est traduit par une volonté d'éviter les «
surprises injustes » au profit d'une difficulté que le joueur peut anticiper et maîtriser, une leçon de design qu'il cultive depuis plus d'une décennie.
Dans la même interview,
Dean Hall nous explique également sa vision d'un jeu de survie et en quoi son passé de militaire est important. Sinon,
retrouvez notre échange complet.
commentaire (1)
Pas étonnant, Valheim est l'un des meilleurs du genre