Strauss Zelnick, le PDG de Take-Two, s'est exprimé sur l'utilisation de l'intelligence artificielle dans l'industrie du jeu vidéo. Selon lui, si ces outils peuvent faciliter la création d'éléments graphiques, l'idée qu'une simple pression sur un bouton puisse générer un succès mondial relève de la pure science-fiction.
L'utilisation de l'intelligence artificielle dans l'industrie vidéoludique continue de faire couler beaucoup d'encre. Récemment, des technologies comme
le DLSS 5 de NVIDIA ont essuyé de vives critiques de la part des joueurs, certains les qualifiant de simples filtres d'image artificiels à bas coût. Aujourd'hui, c'est au tour de Strauss Zelnick, le dirigeant de l'un des plus grands éditeurs mondiaux, de partager sa vision sur cette technologie clivante.
Un outil de production, pas une machine à succès
Lors d'une récente entrevue accordée à
The Game Business, le PDG de Take-Two a abordé les capacités réelles des outils génératifs. Strauss Zelnick a souligné que ces nouvelles technologies
offrent des avantages indéniables pour la production, mais qu'elles ne garantissent en rien la création d'un jeu populaire. Il reconnaît volontiers que l'intelligence artificielle peut grandement assister les développeurs dans la conception d'éléments visuels ou sonores,
mais que cela ne conduit pas nécessairement à un triomphe commercial.
Le dirigeant explique que la méthode de création d'un élément importe peu au final. Qu'un développeur génère un modèle 3D en appuyant simplement sur une touche ou qu'il passe six semaines à le sculpter manuellement, le résultat reste un simple composant du jeu. Il précise toutefois que si une machine peut reproduire des éléments ressemblant à ceux de blockbusters,
donner vie à un titre de cette envergure est un défi totalement différent.
Créer un succès de cette ampleur est une bête complètement différente et nécessite un engagement et une créativité purement humains.
Le cas de GTA 6 et l'illusion de la facilité
Interrogé sur la possibilité que des projets technologiques comme Project Genie puissent simplifier le développement de mastodontes tels que
Grand Theft Auto VI, la réponse de Strauss Zelnick a été sans appel. Selon lui,
cela ne facilitera le processus sous aucun prétexte. Il rappelle que l'industrie dispose déjà d'une quantité phénoménale de technologies pour aider les créateurs, ce qui se traduit par la sortie de milliers de titres chaque année.
Malgré cette abondance d'outils,
les véritables succès proviennent presque exclusivement des grandes entreprises de divertissement ou de studios indépendants extrêmement bien financés et structurés. L'idée qu'un individu isolé puisse s'appuyer uniquement sur des algorithmes pour conquérir le marché mondial lui paraît totalement déconnectée de la réalité.
L'idée que de nouveaux outils permettraient à un individu d'appuyer sur un bouton pour générer un succès et l'offrir à des millions de consommateurs à travers le monde est une notion risible.
Pour illustrer son propos, le patron de Take-Two a dressé un parallèle avec l'industrie musicale. Il a pris l'exemple des morceaux générés par des commandes textuelles. D'après lui,
ces pistes artificielles ne sont jamais écoutées plus d'une fois. Elles remplissent une fonction éphémère, comparable à celle d'une carte de vœux musicale achetée pour un anniversaire,
mais ne remplaceront jamais la véritable expression artistique. L'humain a donc encore de beaux jours devant lui dans les studios de développement, selon Strauss Zelnick.
En attendant, rappelons que GTA 6, qui devrait s'offrir un succès comme jamais vu auparavant dans l'industrie vidéoludique, est prévu pour sortir
le 19 novembre 2026.
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