NVIDIA vient de présenter sa nouvelle technologie de rendu graphique par intelligence artificielle. Si le constructeur promet une révolution visuelle pour l'automne prochain, les premières images suscitent la controverse, certains observateurs dénonçant un rendu artificiel qui lisse les textures et menace la vision originale des créateurs.
NVIDIA a profité de sa conférence GTC pour lever le voile sur sa prochaine innovation majeure en matière de rendu graphique. Prévue pour l'automne, cette technologie s'appuie massivement sur l'intelligence artificielle générative pour transformer l'apparence des jeux vidéo en temps réel. Le PDG de l'entreprise, Jensen Huang, n'a pas hésité à qualifier cette annonce de moment historique pour l'industrie.
Une fusion entre données structurées et intelligence artificielle générative
Cette nouvelle itération, qui succède aux précédentes versions d'optimisation graphique,
se présente comme un modèle de rendu neuronal en temps réel. Selon les explications fournies par le constructeur, le système analyse les couleurs et les vecteurs de mouvement de chaque image. Il utilise ensuite un modèle d'intelligence artificielle
pour injecter un éclairage et des matériaux photoréalistes, tout en assurant une cohérence visuelle d'une image à l'autre.
Jensen Huang a souligné l'importance de cette approche lors de sa présentation.
Cette technologie est le moment GPT pour les graphismes, fusionnant le rendu artisanal avec l'intelligence artificielle générative pour offrir un bond spectaculaire dans le réalisme visuel tout en préservant le contrôle dont les artistes ont besoin pour leur expression créative.
L'objectif est de comprendre les détails fins d'une scène, de la translucidité de la peau humaine aux textures des tissus, à partir de l'analyse d'une seule image pour extrapoler le reste. Vous pouvez avoir un aperçu sur les images ci-dessous.
Une gourmandise matérielle qui pose question
Si la promesse est séduisante sur le papier,
les exigences matérielles actuelles ont de quoi effrayer. Lors des démonstrations réalisées sur des titres comme
Resident Evil Requiem et
The Elder Scrolls IV Oblivion Remastered, l'architecture nécessitait deux cartes graphiques RTX 5090. L'une était dédiée au rendu classique en ray tracing, tandis que la seconde s'occupait exclusivement de la surcouche d'intelligence artificielle.
NVIDIA rassure toutefois en affirmant que des tests en laboratoire tournent déjà sur une seule carte graphique.
L'enjeu d'ici la sortie automnale sera de rendre cette technologie accessible à des configurations moins extrêmes, les cartes à quatre mille dollars n'étant pas à la portée de tous les joueurs.
La crainte d'un lissage artificiel des jeux
Malgré les discours enthousiastes de NVIDIA,
les premières images comparatives ont suscité une vague de scepticisme. De nombreux observateurs soulignent que le résultat s'apparente davantage à un filtre embellissant appliqué sur les réseaux sociaux qu'à une véritable révolution graphique. La crainte principale réside dans l'homogénéisation des visages et la perte de la patte artistique propre à chaque studio, tout en « déshumanisant » le visage des personnages.
Pour anticiper ces critiques, l'entreprise précise que les développeurs disposeront de contrôles détaillés sur l'intensité, la colorimétrie et les masques d'application.
L'idée est de laisser aux créateurs le choix final sur l'esthétique de leur œuvre, comme en témoigne la démonstration sur
Starfield qui conserve fidèlement son identité visuelle.
Un catalogue de lancement déjà bien garni
Malgré les débats artistiques, l'industrie semble prête à adopter cette nouvelle norme.
NVIDIA a confirmé que plusieurs éditeurs majeurs, dont Bethesda, Ubisoft, Capcom et Warner Bros Games, intègreront cette technologie dès cet automne.
Parmi les premiers jeux compatibles annoncés figurent par exemple
Assassin's Creed Shadows,
Hogwarts Legacy, Resident Evil Requiem, Sea of Remnants, Starfield, ou encore NARAKA: BLADEPOINT. Il restera à voir comment les joueurs accueilleront cette surcouche d'intelligence artificielle une fois manette en main, mais pour le moment, cette annonce n'a pas forcément séduit.
N'hésitez pas à nous dire par l'intermédiaire des commentaires ce que vous en pensez, et si vous allez utiliser cette fonctionnalité du DLSS 5 lors de son implantation, cet automne.
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