Figure emblématique de Nintendo, trop souvent reléguée au second plan ces dernières années, Donkey Kong revient sur le devant de la scène avec un nouvel épisode pensé pour tirer parti des capacités de la Nintendo Switch 2. Avec Donkey Kong Bananza, la firme de Kyoto signe un retour aux sources assumé, dans un jeu de plateformes qui entend bien mêler tradition et modernité. Nous l'avons parcouru de fond en comble, voici ce que nous en avons pensé.
Conditions de test
- Manette utilisée : Switch Pro 2
- Console utilisée : Nintendo Switch 2
- Temps de jeu : 15 heures (Histoire principale terminée)
Préambule
Né en 1981 dans les salles d'arcade,
Donkey Kong a marqué l'histoire du jeu vidéo bien avant de devenir le personnage bourru et attachant que l'on connaît aujourd'hui. Passé maître dans l'art du jeu de plateformes en 2D à travers des épisodes cultes comme
Donkey Kong Country, il a su évoluer tout en conservant une forte identité visuelle et sonore.
Avec
Donkey Kong Bananza, Nintendo renoue avec l'esprit original de la série tout en lui insufflant une dynamique nouvelle, notamment grâce à l'arrivée inattendue de Pauline comme partenaire de jeu. Un choix audacieux, qui a suscité de nombreuses interrogations au sein de la communauté, comme nous l'avons récemment exploré dans
notre article dédié. Entre continuité thématique et rupture symbolique, ce duo improbable donne le ton d'un jeu qui entend bousculer les habitudes sans trahir son héritage.
Chez
GAMEWAVE, nous avons abordé ce nouvel opus sans attentes démesurées, mais avec une vraie curiosité. Notre approche se veut accessible à tous, qu'il s'agisse de joueurs nostalgiques ou de nouveaux venus prêts à découvrir l'univers haut en couleur de Donkey Kong. L'enjeu est simple :
ce Bananza parvient-il à capturer l'essence de la série tout en offrant une expérience digne de la Switch 2 ?
Une histoire protéinée
L'histoire débute sur l'île aux Lingots, où
Donkey Kong travaille à extraire de l'or. Cependant, la découverte récente de bananes dorées crée l'agitation, attirant rapidement l'attention de la Void Compagnie, une puissante organisation minière venue les dérober. Notre héros se retrouve alors entraîné malgré lui dans
un vortex qui le propulse à travers différentes strates souterraines. Il y rencontre Pauline, qui l'accompagnera tout au long de son aventure.
Notons que Pauline est le seul personnage doté d'un langage compréhensible par le joueur, ce qui est inhabituel pour un jeu Nintendo qui utilise généralement des onomatopées. Donkey Kong lui-même ne peut pas communiquer verbalement, et tous les autres PNJ, alliés comme ennemis, utilisent un dialecte spécifique (sous-titré pour la compréhension). Malgré cette particularité, l'histoire demeure accessible, charmante et adaptée à tous les publics,
mêlant habilement humour et sérieux autour d'une intrigue clairement définie.
Un gameplay destructeur et addictif
En prenant le jeu en main, bien que déjà informés par l'éditeur sur
le concept de terrain destructible, nous avons été immédiatement impressionnés par la qualité de cette mécanique et
le plaisir qu'elle procure. Dès les premiers instants, DK peut détruire la quasi-totalité de l'environnement : sols, murs, plafonds, offrant ainsi une liberté de mouvement très satisfaisante. La récupération de l'or, essentielle tout au long de l'histoire pour acheter des consommables ou débloquer des passages spécifiques, apporte une gratification immédiate supplémentaire. Rapidement,
l'envie de progresser dans le scénario se mêle au plaisir de destruction, renforcé par la nouvelle direction artistique particulièrement réussie sur la diversité des univers, décors et éléments de gameplay.
La
Nintendo Switch 2 met ainsi en valeur ces différents aspects, contribuant fortement à l'immersion. Les strates traversées durant votre aventure offrent une grande variété, tant sur le plan visuel que dans leur construction même,
garantissant un renouvellement constant de l'expérience, tandis que le titre ne manque pas de références, clin d'œil ou même nostalgie.
Alors que nous pensions que cette mécanique de destruction pourrait devenir lassante à la longue,
Nintendo réussit à renouveler constamment l'expérience en diversifiant les matériaux et les façons de les détruire. La quantité de terrain détruit permet également d'obtenir des récompenses auprès de certains PNJ.
Le rendu visuel et sonore est particulièrement réussi, rendant chaque destruction très satisfaisante. Pendant vos excavations, des coffres apparaissent parfois aléatoirement, renfermant de l'or, des consommables ou même des plans pour découvrir certains collectibles.
Enfin, rassurez-vous :
si vous pensez avoir trop détruit une strate au point de compliquer la progression, il est possible de la réinitialiser complètement. Toutefois, le jeu veille soigneusement à ne rendre quasiment jamais destructibles les éléments essentiels du décor, évitant ainsi tout problème majeur.
Une prise en main intuitive et variée
En termes de maniabilité,
DK offre une expérience intuitive. Outre sa capacité à détruire l'environnement, il peut s'accrocher aux parois, frapper dans toutes les directions et même utiliser des morceaux du décor comme armes ou moyens de déplacement rapides. Les combats gagnent ainsi en complexité, exigeant
une approche stratégique face aux adversaires équipés de matériaux variés.
Pauline, quant à elle, joue principalement un rôle de support. Grâce à sa voix et ses chansons, elle peut détruire les sceaux de la
Void Compagnie et permet à DK de se transformer temporairement via les «
Bananza ». Ces transformations confèrent à notre héros des compétences spécifiques telles qu'une force accrue, une meilleure vitesse ou la capacité de planer. Puissantes et situationnelles,
ces capacités sont cependant temporaires, nécessitant de recharger régulièrement leur jauge en détruisant des éléments du décor, en combattant ou en collectant de l'or. Vous pouvez également passer librement d'une forme à une autre tant que la jauge est remplie, offrant une grande polyvalence au duo. Cependant,
le principal reproche concerne la difficulté à basculer rapidement entre ces transformations dans des situations nécessitant une grande réactivité.
Des collectibles omniprésents pour enrichir l'expérience
Pour enrichir l'expérience, de nombreux collectibles sont à récupérer, notamment les Bananes dorées (cristaux de « Banandium »), qui permettent d'
améliorer la santé et les compétences des différentes formes de Donkey Kong. Ces précieuses bananes s'obtiennent en combattant des boss, en relevant divers défis ou tout simplement en les découvrant cachées sur la carte. Elles sont essentielles à votre progression puisqu'elles débloquent des améliorations significatives
via un arbre des talents.
Pour faciliter leur découverte,
Donkey Kong dispose d'une technique spéciale où il frappe le sol, créant une onde semblable à un sonar, permettant ainsi de visualiser les collectibles proches.
Vous pourrez également collecter des fossiles,
échangeables contre des éléments cosmétiques pour DK et Pauline, apportant aussi des bonus de performance tels qu'une résistance accrue ou un taux supérieur de récupération d'or. Compte tenu de la difficulté parfois relevée du jeu, il est vivement conseillé d'accumuler ces fossiles, qui, associés aux améliorations des
cristaux de « Banandium », faciliteront grandement votre aventure.
La coopération : vraie réussite ou simple gadget ?
Et qu'en est-il du multijoueur ?
Nintendo a beaucoup insisté sur la coopération dans Donkey Kong Bananza, l'une des nouveautés majeures de la Switch 2, notamment avec la fonctionnalité Game Share (jouer avec deux consoles et un seul jeu), bien que nous n'ayons pas pu tester précisément cette option. Nous avons cependant expérimenté la coopération avec les Joy-Con, cas classique, mais également avec deux manettes, ce qui fonctionne parfaitement.
Il est important de souligner que votre confort d'utilisation variera selon le périphérique choisi.
L'utilisation des Joy-Con permet à Pauline une meilleure précision de visée, mais nécessite une mobilisation constante, tandis que le contrôle de Donkey Kong avec le joystick droit est plutôt compliqué. En revanche, l'utilisation de deux manettes rend Donkey Kong nettement plus intuitif et agréable à manipuler, bien que la visée de Pauline au joystick puisse potentiellement affecter l'immersion. De notre côté, c'est clairement la jouabilité avec deux manettes que nous avons préférée.
En multijoueur, Pauline prend toute son ampleur. Le second joueur contrôle le personnage, utilisant ses attaques vocales contre les ennemis et les décors, avec la possibilité de copier et d'utiliser temporairement différents matériaux.
Pauline devient ainsi
un soutien redoutable, mais dépend totalement des déplacements du premier joueur (DK), ce qui limite son autonomie. Si ce concept est idéal pour un second joueur plus jeune ou moins expérimenté,
il peut parfois frustrer ceux cherchant une interaction plus approfondie. En ce sens, certaines situations délicates nécessitent une coordination précise pour éviter de causer involontairement des dommages à DK.
Le jeu ne semble donc pas spécialement conçu pour une coopération intense en termes de difficulté, mais davantage pour permettre de vivre une aventure narrative agréable à deux. Malgré quelques réserves sur l'intégration de Pauline en multijoueur,
Donkey Kong Bananza reste une expérience agréable, novatrice et bien adaptée à la nouvelle console de salon de Nintendo.
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