Donkey Kong Bananza : « Île de DK et Course aux Émeraudes » vaut-il vraiment le détour ?

Mathieu Vandenburie Publié par Mathieu Vandenburie
le 20 septembre 2025 à 18h30
Un retour sur l'île la plus célèbre de la jungle, un mode à objectifs qui bouscule la formule et une question simple : ce DLC mérite-t-il votre temps et votre argent ? Le dernier contenu additionnel de Donkey Kong Bananza propose deux promesses claires : raviver la nostalgie avec l'Île de DK et relancer la boucle de jeu avec la Course aux Émeraudes. Après plusieurs sessions, voici un avis franc, pensé pour celles et ceux qui hésitent encore à sauter le pas.
Donkey Kong Bananza : « Île de DK et Course aux Émeraudes » vaut-il vraiment le détour ?

Préambule

Annoncé lors du Nintendo Direct du 12 septembre 2025 et disponible le jour même, le contenu additionnel payant « Île de DK et Course aux Émeraudes » fait  suite de la sortie remarquée de Donkey Kong Bananza sur Nintendo Switch 2, et ajoute deux éléments bien distincts. D'un côté, une nouvelle zone à explorer, l'Île de DK. De l'autre, un mode rejouable pensé pour les parties courtes, intitulé Course aux Émeraudes.

Ce dernier a pour but d'enchaîner les objectifs à un rythme soutenu, centré sur la collecte d'émeraudes et des récompenses cosmétiques qui se veulent suffisamment intéressantes pour recommencer. De son côté, l'Île de DK joue davantage la carte de la balade, avec une ambiance carte postale et de nombreux clins d'œil à l'univers Donkey Kong. Un terrain familier et plaisant, conçu pour prolonger l'expérience du jeu principal. Toutefois, qu'en est-il vraiment ?

Miniature vidéo

Ce que propose concrètement le DLC

L'Île de DK se présente comme un espace à visiter rempli de clins d'œil à la série et d'éléments décoratifs à débloquer grâce aux rondelles de banane et auprès du perroquet central de l'île, Squawks. La Course aux Émeraudes ajoute une boucle de jeu inspirée du style roguelike où l'on récupère des émeraudes en chaînes, remplit des objectifs et engrange des bonus avant de repartir plus fort. L'intention est claire, offrir une rejouabilité accessible tout en restant fidèle au gameplay fondé sur la fluidité des déplacements et la destruction.

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Retour sur l'Île de DK

Il faut reconnaître que Donkey Kong n'est pas la licence la plus forte au sein de notre rédaction et nous n'avons sans doute pas repéré tous les clins d'œil nostalgiques ni les personnages emblématiques que les fans connaissent par cœur. Néanmoins l'atmosphère de l'Île de DK frappe fort dès les premiers instants, telle une carte postale immersive. La Nintendo Switch 2 et le jeu avaient déjà impressionné par la qualité graphique et la destruction des environnements, et ici l'île est sublimée par ces effets visuels et le panorama enchanteur.

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On peut toutefois lui reprocher l'absence d'ennemis ou d'enjeux ludiques marquants, ce qui la rend beaucoup plus décorative que véritablement interactive. Les activités proposées pour récupérer de l'argent semblent anecdotiques si vous avez déjà terminé le jeu principal, d'autant que les transformations Bananza facilitent largement la collecte d'or et réduisent l'intérêt de ces niveaux.

La direction artistique reste une vraie réussite, les références à l'univers DK sont omniprésentes et l'exploration conserve un charme indéniable. Pourtant, la dimension ludique demeure limitée et l'île donne davantage l'impression d'un hub musée que d'un terrain de jeu surprenant et varié. Enfin, il est intéressant de noter que si vous n'avez pas encore terminé l'histoire principale, l'accès à l'Île de DK se fait en parlant à Squawks, situé dans la strate du Rhinodrome.

Une fois l'histoire terminée, vous pouvez rejoindre l'Île de DK en utilisant un gong téléporteur, disponible après avoir discuté avec n'importe quel doyen au sujet de la « répétition de Bananza ».

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La Course aux Émeraudes, une vraie bonne idée ?

Si la découverte de l'Île apporte un parfum de nostalgie agréable, il faut tout de même admettre qu'à 20 € le contenu additionnel, la question du rapport qualité-prix revient vite sur la table. Pour enrichir l'expérience, Nintendo a choisi d'introduire une activité inédite qui se distingue nettement du jeu de base. La Void Compagny ne cherche plus à accumuler de l'or mais à récolter des émeraudes. Le ton se veut moins sombre et destructeur, et notre duo accepte sans hésiter de donner un coup de main pour vider les strates de ces précieuses gemmes. Ce petit twist scénaristique apporte une touche plus légère et amusante à l'ensemble.

Notez que Le mode course aux émeraudes est seulement accessible en allant voir Void Kong sur l'île de DK après avoir terminé l'histoire principale et eu une conversation avec n'importe quel doyen à propos de la « répétition de Bananza ».

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Dans la pratique, le mode Course aux Émeraudes repose sur des manches courtes où il faut remplir un quota de gemmes, compléter des objectifs secondaires et récupérer des compétences perdues au fil de la progression. Le rythme est soutenu, la lisibilité claire et la synergie entre mobilité et mécanique façon casse-briques fonctionne parfaitement. Plusieurs niveaux de difficulté sont proposés, augmentant le nombre de manches et ajoutant des handicaps. La plupart du temps, vous perdez l'ensemble de vos transformations et compétences, qu'il faudra retrouver en dénichant des fossiles ou des bananes d'émeraudes.


Le jeu prend soin de réexpliquer régulièrement les mécaniques, ce qui rend le mode accessible même à celles et ceux qui n'y reviennent pas tous les jours. La rejouabilité est bien réelle et pousse à optimiser ses runs, mais la variété reste limitée. Les positions des bananes ou des fossiles ne changent pas et les objectifs finissent par se répéter. Une fois le principe assimilé, on se retrouve à chercher le meilleur chemin et à tester ses réflexes dans une logique proche du speedrun.


Les premières parties sont rafraîchissantes car elles déclinent tout ce que l'on a aimé dans Bananza sous une forme plus nerveuse, légèrement teintée de roguelike. Le potentiel est là, mais il n'est pas poussé au-delà du divertissement immédiat. Le problème vient du décor de fond. Mis à part l'Île de DK, les missions se déroulent sur des strates déjà parcourues de nombreuses fois.

De fait, les joueurs complétionnistes connaissent ces environnements par cœur, ce qui réduit la surprise et l'envie de prolonger l'expérience. Quant aux récompenses, elles sont plaisantes mais pas déterminantes. On débloque des skins d'habits, des points ou encore des rondelles de banane qui servent à activer des statues sur l'Île de DK. Un clin d'œil charmant, surtout quand on s'amuse à les frapper pour les envoyer valser, mais cela reste anecdotique pour un public plus distant de la licence. Ce mode a donc le mérite de varier le gameplay et d'offrir une activité compétitive légère, mais son intérêt à long terme reste limité.

Conclusion

Si le concept du contenu additionnel est original et que le retour sur l'Île de DK offre un vrai moment de nostalgie, il faut reconnaître que le DLC « Île de DK & Course aux Émeraudes » reste mesuré. Au-delà d’un panorama soigné qui prolonge ce que le titre de base avait su proposer à sa sortie, l’Île de DK apporte peu de nouveautés marquantes et n’offre qu’une rejouabilité limitée.

Quant à la Course aux Émeraudes, elle demeure plaisante et introduit une variation bienvenue dans le gameplay. Une fois le principe assimilé, l’expérience s’apparente toutefois à une run stratégique et millimétrée, pouvant durer jusqu’à vingt à vingt-cinq minutes selon la difficulté. L’optimisation devient la clef au détriment de la découverte sur des strates déjà arpentées à de nombreuses reprises tandis que les récompenses associées sont plutôt annecdotiques.

En définitive, il s’agit d’un DLC plaisant mais mesuré. On y retrouve une carte-souvenir à parcourir une ou deux fois, portée surtout par un mode rejouable qui s’intègre naturellement au cœur de Bananza. Notre recommandation est claire, à 20 € , mieux vaut le privilégier si vous recherchez un end-game léger et répétable, ou attendre une promotion si vous espériez un contenu plus conséquent.

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