Embark Studios explique pourquoi ARC Raiders est passé du free-to-play au modèle payant. Selon les développeurs, la gratuité aurait imposé des mécaniques frustrantes, comme des minuteurs sur l'artisanat, nuisant gravement à l'expérience et au respect du temps des joueurs.
Dans une industrie dominée par les géants du free-to-play comme
Fortnite, le choix du modèle économique peut définir l'âme même d'un jeu.
ARC Raiders, le jeu de tir d'extraction d'Embark Studios (à qui nous devons
THE FINALS), a pris une décision audacieuse en s'éloignant de la gratuité pour adopter un prix d'entrée de 40 euros, suivant ainsi la voie tracée par le succès phénoménal de Helldivers 2. Ce choix n'est pas anodin
puisqu'il s'agit d'une mesure de protection du design du jeu contre les dérives inhérentes à la monétisation agressive.
Le piège de la rétention artificielle
Virgil Watkins, le directeur du design chez Embark Studios, a récemment détaillé les coulisses de cette transition dans une
vidéo. Selon lui,
rester sur un modèle gratuit aurait forcé l'équipe à faire des compromis majeurs sur le plaisir de jeu. Pour qu'un titre gratuit soit rentable, il doit souvent créer de la frustration artificielle pour inciter à la dépense.
C'est en fait, à bien des égards, devenu considérablement plus facile [avec le modèle payant]. Dans un free-to-play, vous devez, d'une certaine manière, rendre les choses un peu plus collantes qu'elles ne le seraient autrement, demander un peu plus de temps, un peu plus de grind, juste pour que les joueurs soient incités à rester et à s'accrocher à ces boucles de gameplay. Idéalement, ils sont incités à dépenser de l'argent dans ce jeu.
Des minuteurs de fabrication évités de justesse
Concrètement, si ARC Raiders était resté gratuit, les joueurs auraient dû faire face à des mécanismes bien connus des amateurs de jeux mobiles,
des minuteurs stricts sur l'artisanat. Imaginez devoir attendre plusieurs heures réelles pour obtenir un objet que vous venez de fabriquer, à moins de payer pour accélérer le processus. Ce type de design aurait brisé l'immersion et la fluidité de l'extraction,
voire flirter avec le pay-to-win.
Virgil Watkins explique que les objectifs de collecte auraient été moins «
rationnels », créant un décalage entre l'effort fourni et la récompense obtenue.
L'équipe avait l'impression de devoir freiner artificiellement la progression des joueurs. «
Ces éléments rendaient difficile le respect du temps du joueur. Nous avions presque la main posée sur leur front en leur disant : "Euh, ralentissez un peu". »
Un défi de monétisation éthique
Même si ARC Raiders est payant, il n'est pas exempt de microtransactions, notamment via les Jetons Raider. Cependant, le fait d'avoir supprimé la nécessité absolue de rentabiliser chaque seconde de jeu permet aux développeurs de se concentrer sur un gameplay organique plutôt que prédateur.
Le défi consiste maintenant à proposer du contenu additionnel attractif sans que les joueurs, ayant déjà déboursé une quarantaine d'euros, ne se sentent lésés. C'est un équilibre délicat,
mais qui semble privilégier la qualité de l'expérience utilisateur sur la quantité de temps passé inutilement dans les menus. Et un mois après la sortie, nous pouvons dire que cette décision d'Embark semble être la bonne. D'ailleurs, du contenu est censé arriver en décembre,
si nous nous fions à la feuille de route.
ARC Raiders est toujours disponible sur PC, PS5 et Xbox Series. D'ailleurs, sachez que notre partenaire Instant Gaming vous le propose avec une petite réduction :
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