Le créateur de WARDOGS assume le crunch et traque ses employés

Corentin Rimbert Publié par Corentin Rimbert
le 16 septembre 2026 à 14h36
Le studio derrière WARDOGS assume pleinement sa culture des heures supplémentaires. Son PDG, Joe Brammer, va jusqu'à scruter les réseaux sociaux des candidats pour écarter ceux qui s'opposent au crunch. Une position assumée qui provoque une onde de choc au sein de l'industrie du jeu vidéo.
Le créateur de WARDOGS assume le crunch et traque ses employés

L'industrie du jeu vidéo tente depuis plusieurs années de se défaire de sa réputation toxique liée aux heures supplémentaires abusives et au surmenage de ses talents. Pourtant, le studio Bulkhead, à qui nous devons WARDOGS, le dernier FPS à succès, nage totalement à contre-courant de cette prise de conscience globale. Son dirigeant, Joe Brammer, a récemment pris la parole lors d'une émission spécialisée pour défendre avec ferveur une vision du travail qui fait aujourd'hui grincer des dents de nombreux professionnels du secteur vidéoludique.

Une sélection à l'embauche stricte et controversée

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Lors d'une intervention très remarquée dans le podcast The Game Business Show, le PDG a expliqué en toute transparence que le crunch faisait partie intégrante de l'ADN de son entreprise. Selon lui, cette dure réalité ne doit en aucun cas être cachée aux futurs employés lors des entretiens d'embauche. Plus étonnant encore, la direction traque activement les opinions de ses candidats sur internet pour s'assurer de leur compatibilité avec cette culture d'entreprise exigeante.

Nous vérifions les réseaux sociaux des gens, et si vous tweetez constamment des messages anti-crunch en disant que cela ne devrait jamais exister, nous le voyons et nous nous disons que vous ne serez pas heureux ici, donc nous ne vous embauchons pas.

Joe Brammer estime que le dévouement extrême est la véritable clé de la réussite dans ce milieu ultra-compétitif. Il souligne que ceux qui s'investissent pleinement dans leurs projets se sentiront toujours valorisés, tandis que les autres auront inévitablement l'impression d'être traités comme des esclaves. Une déclaration qui illustre parfaitement une philosophie de gestion assumée jusqu'au bout, comme en témoignent les fameux matelas gonflables installés directement dans les bureaux lors du lancement de WARDOGS, pour permettre aux équipes techniques de réparer les serveurs défaillants toute la nuit.

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Des sacrifices personnels contre des récompenses financières

Le dirigeant concède sans détour que le développement intensif du jeu a exigé des sacrifices monumentaux de la part de ses collaborateurs. Il admet ouvertement que, durant les trois derniers mois de la production, le projet est totalement passé avant la vie de famille et le repos de son équipe. Cependant, il justifie ces efforts colossaux par des compensations financières qu'il qualifie lui-même d'exceptionnelles.

Si nous voulons être une entreprise qui dit pratiquer le crunch, alors il faut que les employés en tirent quelque chose. Nous voulons que les gens sachent que ceux qui travaillent dur obtiennent un retour, et cela change la vie.

Après cette longue période de travail intense, le studio affirme désormais vouloir rééquilibrer la balance en refusant catégoriquement de précipiter la sortie de la version console (qui n'est pas prévue avant 2028). Cette décision permettrait d'offrir un repos bien mérité aux développeurs épuisés par des mois de pression continue.

Une levée de boucliers dans l'industrie

Ces déclarations polémiques n'ont pas tardé à faire réagir les autres acteurs majeurs du milieu. Sur les réseaux sociaux, dont Bluesky, de nombreux créateurs et producteurs indépendants ont fustigé cette méthode de travail archaïque, rappelant avec insistance que les heures supplémentaires à outrance sont très souvent le symptôme d'une mauvaise gestion de projet.

Imaginez être fier de votre attitude envers le crunch et appeler cela du travail acharné. Le crunch est le résultat d'une mauvaise planification et d'une gestion médiocre.

D'autres experts de l'industrie soulignent que de multiples études indépendantes prouvent l'inefficacité totale de ces pratiques sur le long terme, impactant même négativement les profits des studios à cause de l'épuisement professionnel.

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Alors que les syndicats de travailleurs du jeu vidéo gagnent progressivement du terrain pour lutter contre ces abus systémiques, la position inflexible de Bulkhead rappelle que la banalisation du surmenage reste un défi majeur à surmonter pour protéger durablement les créateurs du monde entier.

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