Test The Alters : La survie à tout prix

Clémence Usseglio Publié par Clémence Usseglio
le 12 juin 2025 à 14h00
Nous avons eu l'opportunité de parcourir The Alters, le jeu de science-fiction et de survie de 11 bit studios. Voici notre test sans spoiler.
Test The Alters : La survie à tout prix
Annoncé pour la toute première fois au cours de l'année 2022, The Alters a rapidement intrigué les joueurs et les joueuses en raison de son concept original mais aussi de sa proposition de gameplay. Ayant, malheureusement, été reporté à plusieurs reprises, le nouveau jeu de 11 bit studios (à qui nous devons les deux opus Frostpunk ou encore This War of Mine), The Alters est désormais prêt à débarquer (soit le 13 juin 2025, pour rappel).

Nous avons pu passer plusieurs heures aux commandes de Jan Dolski, d'après une version PS5 du soft, afin de vous rapporter toutes nos impressions sur The Alters. Par delà son concept captivant, le jeu parvient-il à nous accrocher grâce à son histoire ? Ses nombreuses mécaniques de gameplay en font-elles un titre intéressant ou difficile à appréhender ? Quelques questions qui trouveront très certainement leur réponse dans notre test de The Alters.

Une expédition qui vire au cauchemar

Jan Dolski, seul sur une planète hostile

The Alters nous invite à incarner Jan Dolski (joué par Alex Jordan), un jeune homme au passé mystérieux qui se retrouve entraîné dans une mission prenant très vite l'allure d'un cauchemar éveillé. Embarqué dans une expédition, Jan Dolski finit par atterrir sur une planète des plus hostiles. Malheureusement, le protagoniste fait rapidement une découverte funeste : tous les membres de son équipage, y compris le capitaine, n'ont pas eu sa chance et sont décédés avant même de poser les pieds sur cette nouvelle terre inhospitalière.

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Désormais seul et livré à lui-même, Jan Dolski se met alors en quête de la base mobile, qui peut lui offrir un refuge viable, et doit, dès lors, survivre coûte que coûte. Au moins jusqu'à ce qu'une équipe de secours arrive... si elle arrive. Toutefois, toute cette quête n'a rien de simple étant donné que la planète est rongée par diverses anomalies aussi inquiétantes qu'étranges et surtout sur le point d'être calcinée par une étoile. Un postulat narratif de base qui convainc dans les premières heures de jeu et dont le fil scénaristique se consolide au fur et à mesure de la progression, bien qu'il passe certaines fois au second plan, et ce, en raison du gameplay fourni.

Entre course contre la montre (ou contre le soleil, devrions-nous dire) et survie en terre hostile, Jan Dolski n'a plus le choix que de reconstituer un équipage, et ce, à partir de son propre ADN, grâce à l'énigmatique ressource baptisée Rapidium.

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Le miracle du Rapidium : la naissance des Alters

Malgré quelques réticences préalables, et sous les injonctions d'Ally Corp (entreprise qui l'embauche), Jan Dolski se voit, en effet, dans l'obligation d'utiliser le Rapidium, une ressource pouvant être récupérée sur la planète, et ce, dans le but de survivre. Revêtant une très grande importance, cet élément permet de créer des Alters, c'est-à-dire d'autres versions de Jan Dolski, notamment via l'ordinateur quantique et l'utérus (une salle spécifique disponible dans la base mobile).

C'est, d'ailleurs, là qu'entrent en jeu les ramifications et le passé du protagoniste : chaque Alter est lié ainsi que modelé selon des moments de vie (relation conflictuelle avec le père, séparation, travail, études, etc.). Ainsi, c'est en choisissant un Alter à créer que les joueurs et les joueuses ont accès, par bribes, au background narratif du héros. Nous avons trouvé que cet aspect était plutôt bien amené et intégré dans le titre de 11 bit studios et permet, de ce fait, d'apporter davantage de profondeur à l'aventure.

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Soulignons également le fait que chaque Alter a sa propre personnalité et surtout compétences. Là où le mineur présente une addiction notable aux drogues, le scientifique, lui, est un véritable mordu de travail. Cependant, c'est surtout leurs aptitudes qui constituent le nerf de la guerre : le scientifique est le seul à pouvoir effectuer des recherches, permettant de débloquer de nouveaux plans ou des améliorations, tandis que le botaniste est à même de s'occuper de la serre, qui fournit de la nourriture crue. Le technicien peut, quant à lui, maintenir la base mobile en bon état et, si nécessaire, réparer les pannes. Si leurs spécificités sont à prendre en compte, il est, toutefois, possible de les assigner à différents postes, pour une organisation plus souple.

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Sur The Alters, l'un des objectifs sous-jacents est, bien évidemment, de constituer le meilleur équipage possible, tout en en apprenant davantage quant au protagoniste, afin d'éviter le game over. Devenu capitaine malgré lui, Jan Dolski doit, ainsi, gérer son équipe, afin de survivre... lui et ses doubles. Et c'est loin d'être une mince affaire.

Une aventure aux multiples mécaniques

La base mobile : Entre gestion, construction et management

Véritable refuge contre l'adversité environnementale, la base mobile de The Alters fait invariablement penser à l'abri de Fallout Shelter, en un peu plus complexe. Comprenez par là que la base de The Alters se compose de diverses salles utilitaires, devant être construites en échange de ressources. Liées par des couloirs et des ascenseurs, ces pièces occupent plusieurs cases, et ce, à l'horizontale comme à la verticale. Elles ont, comme dit précédemment, toutes une fonction spécifique : la cuisine permet de concocter des plats pour les Alters, la serre pour collecter de la nourriture crue tandis que la salle communautaire est là pour le divertissement. Les Alters s'y déplacent, d'ailleurs, librement, en fonction de leur assignation.

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Les demandes étant de plus en plus importantes pour progresser dans l'histoire, de nouvelles salles se débloquent au fur et à mesure, notamment grâce au système de recherches (via le laboratoire), tandis que la base mobile peut être agrandie. Pour autant, la configuration de ce refuge n'est pas à prendre à la légère, surtout pour les déplacements obligatoires : il convient, pour chaque trajet lié aux exigences scénaristiques, de posséder suffisamment de ressources, stockées dans un espace assez grand.

Par ailleurs, entretenir la base est une affaire de tous les jours. Certaines salles peuvent tomber en panne et ainsi nécessiter une attention particulière. Ce qui suppose d'avoir des kits de réparation, pouvant être fabriqués via l'atelier contre des ressources. C'est, d'ailleurs, à cet endroit que les joueurs et les joueuses passeront du temps, soit pour confectionner les outils utiles pour les expéditions suivantes (nous y reviendrons). Si les Alters peuvent se charger de différentes tâches, lorsqu'ils sont assignés aux postes adéquats, il est tout de même impératif de se rendre dans les diverses salles de la base mobile ou bien de passer du temps dans le menu en jeu pour organiser l'ensemble. Ainsi, sur The Alters, la base n'est pas un simple endroit où dormir entre deux explorations de la planète, elle est un outil à part entière, voire un personnage en soi.

Construire, gérer et manager devient, dès lors, le quotidien de Jan Dolski, qui doit également s'assurer de la bonne cohésion de l'équipe et du bien-être des Alters. Oui, le titre de 11 bit studios propose aussi aux joueurs d'entretenir les relations avec les différents doubles du protagoniste. Ce qui exige, notamment, d'effectuer les bons choix lors des dialogues. En effet, à chaque discussion, un Alter peut ressentir de la frustration, de l'anxiété ou bien de la joie, pour ne citer que ces trois exemples, en fonction de vos réponses. Le tout étant inscrit sur la fiche du personnage en question, accessible via le menu en jeu.

Dans certains cas, des disputes entre plusieurs Alters peuvent éclater, exigeant ainsi de prendre une décision cruciale, qui aura un impact significatif ou non pour l'équipe. Il ne faudra pas non plus abuser sur les heures supplémentaires et veiller à leur offrir quelques moments de détente, via la salle communautaire, où il est possible de jouer au bière-pong ou de regarder des films (à condition d'en avoir récupéré). Très souvent (peut-être trop souvent), les Alters souhaitent échanger avec Jan Dolski sur des sujets plus ou moins importants. D'ailleurs, gérer les Alters n'est pas une mince affaire. Si ces derniers ne sont pas bien, ils risquent de se rebeller. Et c'est alors... le game over.

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De ce fait, en raison du statut de capitaine de Jan Dolski, les joueurs et les joueuses doivent constamment gérer de multiples choses : allant de la construction de la base mobile à son bon maintien, en passant par la bonne santé mentale et physique de l'équipage. Et à cela s'ajoute l'exploration de la planète, qui fait partie intégrante de l'expérience, ne serait-ce que pour la collecte de ressources et, intrinsèquement, la progression.

Une planète hostile comme seule ressource pour survivre

Pour constituer la base mobile ou encore la réparer, il convient, comme vous l'aurez compris, d'être en possession des éléments adéquats. Les différentes ressources, telles que les métaux, les minéraux et la matière organique, en plus du Rapidium, se trouvent aux quatre coins de la planète. C'est, plus précisément, à des dépôts profonds qu'il est possible de les collecter. Les dénicher exige, au préalable, de scanner le sol afin de trouver le point d'extraction le plus intéressant, puis de bâtir un poste minier, devant être relié par des pylônes à la base mobile.

Si cela semble plutôt facile dans les premières heures de jeu, le tout se complexifie progressivement, notamment à cause de la configuration du terrain. Par exemple, après quelques heures, l'espace explorable devient particulièrement escarpé. Ainsi, certains dépôts sont placés en hauteur. Les atteindre nécessite, dès lors, d'escalader une paroi, et donc par extension d'avoir suffisamment d'énergie (pouvant être restaurée à l'aide de piles, à confectionner via l'atelier) mais aussi d'être équipé d'un grappin. De ce fait, bien que le jeu ait la bienveillance de nous apprendre les mécaniques en douceur et progressivement, il y a de nombreuses fois où nous nous sommes retrouvés devant un obstacle que nous n'avions pas anticipé. Cet aspect est plutôt bienvenu, tant cela ne facilite pas trop l'expérience et insuffle une courbe d'apprentissage, mais peut tout aussi bien causer un peu de frustration. Et ce d'autant plus quand il faut tout recommencer après un déplacement de la base, et donc dans une toute nouvelle zone, et que le temps est compté.

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Fort heureusement, le jeu nous permet de nous déplacer librement vers la base, grâce à des pylônes spécifiques. Ce qui n'est pas de refus étant donné qu'à partir d'une certaine heure l'extérieur devient invivable en raison des radiations et que l'endurance de Jan Dolski n'est pas infinie. Car oui, le personnage dispose d'une sorte de jauge d'énergie, représentée par du temps : chaque action consomme quelques secondes, voire minutes. Naturellement, à un moment donné, le protagoniste est épuisé et ne peut plus rien entreprendre. Ce qui exige, alors, de dormir et donc de passer la journée, en espérant que la suivante ne marquera pas l'arrivée du soleil et donc des ennuis. 

Ainsi, The Alters pousse les curseurs de la survie et de la gestion en demandant aux joueurs et aux joueuses d'effectuer de nombreuses tâches et de gérer divers éléments, tout en leur imposant une limite de temps et en les mettant régulièrement face à des dangers (anomalies, tempête de radiations, etc.). Même dans la difficulté la plus basse, le jeu de science-fiction de 11 bit studios peut être un tantinet exigeant (Frostpunk et This War of Mine sont jugés plus difficiles, rassurez-vous).

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Une production réussie

Par delà son concept original, une vraie identité

Avec ses précédents jeux, à savoir Frostpunk et This War of Mine, 11 bit studios nous a habitués à une direction artistique marquante et possédant une identité forte. Le studio de développement réitère l'exploit en insufflant une vraie proposition visuelle à The Alters, qui n'hésite, d'ailleurs, pas à jouer avec la caméra et donc les points de vue. Comprenez par là que nous avons le droit à une vue du dessus (un peu de biais) dans la base mobile et une vue à la troisième personne en dehors du refuge, par exemple.

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Dans ce sens, nous avons été plutôt époustouflés par le réalisme et le souci du détail qui transparaissent dans la base mobile, et plus, précisément via les différentes salles. Chacune d'entre elles est bien « habitées » et possède une réelle ambiance, tout en respectant sa thématique. La variété des environnements de la planète est également réussie, ce qui apporte un peu de fraîcheur d'un acte à un autre.

De la même manière, l'ensemble des Alters ne ressemblent pas précisément à Jan Dolski. Chacun a le droit, d'une certaine façon, à son propre chara-design, bien que celui du personnage d'origine transparaisse à différents endroits. Par exemple, et comme vous avez pu le constater avec les images ci-dessus ou encore les différents trailers, le scientifique a les cheveux longs tandis que le technicien a des traits de visage un peu plus durs que Jan Dolski. Ces détails rendent le tout beaucoup plus crédible et vivant.

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En plus de la caméra, The Alters joue également avec la composition. À plusieurs reprises, et plus précisément lors de certaines séquences avec des doubles de Jan Dolski, le jeu nous propose des plans dignes de concept arts. Ceux-ci sont vraiment bien réalisés et rendent très bien à l'écran, grâce à une belle mise en scène et une palette de couleurs maîtrisée. Ce qui dénote fortement avec l'utilisation du champ-contrechamp (façon Starfield), disponible durant les conversations, qui est un peu plus plat, selon nous (mais, les goûts et les couleurs, vous savez...).

Ainsi, The Alters possède sa propre identité visuelle, qui fera certainement mouche auprès de nombreux joueurs et joueuses. D'ailleurs, celles et ceux qui joueront sur PS5 au dernier né de 11 bit studios seront très probablement satisfaits du résultat final.

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Une version PS5 satisfaisante

Comme dit précédemment, nous avons parcouru The Alters sur la dernière console de PlayStation, la PS5. Cette mouture est des plus satisfaisantes dans l'ensemble et permet notamment des temps de chargement très rapides. D'ailleurs, bien que cela ne soit pas spécifique à la PS5, nous avons été plutôt impressionnés quant à la rapidité des ascenseurs dans la base mobile, qui offre, de ce fait, des déplacements sans délai. Ce qui est franchement bienvenu, surtout après plusieurs heures de jeu à son actif et, ainsi, de nombreuses salles à sa disposition.

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En dehors de quelques petites chutes de framerate, notamment lors de l'exploration de la planète et à deux-trois moments dans la base mobile, The Alters offre une expérience de jeu vraiment fluide. Hormis cela, nous n'avons rencontré aucun bug majeur et n'avons été victimes d'aucun crash d'application. D'ailleurs, la configuration par défaut des touches sur PS5 est bien pensée et assez instinctive, bien que certains préfèreront certainement y jouer sur PC grâce au combo clavier/souris, qui offre généralement une bonne rapidité et efficacité sur ce type de jeux.

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Conclusion

8 The Alters parvient à nous captiver pendant plusieurs heures grâce à son concept original et sa direction artistique très travaillée, qui offre une belle variété visuelle. Que ce soit par le biais des ramifications ou du propos narratif en temps réel, l'histoire est plutôt intéressante, bien qu'elle se retrouve, à certains moments, un peu gommée par le gameplay.

Le jeu de science-fiction et de survie de 11 bit studios dispose, d'ailleurs, de nombreuses mécaniques qui marchent très bien ensemble. Cela limite le sentiment de lassitude, tout en imposant un certain rythme. Devant gérer la base mobile, les Alters ainsi que la collecte de ressources et le bon fonctionnement général, les joueurs et les joueuses ont de multitudes de choses à faire et à préparer sur The Alters afin que Jan Dolski survive... s'ils y parviennent.
  • +La construction et la gestion de la base mobile
  • +Un gameplay fourni...
  • +Une direction artistique très travaillée et plaisante
  • +Le concept original du jeu avec les Alters
  • +Une bonne rejouabilité
  • +Une version PS5 convaincante
  • +Plusieurs options de difficulté pour moduler l'expérience
  • +Un jeu qui ne nous prend pas par la main
  • +Le titre parvient à se renouveler, à plusieurs occasions
  • -Une histoire un peu en retrait, par endroits
  • -... qui peut, tout de même, frustrer par moments
  • -Des discussions avec des Alters un peu trop fréquentes, certaines fois

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