Test Star Fox : Le retour de Fox McCloud sur Switch 2 valait-il vraiment l'attente ?

Mathieu Vandenburie Publié par Mathieu Vandenburie
le 24 juin 2026 à 14h00
Trente ans après Lylat Wars, Fox McCloud remonte dans son Arwing. Ce remake exclusif Switch 2, développé par Velan Studios, ne réinvente pas la formule originale, mais la dépoussière avec une ambition certaine. On a passé le jeu au crible pendant huit à dix heures, manette Switch 2 Pro en main et quelques sessions en portatif, pour vous dire si ce retour tient la route.
Test Star Fox : Le retour de Fox McCloud sur Switch 2 valait-il vraiment l'attente ?

Conditions de test

  • Manette utilisée « Manette Switch 2 Pro
  • Console utilisée « Nintendo Switch 2
  • Temps de jeu « Environ 8 h (Histoire terminée)
  • Version du jeu « Version commerciale fournie par Nintendo

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L'histoire « une menace sur le système de Lylat

Le point de départ est simple et efficace. Le Dr Andross, scientifique banni du système de Lylat après avoir mené des expériences jugées trop dangereuses, lance une offensive militaire pour prendre le contrôle de l'ensemble des planètes du système. Face à cette menace, les autorités font appel à l'équipe Star Fox, un groupe de mercenaires aguerris piloté par Fox McCloud. Ce dernier part en mission à bord de son Arwing, accompagné de ses coéquipiers Falco, Peppy et Slippy, pour neutraliser Andross une planète après l'autre.

Ce remake ajoute un prologue inédit centré sur James McCloud, le père de Fox, qui permet de mieux comprendre les origines du conflit et donne un peu plus de profondeur à une trame qui reste volontairement minimaliste. Les nouvelles cinématiques étoffent l'ensemble et rendent l'histoire accessible même pour ceux qui n'ont jamais touché à la licence.

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Pour les fans de la première heure, qu'est-ce qui change vraiment ?

Soyons directs avec ceux qui ont encore une cartouche de Lylat Wars quelque part dans un tiroir. La structure de gameplay au format « rail gun », c'est-à-dire un genre de jeu de tir où votre véhicule avance tout seul sur une trajectoire prédéfinie sans retour en arrière possible, reste rigoureusement identique à celle du jeu de 1997, avec les mêmes routes alternatives, les mêmes séquences en Landmaster et en Blue Marine etc. Nintendo n'a pas cherché à réinventer l'expérience originale. Un choix qui ravira sans doute les puristes, mais qui pourra également laisser certains joueurs sur leur faim.

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En revanche, toute la direction artistique a été entièrement repensée. Sans surprise après près de trente ans, il aurait été difficile de conserver l'aspect visuel d'origine tel quel. Le travail réalisé rend toutefois un bel hommage à la licence. Les environnements gagnent en richesse et en détails, chaque planète bénéficie d'une identité plus marquée, tandis que les effets visuels modernisent efficacement l'ensemble sans trahir l'esprit du jeu.

Les personnages profitent eux aussi d'une refonte complète dans un style plus realistic. Si cette nouvelle direction artistique a suscité quelques débats au sein de la communauté, cette approche se montre convaincante. Fox et ses compagnons affichent une anthropomorphie, c'est-à-dire l'attribution de caractéristiques humaines à des animaux, crédible et expressive qui fonctionne particulièrement bien à l'écran.

Côté contenu inédit, on note l'ajout du prologue scénarisé évoqué plus haut, de nouvelles cinématiques très soignées et de nouveaux briefings entre les missions. Le doublage français fait également son apparition. À cela s'ajoutent le mode Défi, qui propose des objectifs supplémentaires sur les missions existantes, et surtout le mode Combat en ligne, une nouveauté totale pour la franchise. Pour la compatibilité nostalgique, la manette Nintendo 64 pour Nintendo Switch est supportée. Ce Star Fox édition 2026 est donc clairement plus une remasterisation enrichie qu'un remake qui bouscule les fondations, et il vaut mieux l'aborder avec cette grille de lecture.

Un jeu de véhicules, et rien d'autre

C'est la première chose à savoir avant de se lancer, surtout si on découvre la licence avec cet opus. Dans Star Fox, on ne quitte jamais son véhicule. Pas d'exploration à pied, pas de phases de plateforme au sol. On pilote l'Arwing dans les airs, le Landmaster sur terre ou le Blue Marine sous les océans. Il est d'ailleurs possible de jouer en vue de derrière ou même depuis le cockpit. Pour ceux qui apprécient les jeux qui mélangent les genres ou qui aiment se balader librement dans un environnement, mieux vaut le savoir dès le départ. En revanche, pour les joueurs qui cherchent un shooter arcade pur et tendu, c'est précisément ce cadre resserré qui donne son identité au titre.

La progression se fait selon un principe de couloir guidé, avec des phases où le vaisseau avance automatiquement et où on gère essentiellement la visée et les esquives. Ces séquences se finissent parfois avec des zones de combat libre dans lesquelles on se déplace à notre guise dans un espace un peu plus ouvert, radar en main pour suivre la position des alliés et des ennemis. On peut accélérer, ralentir, se mettre sur le flanc pour passer dans des espaces serrés, charger ses tirs ou tirer à répétition.

La prise en main est particulièrement complète et donne réellement l'impression de piloter son vaisseau, un point appréciable tant les commandes répondent avec précision. Aucune aide à la visée n'est proposée. Il faut donc ajuster ses tirs sans assistance, ce qui demande de la maîtrise, mais reste parfaitement cohérent avec l'esprit arcade et exigeant du titre.

Les amateurs de commandes inversées ne sont pas oubliés. Cette option peut être activée ou désactivée à tout moment et peut être configurée indépendamment pour chaque véhicule afin d'adapté les sensations de pilotage selon ses préférences.

Une maniabilité riche et bien pensée

Au-delà du pilotage de base, l'Arwing dispose d'un arsenal de manœuvres qui enrichit clairement les combats. On peut notamment récupérer des bonus en traversant des anneaux bleus ou dorés, lesquels servent à recharger le bouclier, qui fait ici office de barre de vie. Les missiles apportent une couche supplémentaire de stratégie. Ils s'obtiennent en réalisant certaines actions ou en détruisant des ennemis spécifiques, mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, ils ne sont pas autoguidés. Il faut donc choisir soi-même le bon moment pour les tirer, puis décider de les faire exploser manuellement ou de laisser l'impact déclencher la détonation.

Une jauge de boost complète le dispositif et permet d'accélérer, de ralentir ou d'enchaîner les loopings, ce qui donne encore plus de liberté dans le contrôle du vaisseau. La gestion des déplacements latéraux participe aussi à cette sensation de maîtrise. Une simple pression sur la commande dédiée permet de basculer l'Arwing sur le flanc, utile pour se faufiler entre des obstacles ou négocier plus efficacement certains virages, tandis que deux pressions successives vers la gauche ou la droite déclenchent une roulade défensive capable d'absorber ou d'éviter certains tirs.

Ces mécaniques restent accessibles dans leur ensemble, mais demandent de la pratique avant de devenir naturelles. Elles s'adaptent également, avec quelques variations, au Landmaster et au Blue Marine. Une fois assimilées, elles apportent une vraie sensation de contrôle sans jamais alourdir la prise en main.

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Une difficulté qui se dévoile progressivement

Si les premiers niveaux peuvent donner l'impression que le jeu manque un peu de mordant, on se rend rapidement compte que ce n'est qu'un faux départ. La difficulté monte progressivement, et les zones les plus exigeantes se dévoilent une fois l'histoire bien lancée. À cela s'ajoutent les défis débloqués au fil des runs, qui imposent des objectifs plus précis et donnent une vraie motivation pour retourner sur des niveaux déjà parcourus. L'ensemble gagne ainsi en densité au fil de la progression.

Le jeu introduit également une dimension stratégique que l'on ne perçoit pas immédiatement. Même en solo, on évolue au sein d'une équipe de quatre pilotes. Lorsqu'un coéquipier encaisse trop de dégâts et doit se retirer, il n'est plus disponible pour la mission suivante, le temps que son Arwing soit réparé. Cela pousse naturellement à adopter un comportement plus attentif, à soutenir ses alliés plutôt qu'à foncer systématiquement.

Les coéquipiers participent aussi activement à l'expérience en communiquant en permanence, que ce soit pour signaler leur état, des ennemis repérés ou des passages intéressants. Cette présence constante renforce la sensation de travail d'équipe, malgré un format fondamentalement solo.

Un rapport de mission qui pousse à se dépasser

Chaque mission se termine par un rapport complet. On y retrouve le score obtenu, l'état de chaque coéquipier, la condition de notre appareil, les dégâts encaissés, les munitions utilisées, la précision de tir ou encore le nombre de vies restantes. C'est une manière simple mais efficace de faire un état des lieux avant d'attaquer la mission suivante, et cela donne souvent une indication sur les nouveaux défis ou les nouvelles données qui viennent de se débloquer.

Ce système installe une vraie compétition avec soi-même avant même de penser au multijoueur. On a vite envie de comprendre pourquoi le score est descendu par rapport à la session précédente, ou à l'inverse ce qui a permis de faire mieux. C'est cette mécanique, plus que la promesse du mode Combat en ligne, qui donne au jeu son identity de base et qui entretient l'envie de recommencer.

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La rejouabilité au cœur de l'expérience

Star Fox ne se parcourt pas une seule fois avant d'être rangé. Le jeu est pensé autour de la notion de run, c'est-à-dire une partie complète du début à la fin qui dure ici environ une à deux heures grand maximum. Une fois la fin atteinte, on repart du début avec une compréhension différente des niveaux, de nouveaux objectifs en tête et la possibilité d'emprunter d'autres chemins selon ses performances.

Chaque mission influence la suite de l'aventure, que ce soit par le nombre d'ennemis éliminés, la protection des alliés ou les objectifs secondaires remplis. De nouvelles cinématiques, de nouveaux passages et de nouveaux défis se débloquent progressivement, et c'est cette progression par l'amélioration personnelle, bien plus que la durée brute d'une seule partie, qui donne envie de replonger dans l'action.

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Le mode coopératif local, une bonne idée mal exploitée

La coopération en local repose sur un partage de Joy-Con, un pour le pilote et un pour le tireur. Sur le papier, l'idée est séduisante, mais en pratique, cela demande une surface plane pour viser correctement, donc un bureau ou une table, ce qui limite les conditions dans lesquelles on peut en profiter. Le vrai problème vient surtout de la maniabilité du pilote, qui perd en intérêt une fois la responsabilité du tir confiée à quelqu'un d'autre.

Le tireur subit directement les mouvements du pilote, ce qui l'empêche de viser sereinement, et le pilote se voit presque contraint de limiter ses déplacements pour ne pas trop perturber son coéquipier. Or rester stable dans un jeu aussi nerveux revient à se faire abattre beaucoup plus facilement. On se retrouve donc avec deux joueurs aux marges de manœuvre réduites, alors même que le jeu regorge d'alternatives de pilotage en solo. C'est une expérience à tenter pour le challenge ou la découverte à deux, mais ce n'est pas la manière la plus satisfaisante d'aborder le titre.

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Graphismes et bande-son

La refonte visuelle fait le travail. Les graphismes rendent honneur à la Nintendo Switch 2 et le jeu bénéficie du boost technique de la console. Les cinématiques, qu'il s'agisse du prologue ou des nouvelles séquences de briefing, sont soignées et bien rythmées, et les personnages s'y expriment avec une vraie présence. Pour quelqu'un qui ne connaît pas la licence, elles permettent de s'ancrer rapidement dans l'univers.

Côté bande-son, l'ensemble est solide sans être mémorable. La musique orchestrale accompagne bien l'action sans jamais gêner, et le doublage français se montre propre. Ce n'est pas ce qui restera en tête une fois la console éteinte, mais cela contribue à une expérience globalement bien finie.

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Et le multijoueur en ligne ?

La vraie nouveauté de ce remake tient dans son mode Combat, qui oppose en ligne deux équipes de quatre joueurs sur plusieurs arènes aériennes, chacune avec ses propres règles, contrôle de zone, collecte d'objets ou capture de drapeau selon la carte. Des parties privées sont également prévues pour s'affronter entre amis. Sur le papier, c'est un ajout qui peut donner une vraie raison de revenir une fois la campagne terminée, mais qui ne sera pas forcément un argument valable pour attirer de nouveaux joueurs.

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Si Nintendo a proposé des sessions de tests axées sur le multijoueur, elles ne se prêtaient pas à notre emploi du temps. Nous prendrons le temps d'essayer et de mettre à jour cet article une fois les serveurs ouverts et le mode accessible dans des conditions réelles de jeu.

Conclusion

8 Star Fox tient ses promesses pour celles et ceux qui connaissent et apprécient déjà la licence. La refonte visuelle est soignée, la rejouabilité bien présente, et le système de runs multiples donne envie d’y revenir pour progresser et débloquer de nouveaux passages.

Ce remake assume toutefois pleinement son héritage rétro, et c’est précisément là que se situe sa principale limite pour un nouveau public. La structure très linéaire de la campagne et sa rejouabilité exigeante risquent de laisser de côté les joueurs plus occasionnels, peu enclins à refaire plusieurs fois les mêmes niveaux pour explorer des chemins alternatifs. Les défis annexes, eux, s’adressent clairement à des profils plus investis.

On peut néanmoins espérer que l’intérêt suscité par ce retour donnera à Nintendo l’envie d’aller plus loin avec un épisode inédit, pensé cette fois pour exploiter pleinement les capacités de la Switch 2.
  • +Refonte visuelle qui rend honneur à la Switch 2 et l'équipe de Fox
  • +Système de runs et rapport de mission qui poussent à se dépasser
  • +Maniabilité riche et complète une fois maîtrisée
  • +Prologue inédit et cinématiques qui étoffent l'histoire
  • -Mode coopératif local peu satisfaisant à la prise en main
  • -Structure rigide qui pourrait freiner les nouveaux joueurs
  • -Un titre plus « nostalgique » que réellement novateur

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