Test Resonance: A Plague Tale Legacy : Un spin-off réussi, entre renouveau et héritage
le 26 août 2026 à 18h00
Proposer un spin-off avec un ou plusieurs nouveaux personnages jouables est toujours un pari risqué pour les studios de développement, qui désirent renouveler leur licence tout en ancrant leur projet vidéoludique dans un univers déjà connu. C'est, d'ailleurs, le pari un peu fou que s'est lancé Asobo Studio avec Resonance: A Plague Tale Legacy, qui offre une aventure aux côtés de Sophia, et non plus d'Amicia et Hugo de Rune. Ayant décidé de centrer son nouveau jeu sur un personnage apprécié et présent dans l'opus Requiem, Asobo Studio a également choisi une nouvelle formule pour le gameplay. Ainsi, la question que se pose la communauté, depuis la première révélation du jeu, est invariablement la suivante : Resonance: A Plague Tale Legacy est-il un spin-off réussi, voire aussi bon que ses prédécesseurs ?
Nous avons pu parcourir entièrement Resonance: A Plague Tale Legacy, d'après une version PS5. Et après notre périple sur l'île du Minotaure aux côtés de Sophia, nous revenons avec toutes nos impressions sur Resonance: A Plague Tale Legacy.
- Conditions pour notre test de Resonance: A Plague Tale Legacy :
- Version → PS5
- Manette → DualSense
- Mode graphique → Qualité
- Langue → Anglais, avec sous-titres en français
- Aventure terminée
Le périple de Sophia : un mariage entre présent et passé
L'Origin Story du Scorpion des mers
Si beaucoup de joueurs connaissent Sophia grâce à son apparition dans l'opus Requiem et sa place centrale dans l'aventure des deux jeunes de Rune, elle est ici la protagoniste d'un périple désigné en tant que préquelle (15 ans avant les aventures de Requiem). Ce n'est donc pas le Scorpion des mers que nous retrouvons, mais une version plus jeune de Sophia. Resonance: A Plague Tale Legacy livre même une ouverture centrée sur son enfance.
À un jeune âge, et à la suite d'une décision prise par sa mère, Sophia réside pendant un temps dans un couvent, qui réalise certaines expérimentations secrètes. Depuis, la protagoniste souffre de visions qui lui laissent entrevoir diverses choses liées à l'île du Minotaure et à des événements du passé ayant eu lieu à cet endroit reculé.
Retrouvant son père après son séjour dans le couvent, Sophia devient une pillarde et est formée aux arts de l'épée, alors que toute sa bande convoite un potentiel trésor caché au sein de l'île du Minotaure. Parvenant tant bien que mal à mettre la main sur une clé essentielle, soit la sphère minoenne (un artefact créé par Dédale), Sophia entreprend son voyage sur l'île, en compagnie de son amie, Leni.
L'île du Minotaure et la résurgence du passé
Régulièrement en proie à des visions, lui causant des moments d'absence, Sophia entrevoit le passé de Thésée, tout en foulant ses pas sur l'île du Minotaure. Or, ces visions ne sont pas seulement figuratives/cinématographiques. Les joueurs ont, plusieurs fois, l'occasion d'incarner Thésée, qui doit surmonter diverses épreuves mortelles afin d'atteindre le Labyrinthe, dont le cœur abrite la célèbre créature mythologique. Ces séquences de gameplay donnent majoritairement naissance à des combats dans des arènes.
Proposant une réécriture du célèbre mythe de Thésée et du Minotaure, Resonance: A Plague Tale Legacy offre donc deux timelines, qui sont en réalité liées l'une à l'autre. C'est ainsi, au regard de ces deux destins connectés, que nous en apprenons plus sur le Minotaure et sur cette île, autrefois sublime mais désormais rongée par un mal. Rassurez-vous tout de suite, Asobo Studio relie bien cet opus aux jeux avec Amicia et Hugo et à la Macula. Or, nous nous abstiendrons de vous en dire plus à ce sujet, car il s'agit de l'une des plus grosses attentes des fans de la licence.
Si Resonance: A Plague Tale Legacy ne renie pas ses origines en s'ancrant dans l'univers narratif des deux premiers opus, son appartenance à la licence A Plague Tale transparaît également à travers la direction artistique, qui voit les choses en grand.
Une œuvre aussi sombre que sublime à différentes échelles
A Plague Tale: Requiem avait déjà grandement marqué les esprits grâce à sa qualité visuelle ainsi que sa dualité atmosphérique, qui penchait tantôt dans le lumineux, tantôt dans le sombre. Avec Resonance: A Plague Tale Legacy, Asobo Studio pousse les curseurs encore plus loin.
Tout au long de l'aventure, nous sommes amenés à explorer des zones semi-ouvertes, qui sont aussi bien situées à la surface que dans les profondeurs. De ce fait, l'atmosphère alterne régulièrement entre endroits baignés de soleil et lieux en proie à une obscurité angoissante. Là où Asobo Studio frappe un grand coup réside dans les décors : les différents lieux profitent d'une architecture absolument sublime ainsi que d'une mise en scène où la grandeur est maître mot. Certains d'entre eux nous ont, d'ailleurs, subjugués (avec le mode Qualité sur PS5) et feront à coup sûr l'objet de multiples clichés de la part des amateurs de photographie virtuelle.
L'ensemble étant accentué par la merveilleuse bande-originale signée par Olivier Derivière, qui livre, une nouvelle fois, des morceaux musicaux mémorables (« The Land » restera certainement dans les annales), mais aussi l'excellent doublage d'Anna Demetriou, qui donne beaucoup de caractère et de profondeur à la protagoniste. Sophia prend ainsi davantage d'ampleur et parvient à effacer tous les doutes possibles quant à la pertinence de ce spin-off. Un mot ? Grandiose !
Ci et là, certaines textures ou dialogues sont un peu moins convaincants, mais le tout est réellement très correct et réussit à nous immerger dans un périple épique, qui mêle affrontements, secrets et puzzles.
Une alliance réussie entre combats et énigmes
À bas la fronde, place aux lames
Contrairement à Amicia de Rune, Sophia est une pillarde entraînée, qui dispose de son propre équipement. En plus d'une petite dague, la protagoniste manie une épée. Chacune de ces lames principales, pouvant être trouvées dans des tombeaux, offre des propriétés en lien avec des mécaniques (parade, etc.). Pour compléter cela, les joueurs ont la possibilité de débloquer des compétences, en échange de points de résonance, mais aussi d'équiper différentes babioles (bracelets, perles, etc.), qui accordent des bonus et peuvent être dénichées durant les moments d'exploration.
Lors des affrontements, les joueurs ont accès à une panoplie de mouvements bien connue : la parade, puis la contre-attaque, ou encore l'esquive. À cela s'ajoutent le grappin, donnant la possibilité d'attirer des ennemis à soi, ou encore le jet d'objets (bouteilles, couteaux...), qui remplissent la jauge d'étourdissement des adversaires. Une variété de mouvements bienvenue, étant donné que Sophia se retrouve toujours encerclée par plusieurs opposants, et ce, de différents types (archers, guerriers, brutes, et bien d'autres). Ne comptez, toutefois, pas sur la possibilité de verrouiller vos adversaires, mais la difficulté peut être atténuée ou augmentée grâce à la présence de différents niveaux dans les options.
Le système de combat de Resonance: A Plague Tale Legacy propose, dès lors, une formule assez légère, mais qui est amplement suffisante. Cela s'explique également par le fait que les affrontements ne sont pas le seul aspect du gameplay de Resonance: A Plague Tale Legacy.
Énigmes et épreuves mortelles au rendez-vous
Retraçant l'aventure de Thésée via ses visions, Sophia doit également traverser une série d'épreuves mortelles, tout en faisant face à une créature énigmatique, afin d'atteindre le Labyrinthe. Néanmoins, contrairement à sa bande, c'est une quête de réponses qui anime réellement Sophia, et non la convoitise d'un trésor. Un objectif qui lui permet de s'accrocher, malgré la difficulté de l'entreprise.
Munie de la sphère Minoenne, Sophia peut résoudre différentes énigmes en jouant avec les éléments du décor. Bien souvent, il faut faire coïncider les rayons de lumière colorés issus de la sphère sur les réceptacles adéquats. D'autres fois, les joueurs doivent jouer avec la position de divers miroirs pour refléter la lumière au bon endroit. Mais Resonance: A Plague Tale Legacy nous met également perpétuellement en danger, notamment via des pièges mortels lors de séquences de plateforme.
Loin d'être trop faciles, et le jeu ne nous prenant pas à outrance par la main, les énigmes ne sont pas insurmontables, bien que certaines pourraient vous demander quelques minutes de réflexion. Auquel cas, le carnet de Sophia, comportant des annotations et croquis, peut être parcouru, alors que de l'aide peut être demandée aux alliés proches.
Si l'île du Minotaure et ses épreuves mortelles cherchent inlassablement la mort de ses explorateurs, la mystérieuse créature réfugiée dans les profondeurs ne se montre pas plus clémente. Sorte de bestiole et de plante tentaculaire, le monstre est capable d'aspirer la vie et de se fondre rapidement sur sa proie pour la consumer. À tel point que les victimes peuvent être transformées en personnes pétrifiées. Il s'agit alors de se cacher, d'avancer discrètement, de se réfugier dans l'halo d'une source de lumière ou encore de fuir à toute allure durant des séquences de parkour intenses et effrénées. Et encore, la créature et les ennemis humains ne sont pas les seules menaces auxquelles Sophia doit faire face...
Emprunt d'une dualité forte et d'un bestiaire varié, le gameplay de Resonance: A Plague Tale Legacy, qui fait invariablement penser à des licences comme Uncharted ou Tomb Raider, se veut complémentaire et parvient à proposer une aventure haletante.
Une aventure envoûtante et rythmée
Resonance: A Plague Tale Legacy, dont la durée de vie avoisine les 12-15 heures en ligne plus ou moins droite, ne manque pas de rythme. L'ensemble de l'aventure est très bien équilibrée et parvient avec justesse à mêler un gameplay double, une dualité temporelle ainsi que la pluralité de dangers. Envoûtant !
D'ailleurs, l'histoire de Sophia est intéressante et permet de découvrir une nouvelle facette de ce personnage devenu emblématique pour la franchise. Nul doute que les fans de la licence, comme nous, chercheront constamment des liens narratifs avec les aventures d'Amicia et Hugo. Or, le scénario autour de Thésée et du Minotaure est tout aussi prenant, en raison de sa révélation progressive. Attendez-vous, d'ailleurs, à quelques rebondissements scénaristiques, qui viendront régulièrement attiser votre curiosité et votre quête de réponses.
Légèrement moins émotionnel que A Plague Tale: Requiem à notre sens, Resonance: A Plague Tale Legacy ne manque, cependant, pas de scènes marquantes, qui sont mises en valeur par une très bonne prestation de la part de son casting et la maîtrise de l'écriture. À ce sujet, soulignons que le duo Sophia/Leni fonctionne plutôt bien, grâce à des dialogues réussis et à leur bonne alchimie. Force est de constater que nous sommes tout de même loin de la relation forte entre Amicia et son frère, qui est dépeinte dans A Plague Tale: Innocence et A Plague Tale: Requiem.
D'un point de vue technique, la version PS5 de Resonance: A Plague Tale Legacy est réellement de très bonne facture. Notre expérience n'a été entachée par aucun problème majeur, qui aurait pu briser l'immersion. Et s'il y a encore certaines approximations dans la synchronisation labiale ou de légers défauts de texture, nul doute que les développeurs travailleront là-dessus dans les jours, voire semaines, à venir pour offrir le périple le plus parfait, mais déjà très dangereux, aux joueurs.
Grâce à sa narration, sa finesse d'écriture et son cadre spatio-temporel, Resonance: A Plague Tale Legacy propose une histoire prenante qui ne manque pas d'épique. Le personnage de Sophia, étant très bien joué par son interprète, est très intéressant, notamment au regard de son avenir avec Amicia et Hugo de Rune.
Asobo Studio frappe un grand coup en proposant une aventure centrée, cette fois-ci, sur l'action et parvient à nous accrocher, grâce à des mécaniques simples mais bien exécutées. Avec un gameplay également orienté sur les énigmes, Resonance: A Plague Tale Legacy nous fait réfléchir, et ce, justement ainsi que sans trop nous aider.
Si le périple sur l'île du Minotaure se veut un peu moins émotionnel que le deuxième opus A Plague Tale et ne profite pas d'un duo aussi fort que les enfants de Rune, Resonance: A Plague Tale Legacy est une très bonne expérience, qui profite, qui plus est, d'une bande originale sublime et d'une direction artistique époustouflante à de nombreux endroits.
- +L'interprétation d'Anna Demetriou de Sophia est excellente
- +Une histoire prenante avec des rebondissements, qui a des liens avec la duologie A Plague Tale
- +Un système de combat léger mais efficace
- +Une direction artistique réellement sublime
- +Une bande originale qui ravit les oreilles
- +Une durée de vie correcte et suffisante
- +Une bonne variété dans le bestiaire et les multiples dangers
- +Des énigmes non trop faciles non trop difficiles
- -De légères approximations sur certaines textures
- -De petits manquements au niveau de la synchronisation labiale
- -Sophia et Leni, un duo moins fort qu'Amicia et Hugo de Rune
- -Une aventure un tantinet moins émotionnel que son aîné









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