Annoncé il y a moins d'un an, Resident Evil Requiem est déjà sur le point de sortir, avec une attente particulière et plus de deux millions de whishlits. Nous avons eu l'opportunité de mettre les mains dessus, et voici notre avis, garanti sans spoiler.
L'attente ne fut pas très longue,
mais Resident Evil Requiem est enfin là et arrive pour marquer les trente ans de la franchise. Capcom n'a pas voulu nous proposer de suite directe et arrive avec une histoire originale qui introduit un nouveau personnage,
Grace Ashcroft, fille d'Alyssa Ashcroft, journaliste d'investigation et survivante de l'incident de Raccoon City. Nous retrouverons également l'iconique
Leon S. Kennedy pour une expérience qui nous propose donc deux personnages jouables. Très attendu aussi bien auprès des amoureux de la licence que des néophytes, nous avons pu poser nos mains en long et en large sur
Resident Evil Requiem et voici notre test, garanti sans aucun spoiler.
Une introduction parfaite pour un cauchemar moderne
Avant d'aller plus loin,
nous ne mentionnerons que très peu l'histoire et les détails liés à celle-ci volontairement pour éviter tout spoil. Le but étant que vous soyez autant surpris que nous lorsque vous découvrirez certaines choses et que vous sursautiez, vous aussi.
Avec un univers riche composé de huit jeux principaux avant celui-ci, en plus de nombreux spin-off et de remakes depuis quelques années, la saga Resident Evil peut paraître vaste. C'est pourquoi les développeurs ont fait le choix d'un début en douceur pour que personne ne soit trop vite lâché, distrait ou même perdu.
La première heure de jeu est effectivement une introduction à l'univers Resident Evil dans son ensemble, que ce soit pour ses mécaniques de gameplay ou sa narration. Nous faisons très vite connaissance avec Grace et sa personnalité, elle qui doit revenir sur les lieux de la mort de sa mère survenue quelques années auparavant. Cette première séquence sert également à introduire un protagoniste invisible qui nous suivra tout au long de cette aventure,
à savoir la menace latente.
Capcom est un maître en la matière et nous promettait l'horreur avec Requiem. Elle est bien au rendez-vous sous différentes formes. Nous avons un bel aperçu à l'hôtel où Grace enquête seule sur une mort mystérieuse. Alors que l'immense bâtiment, désert et vétuste, suffit à lui-même pour apporter de la tension, l'ambiance et les différentes interactions en rajoutent une couche. Sans oublier le personnage, excellement bien écrit et joué, couplé à la vue à la première personne
qui nous immerge pour de bon dans cette aventure. Notons que cette vue à la première personne est proposée par défaut, mais il est possible de le modifier dans les paramètres.
Grace Ashcroft, une héroïne humaine avant tout
Chamboulée par l'assassinat de sa mère,
Grace Ashcroft a décidé de se lancer dans une carrière au sein du FBI et plus précisément en tant qu'analyste du renseignement. C'est donc dans ce contexte que nous la retrouvons, envoyée par son supérieur dans cet hôtel pour en savoir plus sur la mort mystérieuse d'une personne, semble-t-il à cause d'un virus.
Même si elle est agente au sein du FBI, elle n'est pas forcément prête au combat et cela se ressent. Par défaut, toutes les séquences jouables de Grace se font à la première personne, ce qui augmente la tension et nul doute que ce choix est payant. D'emblée, nous ressentons la peur de Grace et son stress lorsqu'une situation se complique,
le tout étant bien accompagné par la musique. C'est d'ailleurs ce sentiment de peur permanente, autant au début de l'histoire que des heures plus tard, qui humanise notre protagoniste et qui nous permet d'être totalement plongé dans cette aventure. Nous avons peur avec Grace.
Resident Evil oblige, un monstre viendra à de (trop) nombreux moments nous faire sursauter et rebattre les cartes. Cela provoquera évidemment de la peur chez Grace, laquelle se fait très bien ressentir par sa mise en scène et son doublage. Que ce soit en version française ou en version originale, les deux actrices incarnent parfaitement leur rôle.
Le retour de Leon
Nous le savons depuis quelque temps,
Leon fait son grand retour dans cet opus en étant plus badass que jamais. Sa première scène qui arrive assez vite est digne d'un défouloir après avoir vécu l'enfer. Son gameplay est le parfait opposé de celui de Grace et là encore, félicitons le choix de Capcom de nous offrir de temps à autre des séquences de combat à la troisième personne. C'est plus rythmé et dynamique avec cette sensation de puissance que nous ne retrouvons pas, à juste titre, lorsque nous incarnons Grace.
Si vous n'avez jamais joué à un Resident Evil, pas de panique car les cinématiques font l'affaire pour comprendre certaines subtilités. Vous comprendrez assez vite qui est ce Leon S. Kennedy et pourquoi il est là.
Une progression qu'on adore détester
C'est l'essence même de Resident Evil et notamment du deuxième épisode,
à savoir tourner en rond pour mieux progresser. Le principe est simple : vous avez un objectif, vous effectuez les diverses tâches, vous pensez en voir le bout et Capcom vous surprend. Il faut donc se lancer dans une nouvelle mission qui peut parfois prendre plusieurs heures pour retourner valider l'ancienne. Et rebelote, un événement inattendu vient vous mettre des bâtons dans les roues.
Quoi qu'il en soit, cette progression est parfaitement gérée et fonctionne très souvent de la même façon à travers la découverte, l'exploration, la fouille et l'analyse. Ce système peut parfois sembler fastidieux mais il permet de profiter des lieux créés par les développeurs et de comprendre que chaque chose a son importance. Il faudra parfois passer et repasser dans les mêmes zones,
mais petit à petit les pièces du puzzle viendront s'imbriquer.
Remercions également le studio de ne pas nous prendre par la main. Les jeux estampillés Resident Evil n'ont jamais été faciles et les joueurs doivent chercher par eux-mêmes puisque tout est finalement indiqué en jeu en cherchant bien. Aucune aide ne vous sera proposée et le personnage ne vous dira jamais quoi faire. C'est un détail pour certains, mais à l'heure où les jeux nous prennent trop souvent par la main sans nous laisser réfléchir, il nous semblait important de le mentionner.
Un level design maîtrisé
C'est surtout dans la deuxième partie du jeu que le level design se démarque pour la première fois. Loin des mondes ouverts classiques, nous sommes coincés dans un institut dans lequel des expériences sont menées. Vous découvrirez une à une les pièces de ce bâtiment formant de prime abord un labyrinthe dont il est difficile de retrouver son chemin. Mais à force de progresser, vous en maîtriserez jusqu'à la moindre salle et comprendrez vite où il faudra se rendre
à la manière du commissariat de Resident Evil 2.
C'est dans ces instants de calme relatif que
Resident Evil Requiem révèle toute l'intelligence de son architecture. L'exploration n'est jamais une corvée car rien n'est laissé au hasard. Nous retrouvons ici l'essence même du survival-horror traditionnel avec ce moment de lucidité jubilatoire où, après avoir déniché un objet clé, nous réalisons soudainement l'utilité d'une porte dérobée croisée deux heures plus tôt. C'est une véritable délibération mentale qui s'opère. Chaque raccourci déverrouillé n'est pas seulement une aide à la progression, c'est une petite victoire sur l'oppression ambiante. L'excitation de voir une nouvelle zone s'ouvrir agit comme un moteur puissant qui nous pousse à fouiller toujours plus loin, tout en liant intimement le destin de Grace aux secrets macabres que cache cet enfer.
Un gameplay qui peut paraître daté
Entrons dans ce qui est un élément central d'un jeu avec le gameplay.
Capcom ne fait pas dans la nouveauté et reprend la plupart de ses codes, que ce soit pour la gestion de l'inventaire avec la possibilité de crafter différents objets, la gestion des soins et même la sauvegarde qui utilise toujours le même procédé. Côté déplacement, nous retrouvons une certaine rigidité et les affrontements peuvent parfois paraître frustrants puisque nous avons eu affaire à quelques légères problématiques de collision avec les morts-vivants.
Néanmoins, l'expérience est parfaitement appréciable une fois le temps d'adaptation passé. Si vous n'avez jamais joué à un Resident Evil, l'apprentissage sera plus long mais rien n'est rédhibitoire. Comme évoqué précédemment, nous retrouvons une boucle de gameplay qui nous prend rapidement au jeu :
fouiller, trouver un objet, revenir en arrière pour l'utiliser et enfin progresser.
Côté affrontement,
le gunplay est tout aussi bien géré et nous ressentons les faiblesses de Grace au début de l'aventure. Il ne faut pas forcément se battre mais faire preuve de furtivité pour avancer avant de trouver de meilleures armes. Ces passages seront beaucoup plus amusants et surtout moins oppressants avec Leon qui montre sa puissance lors des affrontements, que ce soit arme en main ou en combat rapproché, histoire de décompresser de temps en temps. Dans tous les cas,
Capcom a trouvé l'équilibre parfait en mêlant des moments intenses où nous sommes sur le qui-vive et des scènes plus dynamiques où seul le combat compte. L'immersion aurait été bien moins présente si Grace était aussi puissante que Leon. Grace est comme nous, elle a peur et ne fonce pas tête baissée.
L'horreur sensorielle, quand le sound design et la DA fusionnent
La licence est connue pour ses ambiances profondes et nous sommes une nouvelle fois immergés dans ce monde horrifique.
Cela passe en premier par le sound design qui est tout simplement sublime. Les bruits, le fond sonore ou la musique qui se lance légèrement lorsqu'un danger approche permettent de faire monter la pression et d'oublier que nous jouons à un jeu. Nous sommes réellement dedans lorsque nous incarnons Grace. Cette sensation diminue avec Leon à la troisième personne mais le sound design ne faiblit pas.
Le bruitage lors des combats est une réussite tandis que la lumière joue aussi son rôle pour maintenir la tension. Il ne faut pas s'y méprendre, car les zones éclairées ne sont pas synonymes de sécurité. Bien au contraire, c'est souvent à ce moment que les monstres attaqueront. C'est une illusion de sécurité bien amenée mais très souvent trompeuse.
Une réalisation finalement incroyable
La réalisation est sur la même longueur d'onde en étant presque parfaite. Les cinématiques sont qualitatives et forment un excellent fil d'Ariane à l'histoire tout en dévoilant des détails et en faisant avancer l'intrigue, dans un rythme régulier.
C'est dans la digne lignée de la franchise avec des personnages toujours aussi charismatiques pour la plupart.
Que ce soit les cinématiques ou le gameplay, le tout est propulsé par le RE Engine maison de Capcom. Tout est fluide avec aucune chute de FPS ou de crash. C'est un sans-faute de la part du studio sur la partie technique. In fine,
Resident Evil Requiem marque de la meilleure des manières les trente ans de la franchise en rendant hommage aux premiers épisodes tout en accentuant ce que les joueurs aiment, à savoir l'horreur.
Condition de test
Nous avons joué à la version PC, par le biais d'un code envoyé par Capcom. La majeure partie de l'aventure a été faite au clavier et à la souris, et cela s'est très bien passé, aucun problème n'est apparu. Côté technique, rien n'est à signaler, que ce soit au niveau de l'optimisation ou de potentiels bugs ou crashs. Nous y avons joué sur une machine dotée des composants suivants :
- OS → Windows 11
- Carte Graphique → NVIDIA GeForce RTX 4070 Ti
- Processeur → i7-13700F 2.10 GHz
- RAM → 32 Go
commentaires (2)
Oups, c'est W11 effectivement, je n'ai pas pensé à modifier !
Vous tournez encore sous W10?!