Test Onimusha: Way of the Sword : Le retour fracassant de la franchise culte de Capcom
le 31 août 2026 à 17h00
Après un début d'année déjà particulièrement dense en sorties majeures, Capcom entend conclure l'année 2026 par la grande porte. Et quelle meilleure façon de marquer les esprits que de ressusciter l'une de ses licences les plus emblématiques ? Restée dans l'ombre pendant deux décennies, la saga Onimusha fait enfin son grand retour avec Onimusha: Way of the Sword. Si les premiers balbutiements et nos sessions de prise en main en preview laissaient entrevoir un jeu d'action fantastique prometteur mais parfois intimidant, l'heure du bilan a sonné. Abandonnant la caméra fixe héritée de ses origines façon Resident Evil au profit d'un action-RPG moderne, nerveux et viscéral, cet épisode réussit-il à marier nostalgie et modernité ? Après des dizaines d'heures passées à trancher du démon dans les ruelles corrompues de l'ancienne capitale nippone, le verdict est sans appel : la lame de Capcom n'a jamais été aussi acérée, même si le chemin menant à la victoire n'est pas exempt de quelques ronces.
Une ambiance sombre et merveilleusement maîtrisée
L'aventure nous parachute au cœur du Japon féodal, au tout début de l'époque d'Edo. Mais loin de la quiétude des estampes traditionnelles, c'est une vision apocalyptique de Kyoto qui s'offre à nous. La cité historique étouffe sous le Miasme, une brume violacée toxique d'origine démoniaque qui condamne les habitants et scelle les accès vers l'extérieur. On y incarne une version romancée et hautement stylisée du mythique sabreur Miyamoto Musashi. Revenu des enfers et affublé malgré lui d'un mystérieux Gantelet Oni greffé à son bras, notre héros doit lever ce voile de corruption pour purifier la région, tout en cherchant un moyen de se libérer de cet artefact parasite renfermant l'esprit de Shizuka, une guerrière déchue.
Visuellement, le jeu flatte la rétine grâce à une exploitation magistrale du RE Engine. Les quartiers de Kyoto, les temples délabrés, les forêts étouffantes et les sanctuaires baignés par le Miasme affichent un niveau de détail saisissant. L'atmosphère est sombre, lourde, presque oppressante par moments, mais la direction artistique sait faire preuve d'un dynamisme éclatant lors des apparitions surnaturelles. La progression est articulée autour d'un hub central étendu qui s'ouvre progressivement à mesure que l'on dissipe la malédiction. Si l'expérience ne prétend pas être un monde ouvert titanesque, et c'est tant mieux, nous ne ressentons à aucun moment une linéarité étouffante ou un aspect dirigiste. Les environnements s' explorent avec un réel plaisir, révélant des raccourcis gratifiants et des zones annexes bien agencées.
Au fil de nos déambulations, le titre propose de nombreuses quêtes secondaires particulièrement sympathiques. Qu'il s'agisse d'aider la poétesse Murasaki à consigner les contes populaires de la région, de traquer des démons mineurs ou de secourir des villageois en détresse, ce contenu annexe enrichit la cohérence du monde sans trop alourdir la trame principale. Le seul véritable regret concernant l'exploration réside dans un léger manque de variété au sein du bestiaire. Au bout de quinze à vingt heures de jeu, on réalise que l'on affronte régulièrement les mêmes archétypes d'infanterie Genma, une redondance heureusement compensée par la qualité exceptionnelle des duels majeurs.
Un système de combat étincelant
C'est lorsqu'il s'agit de sortir le sabre du fourreau qu'Onimusha: Way of the Sword révèle toute sa majesté. Oubliez les brawlers simplistes où l'on martèle une touche en attendant que les ennemis s'effondrent. Capcom a mis au point un système de combat extrêmement technique, exigeant et viscéral. Les affrontements reposent sur une double dynamique entre la gestion de votre propre jauge d'endurance et l'épuisement de la posture de votre adversaire.
Attaquer ou esquiver sans réfléchir est le meilleur moyen de finir découpé en morceaux. Chaque coup porté consomme de l'énergie, mais c'est sur la défense que le titre acquiert une profondeur grisante. Le jeu met à votre disposition toute une panoplie de manœuvres défensives : esquive parfaite, blocage d'urgence, déviation et surtout la parade chirurgicale. Trouver le bon timing pour dévier une lame ou renvoyer un projectile adverse fait fondre la garde de l'ennemi en un instant, ouvrant la voie à des contre-attaques qui peuvent infliger davantage de dégâts. Mais le véritable Graal de tout joueur d'Onimusha demeure la maîtrise de l'Issen. En déclenchant une frappe au millième de seconde où l'ennemi arme son coup, Musashi s'efface pour réapparaître derrière sa cible et lui infliger un châtiment dévastateur. Réussir un Issen procure un sentiment de satisfaction inégalé, magnifié par des animations d'une violence inouïe et des retours d'impact particulièrement lourds.
Les combats de boss constituent le point d'orgue de cette formule. Exigeants, spectaculaires et impitoyables, ils demandent une apprentissage rigoureux des patterns d'attaque. Face à des colosses démoniaques comme le Greater Nue ou votre rival Sasaki Ganryu, chaque duel ressemble à une danse mortelle où la moindre erreur se paie au prix fort. Néanmoins, Capcom n'a pas oublié les joueurs moins aguerris. Pour éviter que le titre ne devienne une source de frustration insurmontable, des aides visuelles et des indicateurs de timing optionnels peuvent être activés dans les menus. Loin d'être de vulgaires QTE qui automatisent les actions, ces repères s'avèrent purement indicatifs puisqu'ils aident à lire le chaos ambiant et à anticiper les fenêtres d'action sans jamais exécuter la parade à votre place.
De l'homme au mythe
Pour soutenir cette montée en puissance face à la férocité des troupes ennemies, cet épisode intègre un volet Light-RPG très bien construit. Au fil de votre périple, l'absorption des âmes démoniaques et la récolte de matériaux précieux vous permettent d'investir dans des arbres de compétences particulièrement fournis. Loin d'être de simples bonus passifs négligeables, ces déblocages modifient concrètement votre façon de combattre en élargissant votre panel de combos, en renforçant votre résistance ou en débloquant de véritables coups de grâce.
La personnalisation du personnage et des armes s'avère particulièrement agréable. Vous pouvez améliorer l'efficacité du Gantelet Oni, fabriquer de nouvelles tenues (haori) pour Musashi et forger des variantes de vos sabres. Voir son guerrier évoluer visuellement et techniquement, passant du statut de combattant désorienté à celui de machine à tuer les démons, offre une sensation de progression constante. Cet aspect RPG s'avère indispensable pour aborder sereinement la seconde moitié de la campagne, où la difficulté franchit un cap certain.
Une narration humaine et désinvolte au cœur du drame
Sur le plan scénaristique, Onimusha: Way of the Sword ne révolutionne pas les grands archétypes du genre, mais il brille par la qualité de son écriture et l'écriture de ses personnages. L'histoire reste classique dans ses grandes lignes, une quête de vengeance et de purification contre des forces ténébreuses , mais elle est sublimée par un ton rafraîchissant. Miyamoto Musashi est dépeint non pas comme un héros désintéressé et parfait, mais comme un sabreur arrogant, brusque et râleur, exaspéré de devoir porter un gantelet magique qu'il estime n'avoir pas mérité par la seule force de son art.
Les dialogues sont savoureux, notamment grâce à une touche d'humour très appréciable qui vient désamorcer la noirceur ambiante. Les joutes verbales entre Musashi et l'esprit de Shizuka enfermée dans son gantelet apportent une vraie fraîcheur narrative. De même, les provocations lancées par notre héros juste avant ou pendant les combats de boss renforcent le charisme du personnage. Les animations faciales, saisissantes de réalisme, basées sur les traits du légendaire acteur Toshiro Mifune, capturent la moindre micro-expression et donnent une épaisseur humaine remarquable à l'ensemble du casting.
La voie du sabre est-elle sans faute ?
Si la formule d'Onimusha: Way of the Sword fait des étincelles pendant une bonne quinzaine d'heures, le tableau n'est pas totalement idyllique pour autant. Le principal grief que l'on peut émettre à l'encontre de la production de Capcom concerne la répétitivité de certaines structures dans le dernier tiers du jeu. Pour étirer la durée de vie de sa campagne principale, le titre tend à recycler certains boss et sous-boss (à l'image des réapparitions fréquentes des colosses démoniaques). Si ces rencontres permettent de tester ses nouvelles compétences, elles provoquent inévitablement une légère lassitude lors des dernières heures de jeu.
De plus, l'utilisation de certains objets de soin au cœur de l'action souffre parfois d'une ergonomie un peu rigide qui peut coûter cher lors des duels les plus serrés. Rien qui ne vienne gâcher le plaisir global pris sabre en main, mais ces quelques longueurs empêchent le titre d'atteindre la perfection absolue.
Malgré un léger manque de variété dans le bestiaire et quelques réutilisations de boss qui étirent inutilement la fin d'aventure, cette relecture des aventures de Miyamoto Musashi s'impose comme un incontournable pour tous les amateurs de jeux d'action exigeants. Un retour par la grande porte pour la licence, et un nouveau coup de maître à mettre au crédit du studio japonais en 2026.
- +Un système de combat exceptionnel, technique, percutant et gratifiant.
- +L'ambiance sombre de Kyoto, très immersive et sublimée par le RE Engine.
- +Miyamoto Musashi, un protagoniste ultra-charismatique et d'une grande fraîcheur.
- +La mécanique de parade/Issen et la gestion de la jauge d'endurance.
- +Des options d'aides qui rendent l'expérience plus abordable sans la dénaturer.
- +Une progression RPG et une personnalisation bien pensées.
- +Des dialogues réussis avec une touche d'humour bienvenue.
- -Un léger manque de variété dans le bestiaire de base sur la durée.
- -Le recyclage de certains boss et sous-boss dans la dernière partie du jeu.
- -Quelques lourdeurs d'ergonomie lors de l'utilisation des objets en plein combat.







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