Nous avons parcouru l'Arche, un vaisseau gigantesque, en compagnie d'un petit robot, MIO, pendant plusieurs heures. Voici, ainsi, nos impressions sur le metroidvania français, MIO: Memories in Orbit.
Développé par Douze Dixièmes (connu pour Shady Part of Me), un studio français qui est composé d'une petite poignée de développeurs provenant du cinéma d'animation mais aussi du milieu vidéoludique,
MIO: Memories in Orbit est un metroidvania, disponible dès le mois de janvier 2026 sur PS5, Xbox Series, PC, Nintendo Switch et Nintendo Switch 2. Avec sa direction artistique aussi particulière que magnifique, MIO: Memories in Orbit a très rapidement su captiver notre regard ainsi que notre attention, à travers ses trailers et images officielles. Évidemment, nous avons succombé à l'appel de l'aventure.
Après plusieurs heures passées aux côtés de MIO, à explorer un lieu énigmatique et à battre différents boss, voici
notre avis sur MIO: Memories in Orbit, que nous avons pu tester d'après une version PS5.
L'Arche et le soulèvement des machines
MIO, petit robot mais grand courage
C'est à bord de l'Arche, décrit comme un astronef gigantesque, que MIO, un petit robot aux couleurs éclatantes, se réveille. Corrompu et désormais peuplé de robots hors de contrôle, le vaisseau n'est plus que l'ombre de lui-même et erre sans but.
Et c'est à MIO de faire la lumière sur cette affaire : les IA de l'Arche, aussi dits Perles, ont cessé de fonctionner et sont hors de portée de toute communication. Devant rejoindre l'emplacement de ces entités aussi particulières que mystérieuses,
le périple de MIO sera loin d'être de tout repos : des créatures robotiques, plus ou moins coriaces, se dresseront sur son chemin, alors qu'elle traversera des zones aussi sublimes que terrifiantes par endroits.
Un scénario qui suffit amplement pour avoir envie de découvrir l'histoire de MIO et de l'Arche, qui tend, d'ailleurs, à s'épaissir via une narration environnementale, articulée autour d'items à ramasser et de PNJ à rencontrer. Avec son level design labyrinthique et sa forte invitation à l'exploration, MIO: Memories in Orbit occupera les joueurs et les joueuses pendant une bonne vingtaine d'heures, voire plus selon la difficulté éprouvée et pour les chasseurs/chasseuses de trophées/succès.
Bien que challengeant par moments,
MIO: Memories in Orbit est une expérience sublimée par une direction artistique aux multiples inspirations et des plus jolies.
Un charme poétique
Pour MIO: Memories in Orbit, Douze Dixièmes a puisé son inspiration dans divers types de média, notamment dans les comics, la peinture, la science fiction ou encore les animes. D'ailleurs, les œuvres de Miyazaki ont eu un impact sur le travail dudit studio de développement français, tout comme le film Ernest et Célestine. Côté Littérature, c'est la série de romans Hyperion qui a été une source d'inspiration pour Douze Dixièmes. Évidemment, Hollow Knight et Ori and the Blind Forest sont également évoqués par le studio.
Pour autant,
la direction artistique de MIO: Memories in Orbit propose sa propre touche, son propre charme qui verse volontiers dans la poésie et la contemplation. Avec ses environnements hauts en couleur, et selon un aspect très pastel/aquarelle,
MIO: Memories in Orbit peut être aussi fascinant qu'inquiétant : certaines zones se veulent très ouvertes et lumineuses, notamment en arrière-plan, tandis que d'autres sont sombres et angoissantes.
Ce contraste et cette belle diversité d'environnements rendent l'Arche très intéressante, tout en permettant au jeu de se renouveler régulièrement. Pour ce qui est de l'aspect technique de la patte graphique (bien que nous ne soyons pas experts en la matière), Douze Dixièmes a opté pour les hachures afin de matérialiser les ombres. Ce qui est vraiment réussi. De plus, le jeu de couleurs et celui de lumières apportent de la profondeur et beaucoup de relief à l'ensemble.
La bande originale de MIO: Memories in Orbit, qui est composée par Nicolas Guegen, renforce fortement ce qui se dégage des paysages et de l'aventure en général. Oscillant entre des mélodies lo-fi et des chœurs lyriques, les morceaux du metroidvania de Douze Dixièmes appuient sur l'aspect énigmatique de l'Arche et de ses habitants, mais aussi sur l'invitation à la contemplation et à l'exploration. Mention très spéciale à « Mio's Theme », qui nous a envoûté dès les premières notes.
Autant dire que
MIO: Memories in Orbit a de quoi se démarquer grâce à sa direction sublime et sa bande originale charmante, mais aussi grâce à son gameplay digne de ses pairs.
Un metroidvania maîtrisé et accrocheur
À la recherche des Perles
Labyrinthique, interconnectée et vaste, l'Arche est donc le terrain de jeu des joueurs et des joueuses qui s'aventurent sur MIO: Memories in Orbit. Et après quelques minutes, le titre nous indique l'objectif principal, soit retrouver les Perles, qui sont à des endroits bien spécifiques dans le vaisseau (sans pour autant donner leur emplacement exact). C'est alors que l'exploration débute :
il est ainsi question de fouiller les zones, afin de collecter des ressources utiles, de débloquer de nouvelles capacités, d'ouvrir des accès/raccourcis/ascenseurs (certaines portes exigent une clé), tout en essayant de mémoriser les niveaux pour une meilleure compréhension de l'Arche.
Évidemment, ce n'est pas chose aisée car des robots hostiles pullulent, en plus de boss et de mini-boss.
Redoutables et coriaces, ces ennemis majeurs sont, bien souvent, obligatoires pour progresser, d'autant plus que certains d'entre eux donnent accès à de nouvelles aptitudes pour MIO. Par exemple, le tout premier boss permet de débloquer le grappin (dit « Épingle »), qui est absolument nécessaire pour la suite et l'exploration des zones suivantes. Sur ce point, remarquons que l'acquisition de nouvelles capacités donne lieu à de très courtes séquences de tutoriel, qui sont franchement les bienvenues. D'autres fois, ces boss cachent une clé/un passe-partout pour ouvrir un nouveau lieu. Et même s'il faut parfois faire preuve de ténacité face à eux,
l'exploration est bien au cœur de l'expérience et est toujours récompensée sur MIO: Memories in Orbit.
D'ailleurs, et malgré quelques séquences de plateforme un peu ardues,
c'est un réel plaisir que de découvrir les zones de l'Arche, tant celles-ci sont variées : l'une d'entre elles propose des sols glacés, faisant glisser MIO, une autre dispose de courants d'air, transportant la protagoniste au gré du vent, alors qu'une autre est complètement rongée par une végétation, qui cherche à tuer notre petit robot. La carte se dévoile, ainsi, au fur et à mesure de notre progression et met en lumière les embranchements non visités grâce à un liseré gris clignotant, ou encore les portes non ouvertes en rouge. À ce propos, nous vous recommandons, tout de même, d'utiliser le système de marqueurs, qui vous aidera grandement à vous repérer et signaler les espaces encore non explorés (en raison du manque d'une clé ou d'une capacité, par exemple).
Avec beaucoup de verticalité et une belle diversité, le level design de MIO: Memories in Orbit n'a pas à rougir face à celui de grands noms du genre, tant la configuration de l'Arche est intéressante et l'aspect interconnecté réussi. Nous aurions, cependant, aimé que la carte affiche le nom des grandes zones, afin de plus facilement se repérer.
L'exploration est, d'ailleurs, à privilégier car c'est ainsi que MIO peut être améliorée, et donc être apte à accomplir sa tâche.
Un robot en devenir
MIO: Memories in Orbit permet aux joueurs et aux joueuses d'améliorer la protagoniste, et surtout de l'adapter à leur style de jeu, et ce, pour mieux faire face aux différents défis.
Ainsi, en vainquant des ennemis, nous récoltons de la Nacre, qui disparaît en cas de mort. Toutefois, celle-ci peut être transformée en Nacre cristallisée, qui n'est pas perdue après un échec, auprès d'un cristalliseur (il est également possible d'en collecter sur des carcasses de robots). Cette monnaie a toute son importance car elle offre la possibilité de se soigner, via des fontaines de Nacre, mais surtout d'acheter des éléments auprès d'un PNJ marchand, Mel. Cette créature vend des mods (nous y reviendrons), des extensions de modificateurs ou encore des composants de revêtement. Ces ressources, qui se renouvellent au gré des assistants de Mel retrouvés, sont utiles pour progresser.
Augmenter la santé de MIO, soit le Manteau de Protection, qui dispose de plusieurs slots/emplacements, exige de rassembler des composants de revêtement, qui peuvent donc être achetés ou récupérés dans l'Arche (il en faut 4 pour gagner une nouvelle barre de vie). Les extensions de modificateurs permettent, quant à elles, d'améliorer la matrice d'attribution. Cet élément de gameplay, qui fonctionne avec un système de points/ports, est lié aux modificateurs, c'est-à-dire aux compétences, que nous pouvons dénicher ci et là dans l'Arche ou bien se procurer via Mel. Par exemple, le modificateur « Analyseur », qui affiche la santé restante des ennemis, demande 5 points/ports. Celui nommé « Épingle aiguisée » coûte, quant à lui, 40 points. Si votre matrice d'attribution ne compte que 35 ports, vous ne pourrez donc pas équiper le dernier modificateur cité.
Ainsi, sur MIO: Memories in Orbit, les joueurs et les joueuses peuvent façonner MIO à leur guise, grâce aux modificateurs et autres améliorations disponibles. Toutefois, et comme vous l'aurez compris, cela nécessite d'explorer l'Arche comme il se doit et, bien évidemment, d'affronter des boss.
Avec ces différentes mécaniques, qui sont communes au genre mais intéressantes, MIO: Memories in Orbit donne aux joueurs les clés pour devenir meilleurs. Et encore, c'était sans compter sur quelques options d'accessibilité, qui se veulent facultatives mais pertinentes.
Vers l'accessibilité du metroidvania
L'apprentissage inhérent au genre
Comme vous le savez, la majorité des jeux propose aux joueurs et aux joueuses une certaine courbe d'apprentissage, qu'elle soit plus ou moins importante ou non. Oublions les Souls-like un instant, pour nous concentrer sur deux genres (d'autres pourraient être cités aussi). Dans les grandes lignes, les titres de type roguelite ou bien metroidvania mettent à la disposition de la communauté un ensemble de mécaniques, pouvant rendre le reste de l'aventure un peu plus aisé. Par exemple, dans le roguelite Hades 2, développé par Supergiant Games, il est possible d'obtenir des Refus de la mort, offrant une seconde chance/une réanimation (voire, plus qu'une) au cours d'un affrontement. Dans les metroidvania, ce sont souvent des capacités ou encore des compétences, jugées nécessaires pour progresser, qui peuvent faire la différence. Cela constitue, d'ailleurs, tout l'intérêt de l'exploration.
Sur ce point,
MIO: Memories in Orbit respecte les codes du genre auquel il appartient : nous avons accès à divers modificateurs, qui accordent des bonus plus ou moins intéressants, et nous avons la possibilité de débloquer de nouvelles capacités, telles que l'esquive ou encore le grappin. Plusieurs fois, nous avons pris le temps de récolter de la Nacre afin d'acheter des améliorations auprès du marchand, et ainsi être mieux équipés pour les difficultés à venir. Une stratégie qui a porté ses fruits.
Comme vous le savez probablement déjà, Hollow Knight: Silksong, qui a fait couler beaucoup d'encre en raison de sa grande difficulté, fait de même. Or, le titre de Team Cherry est assez ardu : s'il est possible de farmer des Perles pour obtenir tel ou tel équipement, le challenge est tout de même présent, que ce soit lors des combats ou des séquences de plateforme. Cependant,
Douze Dixièmes semble avoir retenu cette leçon et va ainsi un peu plus loin dans son approche, rendant l'expérience MIO: Memories in Orbit plus accessible à la grande majorité, habituée ou non aux metroidvania.
Des leviers pour une expérience à la portée de tous
Douze Dixièmes a eu la bonne idée de proposer trois options d'accessibilité sur MIO: Memories in Orbit, afin de rendre l'expérience un peu plus agréable, sans pour autant dénaturer l'aspect challengeant d'un metroidvania. Ainsi, les joueurs et les joueuses ont la possibilité d'activer ou non le paramètre « Boss usés » : cette option permet de faire face à un boss un tantinet plus affaibli, après chaque tentative. L'affaiblissement en question n'est pas forcément très conséquent, pour autant. En revanche, ce paramètre permet de ne pas rester trop longtemps bloqué face à un ennemi majeur, et donc de possiblement abandonner le jeu en raison d'un défi trop élevé, voire insurmontable.
Dans la même idée, et comme vous le savez, un metroidvania exige de faire des allers-retours dans les différentes zones, et ce, en fonction des capacités nouvellement débloquées ou bien des clés nouvellement acquises. Évidemment, les mobs réapparaissent à chaque fois. Toutefois, il est possible d'activer l'option « Pacifiste », qui rend les ennemis inoffensifs, notamment jusqu'à ce que MIO porte le premier coup. Grâce à ce paramètre, les allers-retours peuvent être un peu moins pénibles, surtout quand nous ne savons plus où aller et qu'il est absolument nécessaire de se rendre sur les lieux pour vérifier si le passage est bloqué ou non. Autrement, une troisième option donne la possibilité de régénérer la santé de MIO, à hauteur d'un slot, en restant au sol pendant quelques secondes. Ce qui peut s'avérer très utile, notamment lors de séquences de plateforme un peu techniques.
Dans tous les cas,
ces trois paramètres d'accessibilité, qui montrent la bienveillance du studio envers sa communauté, sont absolument facultatifs. Ceux-ci ne dénaturent en rien l'expérience de jeu et n'impactent, d'ailleurs, pas l'obtention des trophées/des succès. Il s'agit simplement de petites aides, qui peuvent se montrer utiles dans certaines situations et pour certains joueurs. Les puristes, et plus précisément celles et ceux désirant un vrai challenge, peuvent tout à fait les laisser de côté s'ils le souhaitent. La présence de ces paramètres est très louable, leur utilisation est optionnelle et dépend du ressenti de chacun.
Force est de constater que
MIO: Memories in Orbit est, ainsi, un metroidvania avec un certain défi, mais qui n'oublie pas de proposer une expérience de jeu à la portée de toutes et de tous.
C'est, sans conteste, une bonne porte d'entrée pour se plonger dans le genre metroidvania, à condition d'être prêt pour un peu de challenge tout de même.
commentaires (2)
Merci beaucoup pour ce commentaire très gentil :)
Très bon test, et site très qualitatif, que j'ai découvert un peu par hasard. Ça change d'un certain site que je ne nommerai pas! Félicitations et bonne continuation