Du 3 au 5 mars 2017 s'est déroulé la Lyon eSport 10. Pendant trois jours, près de 10 000 personnes ont suivi les compétitions et animations proposées durant l'évent au Palais des Sports de Gerland. Challenge France, tournoi League of Legends, concours de cosplay et plusieurs stands ont permis aux visiteurs de se divertir tout le week-end. Nous avons aussi pu interviewer Hugo Poiblanc, responsable presse de l'association Lyon eSport.
Le vendredi :
Pour accueillir les visiteurs, le Palais des Sports a ouvert ses portes aux publics un peu avant 18 h. Mais ce sont des dizaines de personnes qui s'affairaient déjà pour préparer la scène et les stands ainsi que l'événement majeur, la finale du
Challenge France qui opposait
Millenium à
Team-LDLC. À 19h00 a débuté le préshow avec tous les commentateurs de la finale et une demi-heure plus tard a commencé la
cérémonie d'ouverture avec l'annonce des deux équipes et leur arrivée sur la scène. Cette dernière, bien que petite, était techniquement incroyable puisque chaque
tourelle, dragon, Nashor ou
inhibiteur détruit était synonyme d'effet de lumière.
En matière de jeux, on a pu assister à une belle finale qui s'est conclue en apothéose par
une troisième game qui aura duré plus d'une heure. C'est
Millenium qui a remporté ce Challenge France devant un public en folie, mais
Team-LDLC récupère quand même le slot pour le tournoi de qualification pour les
Challengers Series. Il était un peu plus de minuit quand le Palais des Sports a fermé ses portes après une première soirée réussie.
Le samedi :
Ce deuxième jour annonçait le début du
tournoi BYOC (Apportez votre propre ordinateur) League of Legends. 64 équipes y participaient dont des
équipes professionnelles comme le
PSG eSport ou
Millenium, mais aussi des équipes de tout rang. Toutes les équipes se sont affrontées dans une phase de groupes avant de se voir séparer en 3
tournois différents.Le
premier de chaque groupe était qualifié pour le
tournoi professionnel. Les trois autres équipes de chaque groupe étaient réparties entre le
tournoi amateur et le
tournoi élite selon leur classement. Ainsi, cela a permis à chaque équipe de profiter un maximum de l'événement. Pendant toute la journée les équipes se sont affrontées et certains matchs ont
été diffusées sur la
scène principale. Le
tournoi professionnel a vu certaines surprises, comme
LDLC qui a éliminé le
PSG et
Millenium qui s'est incliné contre
Gamers Origin. Mais la principale surprise a eu lieu dans le looser bracket après minuit lorsque
Eclypsia a vaincu
Millenium en bo1
. Le
PSG eSports quant à lui a décidé de déclarer forfait pour se concentrer sur son match de
Challenger Series qui était prévu pour le dimanche à 15 heures.
Le dimanche :
Dernier jour de la
Lyon e-Sport. Cette journée annonçait le
concours de cosplay et la
finale du tournoi professionnel avec
10 000 € de cashprize pour le vainqueur ainsi qu'une
coupe qui trônait sur la scène depuis samedi matin. Les
animations commencent à 11 heures avec la finale du
looser bracket entre
Gamers Origin et
Eclypsia. C'est après 3 games intenses que
Gamers Origin s'est qualifié pour la finale du tournoi contre
Team-LDLC.
Ezreal par Otani gagnant du concours de cosplay
Après cette rencontre, débutait le concours de
cosplay où énormément de
cosplayeurs et
cosplayeuses ont défilé devant le public. En fin
d'après-midi avait lieu la finale tant attendu entre
Team-LDLC et
Gamers Origin qui se déroulait sur la grande scène et retransmit sur
twitch. C'est finalement Gamers Origin qui a remporté cette compétition en s'imposant 3 à 2. Cette dernière rencontre clôturait la 10ème édition de la Lyon e-Sport après trois jours riches en surprise.
Ce qu'il faut retenir :
La
Lyon e-Sport s'est imposé comme l'une des LAN les
plus professionnelles et les
mieux organisées en France. Cette édition n'échappe pas à la règle que ce soit pour les visiteurs, les joueurs, la presse ou les invités, l'organisation était excellente.
Le seul vrai point négatif de la LAN résultait des
4 heures de retard du tournoi LoL samedi matin à cause d'une mise à jour de sécurité de
Riot Games sur les serveurs tournois. On pouvait également, un peu, regretter le temps d'attente entre chaque game, le samedi sur la scène principale où la
salle était un peu petite par rapport au nombre de personnes présentes.
Interview de Hugo Poiblanc :
Lors de l'événement nous avons rencontré Hugo Poiblanc qui est le responsable de la communication de l'association Lyon e-Sport. Il s'occupe de tout ce qui touche à la communication, que ce soit les articles ou les réseaux sociaux ainsi que les communiqués de presse.
Comment décrieriez-vous la Lyon e-Sport aujourd'hui ?
La Lyon e-Sport aujourd'hui n'est pas encore un salon comme on aimerait l'entendre, mais c'est un rendez-vous immanquable. C'est vraiment devenu le rendez-vous français sur League of Legends. Tout est tourné sur l'univers de
League of Legends, que ce soit la décoration,
les cosplayeurs, les
invités, les
streameurs présents. Les équipes sont quand même de très bon niveau, les
meilleures équipes de France sont présentes. Du coup c'est vraiment devenu le rendez-vous des fans de
League of
Legends et c'est comme ça que
nous, on aime le catégoriser.
Comment évolue l'organisation de la Lyon e-Sport avec sa hausse de popularité ?
Disons que la
Lyon e-Sport est un peu structuré comme une entreprise. Tous ses membres sont
bénévoles sans exception. Il n'y a pas de salarié dans l'association. Du coup nous sommes près de
50 bénévoles par moment qui payons une cotisation. Notre évolution s'est faites d'abord autour d'un petit groupe de personnes qui est à la base du projet puis, petit à petit, ça s'est construit autour de responsables. Le
responsable tournoi et son équipe tournoi, un
responsable marketing-communication et son équipe marketing-communication, un
responsable logistique et son équipe logistique.
C'est de plus en plus populaire tout simplement, car on arrive à avoir
de plus en plus de ressources pour créer de nouvelles choses et tout le monde est indépendant et autonome sur les projets. Toutes les équipes savent ce qu'elles ont à faire. Ça nous permet,
chaque année, de mettre la barre
encore plus haute et de se dire qu'on a atteint un niveau qui est assez conséquent et que maintenant on peut se focaliser sur
les petits détails. Chaque année, on rajoute des petits détails ce qui fait que ça devient de plus en plus populaire. Que ce soit en communication ou sur la salle en elle-même.
Est-ce que la 10ème édition a répondu à vos attentes ?
Pour l'instant oui. On avait fait
8400 spectateurs l'année dernière, tout confondu, sur l'ensemble du week-end : les joueurs, la presse, les visiteurs, etc. Et là, cette année, on vise les
10 000 personnes. Nous aimerions bien passer ce chiffre symbolique des
10 000 personnes et pour l'instant ça a l'air en bonne voie. Je n'ai pas forcément la vision sur toute la billetterie, mais ça a l'air en bonne voie donc on est plutôt
content.

Envisagez-vous de changer de salle pour la prochaine édition ?
On va être
obligé parce que là, la salle est
trop petite. Aujourd'hui on va dire que
l'élément principal de la
Lyon e-Sport c'est le tournoi avec sa scène et on aimerait vraiment plus développer cette partie stand, animation dans la salle. Faire en sorte que si les visiteurs n'ont pas envie d'aller voir une partie, qu'ils aient plein d'autres choses à faire. Pour ça, il va falloir passer par une salle plus grande parce qu'on aura besoin de plus de place.
Du coup pour les
prochaines éditions ça va être notre objectif principal et après de toujours s'améliorer. Prendre tout ce qui a bien fonctionné et ce qui n'a pas bien fonctionné.
Améliorer ce qui n'a pas fonctionné et pour ce qui a fonctionné voir dans quelle mesure on va pouvoir
rajouter des petites touches pour que ce soit encore mieux.
Avez-vous envisagez de faire un événement semblable dans d'autres villes ?
C'est un peu compliqué pour nous parce que cet événement est celui qu'on produit à 100%. Après on est aussi coproducteur d'autres événements. Par exemple, on travaille sur la
Dreamhack France où l'association se déplace pour faire l'administration de tous les tournois. Ça représente mille joueurs, plusieurs jeux. On se déplace aussi au
Toulouse Game Show où on fait un hall esport.
On fait
trois gros événements par an et après on a tendance à faire des petits événements, parfois online. Ça nous prend beaucoup de temps. Faire la même chose qu'une
Lyon e-Sport aujourd'hui dans une autre ville serait impossible. On saurait le faire, mais ce serait impossible en matière de timing. Ça reste une
activité bénévole, qu'on fait sur notre temps libre et malheureusement le temps libre on n'en a pas autant qu'on veut.
Comment se déroule le recrutement des bénévoles ?
C'est généralement les
responsables des équipes ou les personnes dans les équipes elles-mêmes qui disent : "bon bah voilà je ne vais pas être disponible cette année car je suis en dernière année de mes études" ou alors " je vais être là qu'à mi-temps parce que le reste du temps je vais bosser le soir donc ça va être compliqué pour moi de faire des live tweet sur les matchs". Au final,
on met une offre sur notre site et sur les réseaux sociaux. Après c'est un processus de
recrutement classique on fait des entretiens, soit sur Skype, soit en direct si la personne est présente sur Lyon. On fait bien comprendre que c'est une
activité bénévole mais qu'on s'engage à faire quelque chose.
Se dire qu'être
bénévole Lyon e-Sport permanent c'est s'engager à être disponible au moins une fois par semaine pour pouvoir avancer sur les différents projets. Et quand on est à quelques jours de l'événement comme ça, faut vraiment être mobilisé tout le temps pour que sa réussite soit bonne. Du coup on est quand même assez exigeant sur le travail qu'on demande à nos bénévoles, mais ça reste quand même une grande famille. Tant qu'on est au courant que ça va être compliqué en matière de timing ça ne pose pas de problème par contre venir dans notre association pour au final ne plus être disponible c'est ce qui est le plus compliqué à gérer pour nous.
En France il y a de plus en plus d'événement esport, est-ce bénéfique pour vous de voir le nombre de ce genre d'événement augmenter ?
Déjà il faut bien faire la
différence entre les deux, nous c'est un événement associatif. Le
Montpellier Esport Show et la
Dreamhack ce sont des
sociétés de production donc les objectifs ne sont pas les mêmes en soi un
événement doit être rentable, mais eux sont dans l'objectif de gagner de l'argent. Ce n'est pas une critique, loin de là. Nous, on est une association dans le sens où ce sont
les sponsors qui financent les événements. On est vraiment là par passion, ce n'est pas notre métier donc on a peut-être un peu moins de pression et encore je dis peut-être, mais ce n'est pas vrai
on a autant de pression que si c'était une entreprise, mais on n'est pas régi par cet objectif de rentabilité qui est l'objectif d'une entreprise

Du coup on est plus dans le
développement de l'activité, l'amélioration chaque année de tout ça et au final c'est quand même assez
bénéfique, parce que ça nous pousse à toujours
innover, à essayer d'avoir un niveau le
plus qualitatif possible. Je pense que ça se ressent, c'est quand même quelque chose qui est reconnu dans le milieu comme quoi nos événements Lyon e-Sport sont quelques choses d'assez qualitatifs, très poussés et très cadrés. Du coup quand on voit quelque chose comme le
Montpellier Esport Show, la
DreamHack ce sont des événements qui ne nous concurrencent pas énormément parce que les
dates ne concordent pas et parfois les jeux ne concordent pas non plus.
Par contre nous, on trouve ça
intéressant parce que c'est parfois de nouveaux challenges. Ces personnes-là peuvent avoir une
idée géniale que l'on aurait pu avoir. Du coup nous on se dit : "Ah ouais ça c'est cool" et pour l'année prochaine il faut qu'on réfléchisse sur ce point-là parce que ce qu'ils ont fait c'était vraiment sympas. Ce serait mentir de dire que l'on ne suit pas ces compétitions, à la
Dreamhack on est présent, mais par exemple au
Montpellier Esport Show on a regardé ce que ça donnait en matière de
streaming, voir s'il y avait des
idées à prendre, si c'était
de bonne qualité.
On est plutôt content en vrai.
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