Rencontre avec Shaunz, le directeur esport de la Team Vitality

Laureen Peers Publié par Laureen Peers
le 13 mars 2017 à 23h00
Après avoir été joueur professionnel au sein de Millenium et de Sparta puis coach en LCS pour Gambit et la Team Vitality, Kevin "Shaunz" Ghanbarzadeh est aujourd'hui le directeur esport de la Team Vitality. Lors de notre rencontre, il nous a parlé de son nouveau rôle au sein de la structure, mais aussi des résultats de son équipe de League of Legends.
Rencontre avec Shaunz, le directeur esport de la Team Vitality

Comment s'est faite l'évolution de joueur à Directeur esport ?

À chaque fois que j'ai rejoint un poste, je me suis toujours dit que j'allais le faire du mieux que je pouvais, et je me suis toujours rendu compte qu'il y avait des possibilités de faire encore mieux si j'avais d'autres fonctions. C'est aussi une manière pour moi d'expérimenter un maximum de choses à différents angles, car quand on est coach, on s'occupe de la tactique et quand on est responsable on regarde tout l'environnement, le staff. C'est quelque chose qui est passionnant, de toujours découvrir et j'aime ce côté-là de pouvoir me tester.

Depuis que tu as changé de fonction chez Vitality, est-ce que tu arrives à suivre l'équipe de League of Legends que tu as coaché ?

C'est toujours triste, en tout cas avec les résultats qui ne sont pas très positifs. Évidemment, si on a choisi quelqu'un c'est qu'on a confiance en lui. J'ai d'autres responsabilités aujourd'hui et on ne peut pas toujours s'occuper de tout. D'ailleurs même Neo, notre président, est directement dans la gaming house LoL avec les autres, c'est lui qui se charge de cette équipe et je lui fais, évidemment, complètement confiance. Par moment les choses ne se passent pas bien, mais la roue tourne et on espère que ce sera mieux.

Maintenant que tu gères plusieurs équipes sur différents jeux, arrives-tu à faire la part des choses ou tu restes principalement accès sur LoL ?

Je suis même moins sur LoL que sur d'autres jeux. C'est simple, j'ai un planning et j'essaye d'assister à un maximum d'événements en plus de faire mon travail en aval. Il y a des jeux comme Hearthstone, FIFA, Clash Royale, tout ça ce sont des jeux qui sont en pleine expansion et du coup il faut un peu pousser le train pour qu'il aille un peu plus vite.
Je regarde d'un œil expert plus que de celui de directeur esport.
C'est pour ça que je m'y mets derrière en essayant d'aider, alors qu'il y a des jeux comme League of Legends, Gears of War ou Rainbow 6 qui marchent déjà bien et où j'ai moins besoin de les aider parce que l'équipe est déjà solide et que les managers sont très performants. League of Legends, c'est Neo qui s'en occupe, mais évidemment je regarde d'un œil expert plus que de celui de directeur esport.

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Fabien "Neo" Devide, fondateur de la Team Vitality. 

Justement dans cette équipe League of Legends, on voit que ce sont cinq très bons joueurs, mais que les résultats ne sont pas là, quels sont du coup les objectifs pour cette fin de saison ?

Sincèrement c'est très difficile de s'imaginer, parce que j'ai moi-même vécu ça pendant 1 an et demi avec Gambit et Vitality quand j'étais coach et je sais que tout ce qui se passe dans la gaming house impacte énormément sur les résultats. Que ce soit les entraînements, l'entente entre les coéquipiers ou même tous les problèmes de qualité (nourriture et activités), jouent beaucoup sur les résultats.

Et comme je ne suis pas dans la gaming house aujourd'hui, je ne peux pas juger ce qui se passe. Certes j'ai des informations, mais les résultats en eux-mêmes sur le week-end résultent de la semaine. On a eu quelques problèmes avec Hachani au début, qui ne s'est pas du tout mixé avec le groupe d'un point de vue tactique alors que c'est un très grand stratagème et tacticien, qu'on respecte beaucoup pour ça, et ça ne marchait pas du tout en vrai. On a dû prendre AOD à la place avec qui ça se passait un tout petit peu mieux.

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Charly "Djoko" Guillard, Lucas "Cabochard" Simon-Meslet  et Pierre "Steeelback" Medjaldi. 

Était-ce voulu d'avoir trois français dans l'équipe ou est-ce que cela s'est fait par hasard ?

Non, ce n'était pas voulu. On voulait garder Cabochard évidemment et on voulait recruter Steelback, Djoko c'était un joueur qu'on avait à l'œil depuis très longtemps. D'abord on a fait un maximum d'option, on a regardé des junglers coréens puis européens et au final avec tous les tests qu'on a faits, Djoko était le plus performant. Du coup c'est un Français qui est arrivé par hasard.

Et comment cela se passe au niveau de la communication ?

Déjà en game ils parlent tous en anglais, sur ça il n'y a pas de souci ils ne parlent pas en français. De manière générale, peut-être qu'en dehors du jeu parfois, ce n'est pas des clans, mais tu peux avoir tout simplement des préférences et le fait d'avoir trois français c'est vrai que ça peut créer des tensions parce que c'est plus simple de parler dans sa langue natale, mais je ne sais pas si c'est ça le problème, parce que je ne pense pas que ça en est un.

Tu as été coach pour plusieurs équipes, mais tu l'es aussi pour la Stream Team. Est-ce deux choses différentes ?

La Stream Steam c'est plus des amis, c'est moins pro même si ça le devient quand même parce qu'on commence à faire des événements ensemble. C'est DominGo qui m'a demandé si je pouvais les aider et donc au début j'ai dit « oui pourquoi pas » et au final je me suis rendu compte que j'avais plein de choses à leur apporter d'un point de vue tactique. À la base, c'est une émission la Stream Team et non un stream, du coup je suis derrière eux et j'ai un peu le rôle du « faut être sérieux les gars, y a papa qui vous parle » et ce côté-là on a beaucoup aimé.

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Doigby, Shaunz, Gob GG, DominGo, Nono et DFG.

Que penses-tu du niveau et des équipes présentes en Challenger Series ?

Le niveau en Challenger Series est très très bon pour le coup. On ressent vraiment le vrai tremplin au LCS, alors qu'à l'époque c'était 10 équipes LCS et après les équipes et là tu as vraiment des équipes qui sont juste au même niveau. Schalke04 aujourd'hui c'est un niveau LCS, après ils se baladent un peu dans le tournoi et c'est normal. J'aime beaucoup cette compétition parce que même pour une structure comme Vitality, c'est aussi de voir les talents émergés.

Comment vois-tu l'évolution de l'esport et pas seulement que de League of Legends ?

Je pense qu'on travaille tous pour que l'esport évolue et c'est pour ça qu'il faut s'entraider et se donner les moyens. Je pense que ça va être plus qu'un milieu important, parce qu'on est une nouvelle génération avec internet, on est hyper connecté, tout le temps on est sur nos téléphones et c'est ça le truc de demain.
On est en train de créer un monstre qui a plusieurs têtes.
Par exemple, aujourd'hui, je connais tellement de gens qui ne lancent pas la télé, mais qui mettent le câble HDMI sur l'ordinateur et qui regardent Twitch. Demain, tu mets genre Twitch sur la télé et tout le monde va regarder ça. C'est une étape où on est en train de créer le truc, un peu comme en 1900 où le football a été lancé, et là c'est pareil, sauf que nous, on a la chance d'avoir des milliers de jeux et qu'on est en train de créer un monstre qui a plusieurs têtes.

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