Durant la Lyon e-Sport, nous avons pu interviewer Caëlan, streamer et coach de l'équipe League of Legends de Solary. Il nous a parlé de son rôle dans Solary, du format de la LFL, des performances de son équipe dans la compétition et des futurs projets de la structure pour 2019.
Vous étiez auparavant joueur professionnel pour Solary, maintenant vous êtes devenu coach, pourquoi ce changement ?
Alors-moi c'est simple, mon seul intérêt est celui de l'équipe. À la base j'étais jungler pour l'équipe, mais plus tard l'équipe a eu besoin d'un support, je suis devenu support pour l'équipe. Après l'équipe a eu besoin d'un autre support, donc je me suis retiré de l'équipe, puis l'équipe a eu besoin d'un coach, donc je suis devenu le coach de l'équipe.
C'est quelque chose que j'avais déjà fait avant pour plusieurs équipes différentes, des équipes internationales, européennes. J'étais à l'origine plus un coach individuel, je trouve ça plus facile de travailler avec une personne en particulier. Tu peux vraiment être derrière, plus facilement lui botter le cul. C'est plus facile, mais lorsque c'est toute une équipe, c'est beaucoup plus complexe, il y a beaucoup de choses qui se créent. Quand tu travailles avec un joueur seul, lorsqu'il se met de mauvaises idées en tête, elles sont faciles à retirer alors que lorsque c'est une équipe c'est plus compliqué.
Dans une équipe c'est chaque joueur qu'il faut rassurer, c'est toute l'équipe qui doit être bien. C'est difficile, mais très intéressant.
Il y a autre chose aussi, il y a des « liens négatifs » qui se créent entre les joueurs, même lorsque, comme chez nous, il y a une super entente dans l'équipe. Par exemple, si un joueur fait quatre fois la même erreur, dans la tête des autres ça va s'imprimer comme « il va jamais bien le faire » et ça c'est quelque chose qui est super difficile à casser. C'est une dynamique qui n'est présente qu'en équipe, parce que sur un joueur seul tu peux enlever ça à la racine. Dans une équipe c'est chaque joueur qu'il faut rassurer, c'est toute l'équipe qui doit être bien. C'est difficile, mais très intéressant.
Solary participe à la LFL cette année, quels ont été les éléments-clefs de votre participation et que pensez-vous de son format ?
Le fait que Solary attire beaucoup de gens en France sur League of Legends était un élément majeur à notre participation à la LFL. Solary avait aussi les moyens d'assurer qu'ils étaient un bon élément de participation notamment à la diffusion et communication de l'événement. Le format est cool, mais je trouve ça dommage de faire un format compétitif régulier et que ce ne soit que des BO1. D'un point de vue compétitif le BO1 c'est un peu naze. BO2 c'est parfait, BO3 c'est OK. Je comprends que pour les viewers c'est ce qu'il y a de mieux, pour la production c'est aussi plus pratique.
Par contre, le côté où l'on a des matchs réguliers c'est plutôt bien. Notamment parce que le problème de faire que des LANs, c'est que des patchs passaient et tu ne jouais pas dessus en compétition. Du coup, tu passais des semaines à t'entraîner sur des patchs, ça se trouve l'année dernière des équipes était très forte sur certains patchs et personne ne le sait, car on ne l'a pas vu en compétition. Ça permet de tester un peu tous les patchs.
Début difficile pour Solary en LFL, qu'est-ce qu'il manque à cette équipe pour retourner la situation ?
Avec Solary on a pris deux rookies, « Huntera » et « Manaty » en support et jungle. Deux postes importants sur les mouvements de map, deux rôles qui bougent beaucoup et qui demandent beaucoup d'interaction avec le reste de l'équipe. Ensuite, normalement lorsque tu recrutes des rookies, les cadres de l'équipe les encadrent. Sauf que mes vétérans à moi, ça faisait 2-3 mois qu'ils ne faisaient rien, qu'ils étaient en vacances. Du coup ils n'encadraient pas grand-chose.
Je pense qu'on arrive à un niveau où tout ce qui est bas de classement, en dessous de la 4e place on peut les jouer.
On a eu une phase où on a dû former nos deux nouveaux sur beaucoup de points et en plus on devait remettre dans le bain nos anciens. Ça demande du travail, ça se fait petit à petit. Je pense que ça se voit dans les matchs que l'équipe monte en niveau et que là on recommence à avoir un niveau stable. On n'est pas encore au niveau ou on peut prendre des games régulièrement au top3-4. Mais je pense qu'on arrive à un niveau où tout ce qui est bas de classement, en dessous de la 4e place on peut les jouer. Je pense que sur 10 games on en gagne 5-6.
Solary a eu plusieurs projets ambitieux, Solary Korea, le bus, de nouvelles équipes esport, quels sont les nouveaux projets de 2019 ?
On veut faire un autre « Solary Korea » dans le sens ou l'idée n'est pas de repartir en Corée, mais on ne sait pas encore où on va partir. « Solary Korea » c'était cool, mais quand LRB a dû déposer un chèque de 55 000 € à la banque ça l'était moins. Nous sommes plus que l'année dernière, donc on a plus de gens à déplacer, c'est d'autant plus infernal, mais aussi d'autant plus marrant, c'est un des gros projets qu'on veut faire en 2019. On bosse beaucoup pour faire le bar, ouvrir un bar Solary. On aimerait pouvoir bien l'entamer cette année.
Aimeriez-vous parler de quelque chose dont on ne parle pas souvent ?
Elle est dure cette question. On parle souvent de la même chose. Je ne sais pas, mes journées se résument à Solary. Je fais 8-23h je me lève je fais les streams, à midi je travaille sur la boutique, à 15h je m'occupe des scrims des joueurs LoL, à 18h je dois stream, à 20h je rentre chez moi et j'appelle les gens que je dois appeler pour la boutique. Ensuite je regarde les replays de compétitions que je peux regarder. Je m'intéresse aux drafts. Il est 23h je me couche et c'est reparti. C'est cela tous les jours de la semaine.
Sakor, c'est un peu le « papa » de la boîte, si quelqu'un à un problème il va le voir.
En gros le temps qu'investissent les membres de Solary n'est pas représentatif de ce que l'on ne voit de l'extérieur ?
Je pense que les gens le savent, mais ils n'en sont pas forcément conscients, après il est difficile de se rendre compte du temps que ça prend. Je suis un cas particulier, parce que je fais volontairement plein de choses différentes : le stream, la boutique, le coaching de la team LoL et tout ça en même temps ça fait beaucoup. Mais même pour Sakor (LRB) qui fait beaucoup de streaming, il fait l'administratif, s'assure que la comptabilité est faite, il encadre tout le monde. C'est un peu le « papa » de la boîte, si quelqu'un à un problème il va le voir. Mais oui, il y a toujours plus à faire que ce que l'on voit derrière l'écran.
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