Des semaines de 85 heures : les témoignages alarmants s'accumulent sur GTA 6

Florian Lelong Publié par Florian Lelong
le 20 novembre 2025 à 14h55
Une manifestation inédite a éclaté devant les bureaux de Rockstar North. D'anciens testeurs de GTA 6 accusent le studio de licenciements abusifs liés à des tentatives de syndicalisation et dénoncent des conditions de travail brutales, incluant le renvoi d'un employé en plein congé paternité.
Des semaines de 85 heures : les témoignages alarmants s'accumulent sur GTA 6
Le développement de Grand Theft Auto VI, le jeu le plus attendu de la décennie, ne se ferait pas sans heurts. Plusieurs anciens testeurs de l'assurance qualité (QA) ont organisé une manifestation devant le siège de Rockstar North à Édimbourg, en Écosse. Ces travailleurs, récemment licenciés, affirment avoir été remerciés en représailles à leurs tentatives d'organisation syndicale.

Les manifestants soutiennent que la direction a mis fin à leurs contrats après avoir découvert des conversations privées sur Discord, où les employés discutaient de leurs conditions de travail et de la possibilité de se syndiquer.


Syndicalisme et représailles : la tension monte

La situation décrite par les anciens employés dépeint un climat de surveillance et de peur. L'un des travailleurs licenciés, présent lors de la manifestation, a exprimé son désarroi face à la réaction de l'entreprise vis-à-vis de l'organisation collective.
Je pensais qu'en rejoignant le syndicat, je risquais de me mettre une cible dans le dos. Personne ne devrait jamais ressentir cela en s'organisant sur son lieu de travail.
Au-delà de la question syndicale, c'est le traitement humain qui est pointé du doigt. L'allégation la plus choquante concerne un autre employé qui aurait été licencié alors qu'il se trouvait en congé paternité, une décision jugée impitoyable par les manifestants.
L'un de nos amis avait des projets qui n'incluaient pas d'être viré sans ménagement pendant son congé paternité, juste 9 jours après la naissance de son deuxième enfant.

Une culture du « crunch » toujours présente

Ces événements remettent en lumière la culture du « crunch » chez Rockstar, une pratique consistant à imposer des heures supplémentaires massives pour boucler un projet. Malgré les promesses de réforme faites après la controverse de Red Dead Redemption 2 en 2018, les témoignages suggèrent que les vieilles habitudes ont la vie dure. Des testeurs rapportent des semaines de travail atteignant 75 à 85 heures, s'étalant sur des mois, avec parfois six ou sept jours de travail consécutifs.


Un ancien testeur ayant travaillé sur GTA IV a décrit les séquelles durables de ce rythme effréné, évoquant un « trou » creusé en lui-même qu'il a mis des années à réparer. D'autres récits, remontant à l'époque de Max Payne, décrivent des développeurs dormant au bureau, ne rentrant que pour faire leur lessive, pour finalement être licenciés juste avant la sortie du jeu, les privant ainsi des bonus de participation aux bénéfices.

Des milliards de revenus et des précaires

Les manifestants soulignent le contraste saisissant entre la précarité des testeurs QA et la réussite financière colossale du studio. Alors que la franchise GTA a généré des milliards de dollars et que Rockstar bénéficie d'allégements fiscaux importants au Royaume-Uni, censés promouvoir des valeurs culturelles et le respect des travailleurs, les employés au bas de l'échelle se sentent exploités.

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À l'approche de la sortie de Grand Theft Auto VI, la crainte est que la pression ne fasse que s'intensifier, perpétuant un cycle d'épuisement professionnel dans ce que certains qualifient d'« usine à burnout ».

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