Nous avons découvert les aventures d'Atsu narrées dans Ghost of Yotei, de Sucker Punch. Voici toutes nos impressions sur cette suite très attendue.
Après le succès critique et commercial de Ghost of Tsushima, qui a ravi de nombreux joueurs et joueuses, il était quasiment certain que Sucker Punch Productions allait se pencher sur une suite, ou tout du moins un deuxième opus pour la franchise. Annoncé en septembre 2024, lors d'un State of Play,
Ghost of Yotei, qui met en scène un tout nouveau personnage jouable et propose donc une nouvelle histoire, bien loin de celle de Jin Sakai, est désormais sur le point d'arriver sur la dernière console de Sony, la PS5.
Nous avons eu l'occasion d'explorer Ezo, une région du Japon, et de découvrir le périple d'Atsu, la protagoniste de Ghost of Yotei, pendant de nombreuses heures. Voici donc
toutes nos impressions sur Ghost of Yotei, qui figure parmi les jeux les plus attendus de cette année 2025.
Le fantôme de la vengeance
Atsu et les Six de Yotei
Si Ghost of Tsushima proposait une histoire placée sous le contexte de l'invasion mongole en 1274,
Ghost of Yotei resserre la focale narrative, sous couvert de fond politique, en nous offrant un récit plus personnel. Se déroulant en 1603, soit près de 300 ans après les événements de Ghost of Tsushima et au cœur de la région d'Ezo,
Ghost of Yotei nous invite à prendre part au périple vengeur d'Atsu. Quelle épopée !Alors qu'elle n'était qu'enfant,
Atsu voit toute se famille périr sous ses yeux et est laissée pour morte dans la demeure familiale. Un acte effroyable commis par un groupe de hors-la-loi, baptisé les Six de Yotei. Fort heureusement, Atsu parvient à s'en sortir, alors qu'elle a perdu ses proches. Un traumatisme qu'elle ne peut oublier :
après des années, Atsu revient à Ezo et compte bien venger sa famille, en éliminant chaque membre des Six de Yotei.
Si la vengeance est un leitmotiv narratif courant dans les jeux vidéo (The Last of Us Part II peut aisément être convoqué comme exemple),
il est, ici, très bien abordé et suffit amplement pour plonger le joueur dans cette épopée marquée par la souffrance et la tristesse. Et ce, d'autant plus que Sucker Punch Productions utilise une mécanique permettant d'accéder au passé d'Atsu.
Les réminiscences du passé
Ghost of Yotei pousse davantage son postulat narratif, centré autour de la notion de vengeance, en insérant des flashbacks injouables. Ces retours vers le passé d'Atsu, qui sont accessibles à sa maison d'enfance et par une simple pression sur le pavé tactile de la DualSense, nous permettent de mieux comprendre le ressenti d'Atsu, notamment en nous refaisant vivre l'événement dramatique. D'autres fois, ce sont des séquences un peu plus joyeuses, comme celle sur l'entraînement d'Atsu, qui est supervisé par son père, qui sont offertes aux joueurs. Le tout étant, comme dit précédemment, tout à fait jouable : nous incarnons une jeune Atsu, équipée d'un katana en bois et démontrant déjà sa force de caractère. Nous pouvons ainsi interagir avec les membres de la famille, réaliser des actions spécifiques (obligatoires) et nous promener autour de la maison.
Si le flashback est déjà un procédé narratif fort, Sucker Punch pousse le curseur, en nous proposant de vivre et interagir avec le passé d'Atsu, renforçant de ce fait notre compréhension de sa tragédie de vie. D'ailleurs, le présent de la protagoniste est également ponctué de séquences liées à ce traumatisme, et ce, sous forme de cauchemar.
Ghost of Yotei va ainsi par-delà son aîné, en nous offrant une histoire aussi forte qu'émouvante, et surtout un personnage avec beaucoup de profondeur, et ce, grâce à la mécanique du flashback entièrement jouable. Pour autant, même si la vengeance et la détermination d'Atsu invitent le joueur à partir en quête des Six de Yotei, Ghost of Yotei propose une grande liberté à ce dernier, qui peut, dès lors, explorer au gré du vent.
La liberté comme maître mot
Le vent pour guide
L'une des mécaniques signature de Ghost of Tsushima est de retour dans cette suite : le vent opère comme guide durant notre périple à Ezo, aux côtés d'Atsu. Après avoir suivi un objectif sur la carte, passer son doigt de bas en haut sur le pavé tactile de la DualSense suffit à faire apparaître des bourrasques de vent qui donnent la direction à suivre. Si ce n'est pas novateur ici, cette mécanique fonctionne toujours aussi bien et est toujours aussi agréable.
En outre, certaines mélodies, à jouer avec le shamisen d'Atsu, permettent également d'activer le vent pour découvrir des éléments spécifiques (sources d'eaux chaudes, par exemple). Ainsi, il y a tout de même de la nouveauté de ce côté-là, ce qui nous a ravi, d'autant plus que cela est proposé après plusieurs heures de jeu. Sans oublier, l'apparition régulière d'un petit oiseau, au pelage jaune, qui nous emmène vers un point d'intérêt.
Si certains objectifs sont d'emblée marqués sur la carte, d'autres doivent être découverts par soi-même. Un peu comme sur Assassin's Creed Shadows avec son système de renseignement, en enlevant la mécanique des éclaireurs,
Atsu peut glaner des informations utiles en sauvant des personnes ou encore en réalisant diverses actions. À plusieurs reprises, certains événements ponctuels de ce type arrivent donc, laissent le joueur décider d'y prendre part ou non. Cela rend le monde plus crédible, tout en insufflant de la spontanéité à l'aventure.
Par-delà le simple fait de se balader et tomber alors ponctuellement sur des éléments,
le cartographe sera votre meilleur ami sur Ghost of Yotei : celui-ci vend des bribes de cartes, indiquant la position de lieux intéressants, tels que des sources d'eaux chaudes ou encore des autels de réflexion, pour ne citer que ces deux exemples.
Dites cartes du voyageur, ces morceaux de map sont à placer sur la grande carte, et ce, en s'aidant du croquis et des indices visuels proposés.
Un procédé ludique, qui est loin d'être difficile à prendre en main (après plusieurs erreurs de placement, le jeu vous montre l'emplacement en surbrillance).
Dans tous les cas,
Ghost of Yotei agrémente le gameplay hérité du premier volet de la franchise, tout en mettant l'accent sur le sentiment de liberté.
Un monde ouvert qui s'explore à son rythme
Un peu à la manière de The Legend of Zelda: Breath of the Wild et Tears of the Kingdom, sans pour autant verser dans la dimension extrême du rapport au monde dans ces deux jeux,
Ghost of Yotei offre une grande liberté aux joueurs, notamment pour l'exploration d'Ezo.
Bien que les quêtes principales figurent toujours dans le menu destiné à la carte, Ghost of Yotei nous laisse très vite vagabonder comme bon nous semble. D'ailleurs, le titre met en scène de grands espaces, parsemés ci et là de points d'intérêt à découvrir, au gré de nos déplacements ou bien à l'aide de la longue vue. Galoper à cheval dans ces étendues, aux environnements divers, est un pur plaisir.
Sur ce point,
Ghost of Yotei reprend la formule amorcée de Ghost of Tsushima, tout en proposant quelques nouveautés qui font sens. Cet opus propose ainsi de multiples autels de réflexion, permettant de débloquer de nouvelles compétences/capacités, des sources d'eaux chaudes, augmentant la santé maximale, mais aussi des duels en 1 versus 1. À ce propos, Atsu est également une mercenaire : de ce fait, cette dernière peut traquer des individus particuliers et redoutables pour terminer diverses primes, placardées sur les panneaux d'affichage des lieux-dits. Sans oublier, les entraînements avec des bambous, exigeant de réaliser des séquences de QTE, qui améliorent la jauge d'esprit. Évidemment, de nombreuses quêtes secondaires et récits viennent compléter l'ensemble (et encore, nous vous passons certains détails pour vous garder la surprise).
Et parmi toutes ces missions ou activités à réaliser, il est possible de s'offrir un temps de repos en dressant le camp. Cette action donne notamment la possibilité de recharger la jauge d'esprit, de concocter des plats pour gagner des bonus actifs, de jouer du shamisen, de fabriquer des projectiles, de passer le temps (jusqu'au matin ou soir) ou encore de rencontrer divers personnages, marchands ou non. Ces derniers apparaissent ainsi régulièrement afin de nous apporter des informations, de nous vendre des items ou bien nous permettre de débloquer certains éléments, comme des mélodies par exemple.
Ce petit à-côté est des plus plaisants et cristallise, alors, l'idée selon laquelle Ghost of Yotei est un jeu aussi vivant qu'interactif.
Autant dire que Ghost of Yotei fourmille d'activités en tout genre, mais cette proposition de contenu annexe est toujours laissée au libre arbitre du joueur, qui peut ainsi prendre son temps. Toutefois, et malgré la pluralité de modes de difficulté, s'intéresser à ces diverses quêtes et activités est important sur Ghost of Yotei, tant cela façonne Atsu... pour le meilleur.
Atsu, une héroïne polyvalente et modulable
L'approche RPG au rendez-vous
Bien que Ghost of Yotei soit, avant tout, considéré comme un jeu d'action-aventure, le titre emprunte certains codes inhérents au genre du RPG. Ainsi,
Ghost of Yotei n'oublie pas de mettre à notre disposition un arbre de compétences, comportant plusieurs catégories et sous-embranchements : Onryo, Corps à Corps et Vengeance. Par exemple, l'une d'entre elles est liée aux techniques de combat et armes, telles que le katana, le double katana ou encore le yari. Les capacités débloquées agrémentent, alors, le moveset d'Atsu. Néanmoins, il est difficile de se spécialiser dans une arme, comme cela pouvait être le cas sur Assassin's Creed Shadows par exemple, car toutes sont nécessaires pour les affrontements (nous y reviendrons).
En complément,
Ghost of Yotei nous invite à composer notre propre build à l'aide d'une myriade de pièces d'équipement, accordant des bonus passifs plus ou moins intéressants. Par exemple, une armure peut faire monter la défense, tandis qu'une autre est spécialisée dans le corps à corps. À cela s'ajoutent les charmes, qui accordent des bienfaits importants, allant d'un bonus en ce qui concerne la recharge de la jauge d'esprit à un changement dans le fonctionnement des parades. Ces éléments peuvent, d'ailleurs, être améliorés en réalisant des défis.
Tout comme les charmes,
les armures et les armes peuvent bénéficier d'améliorations, en échange de ressources diverses et en se rendant à la forge familiale ou bien auprès d'un armurier. Les outils, tels que les objets de lancer ou encore les flèches de l'arc, peuvent également accueillir des améliorations, notamment en ce qui concerne leur capacité de réserve.
Ces éléments sont, bien évidemment, à prendre en compte durant toute l'aventure, surtout pour celles et ceux qui opteront pour les difficultés les plus élevées.
Sur Ghost of Yotei, la montée en puissance ne passe donc pas par le gain de points d'expérience et de niveaux mais par l'obtention et l'amélioration d'équipements ainsi que de compétences. Mener à bien le périple d'Atsu exige, par ailleurs, de maîtriser l'art du combat de ce fantôme animé par la vengeance.
Des combats dynamiques et mesurés
Laissant de côté les postures de combat, disponibles dans Ghost of Tsushima,
Ghost of Yotei centralise plutôt son gameplay sur les armes et leurs caractéristiques. Sur ce nouvel opus, les armes deviennent ainsi l'élément sur lequel se concentrer durant les combats.
Chacune d'entre elles est à utiliser en fonction de l'équipement de l'ennemi, et ce, afin de profiter de leur vulnérabilité : là où le double katana est efficace contre les yari ou les naginata, le yari, qui est considéré comme une arme d'hast, est à privilégier contre les doubles kama ou les kusarigama. De ce fait, durant les affrontements, nous sommes amenés à changer notre arme à la volée pour venir à bout des adversaires. Et Sucker Punch nous pousse à le faire, étant donné que les affrontements proposent une flopée d'ennemis. C'est d'autant plus vrai contre certains boss.
Il ne s'agit donc pas de foncer dans le tas, mais plutôt de prendre la mesure de chaque combat et de chaque adversaire.
D'un point de vue plus technique, Ghost of Yotei propose la parade mais aussi l'esquive, qui sont deux mouvements à effectuer en fonction des coups portés par les ennemis (attaque imparable, parable ou désarmante). En plus, bien évidemment, du système de confrontation, demandant d'appuyer sur la touche Triangle au bout d'un moment pour tuer l'ennemi en un coup.
Fort heureusement, l'arsenal d'armes s'étoffe à mesure de notre progression et comporte même divers outils. En plus de l'arc, mettant plusieurs types de flèches à notre disposition, Atsu peut s'équiper de bombes (incendiaires, aveuglantes) et d'objets à action rapide (Metsubushi, qui peut aveugler les ennemis, ou encore la flamme de l'Oni, qui permet d'enflammer les armes principales). Là encore, ces différents éléments sont à prendre en considération, bien qu'en changer au cours d'un affrontement est un peu difficile par moments. Remarquons, qui plus est, qu'Atsu est capable de récupérer une arme au sol et de la lancer sur un adversaire, le tuant instantanément, ou encore d'assassiner discrètement les ennemis, pour s'infiltrer dans un camp/une base.
De ce fait,
Sucker Punch offre aux joueurs et aux joueuses une panoplie de mouvements, d'attaques mais d'armes et d'outils, dont il faut tirer parti lors des affrontements, qui se veulent dynamiques et qui peuvent demander un petit peu d'analyse. Manette en main, le tout fonctionne parfaitement bien et les sensations sont plutôt bonnes. Par-delà son aspect combatif,
Ghost of Yotei est aussi une expérience aussi sublime que ludique.
Une expérience fascinante et interactive
Un japon sublimé
Si le mont Yotei ravit les yeux partout où nous allons sur Ghost of Yotei, Ezo est une région absolument sublime. Avec ces grandes étendues, le monde de ce nouvel opus profite d'une belle diversité d'environnements, malgré quelques légers défauts de texture ci et là : des plaines, des marécages, des falaises, des plages et autres endroits magnifiques sont proposés, pour notre plus grand bonheur. D'ailleurs, la faune et la flore viennent renforcer ce sentiment de beauté. À plusieurs endroits, nous avons été subjugués, notamment en explorant les forêts d'érables, dont les arbres font virevolter leurs feuilles rouges au gré du vent. Certains espaces marécageux sont plus lugubres et proposent, de ce fait, une ambiance glauque. Alors que les littoraux sont des endroits plus sereins, où seul le ressac vient perturber le sentiment d'apaisement.
Vivante et insufflant très régulièrement un sentiment de plénitude et de zénitude, la région Ezo est un terrain de jeu très agréable à découvrir et à parcourir.
Le tout étant sublimé par des effets de particules, qui donnent vie aux lieux, mais aussi par les conditions météorologiques et le cycle jour/nuit, qui rendent le monde ouvert de Ghost of Yotei très réaliste. D'ailleurs, Sucker Punch a distillé un petit élément, qui montre son souci de détails : s'il pleut à Ezo, des gouttes d'eau viennent teinter la carte, lorsque nous la consultons.
Nul doute que les amateurs de photographie virtuelle s'en donneront à cœur joie sur Ghost of Yotei. Sur ce point, nous avons remarqué que
le mode Photo du jeu est vraiment des plus complets, permettant notamment de masquer Atsu, de paramétrer les effets de particules, d'apposer des filtres de couleurs, de configurer l'étalonnage, etc.
Cela devient, ainsi, un véritable plaisir que d'immortaliser les aventures d'Atsu.
La PS5 et la DualSense en fête
Étant disponible sur PS5,
Ghost of Yotei tire grandement profit des caractéristiques de la dernière console de Sony/PlayStation. Si la machine se targuait, avant sa sortie, d'offrir des temps de chargement très rapides, ils sont quasi-nuls sur Ghost of Yotei : en lançant l'application depuis le menu de la PS5, il ne se passe pas 5 secondes avant qu'Atsu apparaisse à l'écran.
C'est tout simplement incroyable et hyper plaisant. De la même manière, en cas de mort, nous retournons très vite auprès de la protagoniste pour reprendre notre aventure. Nous avons, toutefois, noté de petites baisses de framerate par endroits, mais rien de bien impactant ou dérangeant. D'autant plus que cela est resté très occasionnel.
Et que dire de la DualSense.
Les fonctionnalités de la manette PS5 sont vraiment mises en valeur sur Ghost of Yotei, en plus de proposer le retour haptique. Comme dit précédemment, pour faire apparaître le vent et avoir une direction à suivre, il suffit de passer son doigt sur le pavé tactile. Un mouvement également demandé lorsqu'Atsu joue de son instrument ou bien pour terminer un sumi-e (peinture de la faune et de la flore). Au camp, cuisiner un plat exige de bouger sa manette de haut en bas pour rapprocher les aliments des braises. Ce qui demande, bien évidemment, d'avoir fait un feu au préalable : là encore, c'est souvent aux joueurs de le faire, notamment en utilisant le pavé tactile et en soufflant à l'aide de la touche R2.
Ces petites actions, qui sont à réaliser à l'aide de la DualSense, sont rafraîchissantes et surtout très ludiques.
commentaire (1)
Hâte ! Très très hâte !!!!