L'effet paradoxal de la gratuité
Tout a commencé par une observation surprenante de David Oshry, PDG de l'éditeur New Blood Interactive. Ce dernier a révélé que la mise à disposition gratuite de son jeu Blood West sur l'Epic Games Store durant les fêtes avait eu un effet inattendu, une augmentation massive des ventes sur la plateforme concurrente, Steam. Loin de cannibaliser les revenus, l'opération a agi comme un coup de projecteur mondial.
David Oshry explique ainsi que le titre a vu ses ventes grimper de « 200 % sur Steam ce jour-là ». Il qualifie cette promotion de « publicité géniale » pour le catalogue de Valve. C'est une situation gagnant-gagnant, le développeur empoche l'argent du contrat avec Epic pour financer de futurs contenus, tandis que l'éditeur profite du pic de visibilité sur toutes les plateformes.Epic and Steam compete for each customer and each sale. On some transactions, Epic wins. On more, Steam wins. But one thing is constant on every transaction: gamers and developers win by having more options and better deals. https://t.co/RzU0twrmbr
— Tim Sweeney (@TimSweeneyEpic) January 20, 2026
La réponse cinglante de Tim Sweeney
Tim Sweeney n'a pas tardé à réagir à ces chiffres, confirmant que ce phénomène n'était pas un cas isolé, mais bien une tendance de fond qu'il observe depuis le lancement du magasin. Pour lui, la gratuité sur l'EGS est un outil marketing puissant qui dépasse les frontières de sa propre boutique.Être gratuit pendant une semaine sur Epic sensibilise le public partout. Les jeux également disponibles sur Xbox, PlayStation, Switch, Steam, iOS ou Android voient une augmentation de leurs ventes lorsqu'ils sont gratuits sur Epic.Le dirigeant d'Epic insiste sur le fait que la concurrence profite in fine au consommateur et aux créateurs. Selon lui, même si Steam remporte souvent la bataille de la transaction finale, l'existence d'une alternative force le marché à proposer de meilleures offres.
L'attaque personnelle à Steam et son patron
Cependant, c'est dans une seconde intervention que Tim Sweeney a durci le ton. Voulant justifier les écarts de performance entre les deux géants, il a admis que l'EGS ne traitait qu'environ 7 % du volume de paiements tiers par rapport à Steam. Toutefois, il nuance ce chiffre en rappelant que l'EGS compte entre 55 % et 60 % du nombre d'utilisateurs actifs mensuels de son concurrent. C'est alors qu'il a justifié sa stratégie de réinvestissement, tout en lançant une pique très personnelle à Gabe Newell.
Nous réinvestissons massivement dans l'engagement des utilisateurs via le programme de jeux gratuits, remettant nos revenus au service des développeurs d'une manière que ces yachts et ces dents en diamant ne font pas.Cette remarque fait référence à la passion bien connue de Gabe Newell pour les yachts de luxe, mais aussi à un mème viral circulant récemment, montrant le patron de Valve avec des dents en diamant (une image retouchée, bien entendu). Si la méthode d'Epic consistant à offrir des jeux est indéniablement avantageuse pour les joueurs, cette communication agressive montre que la hache de guerre est loin d'être enterrée entre les deux milliardaires de la tech.
commentaire (0)