Test FM26 : Une refonte ambitieuse où tout n'est pas à jeter, au contraire

Corentin Rimbert Publié par Corentin Rimbert
le 19 novembre 2025 à 18h30
Après une annulation et une longue attente, Football Manager signe son grand retour avec une refonte ambitieuse qui n'a pas séduite tout le monde. Nous avons posé nos mains dessus et nous vous proposons notre test de FM26, loin d'être le cancre annoncé.
Test FM26 : Une refonte ambitieuse où tout n'est pas à jeter, au contraire
Après une année de pause rare dans l'histoire de la licence, Football Manager 26 revient avec la promesse d'une modernisation profonde : nouveau moteur, refonte du système tactique, animations retravaillées, enrichissement des contenus… Sur le papier, l'épisode coche toutes les cases du grand renouveau que les joueurs attendaient. Mais ce tournant majeur s'accompagne aussi de choix discutables, notamment du côté de l'interface, qui divisent fortement dès les premières heures. Ce FM 26 est-il réellement l'épisode de transition tant annoncé ? Oui. Est-il totalement maîtrisé ? Pas tout à fait.

Un moteur de match qui change enfin la donne

L'un des plus grands chantiers de cette édition est son passage au moteur Unity. Un changement colossal, qui transforme immédiatement la manière dont les matchs sont présentés. Pour une série longtemps accusée d'afficher un rendu visuel daté, cette mise à niveau était indispensable.


La première constatation, c'est la fluidité. Les animations gagnent en naturel : les courses paraissent plus organiques, les frappes ont plus d'impact, les duels aériens sont mieux retranscrits et l'ambiance d'un stade de foot se ressent légèrement. La physique du ballon profite elle aussi de cette refonte, avec des trajectoires plus crédibles et des rebonds moins mécaniques. Globalement, les matchs ressemblent enfin à quelque chose de plus proche du football moderne, avec une densité d'informations visuelles bien plus utile pour comprendre ce qu'il se passe.

Le contraste est flagrant lorsqu'on revient à FM 24, les déplacements étaient parfois robotiques, et certains gestes manquaient de liant. FM 26 n'atteint certes pas le niveau des simulations grand public comme EA SPORTS FC, mais il franchit un cap significatif. Les stades gagnent en vie, la foule est plus expressive, et les cinématiques d'avant-match ajoutent une vraie dimension dramatique aux grandes affiches.

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Cette amélioration technique n'est cependant pas parfaite. Nous retrouvons encore quelques animations étranges, des collisions discutables, et certains ralentis paraissent un peu saccadés. Mais pour une première itération sur Unity, difficile de ne pas reconnaître le bond qualitatif réalisé. L'immersion est bien plus forte, et surtout, ce nouveau moteur offre un socle nettement plus prometteur pour les années à venir.

Une lisibilité accrue pour des décisions plus éclairées

Ce bond technique ne sert pas uniquement la mise en scène puisqu'il améliore aussi la compréhension tactique. Les joueurs se replacent plus logiquement, les erreurs de couverture sautent davantage aux yeux, et les espaces sont mieux définis. Nous visualisons clairement les failles de son bloc défensif ou les déplacements trop agressifs d'un latéral.

L'expérience devient donc non seulement plus immersive, mais également plus instructive. Les intentions des joueurs sont mieux lues, et les points faibles plus rapidement identifiables. Pour un jeu basé sur l'analyse et la micro-gestion, cette lisibilité est essentielle, et ici, FM 26 réussit pleinement son pari.

Une refonte tactique profonde : modernité, précision et complexité

L'autre grande révolution de cette édition réside dans sa vision du football moderne. Pour la première fois, FM décompose totalement le plan de jeu entre la phase avec ballon et la phase sans ballon, permettant au joueur de concevoir deux organisations distinctes. Une évolution majeure, qui transforme radicalement la manière de préparer un match.

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Cette séparation ouvre la porte à une liberté tactique rarement atteinte dans la série. Nous pouvons, par exemple, adopter une structure agressive en possession, avec latéraux intérieurs, milieu bas qui dicte le tempo et lignes resserrées, puis basculer automatiquement sur un bloc médian compact ou un pressing ciblé lorsqu'on perd le ballon. Ce niveau de granularité reflète parfaitement les exigences tactiques du football contemporain, où les équipes changent de visage en un instant.

L'impact sur le gameplay est immédiat, chaque match semble offrir plus d'options, plus de lectures, plus d'ajustements. On expérimente davantage, on teste des variantes, on cherche la combinaison idéale. Ce système donne aussi une vraie raison d'organiser des séances tactiques détaillées ou de revoir constamment ses consignes.

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Plus riche… mais aussi plus exigeant que jamais

Cette nouvelle architecture tactique a un coût étant donné qu'elle demande plus de rigueur et plus de temps. Pour les habitués, ce changement nécessite une phase d'adaptation, car il bouleverse les habitudes ancrées depuis plus d'une décennie. Nous passons plus de temps dans les menus, ajustons plus d'éléments, observons davantage.

Cela dit, une fois assimilée, cette profondeur devient un plaisir. Nous avons le sentiment d'être au cœur du coaching moderne, où chaque détail compte. Il n'a jamais été aussi satisfaisant de déclencher un plan tactique parfaitement préparé, de voir ses joueurs appliquer des consignes plus raffinées, et d'observer les effets d'un ajustement minutieux.

Autour de cette grande refonte, FM 26 apporte aussi diverses petites améliorations : système de transferts affiné, nouvelles données statistiques, entraînement légèrement modernisé, intégration plus harmonieuse des championnats féminins. Des ajouts qui, sans révolutionner la formule, renforcent l'impression d'un jeu dense et cohérent.

Une interface refondue… mais étonnamment moins ergonomique

C'est ici que l'épisode se heurte à ses limites les plus visibles. La refonte totale de l'interface, pensée pour moderniser l'expérience, s'avère finalement l'un des aspects les plus frustrants du jeu. Trop de clics, trop de sous-menus, trop d'informations affichées simultanément, et des outils auparavant essentiels qui semblent avoir disparu ou changé de place.

Pour un joueur habitué à la série, c'est un choc. On se retrouve souvent à perdre du temps pour des actions qui étaient auparavant rapides. Les menus sont plus beaux, mais leur logique est moins intuitive. Certains éléments importants se retrouvent noyés dans la masse. L'ensemble manque de fluidité, et l'expérience de navigation pâtit nettement de cette complexité excessive.


L'interface n'est pas seulement différente, elle est objectivement moins ergonomique. On multiplie les micro-changements pour retrouver ses repères. On finit par s'y faire, certes, mais ce n'est jamais vraiment naturel. L'ensemble tourne parfois à la frustration, et c'est d'autant plus regrettable que FM repose justement sur la rapidité de navigation et l'efficacité des menus.

Un apprentissage forcé pour les vétérans

Les nouveaux venus ne remarqueront probablement pas ces défauts. Mais pour les joueurs historiques, l'effet est immédiat avec l'obligation de réapprendre la logique de FM, réapprendre les circuits d'accès, réapprendre des automatismes acquis depuis dix ou quinze ans.

Le système de favoris aide un peu, mais les menus restent trop chargés, trop denses, trop encombrés. Il y a une volonté de montrer plus d'informations à l'écran, mais paradoxalement, tout devient plus confus. Le jeu doit impérativement recevoir des ajustements, car c'est aujourd'hui sa principale faiblesse.

Un FM solide, addictif, mais techniquement fragile

Au-delà de ces défauts structurels, Football Manager 26 reste ce qu'il a toujours été : une simulation unique, monumentale, passionnante. Tout ce qui fait la force de la série est encore là. La base de données est colossale, les interactions footballistiques crédibles, la gestion longue durée fascinante. Une fois lancée, la carrière évolue naturellement, construisant des histoires, des surprises, des déceptions, des moments épiques.

Même lorsque la progression est ralentie par les menus, l'envie de continuer est constante. On observe ses jeunes progresser, on construit des rivalités, on se projette sur plusieurs saisons. FM 26 conserve cette capacité à devenir un « jeu-récit », où chaque décision influence une chronologie footballistique unique.

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Alors oui, Football Manager 26 n'est pas à la hauteur des attentes et des promesses, et un sentiment de régression se récent dans les menus, là où l'évolution est visible lors des matchs. Mais ne vous arrêtez pas aux critiques qui le feraient passer pour le pire jeu de l'année. Des correctifs ont déjà amélioré certains points et d'autres viendront. Il faut juste que Sports Interactive revoit son interface, pensée pour les joueurs manette, et la saga retrouvera tout son charme.

Conclusion

7.5 Football Manager 26 est un épisode ambitieux, moderne et construit sur un moteur enfin digne de la série permettant d'apporter un réel vent de fraicheur. Les matchs gagnent en intensité, les tactiques en profondeur, et le cœur du jeu reste d’une richesse incomparable. Mais sa refonte d’interface ternit une partie du plaisir, rendant le jeu plus lent et moins agréable à naviguer.

Même si nous finissons par nous y habituer (tout du moins en parti) nous espérons ardemment des améliorations rapides. FM26 reste un excellent Football Manager et n'est pas si mauvais, mais aussi un épisode de transition, solide dans le fond et perfectible dans la forme.
  • +Moteur Unity très réussi, animations nettement améliorées
  • +Refonte tactique moderne, profonde et passionnante
  • +Grande lisibilité des matchs et meilleure analyse
  • +Immersion renforcée, matchs plus vivants et plus réalistes
  • +Base de données toujours aussi impressionnante
  • -La nouvelle interface lourde et peu intuitive
  • -Trop de clics pour des actions simples
  • -Informations mal hiérarchisées, menus trop denses
  • -Courbe d’adaptation plus sévère pour les habitués

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