Test Dragon's Dogma 2 : Capcom fait du neuf avec du vieux

Corentin Rimbert Publié par Corentin Rimbert
le 03 avril 2024 à 10h00
Nous avons eu l'occasion de nous plonger au cœur de Dragon's Dogma 2, qui fait tant parler. Retour sur notre expérience pour vous livrer un test objectif de l'action-RPG.
Test Dragon's Dogma 2 : Capcom fait du neuf avec du vieux
Dragon's Dogma 2 figure parmi les titres les plus attendus de l'année 2024, et pour cause, le premier épisode, sorti en 2012, a été un vrai succès et a séduit de nombreux joueurs. C'est donc sans surprise que sa suite suscite l'intérêt, aussi bien du côté des amoureux de la licence que des débutants. Nous avons eu l'opportunité de poser nos mains dessus, et cette expérience ne laisse pas indifférente. Entre déception, surprise et plaisir.

Conditions du test

Avant d'entrer dans les détails, contextualisons les conditions de notre test. Nous avons reçu une clé de la part de Capcom une semaine avant la sortie, nous donnant la possibilité de le découvrir en avant-première, et les deux premières heures de jeu n'ont pas été faciles, puisqu'elles ont eu lieu dans les menus, pour tenter de corriger les nombreux problèmes d'affichage que nous avons subi. Mais une fois quelques paramètres combinés, le résultat fut correct, et nous avons, enfin, pu nous lancer dans le grand bain.

Un début en douceur pour apprendre les mécaniques

La création du personnage, au-delà de l'aspect physique, est très importante, puisque vous allez choisir une classe, laquelle peut être modifiée autant de fois que voulu en cours de route. Fiez-vous à votre instinct, sans avoir peur de vous tromper, étant donné que la première modification arrive après une à deux heures de jeu, selon comment vous jouez. Une fois le personnage crée, Dragon's Dogma 2 commence.

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L'histoire est somme toute assez classique et voit votre personnage devenir l'Insurgé, entendez par-là le sauveur. S'ensuivent alors de nombreux dialogues et cinématiques pour vous expliquer la situation, avant d'enfin entrer dans le vif du sujet. Durant les premières minutes, vous serez submergé par les informations, et il faudra en profiter. Vous allez pouvoir faire connaissance avec les différentes mécaniques de jeu, vous essayer à quelques combats et explorer le monde, afin de ne pas être lâché à nu dans l'immensité du titre. Un début intelligent pour ne pas perdre tout le monde au bout de trente minutes.

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Vous pourrez ensuite recruter vos premiers pions (des personnages gérés par l'intelligence artificielle qui vous épaulent) une mécanique très intéressante, mais qui manque de « sérieux », pour créer une équipe lors des combats et avoir un semblant de multijoueur. Hélas, la faiblesse de l'IA rappelle que rien ne vaut un humain, mais ce point sera évoqué plus bas. Capcom a su doser avec perfection la difficulté en début de partie, pour ne pas rendre le jeu trop facile, tout en donnant envie de continuer pour voir ce que l'expérience propose une fois pleinement entré dans l'histoire. Et c'est là que les choses se corsent.

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Seul contre tous

Même si vous êtes accompagné de trois pions, le vôtre et deux que vous pouvez recruter, créés par Capcom ou les autres joueurs, vous restez seuls dans le sens où la réflexion prime sur le reste. Les développeurs n'ont pas prémâché le travail en indiquant avec un gros point que la suite de la quête se trouve ici. Non, il faut réfléchir, fouiller, aller et venir pour trouver la solution, et c'est un vrai plaisir. Évidemment, parfois la situation est frustrante et il est difficile de savoir quoi faire, mais en règle générale, après avoir réfléchi ou simplement tourné dans la zone, l'éclaircie arrive.

Une façon de faire qui n'est pas commune, mais qui a le mérite d'apporter de la réflexion, et nous ne blâmerons pas Capcom pour cela, au contraire. Même les quêtes annexes ne sont pas « données ». Il faut explorer, parler aux PNJ et réfléchir pour trouver la solution. Un vrai plus, sauf lorsque nous avons affaire à un bug qui empêche la quête de se poursuivre.

Des combats mi figue mi raisin

Les combats font partie de l'essence même de Dragon's Dogma 2. Ils sont même omniprésents, de telle sorte qu'il ne se passe pas une minute sans que nous ne croisions des ennemis. Très souvent, il s'agit d'un petit groupe de créatures assez facile à battre (à condition d'avoir fait évoluer sa classe et avoir des pions de qualité), et parfois nous avons le droit à un mini boss, tel qu'un troll, rendant ces combats bien plus longs.

Si le fait de combattre reste assez sympathique une fois le ou les builds avancés, les bonnes armes trouvées et les compétences maîtrisées, nous regretterons néanmoins leur nombre trop fréquent selon la situation. Il n'est pas rare de se rendre en ville, ou revenir sur ses pas pour une quête, et de faire face à une rencontre, parfois incessante d'ennemis, transformant alors la joie du combat en une action redondante. L'absence de monture renforce ce ressenti, même si ce choix de la part de Capcom se comprend.

Il aurait été davantage appréciable de voir se dessiner, pour les trajets les plus courants, des chemins annexes permettant d'amoindrir les combats, laissant plus de choix à la progression. Ce point est d'autant plus crucial que Dragon's Dogma 2 est chronophage et peut vous entraîner plusieurs heures durant à vous immerger dans ce monde, tandis que lorsque l'envie d'arrêter arriver, ces combats répétitifs ne font qu'augmenter cette frustration. Un peu de quiétude, même dans un monde aussi dangereux, ne fait de mal à personne. D'autant plus que malgré leur charme, les combats sont très vite brouillons et très, très répétitifs compte tenu du faible bestiaire. Les coups sont parfois portés à côté, les parades sont assez aléatoires, sans oublier l'endurance qui diminue (en utilisant les compétences) et vient compliquer la tâche. En bref, nous avons l'impression de nous retrouver par intermittences dans un jeu d'il y a dix ans, qui n'a rien à voir avec les action-RPG récents où tout est poussé, et même d'autres séquences de jeu de Dragon's Dogma 2, plus soignées, comme si les équipes avaient porté moins d'intérêt à plusieurs endroits.

Et l'IA en rajoute une couche

Que ce soit dans les combats ou dans l'exploration en général, l'IA viendra vous mettre des bâtons dans les roues, clairement. Si nous mettons de côté les répliques des personnages, qui frôlent le ridicule et sont redondantes au possible, le comportement des pions est assez fade, pour ne pas dire à côté de la plaque pour un jeu sorti en 2024. Entre des crises qui les font courir en rond sans aucune raison, des attaques ratées ou des suicides en combat, nous avons plus l'impression d'être un moniteur de centre aéré qu'un Insurgé qui a avec lui les soi-disant meilleurs combattants. 

Mais les pions ne sont pas les seuls personnages gérés par l'IA à être débordés, puisque les PNJ ont aussi laissé leur cerveau de côté. Très souvent, il leur vient l'idée d'essayer de passer à travers un mur ou une fenêtre fermée, plutôt que de faire le tour (notamment les gardes comme vous pouvez le voir ici). 

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Rien de très méchant évidemment, mais en 2024, qui plus est pour un jeu développé par Capcom, qui reste une société avec de l'expérience, il est logique d'en attendre bien plus. Et se contenter de ce résultat ne peut pas devenir une normalité.

Un gameplay trop ancien, dans un monde contrasté

Pour finir avec le gameplay, nous avons regretté tout au long de l'aventure sa rigidité dans les mouvements, digne d'un jeu daté. Comme si les déplacements n'avaient que huit axes, et qu'il était impossible d'aller réellement dans la direction souhaitée. Précisions peut-être que Dragon's Dogma 2 a été entièrement parcouru au clavier et à la souris, puisque nous l'avons eu sur PC et que le ressenti à la manette est peut-être légèrement plus positif. Mais encore une fois, cela reste loin des attentes de 2024.

Cela vaut aussi pour l'inventaire et les menus. Quelle gestion calamiteuse. Aucun raccourci direct, il faut appuyer sur deux touches, et surtout il faut enchaîner les actions pour consommer ou jeter un élément, là où un simple clic aurait pu faire l'affaire. Ne parlons pas des missions qui n'ont aucun raccourci (il faut passer par le menu pause pour y accéder), sans oublier la carte qui n'est pas très facile à gérer. Des petits points noirs qui rajoutent à cette impression d'un jeu qui mélange recyclage de mécaniques, sans vouloir se mettre au goût du jour, et quelques innovations alléchantes.

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Côté monde, là aussi nous retrouvons ce contraste entre nouvelles idées et manque de profondeur (fénéantise ? simplicité ?). Visuellement, Dragon's Dogma 2 se place parmi les jeux assez beaux, sans être magnifique. Les décors sont assez soignés, les biomes très jolis et l'ambiance générale réussie malgré le manque de vie, ce qui contraste avec les combats permanents. Lorsque la vue est dégagée, le paysage lointain est juste magnifique, principalement lorsque nous pouvons voir la ville en arrière-plan. 

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Malheureusement, lorsque nous souhaitons aller plus loin dans la vie du monde, la déception arrive. Les assets sont peu variées, les interactions impossibles. À titre d'exemple, les caisses de bois ne peuvent pas être détruites (l'arme passe, par magie, à travers), et les fruits posés sur une table ne peuvent pas être ramassés, alors que nous avons exactement les mêmes dans notre inventaire.

Encore une fois, rien de bien dramatique, mais cela confirme que Capcom n'est pas allé au bout de ses idées, ou du potentiel. Avec plus de travail, l'immersion aurait pu être grandiose, comme si le studio s'était contenté du minimum.

Débutants, passez votre chemin

Dragon's Dogma 2 a fait parler, et fera encore parler. D'abord, il ne s'agit pas d'un jeu fait pour les néophytes du genre. Bien sûr, tout le monde peut le découvrir et l'apprécier, mais il va falloir s'accrocher si l'action-RPG n'est pas votre tasse de thé. En plus d'un gameplay spécial, de nombreux éléments ne donnent pas forcément envie de continuer, au-delà de l'optimisation et du prix de vente. 

Néanmoins, si nous accrochons, le prix passe un peu mieux, étant donné que ce sont une cinquantaine d'heures qui s'offrent à nous, ce qui est plus que correct. Le fait que nous ne sommes pas guidés est un véritable plus, qui nous pousse à réfléchir et découvrir des choses que nous n'aurions peut-être pas explorées dans un monde où nous sommes tenus par la main de A à Z. La curiosité est d'ailleurs récompensée, avec des médaillons qui peuvent être échangés pour obtenir quelques items prisés.

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Sinon, Dragon's Dogma 2 offre un monde assez joli (si nous passons outre les PNJ qui ne sont parfois pas finis), une exploration très intéressante malgré la répétition des combats et une aventure somme toute assez mémorable qui aurait néanmoins mérité d'être peaufinée compte tenu de l'optimisation. Passer deux heures dans les paramètres pour avoir une image nette n'est pas acceptable. Avec le temps, ce titre deviendra très certainement un classique du genre, mais encore une fois, une meilleure finalisation avant la sortie n'aurait pas été du bonus.

Pour ce qui est de la configuration PC utilisée pour ce test, la voici ci-dessous. Nous n'avons eu aucun crash, mais de nombreuses difficultés à obtenir une image nette et à stabiliser nos FPS. En ville, nous ne dépassions que très rarement les 60, contre 85-90 dans le monde (hors combat).
  • OS → Windows 10
  • Carte Graphique → NVIDIA GeForce RTX 4070 Ti
  • Processeur → i7-13700F 2.10 GHz
  • RAM → 32 Go

Conclusion

7 Dragon's Dogma 2 va frustrer les joueurs notamment par son contraste. Il possède de nombreuses qualités, mais ses défauts auraient pu être atténués si Capcom avait travaillé un peu plus son sujet. Que ce soit un niveau du gameplay, du monde ou de l'optimisation, tout aurait mérité d'être un peu plus poussé, afin de répondre aux attentes des joueurs en 2024.

Néanmoins, le titre se laisse parcourir et sa difficulté est un vrai plaisir, puisqu'il faut faire preuve de réflexion et que l'exploration a son charme, dans un environnement assez joli à parcourir et une progression plaisante, avec des classes et des compétences qui permettent une vraie personnalisation. Petit bémol également pour le gameplay au clavier et à la souris, qui n'est pas à la page.

Avec plus de rigueur, Dragon's Dogma 2 aurait pu récolter plus de louanges, mais en étant sincères, nous ne pouvons pas nous contenter d'un tel résultat, lors de la sortie, en 2024. Les choses devraient toutefois s'améliorer au fil des mises à jour.
  • +Les classes et compétences, modifiables à souhait
  • +L'exploration
  • +La plupart des quêtes sont agréables
  • +Les créatures soignées, malgré le manque de diversité
  • +Les combats en dépit de leur fréquence
  • -L'optimisation
  • -Un gameplay pensé uniquement pour la manette, nous sommes en 2024
  • -Les menus vieux de 15 ans
  • -L'IA qui n'aide personne
  • -Trop de combats
  • -Manque de profondeur dans les détails du monde
  • -Aucune monture

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