Cinq ans après l'excellent DOOM Eternal, id Software revient en force avec DOOM: The Dark Ages, un préquel ambitieux qui plonge plus profondément que jamais dans l'univers brutal et captivant de la saga. Entre histoire plus travaillée, nouvelles mécaniques de gameplay et réalisation époustouflante, cette nouvelle entrée réussit-elle à surpasser ses prédécesseurs ou marque-t-elle un pas en arrière pour la série culte ?
Une histoire ambitieuse, mais pas sans défauts
Avec The Dark Ages, id Software se permet de creuser davantage la narration, offrant une intrigue riche et davantage centrée sur des personnages tangibles plutôt que de simples voix off.
Se déroulant avant les récents DOOM et DOOM Eternal, ce préquel met en scène la lutte désespérée du roi Novik d'Argent D'Nur, déjà aperçu dans Eternal, contre les forces démoniaques menées par l'ambitieux Prince Ahzrak, déterminé à s'emparer du mystérieux Cœur d'Argent, source d'un pouvoir ultime capable de redéfinir l'équilibre infernal.
La présence de véritables cinématiques apporte
une profondeur inattendue au récit, tout en lui conférant une dimension dramatique inédite. Cependant, tout n'est pas parfait : certains passages souffrent de transitions maladroites entre les chapitres, donnant parfois l'impression désagréable qu'une scène ou un événement a été coupé au montage.
Bien que cela n'affecte pas gravement la compréhension générale, cela reste une source de frustration récurrente tout au long de l'aventure.
Une fois la difficulté choisi, allant de Slayer en Herbe jusqu'à Ultracauchemar, pour les plus fanatiques d'entre vous, il ne reste plus qu'à découvrir les champs de batailles viscéraux du titre.
Un gameplay toujours nerveux, enrichi par d'excellentes nouveautés
Côté gameplay, id Software démontre une fois encore sa maîtrise absolue.
The Dark Ages conserve intacte l'adrénaline caractéristique de la saga tout en y apportant des nouveautés significatives qui renouvellent intelligemment la formule.
Le bouclier, un ajout stratégique brillant
Parmi ces innovations, le bouclier se démarque particulièrement. Plus qu'une simple protection, il permet désormais de repousser les puissantes attaques ennemies, appelées
« Hell Charge », ce qui ajoute une couche stratégique fascinante. À mesure de votre progression,
des runes viennent renforcer cette mécanique, en y intégrant divers effets élémentaires comme des éclairs ou des séismes capables d'affecter plusieurs ennemis simultanément. Cet aspect enrichit considérablement les affrontements, poussant le joueur à adopter une gestion tactique des combats,
en particulier contre les ennemis les plus imposants.
Des combats rapprochés viscéraux et dynamiques
Autre évolution notable : le renforcement des affrontements directs. Certains ennemis obligent désormais à engager le combat en face-à-face, vous empêchant de reculer ou d'opter pour une approche purement à distance. Ces phases intenses nécessitent un timing précis pour parer, contre-attaquer et gérer simultanément les ennemis secondaires environnants.
Le résultat est un ballet brutal et exaltant, véritable quintessence de ce qui fait le charme si particulier de DOOM.
Notons toutefois que, malgré des combats au corps à corps musclé et des corps qui explosent dans tous les sens renforçant le sentiment de puissance de votre personnage,
on regrette de ne pas profiter des fameux « punisher » présent dans Eternal et si jouissifs visuellement pour renforcer l'esprit viscéral et agressif du titre. Ceci dit,
les exécutions sont bien de la partie , mais elles permettent surtout de se jeter sur l'ennemis pour lui donner un coup de poing qui le fera « simplement » explosé et vous permettra de récupérer des munitions, mais surtout de la vie. Si certaines sont tout de même animées, elles ne suffisent pas à combler le manque initial.
Des véhicules spectaculaires, mais inégaux
The Dark Ages propose également de nouvelles séquences en véhicule, notamment à dos de dragon ou en armure mécha.
Le dragon offre une expérience exaltante, mêlant combats aériens et manœuvres habiles à travers des environnements hostiles. Ces phases réussissent parfaitement leur mission : casser le rythme tout en restant captivantes.
À l'inverse, l'utilisation du mécha peine à convaincre.
Plus lentes et répétitives, ces séquences consistent essentiellement à frapper et esquiver avant d'obtenir temporairement une arme. Malgré leur potentiel spectaculaire, elles deviennent vite prévisibles et finissent par simplement ralentir l'action, constituant l'un des rares défauts notables du jeu.
Exploration étendue dans des environnements ouverts complexes
Autre grande nouveauté : la structure des niveaux s'ouvre sensiblement, laissant place à une exploration plus poussée. Si certains niveaux restent linéaires, d'autres proposent des espaces étendus regorgeant de secrets, obligeant à revisiter les lieux sous différents angles.
C'est ici que DOOM: The Dark Ages dévoile pleinement son potentiel en matière de level design, encourageant constamment l'exploration et récompensant la curiosité du joueur.
Cependant, cette ouverture a un prix. En effet,
certains environnements souffrent d'un manque relatif de diversité visuelle, rendant parfois l'orientation difficile malgré une carte détaillée intégrée au jeu. L'absence de marqueurs personnalisables sur la carte ajoute à ce sentiment de confusion, particulièrement lors de la traque d'éléments spécifiques à collecter.
Un système d'amélioration revisité avec soin
Le jeu conserve un solide système d'amélioration, enrichi ici par l'introduction de ressources variées : l'or pour les améliorations de base, les rubis pour des capacités intermédiaires et les rares wraithstones pour les améliorations ultimes. Par ailleurs, les améliorations du personnage sont liées à des ennemis spécifiques marqués par des icônes de couleur,
obligeant le joueur à explorer et à adopter diverses stratégies pour débloquer ces bonus. Ce mécanisme renforce la dimension RPG du titre, enrichissant significativement l'expérience globale.
Une réalisation visuelle et sonore exemplaire
Visuellement, The Dark Ages est tout simplement impressionnant. Les personnages bénéficient d'un soin particulier,
affichant des détails saisissants tels que des cicatrices réalistes ou des armures superbement modélisées. Chaque lieu visité révèle une richesse visuelle exceptionnelle, qu'il s'agisse de forêts en ruines, de forteresses anciennes ou du mystérieux Chaos Realm, véritable prouesse artistique.
Côté audio, le défi était colossal suite au départ de Mick Gordon. Pourtant,
les compositions du groupe Finishing Move Inc. parviennent à remplir pleinement leur rôle, accompagnant avec brio les combats furieux qui rythment l'aventure. Si elles ne surpassent pas forcément celles de Gordon, elles s'en approchent suffisamment pour offrir une expérience auditive extrêmement satisfaisante. Le doublage, quant à lui, bien que variable, reste globalement de très bonne qualité.
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