Test Death Stranding 2: On The Beach : Kojima n'a pas fait la grève
le 23 juin 2025 à 14h00
Conditions de test
- Manette utilisée : Dualsense
- Console utilisée : PS5
- Temps de jeu : 40 heures (Histoire principale terminée)
Préambule
Publié initialement le 8 novembre 2019 sur PlayStation 4, puis porté sur PC en juillet 2020 et décliné sur PS5 en version Director's Cut en 2021, Death Stranding est la première création d'Hideo Kojima après sa séparation avec Konami. Ce jeu nous plonge dans un monde post-apocalyptique où des créatures invisibles appelées « échouées » ainsi qu'une mystérieuse « Pluie temporelle » ont dévasté les États-Unis. Le joueur incarne Sam Porter Bridges, un livreur solitaire interprété par Norman Reedus (Walking Dead), dont la mission consiste à reconnecter les colonies humaines isolées en rétablissant un réseau de communication nommé « Réseau Chiral » (prononcé « Kiral »).
Combinant livraison de colis, exploration et une narration particulièrement énigmatique, Death Stranding a fasciné autant qu'il a divisé. Fidèle à lui-même, Kojima n'a pas manqué d'imagination pour enrichir le lore du premier opus. Il a néanmoins indiqué que Death Stranding 2: On The Beach offrirait une narration plus accessible, nécessitant « un peu moins » d'interprétation de la part des joueurs.
Bien qu'il soit tout à fait possible d'aborder le second volet sans avoir nécessairement joué au premier, puisque les événements précédents sont expliqués au fil du récit, nous vous recommandons vivement de suivre l'ordre chronologique afin d'apprécier pleinement toutes les références ainsi que l'évolution notable entre les deux titres.
Enfin, précisons que cet article ne contient aucun spoiler et restera volontairement vague sur certains aspects de l'histoire, afin de préserver toute la richesse narrative de cette œuvre, dont l'intrigue constitue l'un des principaux intérêts.
Retour de Sam, nouvelle mission
Sam Porter Bridges, notre livreur préféré, revient au centre de l'intrigue dans Death Stranding 2. Après les événements du premier épisode, Sam choisit volontairement de s'isoler avec Lou, recherchant une retraite tranquille loin du réseau Bridges. Toutefois, Fragile, ancienne dirigeante de Fragile Express, une société de porteurs privé, parvient à le retrouver et le convainc rapidement de reprendre du service afin d'étendre davantage le réseau Chiral. Cette fois-ci, ses missions l'emmènent jusqu'en Australie, sous la direction non plus des UCA mais de Drawnbridge, la nouvelle entreprise indépendante fondée par Fragile. Cette dernière collabore avec l'APAC, spécialisée dans les livraisons automatisées via le réseau chiral, afin d'établir une couverture sur l'ensemble du continent.
Exploration, équipements et nouveautés
L'œuvre originale d'Hideo Kojima se démarquait déjà par son audace et sa fraîcheur. Il était donc crucial de ne pas dénaturer cette suite directe. Ainsi, si l'histoire paraît initialement simple, elle gagne rapidement en complexité grâce aux nombreuses actions et décisions laissées au joueur. Pour accompagner la volonté d'une narration plus accessible, un corpus explicatif détaillé, accessible à tout moment, se dévoile au fur et à mesure de vos découvertes. Par ailleurs, un nouveau compagnon original fait son apparition : Dollman, une petite marionnette qui vous suit partout et avec laquelle vous pouvez interagir dans chaque chambre privée pour vous fournir des précisions contextuelles.Ce personnage vous suit également sur le terrain et peut être envoyé en reconnaissance aérienne, à l'image d'une tour de guet mobile, afin de récolter des informations stratégiques comme l'emplacement de certaines ressources ou ennemis vous permettant de mieux appréhender votre mission. Enfin, et toujours dans le but d'améliorer la compréhension du récit, vous avez la possibilité de choisir des lignes de discours lorsque Sam parle avec certains PNJ, ces derniers permettent de revenir sur des points spécifiques liés à la zone ou vos activités du moment, mais manquent toutefois de réelle profondeur, l'interaction devenant ainsi plutôt neutre. En ce sens nous notons également une VF, uniquement pour Sam, qui manque de pêche ou même de conviction pour mieux véhiculer ses émotions.
Équipé du nouveau Q-Pidon, élément technologique permettant d'étendre le réseau chiral, Sam a pour mission de relier diverses installations, des plus grandes stations aux petits bunkers isolés. Ces installations servent à se reposer, à accepter de nouvelles missions principales et secondaires et à récupérer ou fabriquer du matériel indispensable à la survie. L'une des grandes nouveautés appréciables réside dans la possibilité de modifier certains éléments liés à Sam. Cela comprend à la fois des accessoires purement cosmétiques, comme des lunettes de soleil, mais aussi des améliorations fonctionnelles à fixer directement sur son sac. Ces dernières permettent ainsi d'adapter chaque livraison selon les exigences spécifiques du terrain ou selon vos préférences personnelles.
Que ce soit pour affronter des ennemis ou parcourir des environnements hostiles et accidentés, l'équipement se révèle une fois de plus indispensable. Cependant, ces outils ne sont pas disponibles gratuitement. Si chaque installation possède ses propres ressources, il vous faudra également en collecter au cours de vos voyages. Vous trouverez ainsi certaines ressources directement au sol, comme le Chiralium, tandis que d'autres, telles que les métaux ou la céramique, devront être récupérées dans des caisses de transport abandonnées sur votre chemin. Il est possible de stocker les ressources collectées dans les différentes installations rencontrées durant votre voyage. Cela permet non seulement d'éviter un encombrement inutile durant vos déplacements, mais aussi de respecter la capacité maximale de stockage propre à chaque installation.
Surnommé avec humour « simulateur de marche », Death Stranding 2 reste fidèle à son prédécesseur en offrant une exploration intense dans des environnements aussi variés qu'intrigants. Si la marche demeure centrale accompagnée du fameux radar qui permet d'identifier les objets sur la route, mais également statué de la difficulté de la chaussée, les véhicules occupent également une place importante. Bien que leur nombre semble initialement limité, il est possible de s'approprier les véhicules ennemis ou de découvrir de nouvelles options intéressantes. Le DHV Magelan, vaisseau de Drawnbridge capable de naviguer sur la « poix », constitue notamment un ajout majeur, facilitant grandement les déplacements entre les zones reliées au réseau Chiral.
Cependant, l'utilisation du Magelan pour le transport de marchandises réduit légèrement les récompenses de popularité. Il faudra donc bien faire attention, car la moindre marchandise qui navigue à bord du Magelan, même si ce n'est pas pour aller à sa zone de rendue, sera notifiée à jamais comme ayant pris le vaisseau et donc une récompense réduite.
Ambiance unique et défi permanent
C'est ainsi que l'on arrive aux livraisons effectuées qui sont évaluées par les installations visitées selon divers critères comme les dégâts ou le temps de livraison. En prime, le titre profite d'un système temporel entre jour et nuit qui peut avoir un impact sur la météo, les intempéries, mais également vos rencontres. Pour rendre l'ensemble toujours plus attrayant, certaines cargaisons ne peuvent être déplacées que selon certaines conditions. Prenons pour exemple une cargaison réfrigérée, cette dernière devra plutôt naviguer de nuit ou être souvent immergée. La gestion du poids de vos marchandises fait également son retour, tout comme la nécessité de gérer soigneusement l'équilibre pour éviter les chutes malencontreuses. En effet, une mauvaise manipulation peut rapidement entraîner la détérioration ou même la perte totale de votre précieuse cargaison.Petite anecdote à ce sujet : il nous est arrivé de glisser malencontreusement juste avant une falaise, entraînant la chute irrémédiable de toutes nos marchandises plusieurs centaines de mètres en contrebas. La plupart du temps, ces incidents résultent d'une erreur d'appréciation de la part du joueur. À force de prendre des risques, on finit par les banaliser et c'est précisément à ce moment-là que le jeu devient punitif. Face à certains trajets particulièrement longs ou fastidieux, la tentation est grande d'accélérer la cadence ou d'emprunter des raccourcis improbables. Si parfois cela porte ses fruits, bien souvent, cela vous expose à de nouveaux dangers, qu'ils soient d'origine organique ou géologique. Notez toutefois que réussir un tour de force est d'autant plus valorisant et renforce le fait de banaliser certains trajets.
Ainsi, plus ou moins facilement, Sam accumule des étoiles de popularité qui débloquent de nouvelles ressources propres à chaque station : soins améliorés dans une station médicale, armement avancé dans une base militaire, etc. La progression dépend également des choix effectués par le joueur, qui peut se spécialiser en infiltration, privilégier les combats ou maximiser ses capacités de transport et toujours avec un nombre conséquent d'équipements adaptés, à condition, bien sûr, de les avoir préalablement débloqués. Chaque approche permet de débloquer des compétences spécifiques à travers un système proche d'un arbre de talents. A cela vient s'ajouter l'évolution liée à l'étendement du réseau Chiral qui permet de construire de plus en plus de structure, mais également débloquer l'accès à certains objets utiles.
Même si le transport reste au cœur de l'expérience Death Stranding 2, ceux qui n'ont pas apprécié le premier opus risquent de ne pas trouver leur compte dans cette suite. En revanche, la diversité enrichie des équipements et les nouvelles possibilités proposées satisferont pleinement les adeptes du genre. Quelques années après le premier volet, il suffit de peu de temps pour replonger dans l'atmosphère unique du jeu : gestion minutieuse du sac, choix stratégique de l'équipement et sentiment permanent de liberté contribuent grandement à l'immersion. De plus, de nouvelles conditions climatiques telles que les tempêtes de neige, les éboulements ou encore les crues créant des zones inondées rendent certaines livraisons nettement plus difficiles, obligeant le joueur à s'adapter constamment.
En apparence, le monde peut sembler vide, mais il regorge d'activités grâce aux interactions indirectes avec d'autres joueurs. Ces derniers peuvent construire des structures utiles comme des bornes de recharge ou des abris, en passant par des routes ou même des ponts tandis que vous pouvez en faire autant pour aider la communauté. De plus, récupérer et livrer des colis perdus appartenant à d'autres joueurs vous rapportera des points de popularité, renforçant cet aspect communautaire particulier sans jamais croiser directement ces joueurs.
Concernant les échoués, menace centrale du premier volet, ils paraissent moins fréquents au début de l'aventure. Pourtant, leur dangerosité demeure intacte et le jeu semble même volontairement vous inciter à les sous-estimer pour mieux vous surprendre au moment opportun. En parallèle, les affrontements contre des ennemis humains sont plus nombreux, apportant une diversité appréciable. Le système de combat, bien qu'un peu rigide, souligne le fait que Sam est davantage un livreur qu'un guerrier, justifiant ainsi certaines difficultés intentionnelles mais parfois frustrantes.
Enfin, la direction artistique de Death Stranding 2 est remarquable. Paysages époustouflants, cinématiques de grande qualité et bande-son immersive contribuent à une ambiance exceptionnelle. Les nombreux mouvements de caméra mettent en valeur les décors, invitant régulièrement le joueur à admirer pleinement cet univers fascinant.
De plus, l'histoire se révèle particulièrement prenante tout en maintenant un rythme maîtrisé, évitant ainsi l'ennui ou la lassitude. On reconnaît sans peine la patte d'Hideo Kojima, notamment à travers certains clins d'œil subtils et très appréciables. On ressent également le plaisir évident pris par l'équipe de développement, tant par l'intégration de nombreuses touches d'humour que par des séquences atypiques rendues possibles grâce à l'univers fantastique de Death Stranding, mais pourtant jamais totalement incohérentes ou abstraites. Quelle que soit votre affinité avec l'histoire et les événements décrits, nul doute qu'elle saura vous captiver, voire vous toucher à sa manière.
Avec des ennemis plus diversifiés, une liberté accrue tant dans le choix des missions que dans l'approche des itinéraires à parcourir, ainsi qu'une interaction renforcée avec d'autres porteurs du monde entier, ce nouvel opus parvient à préserver la profondeur et l'ambiance si particulière du premier jeu, tout en devenant plus accessible aux joueurs. Le système de progression étoffé et les nouvelles possibilités offertes par l'équipement et les véhicules contribuent à une immersion encore plus poussée dans ce monde post-apocalyptique magnifique, paradoxalement empli d'un vide qui sublime l'atmosphère unique de la série.
Death Stranding 2 réussit donc le délicat pari de satisfaire pleinement les adeptes du premier volet en conservant l’âme originale du titre, sans chercher nécessairement à séduire une audience différente à tout prix. Un incontournable pour les amateurs du genre.
- +Le même en mieux
- +Direction artistique et sonore
- +Pléthore d'équipements
- +De nouvelles conditions météorologiques
- +Une histoire pleine de rebondissement et plus accessible
- -VF de Sam qui manque de punch
- -Maniabilité lors de certains combats armés























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