Dans Begraved « vous êtes un lâche, pas un héros », affirment les développeurs

Corentin Rimbert Publié par Corentin Rimbert
le 02 décembre 2025 à 18h36
Dans un paysage où la plupart des jeux de survie misent sur le combat acharné, Begraved prend le contre-pied total. Ici, pas d'épée légendaire ni de build de guerrier invincible, mais un pilleur de tombes lâche, vulnérable, forcé de réfléchir avant chaque pas. Un choix de design radical qui risque de diviser, autant qu'il peut séduire.
Dans Begraved « vous êtes un lâche, pas un héros », affirment les développeurs
Annoncé il y a quelques semaines, Begraved est un jeu indépendant créé par quelques développeurs de Valheim sur le temps libre. Nous avons eu la chance de pouvoir nous entretenir avec l'équipe, qui a notamment abordé l'approche du combat et le fait d'être un lâche dans cette aventure qui s'annonce unique.

Un survival sans combat classique, à rebours de Valheim et des autres

begraved-monstres
Là où des titres comme Valheim ou d'autres survivals emblématiques construisent une grande partie de leur boucle de jeu autour de l'affrontement, craft d'armes, parades, boss, Begraved préfère retirer le tapis sous les pieds des joueurs. Le studio le dit sans détour, le protagoniste n'est pas un héros, mais un pilleur de tombes peureux, qui n'a aucune vocation à devenir un champion de l'arène.
La chose la plus importante à comprendre, c'est que vous êtes un pilleur de tombes lâche, pas un héros avec une épée. Cela signifie qu'il n'y a aucun combat conventionnel.
Ce refus du combat classique n'est pas un gimmick, mais une décision fondatrice. Elle structure toute l'expérience, du rythme des runs au ressenti face aux monstres. Au lieu de se demander comment optimiser un DPS, le joueur doit se demander comment rester en vie une minute de plus.

La peur au centre : fuir, contourner, improviser plutôt que frapper

begraved1
Dans Begraved, les créatures ne sont pas des sacs à PV qu'on vide à coups de combos. Elles sont pensées pour être vraiment effrayantes, au point de déclencher un vrai dilemme intérieur, courir ou tenter quelque chose de fou. Les développeurs veulent que le joueur ressente un véritable sentiment de « fuir ou prendre le risque de se battre », mais dans un cadre où le combat n'est presque jamais la solution logique. Il s'agit plutôt d'utiliser l'environnement, d'exploiter les outils et les systèmes du jeu pour s'en sortir, parfois de justesse.
Nous voulons que les monstres fassent vraiment peur, et que le joueur sente en permanence ce tiraillement entre s'enfuir ou tenter un coup risqué avec les bons outils.
Le résultat, c'est un survival où la tension ne vient pas d'une barre de vie qui se vide, mais de la conscience permanente de sa propre fragilité. Chaque détour, chaque couloir mal éclairé, chaque bruit au loin devient une décision à prendre, et non un simple prétexte à enchaîner des attaques.

Une pioche au lieu d'une épée, le choix tactique qui peut tout faire basculer

En supprimant le combat traditionnel, Begraved n'interdit pas pour autant toute interaction offensive. Certaines situations permettent d'utiliser des outils de manière détournée, mais toujours dans une logique de pari dangereux. Les développeurs donnent par exemple le cas d'une créature faite de pierre. Dans certains cas, une pioche pourrait être utilisée pour la neutraliser. Sur le papier, cela semble logique. Dans la pratique, c'est un coup de poker qui peut coûter une run entière.
 Une pioche peut potentiellement venir à bout d'une créature de pierre, mais c'est une décision à haut risque qui peut très bien vous coûter la vie. Ce sont ces moments à forte mise qui définissent notre gameplay.
begraved2
Plutôt que de donner au joueur un arsenal toujours plus puissant, Begraved lui donne des outils ambigus, à double tranchant. Les développeurs reconnaissent eux-mêmes que leurs doigts les démangent parfois à l'idée de glisser une grosse épée dans l'inventaire, mais ils restent fidèles à cette vision : la survie doit passer par la ruse, pas par la puissance brute.

En assumant un survival sans combat classique, Begraved prend un risque clair. Une partie du public, habituée à farmer des armes et à monter en puissance, pourrait se sentir désarmée, parfois frustrée. Mais c'est précisément ce terrain que le jeu veut occuper : celui des expériences coopératives où la vulnérabilité fait partie du plaisir. Ce choix ouvre aussi un espace de discussion idéal pour la communauté. 

Nous avons également appris comment une simple fonctionnalité pouvait aussi briser des amitiés, mais aussi quelle a été son inspiration. Notre entretien avec Grip Jaw, qui développe Begraved, sera à retrouver dans son intégralité d'ici peu de temps sur GAMEWAVE.

commentaire (1)

Avatar
Gyassry (invité) Le 02/12/2025 à 22:24

Il a l'air fun ce petit jeu