Electronic Arts vendue pour 55 milliards de dollars à un consortium mené par l'Arabie Saoudite

Corentin Rimbert Publié par Corentin Rimbert
le 29 septembre 2025 à 15h23
Coup de tonnerre dans l'industrie, EA, éditeur de FIFA, Apex Legends ou encore Les Sims, va quitter la Bourse après un rachat historique de 55 milliards de dollars porté par le fonds souverain saoudien.
Electronic Arts vendue pour 55 milliards de dollars à un consortium mené par l'Arabie Saoudite
Electronic Arts, l'un des géants mondiaux de l'édition de jeux vidéo, a officialisé un accord de rachat évalué à 55 milliards de dollars. Le consortium est composé du Public Investment Fund (PIF) d'Arabie Saoudite, du fonds Silver Lake et d'Affinity Partners, société de capital-investissement fondée par Jared Kushner, gendre de Donald Trump. L'opération, 100 % en cash, représente une prime de 25 % par rapport au cours boursier d'août dernier et doit être finalisée d'ici mi-2026.

Un rachat inédit dans le jeu vidéo

Il s'agit de la plus importante opération de privatisation de l'histoire du secteur. EA sortira des marchés financiers pour redevenir une société privée. Près de 20 milliards de dollars du montant global sont financés par la dette via JPMorgan Chase Bank.

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Le PDG Andrew Wilson conservera son poste, et le siège social restera basé en Californie, comme précisé dans le communiqué officiel. EA emploie environ 15 000 personnes, mais l'ampleur d'un tel rachat fait craindre des suppressions de postes, comme cela a pu être le cas avec Activision Blizzard, lorsque la société est passée sous le pavillon de Microsoft.

L'appétit croissant de l'Arabie Saoudite pour le gaming

Le PIF détenait déjà près de 10 % d'EA et multiplie depuis plusieurs années les investissements dans l'industrie. Parmi eux, le rachat de Scopely (Monopoly Go!) pour 4,9 milliards de dollars en 2023, et celui de Niantic (Pokémon Go) pour 3,5 milliards de dollars en 2025. Ce rachat de 55 milliards constitue de loin sa plus grosse opération.

Au-delà du financement, ce mouvement soulève des critiques, compte tenu du passé controversé de la monarchie saoudienne en matière de droits humains. Malgré ces tensions, Riyad poursuit son objectif de devenir un acteur central du divertissement et de l'esport mondial.

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Des réactions contrastées

Dans un communiqué, Andrew Wilson s'est montré enthousiaste :
Nos équipes ont créé des expériences extraordinaires pour des centaines de millions de joueurs, et ce rachat est une reconnaissance de leur travail. Nous continuerons à repousser les limites de l'innovation aux côtés de nos nouveaux partenaires.
Du côté des analystes, les avis sont plus nuancés. Michael Pachter (Wedbush Securities) souligne qu'EA a perdu de sa superbe, citant les échecs récents de Mass Effect, Dragon Age ou Anthem. Selon lui, l'arrivée des Saoudiens pourrait relancer la stratégie mobile et pousser vers des modèles plus disruptifs comme un Ultimate Team gratuit pour ses jeux de sport, comme EA SPORTS FC.

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Un avenir incertain pour EA

EA reste un mastodonte avec ses licences phares telles qu'EA SPORTS FC, Madden, Les Sims, Battlefield ou encore Apex Legends. Mais l'entreprise a connu de nombreux licenciements et fermetures de studios ces dernières années, notamment dans le mobile, à cause de ses projets ratés évoqués plus haut.

Avec cette privatisation, les nouveaux propriétaires auront les mains libres pour restructurer en profondeur. La question demeure : investiront-ils massivement pour innover, ou chercheront-ils avant tout à sécuriser les revenus de ses franchises déjà installées ? Réponse dans les mois à venir, une fois le rachat finalisé à l'aube de l'été prochain.

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