Test : Tearaway Unfolded

Rayane El Badri Publié par Rayane El Badri
le 23 septembre 2015 à 18h09
Test : Tearaway Unfolded
Dans Tearaway Unfolded, vous êtes un Vou, un être d'un autre monde au contrôle de la lumière et, bien malheureusement, votre monde fuit dans celui tout en papier et en fantaisie de la Vallée du Grand Pli déversant des torrents de tristesse, monotonie
et de Scraps, vilaines petites bestioles cartonneuses qui seront une de vos préoccupations pendant votre périple pour diriger votre messager et fermer la brèche d'où ils viennent.


Un message à faire passer

L'aventure du petit être en papier que vous dirigez se lance lorsque vous appliquez un timbre au message qu'il transporte, timbre qui lui servira de ligne de vie au fur et mesure qu'il s'égare dans son périple pour le moins poétique, second souffle de Tearaway, le jeu qui avait brillamment mis en avant les capacités de la PS Vita lors de sa sortie en 2013.

Tearaway Unfolded semble donc vouloir répéter l'histoire, cette fois sur PS4 et vous lance dans l'action en vous donnant le pouvoir de la lumière, que vous dirigez avec la fonction Sixaxis de la manette, et vous permettant par la même d'interagir avec votre environnement lui aussi entièrement fait en papier mais également avec les différents personnages qui ponctuent le voyage de Iota (ou d'Atoi).

Plus une réédition qu'une suite, le changement de plateforme apporte tout de même son lot de nouveautés et modifications au gameplay et, fatalement, à l'histoire de Tearaway. En plus d'un 1080p en 60fps très soigné, ce sont des contrôles et fonctionnalités adaptées à la console de salon de Sony qui font leurs apparitions dans ce titre avec, entre autres, l'utilisation (presque abusive) du gyroscope Sixaxis ou encore, la mise en avant du pad tactile.

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La chute du 4ème mur

Si la narration est fort belle, originale et sait se faire agréable autant pour un jeune joueur que pour un adulte, elle n'oublie pas de vous rappeler que vous jouez à un jeu vidéo et qu'elle le sait. Les narrateurs vont donc apparaître en jeu ça et là au fur et à mesure que vous avancez dans l'histoire en vous donnant de plus en plus de détails sur le monde de la Vallée du Grand Pli, dans lequel ils sont très bien implantés.

Lorsque ces derniers ne sont pas en train de vous rappeler que vous tenez une manette, ce sont les décors et PNJ qui le font, en plaçant par exemple les boutons sur lesquels vous devez appuyer directement dans le décor ou en vous demandant une photo de vous, le Vou, à implanter là encore dans l'environnement, ce qui dispense le jeu d'un HUD encombrant, au profit de petits messages contextuels.
Bien que cela soit déstabilisant au départ, on s'y habitue vite, au point de chercher le prochain passage qui brisera un peu plus un quatrième mur déjà bien esquinté.
Les PNJs vous donneront régulièrement des conseils sur le jeu et vous demanderont des services qui mettent en avant diverses parties du gameplay.

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Un gameplay loin d'être en carton

Là où la version PS Vita vous permettait d'altérer l'environnement à coups de doigts sur le pavé tactile arrière, Tearaway Unfolded vous donne le contrôle de la lumière, faisant au passage usage de la barre lumineuse de la manette. Celle ci devient donc blanche et vous permet d'illuminer le jeu à la pression d'un bouton, projetant une lumière de la même forme que la barre lumineuse.
Si cela est très impressionnant au départ, on se lasse très vite de la nécessité de très maladroitement déplacer la lumière grâce au Sixaxis, au point que garder la lumière au centre de l'écran et déplacer la caméra s'avère plus confortable.
L'utilisation de cette fonction gyroscopique arrive très vite à bout de nos nerfs lorsqu'elle apparaît à tout bout de champs vous forçant parfois à malhabilement vous pencher et plier pour obtenir un résultat optimal, ou parfois vous tenir aussi immobile que possible de façon à ce qu'elle ne reprenne pas le pas sur les quelques éléments qui laissent le choix entre Sixaxis et Joystick.

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De même, la partie dessin du jeu vous pousse à utiliser vos doigts sur le pad tactile de la manette pour créer des formes, là encore très maladroitement puisque vous n'avez pas le moindre repère visuel pour vous guider avant de tracer un premier trait et bien sûr que les quelques centimètres qui composent le pad deviennent très vite exigus, bien que ce problème peut-être résolu en utilisant l'application compagnon pour votre tablette ou smartphone, offrant toute la surface de l'écran comme plan de travail en temps réel.

Outre ces quelques bémols, on a affaire à un platformer 3D efficace avec des éléments très rafraichissants, combinant puzzles à la fois calmes et rapides et scènes prenantes, le tout sur des paysages exquis que l'on pourra observer avec plaisir lorsque la caméra (qui devient parfois un facteur de difficulté) ne nous forcera pas à regarder dans une direction en particulier.
Les déplacements restent basiques et cohérent avec l'esprit tout public que dégage le jeu, bien qu'ils puissent devenir frustrants pour ceux qui veulent un peu plus de challenge ou ont des mécaniques déjà bien ancrées.

L'incrémentation progressive de nouvelles méthodes de faire interagir le joueur avec son environnement peut donner l'impression que le jeu est un tutoriel constant, là où il cherche seulement à ne pas brusquer le joueur en le soumettant à une avalanche de choses nouvelles à prendre en compte.


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Papiers d'identité


L'univers de Tearaway est incontestablement sublime, la patte graphique et les animations très travaillées donnent à ce monde une cohérence presque parfaite, laissant parfois croire que l'on est devant un chef d'œuvre de stop motion plutôt qu'à un rendu 3D.

L'immersion déjà remarquable est d'autant plus portée par une bande son mémorable, sans doute un des meilleurs, si ce n'est le meilleur atout de ce jeu. Créant une réelle ambiance propre à chaque partie de Tearaway Unfolded, elle manie les instruments et les mélange pour mettre en place de gros clivages entre chaque scène sans pour autant oublier le thème sonore propre à chaque chapitre, donnant envie de se perdre un peu plus dans le monde en papercraft du petit Iota (ou Atoi).

Immersion toujours renforcée par le niveau d'interaction qui reste de façon permanente à un très haut niveau, vous proposant à de nombreuses reprises de créer de vos petits doigts des éléments de décor qui apparaitront dans le jeu mais également de personnaliser avec toute liberté le visage de notre ami Iota (ou encore une fois, Atoi) ou de pauvres PNJs sauvagement attaqués par les Scraps.

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Les éléments de customisation, lorsqu'ils ne sont pas faits main par le joueur sont déblocables en échange de Confettis, monnaie du jeu obtenu en effectuant les divers objectifs principaux et secondaires mais aussi tout simplement en explorant.
La bibliothèque, de "stickers" (yeux, bouches, nez, formes diverses) est très remplie et donne la possibilité de transformer notre petit bonhomme souriant en petit bonhomme souriant à 8 yeux, 3 nez et 5 cravates avec une bouche sur la jambe gauche.

Vous pouvez également mettre en scène vos créations grâce à un appareil photo fourni de multiples objectifs et filtres, eux aussi achetables en Confettis, ce même appareil photo peut être posé sur un trépied pour permettre à notre messager d'aller prendre la pose ou reproduire une action qui méritait sa place dans votre album photo, accessible depuis le menu pause et l'appli compagnon.

Enfin, c'est l'univers tout en papier qui confère à Tearaway Unfolded un charme supplémentaire avec une superbe attention apportée aux détails, du sol qui s'écrase sous les pas de notre héros, au plantes qui fleurissent une fois exposées à la lumière de la manette en passant par les marmottes endormies que l'on réveille en les éclairant, le tout porté par une histoire prenante qui met en scène ingénieusement le joueur vu par le jeu vidéo.

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Le jeu en dehors du jeu

Tearaway Unfolded propose d'ailleurs à ses fans de poursuivre l'aventure une fois la manette posée, en plus d'une dimension sociale assez poussée vous permettant par exemple de partager vos clichés directement sur le site de la Communauté (tearaway.me) vous aurez la possibilité de récupérer des patrons pour reproduire, chez vous, certains éléments du décor que vous aurez au préalable "réanimé" en leur rendant leurs couleurs. Du papercraft préparé à la source par Media Molecule qui se dispenserait presque de vendre des figurines et autre objets dérivés en vous invitant à ramasser vos ciseaux et à vous lancer dans les arts créatifs.



Conclusion

Malgré des choix de gameplay un poil contraignants, Tearaway sait nous faire oublier ses défauts avec une bande son purement magique et un univers plus que convaincant dans lequel il est facile de se laisser emporter pour se rendre compte d'un coup que l'on a fini l'histoire. Les développeurs nous mettent un tas d'outils de création en main pour personnaliser son expérience et s'approprier un peu plus le jeu et le résultat est au rendez-vous, c'est une belle réussite que nous présente Media Molecule et un bon moyen de passer le temps en attendant leur prochain projet : Dreams.
Ce que nous avons aimé

  • Histoire prenante et originale
  • La PS4 dans toute sa splendeur
  • Bande Son magnifique
  • Personnalisation poussée
  • Bonne implication du joueur
  • Esthétiquement parfait
Ce que nous avons moins aimé

  • Sixaxis et pad tactile obligatoires = batterie drainée
  • Dessiner au pad
  • Caméra ingérable
  • Rejouabilité bof bof

17.5/20

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