Test Split Fiction : Quand la différence rassemble
le 04 mars 2025 à 17h09
Conditions de test
- Manettes utilisées :
- Console utilisée : PC (Steam)
- Temps de jeu : 13 heures (jeu terminé)
Préambule
Afin de contextualiser notre expérience, nous avons joué au titre sur PC, en local et exclusivement à la manette, ce que nous recommandons vivement. Côté audio, nous avons opté pour une immersion via les enceintes Razer Nommo V2 Pro, sans utiliser de casque.
Chaque joueur a conservé le même personnage tout au long du test. Par souci d'éviter tout spoiler, cet article ne comportera que des images officielles déjà diffusées, qu'il s'agisse de communiqués de presse ou de trailers vidéo. Vous pouvez retrouver l'ensemble des informations concernant le titre sur notre page dédiée à Split Fiction.
Un duo d'écrivaines piégé dans une aventure aussi intense qu'inspirée
Split Fiction raconte l'histoire de Mio et Zoé, deux autrices qui ne se connaissent pas et que tout oppose, sauf leur passion pour l'écriture et leur rêve d'être publiées. Pourtant, tout bascule lorsqu'elles se retrouvent piégées dans une mystérieuse machine conçue pour voler leurs idées créatives.
Désormais, elles n'ont d'autre choix que de collaborer pour espérer s'en sortir. Un point de départ qui annonce déjà la couleur : ici, on va en baver, mais avec style.
Un duo inséparable au sens littéral
Dès le lancement, on plonge directement dans le bain en choisissant son personnage. Votre cœur balance entre Mio ou Zoé, Peu importe, car à chaque session, il est possible d'alterner entre les deux, selon l'envie de votre partenaire. Votre partenaire ? Oui, car comme tout bon jeu estampillé Hazelight, il est impossible de jouer seul à Split Fiction. Heureusement, le Pass Ami permet à un ami d'y jouer en ligne sans devoir acheter une deuxième copie. Une habitude chez le studio qui continue d'exploiter ce format coopératif dans un marché où le multijoueur compétitif et les aventures solo prennent souvent toute la place.
Hazelight s'était déjà aventuré sur ce terrain avec « A Way Out », avant d'exploser avec « It Takes Two », multiprimé mais sans véritable concurrent direct. Avec Split Fiction, le studio enfonce le clou et confirme son quasi-monopole sur le genre du coopératif scénarisé.
Du déjà-vu ? Oui, mais différent
Dès les premières minutes, Split Fiction affiche clairement son ambition en restant dans la continuité tout en évitant la redite. Pas question de simplement recycler une formule gagnante. Le jeu reprend ce qui a fait ses preuves et l'applique à des univers aussi variés que captivants. Science-fiction, fantasy, réalités alternatives, chaque monde exploré regorge de détails et d'inventivité. Fidèle aux habitudes du studio, il multiplie les interactions parfois anecdotiques mais toujours plaisantes à découvrir, renforçant ainsi l'immersion et la richesse de l'ensemble.Là où Hazelight excelle, c'est dans sa manière de mettre en scène les dynamiques humaines, autant dans la relation entre Mio et Zoé que dans l'interaction entre les joueurs. On s'attache vite aux personnages, et les émotions, qu'elles soient légères ou plus profondes, s'installent progressivement. On se surprend même à ressentir leurs tensions et leurs doutes, ce qui renforce encore l'implication dans l'histoire.
Le gameplay asymétrique apporte une identité propre à chaque protagoniste et offre un véritable potentiel de rejouabilité. Changer de personnage entre deux sessions permet de redécouvrir certaines mécaniques sous un autre angle et d'expérimenter différentes approches dans les phases de jeu.
Le titre se révèle cependant légèrement moins accessible que ses prédécesseurs, notamment « It Takes Two ». La mort n'est pas punitive, puisqu'elle permet de réapparaître à proximité de son coéquipier ou d'une zone préalablement atteinte, mais certains puzzles et passages de plateforme exigent une coopération fluide. Il faudra parfois recommencer plusieurs fois et bien se synchroniser avec son partenaire pour optimiser ses chances de réussite. Ce n'est pas un défaut pour autant, car cela ajoute du challenge tout en renforçant le sentiment d'accomplissement une fois l'obstacle franchi.
Les combats de boss viennent enrichir cette dynamique et apportent une intensité supplémentaire. Selon votre aisance avec les actions demandées, ils peuvent sembler plus ou moins retors. Chacun suit un schéma bien défini avec des phases distinctes qui nécessitent des approches variées. La mort durant ces affrontements implique une interaction spécifique, un appui répété sur une touche dédiée qui ralentit la résurrection et ajoute un surcroît de tension.
Un monde qui évolue au rythme de ses héroïnes
Mio et Zoé, aux tempéraments diamétralement opposés, doivent apprendre à coopérer pour s'échapper. En progressant, on traverse des mondes oscillant entre science-fiction et fantasy, où les histoires prennent vie bien au-delà de simples lignes de texte. Comme nos héroïnes, nous ne comprenons pas immédiatement ce qui nous arrive, et cette sensation de flou initial crée une immersion naturelle. On apprend et on évolue en même temps qu'elles.
L'un des points forts du jeu réside dans la variété des gameplay. Chaque univers propose une approche différente, avec des mécaniques qui s'adaptent au contexte. On ne s'ennuie jamais, d'autant que les commandes restent toujours intuitives et agréables à prendre en main. Certes, chaque environnement limite volontairement notre palette d'actions, mais le renouvellement constant des situations empêche toute lassitude.
Et si cela ne suffisait pas à convaincre, la direction artistique finit de sublimer l'expérience. Bien que l'écran soit souvent scindé pour renforcer l'aspect coopératif, certains passages réunissent les deux perspectives pour créer des instants de pause, d'introspection ou simplement pour nous en mettre plein les yeux. Ces moments, rares mais marquants, participent à l'équilibre du jeu et renforcent son impact émotionnel.
Encore une fois, Hazelight démontre sa maîtrise en trouvant cet équilibre fragile mais essentiel entre immersion et narration interactive. En prime, le studio assume pleinement ses influences et références. Qu'il s'agisse de jeux vidéo, films ou séries, les clins d'œil sont omniprésents, parfois subtils, parfois plus évidents, flirtant même avec le copier-coller. Un parti pris qui pourra surprendre, mais qui ravira sans aucun doute les joueurs les plus attentifs.
Un cocktail explosif entre humour, émotion et surprises
Au-delà de son gameplay ingénieux et de son univers foisonnant, Split Fiction mise aussi sur l'humour, l'introspection et la réflexion. Le ton oscille entre le décalé et le poignant, si bien qu'on ne sait jamais vraiment à quoi s'attendre. Une situation absurde peut en cacher une autre, bien plus intense, et cette capacité à jongler entre légèreté et sérieux fait toute la force du jeu.À cela s'ajoute un doublage français aussi convaincant que celui de « It Takes Two », où les émotions ne sont ni surjouées ni trop enfantines, toujours en phase avec l'instant, qu'il soit comique ou plus marqué par les clichés. L'immersion est donc au rendez-vous, bien que légèrement entachée par un problème d'équilibrage sonore. La musique, les effets et les voix ne semblent pas toujours bien dosés, nous obligeant à ajuster les réglages de façon drastique pour entendre correctement les dialogues, au détriment d'une harmonie sonore parfois compromise.
Ajoutez à cela une direction artistique et sonore soignée et vous obtenez une expérience qui s’impose comme un incontournable pour les amateurs de coopération.
- +Direction artistique
- +Gameplay fluide et intuitive
- +Conception des niveaux intéressante
- +Difficulté modérée
- +Histoire
- +Friend's Pass
- -Soucis d'équilibrage sonore


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