L'organisme de classification européen PEGI a décidé de frapper un grand coup dans le monde du jeu vidéo. Depuis le mois d'octobre, une nouvelle politique stricte est entrée en vigueur concernant les titres numériques intégrant des mécaniques de loot boxes. L'objectif est de mieux informer les parents et protéger les plus jeunes face à des pratiques commerciales de plus en plus agressives qui s'apparentent parfois à des jeux d'argent.
Une nouvelle ère pour la classification européenne
Le déploiement de cette nouvelle approche a été confirmé par Connor Hinde, responsable des politiques à la Games Rating Authority au Royaume-Uni. Sur LinkedIn, il a expliqué la démarche adoptée par l'institution européenne depuis plusieurs mois. Le but est de s'adapter aux réalités modernes du marché vidéoludique, où les dangers ne viennent plus seulement de la violence ou du contenu explicite, mais aussi des modèles économiques insidieux.
Depuis juin, les nouveaux jeux soumis ont été évalués par rapport à un ensemble élargi de critères dans le cadre de la classification PEGI, incluant de nouveaux critères liés aux risques interactifs. En tant qu'administrateur britannique de PEGI, la Games Rating Authority a maintenant commencé à appliquer ces critères mis à jour à une sélection de produits numériques existants.
Ainsi, des titres auparavant classés PEGI 3, 7 ou 12, et qui proposent des objets aléatoires payants, voient automatiquement leur recommandation d'âge grimper à 16 ans. Cette mention est désormais accompagnée d'un avertissement spécifique lié aux achats aléatoires en jeu.
Des franchises populaires directement impactées
Les conséquences de cette décision sont déjà visibles sur plusieurs poids lourds de l'industrie. La célèbre simulation de football d'Electronic Arts est en première ligne. Alors que FC 25 et FC 26 affichaient encore un rassurant PEGI 3, signifiant qu'ils étaient adaptés à tous les publics, la nouvelle itération de la série, FC 27, sortie il y a moins d'un mois, se voit attribuer un PEGI 16. La raison principale réside dans la présence de points virtuels, de pass de saison et surtout de packs de joueurs aléatoires très prisés par la communauté.
D'autres productions majeures subissent le même sort.Zenless Zone Zero, jeu d'action du studio HoYoverse reposant sur des mécaniques de tirage aléatoire, est passé d'une classification pour les plus de 12 ans à une recommandation pour les plus de 16 ans. Des jeux mobiles extrêmement populaires, comme Monopoly Go!, pourraient également voir leur statut évoluer prochainement en raison de leurs systèmes de paquets d'autocollants aléatoires.
Un fossé se creuse avec les États-Unis
Cette prise de position forte de l'Europe met en lumière une divergence majeure avec les autorités nord-américaines. L'ESRB, l'équivalent américain du PEGI, a fait savoir qu'il ne suivrait pas cette voie. En mars dernier, un représentant de l'organisme américain expliquait que l'ajout de critères non liés au contenu pur du jeu risquait de semer la confusion chez les parents, préférant s'en tenir aux évaluations traditionnelles.
De l'autre côté de l'Atlantique, les jeux de sport intégrant des achats intégrés conservent donc leur classification grand public. L'ESRB se contente d'ajouter une simple mention indiquant la présence d'interactions entre utilisateurs et d'achats en jeu. Cette différence d'approche souligne la complexité de réguler un marché mondialisé, tout en rappelant qu'il appartient in fine aux parents de surveiller attentivement les habitudes de consommation numérique de leurs enfants.





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