La scène professionnelle de Dota montre certaines faiblesses

Théo Pornin Publié par Théo Pornin
le 01 décembre 2017 à 22h34
Après avoir revu le fonctionnement de la scène professionnelle de Dota 2, Valve se heurte aux premiers retours négatifs : manque d'équité et risques trop importants pour les organisateurs...
La scène professionnelle de Dota montre certaines faiblesses
Il y a quelques temps, Valve avait présenté la nouvelle organisation de la scène professionnelle de Dota 2. Après l'événement majeur du MOBA, The International 2017, un nouveau système, baptisé Dota Pro Circuit, a été mis en place.

Désormais, les saisons de The International seront plus denses : à la place d'être divisée en trois ‘Majors' par trimestre, et clôturant l'année avec le Main Event, les équipes auront affaire à 11 Majors, plus le Main Event. Tout cela récompensé de prize pool d'au moins 1 000 000 de dollars, et ponctué d'innombrables ‘Minors' avec, à la clé, un cash-prize de 300 000 $ ou plus. Les deux types de tournois sont produits par des organisateurs tiers mais doivent répondre à des exigences. En échange, Valve contribue à hauteur de 50 % au prize pool. Par ailleurs, chaque équipe remportant un Major ou un Minor obtient des points, pour peut-être lui octroyer un passe-droit vers The International.

Les fans et la scène professionnelle ont accueilli la nouvelle avec beaucoup d'enthousiasme. Malgré cela, les premières faiblesses commencent à faire leur apparition.


Plus compliqué pour les petites équipes

Contrairement au système précédent, Dota Pro Circuit est censé créer des opportunités pour les petites équipes. Malheureusement, la réalité en est tout autre. À l'époque, les grosses structures ne participaient pas à tous les événements, laissant une (trop) petite place aux équipes les moins aguerries. Désormais, avec le nouveau système de points, chaque Major et Minor sont pris d'assaut par les structures pour accumuler un maximum de points. Il est devenu beaucoup plus compliqué pour une équipe de se faire remarquer.

Des revenus beaucoup moins intéressants

Sous l'égide de Dota Pro Circuit et en l'absence des tournois Valve, on pourrait penser que les événements tiers, comme ESL One, en auraient profité pour s'agrandir et évoluer. Que nenni, les organisateurs de tournois tierces font aujourd'hui face à une réalité économique bien plus sombre… Ces derniers faisaient appel au même modèle économique que Valve pour proposer des cash-prize intéressants. C'est-à-dire, vendre des tickets accompagnés d'objets cosmétiques, en reversant une partie des bénéfices à la cagnotte finale. À l'heure actuelle, les planificateurs des tournois Dota Pro Circuit n'ont plus accès à ce système de crowdfunding. Bien que Valve co-sponsorise les événements, en fournissant la moitié de la récompense, les organisateurs ont du mal à compenser les autres coûts de production.

Autrement dit, cela signifie que les programmateurs du tournoi n'ont pas le budget pour payer des commodités que les joueurs sont en droit d'attendre. Plus inquiétant encore, cela augmente la pression sur les événements, en réduisant le nombre d'équipes participantes, dans le but d'amoindrir les coûts et les risques de pertes.

Bien que Valve soit conscient des problèmes qui entourent le Dota Pro Circuit, la firme ne s'est toujours pas exprimée à ce sujet. Nonobstant, il est fortement probable que l'éditeur œuvre en interne pour trouver des solutions…

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