Test Assassin's Creed Mirage : Un retour aux sources qui convainc ?
le 05 octobre 2023 à 11h20
Basim, Celui qu'on ne voit pas
Information de recontextualisation
Comme vous le savez probablement déjà, Assassin's Creed Mirage nous met dans la peau de Basim Ibn Ishaq. Il s'agit d'un nom qui ne vous est probablement pas inconnu, surtout si vous avez êtes un fan de la franchise Assassin's Creed. En effet, Basim est un personnage présent et important dans Assassin's Creed Valhalla : ce dernier suit Sigur et Eivor en Angleterre et installe un bureau dans la colonie de Ravensthorpe avec son apprenti Hitham. Toutefois, Basim a ses propres objectifs.Nous ne vous en dirons pas plus à ce sujet afin de ne pas vous spoiler Assassin's Creed Valhalla, mais le lore autour de Basim est bien plus épais et conséquent qu'expliqué dans les quelques lignes ci-dessus. Mirage s'intéresse au passé de Basim et nous offre ainsi son récit, soit celui d'un voleur à la tire devenant un Maître Assassin.
Récit d'une ascension
Assassin's Creed Mirage nous propose, de ce fait, un retour en arrière par rapport à Assassin's Creed Valhalla. Pour être plus précis, l'aventure de Basim débute en 861 à Bagdad, soit douze ans avant les événements narrés dans Valhalla et neuf siècles après ceux d'Assassin's Creed Origins, dans lequel Bayek et sa femme Aya forment la Confrérie des Assassins. La narration de Mirage est donc essentiellement centrée sur l'évolution du jeune homme. D'ailleurs, nous le rencontrons pour la première fois à Anbar, une province de Bagdad, alors qu'il vole afin de survivre.
Très vite, après un événement important que nous passons ici sous silence pour vous garder la surprise, le protagoniste fait la connaissance de Roshan (présente également dans Valhalla) et rejoint les rangs de Ceux que l'on ne voit pas. Ubisoft en profite alors pour introduire quelques séquences à Alamut, qui sont bien réalisées et les bienvenues, dans lesquels nous suivons l'apprentissage de Basim, avant son départ pour Bagdad, où il doit faire régner la justice au nom de la Confrérie, alors qu'il est hanté par des visions cauchemardesques.

L'aventure Assassin's Creed Mirage est ainsi divisée en plusieurs arcs, qui prennent la forme d'enquêtes. À ce propos, remarquons qu'il est, à un moment donné, possible de procéder aux investigations dans l'ordre de notre choix. Ce qui est un plus pour cette histoire qui se veut linéaire, comme celles des premiers jeux Assassin's Creed (et ce n'est pas un défaut).
Atteindre les crédits devrait vous prendre environ 20 heures, si vous effectuez quelques quêtes et activités annexes en plus des missions principales. Pour les joueurs et les joueuses qui souhaitent obtenir le Platine ou bien 100 % d'Assassin's Creed Mirage, il faudra compter entre 25 à 30 heures de jeu. Une durée de vie qui est satisfaisante, car elle n'est ni trop courte ni trop longue. D'ailleurs, elle n'est pas très loin de celle d'Assassin's Creed Unity ou encore d'Assassin's Creed Black Flag, pour ne citer que ces exemples. Et le prix du titre, soit environ 50 €, est raisonnable.

Ce n'est, évidemment, pas le seul aspect qui fait penser aux premiers opus de la franchise : le gameplay de Mirage, aussi, retourne à l'essentiel et possède l'âme de la série Assassin's Creed (si nous faisons exception des dernières moutures à l'accent très RPG, soient Origins, Odyssey et Valhalla).
L'âme des Assassin's Creed
« Montre-toi, mais reste invisible »
Assassin's Creed Mirage revient à l'essence de la licence, notamment en mettant l'accent sur l'infiltration et le parkour. De notre côté, nous avons trouvé que les affrontements directs, même en difficulté normale, pouvaient être assez difficiles, à cause du nombre d'ennemis. Ce qui fait plutôt sens car Basim n'est pas un guerrier à proprement parler, mais bien un Assassin en devenir.
De surcroît, les compétences à débloquer, réparties en trois catégories (« Fantôme », Ingénieux » et « Prédateur ») sont majoritairement orientées vers un gameplay furtif. L'aptitude Concentration d'Assassin, qui permet d'exécuter une série d'assassinats, se remplit en effectuant des éliminations sans se faire repérer. De ce fait, Assassin's Creed Mirage nous pousse réellement à adopter des mouvements stratégiques, misant sur la discrétion. Retrouver cet aspect est vraiment très plaisant manette en main et fera très certainement plaisir aux fans des premiers Assassin's Creed.
Fort heureusement, nous pouvons compter sur une belle panoplie d'outils, en plus de la lame secrète. Ceux-ci se débloquent au fur et à mesure de l'histoire, via l'un des frères Banu Musa dans un Bureau de Ceux que l'on ne voit pas, et peuvent être améliorés contre des ressources (éléments, lingots d'acier et cuir), afin d'augmenter une statistique (portée, munitions, etc.) ou bénéficier d'un effet particulier. Ainsi, sur Assassin's Creed Mirage, nous pouvons nous équiper de ces outils : couteaux de lancer, bombes fumigènes, appeaux, pièges, sarbacane et une torche. Sans oublier, la vision d'aigle et Enkidou, qui permettent de prendre connaissance de l'environnement ou encore de marquer les ennemis. L'ensemble de ces éléments nous donne donc la possibilité d'ériger notre propre stratégie et de varier les approches en fonction de la situation.

Mentionnons également les opportunités. Il s'agit, bien souvent, d'une personne ou d'un groupe de personnes, que vous pouvez payer avec des jetons, pour attaquer ou distraire les gardes. Par exemple, pour l'une des quêtes principales, nous avons donné un jeton de service de pouvoir à un chef mercenaire afin qu'il attaque les ennemis présents dans la zone, au cas où nous aurions été repérés. Ce n'est absolument pas obligatoire, mais cet élément est le bienvenu.
Mirage signe le retour du système de notoriété, qui est divisé en trois niveaux. Ainsi, si vous êtes repéré par un ennemi ou par un civil en train d'éliminer une personne ou bien piller un coffre, vous serez recherché et les adversaires seront alors davantage susceptibles de vous reconnaître, mais aussi de vous attaquer. Pour baisser cette jauge, vous pouvez arracher les avis de recherche, disséminés aux quatre coins de Bagdad, ou encore soudoyer un Munadi (crieur public) en lui donnant un jeton de pouvoir. Cette mécanique de jeu, qui est tout-à-fait à propos, apporte un plus indéniable à l'aventure.
Auquel cas, deux solutions de repli sont offertes, dont l'affrontement direct. Comme dit précédemment, les combats sur Mirage ne semblent pas être le cœur du gameplay et sont assez basiques. Pour autant, ils sont intuitifs et plutôt fluides : Basim peut parer, esquiver, effectuer une attaque simple ou bien chargée. Notons qu'il faut également s'adapter en fonction de l'ennemi qui nous fait face : certains gardes sont, par exemple, vulnérables aux attaques dans le dos.
Niveau équipement, nous pouvons compter sur des dagues et des épées, proposant des caractéristiques spécifiques et pouvant être améliorées en échange de schémas, de lingots d'aciers, d'éléments et de pièces de cuir auprès d'un forgeron.

La fuite est également une option. D'ailleurs, les déplacements sont vraiment satisfaisants tant les mécaniques liées au parkour sont maîtrisées tant Bagdad s'avère être un terrain de jeu propice aux actions des Assassins.
Un monde ouvert réussi
La configuration, et donc le level design, de Bagdad et ses environs est bien pensée et très satisfaisante à arpenter, que ce soit en exploration libre ou bien durant une quête. Rappelons, à ce sujet, que la ville est divisée en quatre quartiers et que nous avons également accès à des régions dites « étendues sauvages », composées de villages ou autres lieux, au sud et au nord. Le tout est cohérent, car la population et l'architecture diffèrent en fonction de la zone visitée. Par exemple, au bazar, nous croisons de très nombreuses personnes, qui jettent un coup d'œil aux étales, et ralentissent nécessairement l'allure de Basim.
À tout moment, et plus majoritairement dans la ville, nous retrouvons des éléments nous permettant de nous cacher (buissons, et autres), de nous fondre dans la masse (bancs ou encore groupe de personnes), mais aussi diverses structures (monte-charge, points d'accroche sur les murs, etc.) apportant une certaine verticalité à l'ensemble, notamment pour le parkour, qui est très réussi et offre de bonnes sensations manette en main. D'ailleurs, nous avons été assez surpris de la grandeur de la carte, que nous imaginions, probablement un peu bêtement, plus petite et restreinte.
Malgré son échelle plus intime, Assassin's Creed Mirage n'en oublie pas de proposer un monde ouvert fourmillant de PNJ (forgerons, tailleurs, écuries, marchands) et d'activités annexes, qui sont optionnelles. De ce fait, dans chaque quartier, nous pouvons trouver différents éléments : des coffres à piller, des énigmes à résoudre, des entrées de codex à ramasser, des livres perdus à récupérer ou encore des récits de Bagdad à terminer. Sans oublier, les éclats mystérieux à voler et les objets de valeur à subtiliser pour un personnage spécifique grâce au mini-jeu de pickpocket, qui est en réalité un QTE.
S'ajoutent à cela les contrats, que nous pouvons prendre via un panneau, dans les Bureaux de Ceux que l'on ne voit pas. Ceux-ci, liés aux factions de Bagdad, disposent d'objectifs principaux et de défis secondaires. Dans certains cas, il faut voler quelque chose sans se faire détecter par les ennemis, éliminer une cible précise sans subir de dégâts ou encore sauver quelqu'un sans tuer personne. Souvent, ces contrats donnent en récompense des Dirhams (monnaie en jeu), des points de compétences, des schémas d'amélioration, des ressources ou bien des jetons (de pouvoir, de marchand et d'érudit).

Un opus qui tient ses promesses mais non sans défauts
Beau pour les yeux, agréable pour les oreilles
Dans l'ensemble, Assassin's Creed Mirage est plutôt beau. Les différents quartiers de Bagdad, et même ses environs, arborent une palette de couleurs variée et flamboyante par endroits. Le tout étant soutenu par un jeu de lumière assez maîtrisé et un cycle jour-nuit qui dynamise les environnements/paysages. Nous avons également apprécié les cinématiques, avec la voix off ou non de Basim, qui ponctuent ci et là la narration et qui apportent une petite touche visuelle en plus.Toutefois, cet opus manque, à certains endroits, de finitions ou en tout cas de justesse. Nous pensons notamment aux animations faciales, qui auraient mérité d'être plus peaufinées pour un rendu plus réaliste, véhiculant alors véritablement les émotions/sentiments des personnages et interlocuteurs. En ce qui concerne les dialogues, nous avons noté quelques problèmes de synchronisation labiale en VF. Ces derniers sont un peu moins présents en anglais. D'ailleurs, le doublage anglais est de bonne facture.

Par ailleurs, la présence du mode Photo est appréciable. Néanmoins, cette fonctionnalité manque, selon nous, de réelles propositions. Il est, bien évidemment, possible de modifier la profondeur de champ, l'exposition, la teinte, la saturation et autres éléments. Nous pouvons également compter sur quelques filtres prédéfinis, mais ils ne sont malheureusement pas très nombreux. Nous aurions aimé avoir accès à davantage de réglages. À ce sujet, notons qu'un filtre, dans les paramètres d'écran, permet d'avoir les couleurs classiques d'Assassin's Creed (comme sur l'image ci-dessous).
La bande originale de Mirage est agréable pour les oreilles et offre de belles mélodies, qui ne resteront peut-être pas dans les annales, mais qui s'écoutent avec plaisir. La musique accompagne parfaitement ce qui se déroule à l'écran : mention spéciale pour les partitions musicales rythmées qui démarrent lorsque Basim est repéré et qu'il est poursuivi par des ennemis.

Un mot sur l'aspect technique
Au cours de nos sessions de jeu sur Mirage, nous avons été témoins de quelques bugs visuels, notamment des vêtements d'un personnage s'étirant à l'écran, un livre suspendu dans les airs ou des ennemis collés les uns les autres et qui ne bougeaient plus, et un peu de clipping par endroits. À la fin de l'aventure, nous nous sommes retrouvés bloqués dans une petite zone d'eau et nous avons dû charger notre partie, car il était impossible d'en sortir. Sans oublier, des petits soucis liés au parkour. Ces différents problèmes, qui ne sont pas aussi nombreux que sur Assassin's Creed Unity à sa sortie et qui n'étaient pas réellement handicapants (hormis le dernier), seront très certainement corrigés via de futures mises à jour.Nous avons joué à Assassin's Creed Mirage d'après une version PlayStation 5, qui propose deux modes graphiques, c'est-à-dire Fluidité et Qualité. Après plusieurs minutes avec l'un puis avec l'autre, nous avons opté pour le mode graphique privilégiant la qualité/résolution. Le tout était stable et plutôt fluide. Nous avons aussi passé du temps dans les paramètres écran, et plus précisément dans la partie HDR, afin de régler la luminance maximale ou encore l'exposition. À ce propos, sachez que plusieurs modes de difficulté (Facile, Normale ou Difficile) sont proposés sur Mirage, et il est possible de modifier celui sélectionné en début de partie au cours de l'aventure.
Notre expérience ne s'est pas passée sans encombres (divers bugs) et nous aurions aimé que certains aspects, tels que la synchronisation labiale (en VF) ou encore les animations faciales, soient plus peaufinés, pour un rendu encore plus réaliste.
Nul doute que l'opus Mirage ravira les fans de la licence Assassin's Creed, et plus particulièrement celles et ceux qui n'avaient pas pleinement apprécié la formule RPG et monde ouvert très vaste d'Origins, Odyssey et Valhalla.
- +Une histoire plus intime et plus condensée
- +Une durée de vie satisfaisante
- +Un gameplay axé sur l'infiltration
- +Des mécaniques de jeu qui font sens (système de notoriété, jetons, opportunités, etc.)
- +Bagdad est un terrain de jeu charmant et très bien réalisé
- +Des activités annexes mais pas trop
- +Une version PS5 stable
- -Quelques bugs visuels et techniques
- -Des problèmes avec la synchronisation labiale
- -Le système de combat n'est pas très poussé
- -Un mode Photo en deçà de nos attentes












commentaire (0)