Avec une planification débutée avant la sortie de Nioh, Rise of the Ronin a pour ambition de combiner au mieux un système de combat complet et une histoire prenante. Bienvenue dans un monde où modernité et nostalgie ne font pas bon ménage. Nous avons eu l'occasion de galoper et croiser le fer, et voici notre avis complet.
Conditions de test
- Manette utilisée : Manette sans fil DualSense Galactic Purple
- Console utilisée : PlayStation 5
- Mode de compatibilité : 60 FPS
- Coopération : ce test ne prend pas en compte le jeu en collaboration joueur/joueur
- Temps pour finir l'histoire principale : //
- Temps de jeu : 20 heures (jeu non terminé)
Histoire d'une culture
Si Ghost of Tsushima (GOT pour les intimes) nous proposait une progression au cœur du Japon féodale,
Rise of the Ronin, quant à lui, se déroule à Edo
à la fin du XIXe siècle, durant le Bakumatsu. Cette période représente la guerre de Boshin, entre le shogunat Tokugawa et les factions anti-shogunat opposées à l'influence occidentale, suite à la réouverture du Japon après la période Sakoku.
C'est dans cette période où règnent doutes et mouvements politiques que le soft nous propose d'incarner un Ronin, comprenez «
samouraï sans maître »,
entièrement personnalisable, à la recherche d'un être qui lui est cher. Premier axe intéressant, son absence d'allégeance ouvre la porte à de nombreux choix scénaristiques qui auront un impact tant sur les relations en jeu que la progression de l'histoire.
Le titre brille en ce sens puisqu'il permet de
laisser cours à votre libre arbitre. De fait, si l'assassinat au titre du shogunat vous semble cohérent, mais que vous n'adhérez pas à leurs principes, libre à vous de réaliser cette action avant de retourner œuvrer pour la faction Tobaku, qui est anti-shogunat. Chaque faction a ainsi ses protagonistes, mais également ses bases qui vous serviront de lieu de rencontre avec ces derniers.
C'est un aspect qu'il ne faudra pas négliger, car, hormis l'évolution scénaristique, les liens que vous entretenez avec les personnages seront impactés. En plus de récompenses,
plus ou moins intéressantes, liées à l'évolution de ces relations, il se peut que certains deviennent des compagnons de route alors que d'autres sont effacés de l'histoire (selon vos choix de vie/mort sur ces derniers).
Pour rendre l'expérience toujours plus accessible, notez qu'il n'y a pas de bon au mauvais choix, juste le vôtre. Vous serez ainsi très souvent sollicité soit pour obtenir un avis neutre ou simplement pour
choisir votre branche scénaristique afin d'avancer selon votre bon vouloir.
Un monde ouvert perfectible
Une technique en manque
Après une phase d'apprentissage au cœur d'un niveau linéaire, vous entrez dans le vif du sujet, qui n'est autre que le monde ouvert de Rise of the Ronin. Ce dernier vous propose d'errer à travers des villes, villages, forêts et même plaines représentatifs du Japon à sa période Edo. Bien qu'idéalement ces paysages soient synonymes d'exquis visuels,
il faut reconnaître la faiblesse du soft face à Ghost of Tsushima, pourtant sorti quelques années plus tôt. N'en déplaise à certains, les décors ne sont pas horribles pour autant et profitent même d'un certain charme lié à l'univers et l'époque, mais force est de constater que la magie n'est pas aussi présente.
Les décors sont perfectibles, parfois pixelisés, ainsi que les éléments naturels comme le vent, les arbres/feuilles ou même le sol. Outre les villes,
qui profitent de quartiers iconiques et taillés sur mesure, la navigation au sein du monde ouvert peut devenir redondante et s'afficher comme un chemin de passage entre deux zones d'arcades.
C'est en ce sens que les bannières activables, à l'égal de « checkpoint » sont disséminées tout ou long de votre parcours et permettent, une fois activées, de s'y téléporter à tout moment. La phase d'exploration obligatoire est rapidement remplacée par cette mécanique tant les parcours sont monotones.
Ne prenez pas pour autant cette information pour argent comptant. Bien que GOT soit une référence inébranlable,
Rise of the Ronin reste agréable à parcourir et certains décors méritent le coup d'œil. Il faut cependant prendre le tout dans son ensemble et ne pas s'arrêter aux détails pour profiter au mieux de l'expérience
Rise of the Ronin où l'univers s'interprète plus facilement comme
un jeu d'arcade, bloqué au centre d'un monde ouvert. Le titre n'a pas vocation à se développer en ce sens et vise un tout autre objectif, basé sur le gameplay, sur lequel nous reviendrons par la suite.
Comme une épine dans le pied
En guise de déplacements, le protagoniste est en mesure de marcher, courir, s'accroupir, sauter ou même nager et plonger. Sans surprise, il sera possible de monter à cheval et, contrairement à GOT, choisir/acheter ou même looter différentes montures et selles, augmentant les caractéristiques de ces derniers et modifiables aux écuries.
Il est également possible de combattre à cheval tandis que la course n'a pas d'impact sur votre endurance. Pour complémenter le tout, Rise of the Ronin propose aux joueurs d'utiliser un planeur, qu'il est possible d'ouvrir à tout moment et offrant un plus large panel de possibilité de déplacement, mais qui consomme de l'endurance.
Enfin un grappin, très utile pour atteindre certaines hauteurs, voit ses limites au fait que des éléments bien précis, attachés aux bâtiments/arbres/,etc. sont
nécessaires pour pouvoir l'utiliser. Cette problématique vient en complémentarité du manque de souplesse de votre personnage quant à l'escalade. S'il est possible de s'accrocher aux toits, bords de falaise et autre, il se peut que vous soyez
contraint de faire le tour d'une palissade, pourtant accessible ou même découpable. Cela semble un détail et pourtant les frustrations ne manquent pas quand il s'agit de vouloir se déplacer en toute discrétion ou même essayer de prendre des raccourcis.
Pierre, feuille, cise...
De nombreux récoltables sont disséminés tout au long du monde ouvert, auquel nous pouvons imputer le manque de diversité. Les buissons se ressemblent tous, mais ne donnent pas les mêmes ressources. Si ce point n'est pas forcément critique, il peut devenir contraignant lorsque vous en cherchez une en particulier.
Ces ressources permettent de faire de l'artisanat et créer de
nombreux consommables ou munitions utiles lors de votre voyage comme des flèches, balles, runes de feu, soins ou autre. Si vous n'en avez pas assez, il est toujours possible de se ravitailler auprès des marchands qui proposent même de vous vendre les ressources nécessaires et manquantes directement lors de vos crafts.
On tape et on pose les questions ensuite
Fier de leur mécanique de combat, sur laquelle nous reviendrons plus en détail par la suite, le studio décide de nous en inonder. Comme on le dit souvent, il ne faut pas abuser des bonnes choses. Ici la moindre quête donne naissance à une scène sanglante tantôt par de l'assassinat, tantôt par du combat. Pour ainsi dire, la carte offre
de nombreux points d'intérêts, répartis par niveaux. Libre à vous de prendre des risques si le cœur vous en dit, mais ce système permet d'éviter de se faire littéralement démolir par son adversaire, par inadvertance ou manque d'expérience/expertise.
La plupart des points d'intérêts, qui permettent d'obtenir de nouvelles compétences ou équipements, consistent à libérer un village, combattre un fugitif, chasser des brigands et, parfois, cueillir des ressources. Une autre quête, plutôt amusante, réside à
trouver tous les chats errants du jeu. Notez que chaque activité vous fait récolter, non seulement de l'expérience, mais également
des points à dépenser selon des arbres de talents bien précis sur lesquels nous reviendront par la suite.
Fort heureusement pour le joueur, si le combat est inhérent à la franchise, on ne s'ennuie pas. Chaque ennemi dispose d'un style particulier, une façon de combattre et
des mouvements qui lui sont propres. De ce fait, le simple fait d'errer ou d'accomplir les quêtes annexes permet d'améliorer vos compétences au combat tout en apprenant à maîtriser un peu mieux vos armes et équipements du moment.
La voie du Ronin, progression et combats
Nous voici dans le vif du sujet avec la construction de notre personnage, sous toutes ses formes. Tout d'abord, la personnalisation physique est assez complète. Le titre vous propose également, dès le départ, de choisir une difficulté, modifiable à tout moment pendant le jeu, ainsi que des attributs et armes de départ qui se veulent complémentaires.
Vous gagnez de l'expérience selon deux formes. La première consiste à naviguer dans le monde et réaliser des quêtes tandis que la seconde s'associe au karma.
Lorsque vous tuez des ennemis particuliers, réalisez des quêtes en lien avec certains personnages ou même
sauver des chats, chaque action apporte son lot de karma. Ce dernier est converti en point à dépenser dans les arbres de talents respectifs, en plus des points communs, gagnés à mesure de la partie. Si vous vous faites tuer avant d'avoir converti votre karma,
c'est l'adversaire en question qui le conserve et il faudra le tuer ou lui appliquer un coup critique pour le récupérer. Pour transformer le karma en point de compétence, il suffit de toucher ou allumer une bannière, équivalente au checkpoint.
Votre personnage dispose de quatre arbres de talents qui vont de la force à l'intelligence et permettant, par exemple, de gagner plus d'argent en combat, porter plus de flèches, faire plus de dégâts, ou débloquent même des talents oratoires, permettant d'influer sur les conversations pour mentir/persuader, etc...
Le choix d'affutage départ aiguille juste les premières activations des différents arbres ; or il est possible de faire évoluer ces derniers à votre convenance, à condition d'avoir les points nécessaires pour cela.
Les armes et talents
C'est d'ailleurs l'un des aspects les plus poussés de Rise of the Ronin,
qui surpasse Ghost of Tsushima sans sourciller. Le nombre d'armes disponible est aussi varié qu'éclectique à commencer par le sabre en passant par la lance ou le fidèle katana. Chacune d'entre elles profite d'un style de combat propre ainsi que de postures qu'il faudra débloquer au fil de votre aventure.
S'il vous est possible d'en équipé seulement trois par arme, il faudra parfois choisir parmi un large panel, et modifiable à tout moment, par le biais du menu d'équipement. Il en va de même pour les
« compétences martiales » déblocables à mesure que vous avancez dans l'histoire, découvrez/aidez de nouveaux personnages ou simplement en faisant monter l'expérience de l'arme, en l'utilisant.
Notez que vous disposez également d'une arme à distance, naviguant entre celles silencieuses, comme l'arc, en passant par des plus puissantes, mais moins discrètes,
à l'instar du fusil. Vous pouvez équiper deux armes de contact et à distance en même temps, et alterner entre chacune à tout moment pendant le combat dans le but de modifier les possibilités ou palier la force d'un adversaire.
La défense
Outre les postures, permettant de changer le style de combat, parfois plus rapide, d'autres fois plus lent, il vous est possible de parer, contrer et esquiver. Si dans l'ensemble ce panel se positionne comme un classique, on voit rapidement sur des titres comme Nioh ou Elden Ring que certaines actions sont favorisées. Les développeurs de Rise of the Ronin tapent un grand coup en proposant des combats qui naviguent à foison entre chacune des postures défensives. Parallèlement,
vous disposez d'une barre de ki (endurance pour les intimes, en bleu au dessus de celle de vie) qui définit votre alerte au combat. Lorsque vous tombez à court, votre personnage est hébété et deviendra une cible facile.
Si récupérer du ki se fait sans réaliser d'action,
Rise of the Ronin conserve le concept d'essuyage de lame. Une barre se charge progressivement à mesure que vous mettez du sang sur celles-ci et le fait de les nettoyer, à tout moment pendant le combat, offre une animation sympathique, mais également un peu de ki.
Une mécanique qui peut faire basculer le cours d'un combat si elle est maîtrisée. Notons toutefois que la combinaison de touches à réaliser n'est pas totalement intuitive.
L'analyse
Savant mélange entre tout, il vous faudra analyser en temps réel la meilleure solution à adapter pour ne pas finir assailli par les coups de vos adversaires. Notez que ces derniers ont exactement les mêmes contraintes que vous et les hébéter donne le droit à un
« coup critique » qui suffit à tuer la plupart des ennemis moyens, ou blesser plus profondément les boss et unités d'élite. De plus, si l'attaque semble parfois la meilleure solution, attention à leurs compétences quasi inarrêtables. C'est en ce sens que le titre gagne en difficulté, vous obligeant à adapter votre combat à la mobilité de votre adversaire, parfois en mesure de sauter partout, glisser taillader avec une souplesse démesurée, vous laissant seul avec votre frustration (et l'écran de mort). D'une certaine façon, les combats dans Rise of The Ronin font penser à Ninja Gaiden, par leurs justesses, vélocités et ardeurs.
Chaque coup porté offre son lot de violence et il n'est pas rare de décapiter, égorger ou même transpercer des adversaires. Les animations des
« coups critiques » sont agréables et donnent un sentiment de puissance, comme l'envie d'en réaliser toujours plus. Ce sentiment ne s'estompe presque jamais, ce qui fait la force de l'opus, cette envie omniprésente de maîtriser vos armes, adversaires, compétences, les optimiser et profiter de combats plus riches et nerveux les uns que les autres.
Assassination Classroom
Pour finir, certaines missions vous proposent de jouer sur la discrétion,
bien qu'elle soit une alternative viable pour toutes autres activités. Il est possible de poignarder les adversaires sous différentes formes, allant du basique coup de couteau dans le dos, jusqu'à l'assassinat aérien. Mécanique intéressante et assez diversifiée pour être agréable à pratiquer, il faut savoir que
le système n'est pas poussé à son paroxysme. Si ce n'est les ennemis hébétés si vous assassinez trop près d'eux, pour le reste, laisser un corps au sol, voir même faire tomber ou exploser des caisses en étant accroupi ne laissera paraître aucune surprise sur le visage de vos adversaires.
Les missions et le multijoueur
Comme dit en préambule, nous n'avons pas testé le multijoueur. Cependant, toutes les missions réalisées dans Rise of the Ronin vous proposent d'être accompagnés d'un à deux partenaires. Ces derniers ont des attraits, compétences et styles de combat propres, qu'il faudra choisir avec parcimonie pour s'adapter au mieux aux missions. Par ailleurs, si ces dernières sont séquencées et le seul moyen d'être accompagné d'un autre personnage, toutes ne sont pas forcément instanciées et se déroulent dans le monde ouvert.
Lors de ces missions, il est possible de naviguer entre chaque personnage pour profiter de ses atouts tandis qu'ils vous accordent plusieurs vies. Autrement dit, lorsqu'un ennemi vous blesse mortellement, vous changez automatiquement de personnage jouable jusqu'à ce qu'ils soient tous hors jeu. Avec les bons consommables, il sera également possible de relever un compagnon à terre.
Bien que cette mécanique soit intéressante, elle n'est pas toujours pertinente. Certains compagnons sont extrêmement forts lorsqu'ils sont gérés par l'IA alors que d'autres semblent vous suivre sans trop vouloir se mouiller. En outre, la plupart des boss gardent un focus sur le personnage actif, ne vous permettant pas beaucoup de répit lors de certains combats.
Accessible, oui, mais attention
Mettons les pieds dans le plat et parlons de la difficulté. Avec un studio derrière les non moins célèbres
Ninja Gaiden ou
Nioh, qui sont des références parmi les Souls-like et en mesure de vous faire passer le clavier à travers la fenêtre, il était normalement de se demander à quelle sauce Rise of the Ronin, qui se veut plus accessible, allait nous manger.
Un équilibre très certainement difficile à gérer par les développeurs, la gestion de la difficulté peut prendre différentes voies telles que des ennemis moins véloces, des dégâts amoindris ou toutes autres possibilités.
Pour les puristes, non,
Rise of the Ronin, en choisissant une difficulté acceptable, ne fait pas partie de ces gentils jeux à spamme l'attaque ou la défense pour oser s'en sortir. Nous l'avons déjà vu dans le paragraphe sur le gameplay, mais les ennemis possèdent les mêmes compétences que vous, si ce n'est pire. Alors oui, vous nous direz que Malénia retourne 200x tous les boss de cet opus (et encore), pourtant la réflexion n'est pas ici. Le titre vous demandera
un peu de stratégie, tant sur le choix des postures que les compagnons qui croiseront le fer à vos côtés pour espérer finir vainqueur.
Quant à ceux qui cherchent à découvrir le style, il est important de vous tenir en garde. En effet, il est possible de modifier la difficulté à tout moment, le titre vous le propose même si vous vous faites détruire trop souvent (un coup de poignard du soft, en règle, qui tente de vous soutenir en vous rappelant à quel point vous êtes nuls), mais ne fait pas devenir vos adversaires des enfants de chœur pour autant.
La mécanique de combat se doit d'être assimilée et il faut parfois combiner avec des ennemis qui doublent, triplent, voire quadruplent avant de vous pourfendre mettant rapidement à mal votre barre de vie.
Finalement,
Rise of the Ronin se situe à la stricte limite entre Ghost of Tsushima et Nioh, donnant la possibilité à chacun de s'essayer au jeu,
sans se faire méchamment laver et profiter de l'axe historique si bien détaillé et investi. N'oubliez pas le maître mot, il y a un temps pour chaque chose, prenez le temps de respirer.
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