Court, accrocheur, et surtout plus agréable à jouer, NBA 2K26 mise sur une somme d'améliorations ciblées, tir, déplacements, narration, qui transforment l'expérience sur parquet, malgré des modes hors-ligne à l'arrêt et des microtransactions toujours envahissantes.
La licence NBA 2K fait son grand retour, comme à chaque mois de septembre. Pour cette version 2025-2026, Visual Concepts a pris soin d'apporter de nombreux changements, qui s'avèrent plus ou moins pertinents, tandis qu'il faudra impérativement appliquer des correctifs pour trouver un équilibrage en ligne et ne pas gâcher la fête. Mais après un tour des différents modes, que vaut ce
NBA 2K26 ? C'est ce que nous allons voir dans ce test.
Un jeu annuel qui bouge enfin dans le bon sens
D'une année sur l'autre, la série NBA 2K cultive une réputation paradoxale : fidèle au poste, mais souvent trop prudente. Cette fois, la bascule se joue dans les détails.
Le nouveau moteur de déplacement, couplé à des animations mieux enchaînées, fluidifie les courses, les coupes et les fermetures défensives. On sent moins ce « glissement » artificiel de l'édition précédente, l'inertie est plus juste, la reprise d'appuis plus lisible, et chaque micro-mouvement colle davantage aux styles des stars.
Résultat, le jeu
gagne en crédibilité visuelle et en réactivité manette en main. Sur cette base plus solide s'installe
un indicateur de tir repensé, inspiré de 2K23, mais enrichi d'une logique contextuelle,
la zone « verte » s'élargit si vous êtes ouvert et se referme face à une contestation agressive. L'intention est limpide et pousse à créer un bon tir plutôt qu'à forcer. Dans la pratique, puisqu'en ligne beaucoup de joueurs vont en abuser et rendre le tir à trois points très, très populaires, ce qui ne manque pas de faire réagir.
Le poste revient au centre : Go-To Post Shots et variations de rythme
Au-delà du tir extérieur, Visual Concepts signe un beau retour à
l'art du jeu au poste. Les nouveaux
Go-To Post Shots permettent d'installer des séquences plus méthodiques, fade-aways, shoulder fakes, petits hook shots à la Jokic ou Embiid… Le moteur de déplacement rehausse l'ensemble dans toutes les situations ou presque.
Alterner vitesse et puissance redevient une option viable, pas seulement une coquetterie d'animation. Les amateurs de demi-terrain goûteront ce regain d'authenticité, qui
élargit les identités de jeu au-delà de la seule explosivité sur pick-and-roll. Côté
catch-and-shoot, un raffinement fait mouche, maintenir la gâchette gauche à la réception
accélère l'animation de tir. Le geste s'enchaîne style Curry, à condition d'intégrer
un double repère de timing.
Apprendre, comprendre, progresser : un didacticiel enfin à la hauteur
Introduit l'an passé,
le mode Learn 2K comble cette année son « trou du milieu » avec un tutoriel intermédiaire remarquablement pensé. Ni trivial, ni ésotérique, il décortique les gestes utiles en match et
dédramatise l'entrée dans un jeu réputé dense, bien qu'il faille s'accrocher pour les débutants, tant les mécaniques sont complexes à comprendre. Il ne va pas falloir rechigner à apprendre, encore et encore.
Même philosophie du côté de
MyTeam, où un parcours guidé évite l'avalanche de menus (qui restent trop présents de manière générale dans le jeu) et de défis qui décourage souvent les nouveaux venus. L'effort pédagogique
valorise la pratique et
structure l'apprentissage. Les vétérans n'y perdront pas leur temps pour autant, la granularité des exercices permettant d'affiner des automatismes qui, en ligne, font la différence sur une possession.
MaCarrière, entre déception et satisfaction
La grande réussite de cette édition se niche dans
l'ouverture narrative de MaCarrière. Baptisée « Out of Bounds », elle vous fait partir
de très loin, du lycée dans le Vermont, opportunités fragiles, passages par l'Europe… Vos performances et vos choix
pèsent vraiment sur votre futur en NBA. Autrement dit, la carrière
redevient méritocratique en montrant son jeu, gagner sa place, grimper à la draft.
Ce retour à une dramaturgie du
chemin vers la ligue, plus que du simple « story mode » anecdotique,
ranime l'envie de recommencer avec d'autres embranchements (clubs européens distincts, parcours alternatifs). On en ressort avec le sentiment d'avoir bâti (et non acheté) son destin, même si la suite classique du mode retombe vite dans ses vieux travers économiques. Car oui,
la Virtual Currency demeure le ver de la pomme. Construire un 99 OVR coûte une fortune en VC, multiplier les builds relève du luxe. La friction est connue, récurrente, et elle détonne face à la qualité ludique globale, sans oublier la multitude de menu qui viennent ralentir le rythme, sans ne savoir où donner de la tête.
The City se resserre et gagne en tempo
Autre ajustement qui compte avec
une ville plus compacte et mieux connectée. Les déplacements s'écourtent (mais restent longs) et les zones clés se rapprochent (arène NBA, Rec, terrains de rue). Des statues temporaires célèbrent les MVP, des équipes prennent possession de terrains, les séries de victoires sont mises en scène…
L'habillage social valorise la performance et le collectif. Les Crews introduisent une logique de clan assumée, tandis que des courts de street historiques
reviennent en rotation saisonnière pour une touche régressive bienvenue. Au rayon cosmétique, rien de choquant dans l'absolu même si nous aurions pu nous en passer. Le vrai souci, encore une fois, n'est pas l'esthétique, mais l'adossement économique,
les mêmes VC habillent votre joueur et boostent ses notes.
MaNBA, de l'or patiné, mais peu de nouveautés marquantes
Peu de changements sont à noter ici même si nous aimons la possibilité d'importer son joueur dans n'importe quelle ère, ce qui ne manquera pas d'amuser les joueurs. L'ossature demeure excellente, la surprise, elle, se fait attendre. Même constat côté MyGM : les
Offseason Scenarios, objectifs à remplir pour contenter fans et propriétaire, donnent du cadre, sans dissiper l'impression de gamification forcée. Le cœur du management reste le même,
gagner, ou tanker intelligemment. Dans l'état, MyGM stagne, il serait plus judicieux pour 2K de simplifier plutôt que d'empiler des mécaniques accessoires.
Le WNBA s'impose partout, jusqu'à MyTeam
La présence
renforcée de la WNBA n'est plus une vitrine, c'est un pan complet de l'offre. Sur le papier, c'est une excellente diversification pour faire plaisir à tout le monde et offrir une alternative. Sur le terrain,
le problème MyTeam ne change pas. Passes de saison, packs onéreux, infinis contenus live-service..., le grind est trop présent pour prendre du plaisir.
Tant que la compétition en ligne récompensera l'investissement financier, beaucoup se contenteront de goûter le solo avant de passer à autre chose. Dommage, car l'idée d'équipes mixtes et de défis spécifiques donne un vrai coup de frais à la formule.
Un socle de basket plus sain… parasité par l'économie
Le cœur de NBA 2K26 est très réussi. Le moteur de mouvement, le shot meter contextuel, le poste revitalisé, le pédagogique renforcé, la mise en scène télévisuelle, tout concourt à rendre chaque match plus lisible, plus gratifiant. C'est précisément parce que le contenu « basket » est de ce niveau que les aspérités ressortent davantage. Les modes hors-ligne trop sages, la monnaie virtuelle omniprésente ou encore la défense à affiner. 2K26 incarne cette équipe à deux recrues d'un vrai contender, acteur majeur, excitant, parfois frustrant, mais impossible à lâcher quand le ballon vit.
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