Pas moins de sept ans après World, Monster Hunter Wilds marque le grand retour de la saga. Ce nouvel épisode offre aux joueurs l'occasion de replonger dans son univers tout en découvrant de nombreuses nouveautés et améliorations. Néophytes du genre, nous avons eu l'opportunité de l'essayer plusieurs semaines avant sa sortie. Voici notre verdict.
Conditions de test
- Manette utilisée : Thrustmaster HEART CONTROLLER
- Console utilisée : PC (Steam) - Pas de test possible sur Steamdeck avant la sortie du jeu
- Temps de jeu : 20 heures (jeu non terminé)
Préambule
Avant de plonger dans le test, un petit point de contexte s'impose. En effet, nous ne sommes pas des inconditionnels de la licence
Monster Hunter, et notre connaissance du
lore reste donc limitée. Autrement dit, nous ne pourrons pas multiplier les comparaisons avec les anciens opus, si ce n'est avec
Monster Hunter: World, qui demeure notre principal point de référence.
Sorti en 2018,
World a marqué un tournant majeur pour la saga, attirant de nombreux nouveaux joueurs grâce à un gameplay plus fluide et une approche plus accessible. Après plus de
six ans d'attente,
Monster Hunter Wilds débarque avec l'ambition de renouveler l'expérience tout en restant fidèle aux fondamentaux de la franchise. Nous avons donc pris le temps d'échanger avec des vétérans pour mieux cerner les attentes des fans et identifier les défis potentiels de ce nouvel opus.
Ce test s'adresse avant tout aux
nouveaux venus qui se demandent :
« Monster Hunter Wilds est-il le bon opus pour découvrir la saga ? »
Une histoire plus profonde et un monde travaillé
L'histoire démarre quand la guilde des chasseurs découvre Nata, un jeune homme évanoui aux abords des
Terres Interdites, un no man's land où, selon la guilde, rien ne semble pouvoir survivre. À son réveil, il révèle avoir été séparé de sa tribu, les Veilleurs, après l'apparition d'un monstre. Mandaté par la guilde, le chasseur que vous incarnez doit l'aider à retrouver les siens et enquêter sur les créatures qui hantent ces
terres inhospitalières.
Dès les premières heures,
Monster Hunter Wilds affiche un ton plus nuancé que ses prédécesseurs. La relation entre chasseurs et monstres évolue . En effet, chaque traque nécessite désormais
l'aval de la guilde, l'objectif étant d'abord d'observer et de comprendre ces créatures avant d'envisager le combat. Une approche qui humanise la chasse et renforce l'immersion
sans trahir l'ADN de la saga puisque, cela va de soit, les confrontations ne s'amenuisent pas pour autant.
Le
bestiaire se rapproche davantage d'animaux réels que des créatures mythologiques habituelles, même si quelques exceptions subsistent. Désormais, on peut croiser des groupes de monstres, mais aussi des
« alphas » qui les dirigent, ajoutant une dynamique plus vivante aux affrontements. Sans surprise, les contestations de territoires sont toujours présentes et moins occasionnelles.
Le jeu mise sur un contraste entre, d'un côté, des
terres hostiles où les créatures se battent pour des ressources limitées, de l'autre, des
paysages vibrants et débordants de vie. Un choix qui renforce l'impression d'un
écosystème crédible, où chaque espèce lutte pour sa survie. Toutefois, cette approche s'accompagne de quelques incohérences, notamment sur le plan du gameplay. Certaines zones quasi désertes servent avant tout de passages, tandis que d'autres regorgent de faune et de flore, créant un déséquilibre perceptible qui rend
certaines régions bien moins attractives. En revanche, les variations météo sont particulièrement réussies : vents violents, déluges, pour ne citer qu'eux. Autant d'éléments qui
renforcent l'immersion et accentuent la dramaturgie de chaque instant.
L'évolution se retrouve aussi dans la
mise en scène puisque les
cinématiques, renforcées par une
direction artistique soignée, mettent en avant la fragilité du lien entre l'homme et la nature. Si l'on passe outre outre certaines
expressions faciales ou ralentis qui paraissent un peu forcés, l'ensemble reste captivant et nous fait profiter de rotations souples et immersives entre cinématiques et intégration du gameplay.
Le même, en mieux
Comme indiqué en préambule et suite aux retours reçus,
Monster Hunter World proposait déjà un
renouveau, tant sur l'
environnement que sur le
gameplay, qui avait su séduire les joueurs de l'époque.
De fait,
Monster Hunter Wilds s'inscrit dans cette continuité sans pour autant se contenter d'un simple
copier-coller. L'opus ambitionne d'apporter du
contenu inédit et ne se limite donc pas à un simple
DLC déguisé. Un pari plutôt réussi selon nous.
Dès les premières minutes, on retrouve l'
essence même de la franchise. La création du personnage, le choix du Palico (toujours un peu limité en personnalisation à notre goût, malgré l'ajout de nouveaux pelages), la découverte
d'environnements variés et de monstres introduits via des cinématiques plus ou moins spectaculaires rappellent immédiatement les bases de la saga. On retrouve également les
14 armes emblématiques et un
monde ouvert dynamique, foisonnant de ressources à récolter en temps réel.
Les zones de chasse sont
vastes et regorgent de pièges naturels, obligeant à rester
sur ses gardes en permanence tant pour les esquiver que les utiliser à votre avantage.
À trois, c'est le feu
Si notre Palico reste un compagnon de route fidèle, qui combat à nos côté, nous soutient en nous soignant ou récupérant des matériaux, Wilds offre un nouvel ajout notable, la monture
Seikret, un compagnon
personnalisable, idéal pour les déplacements rapides et la traque des monstres en fuite. Mais ce n'est pas tout, puisqu'elle apporte également une vraie
polyvalence en combat.
Elle permet d'utiliser des consommables ou d'aiguiser ses armes tout en restant en mouvement. Associée au
grappin, elle offre aussi la possibilité de
récolter des ressources et d'activer les insectes à compétences à distance. La
mobilité du jeu est donc préservée, voire améliorée, et cette monture facilite même la
navigation entre deux armes principales, un atout indéniable pour diversifier son approche.
En prime, marquer un point sur la
carte ou définir un objectif permet de laisser le Seikret se
déplacer automatiquement. C'est particulièrement pratique pour gérer son équipement, consulter le bestiaire ou ajuster ses options sans perdre de temps.
Autre atout, sauter du
Seikret permet parfois d'atterrir directement sur un monstre et d'engager un
rodéo offensif. Cependant, tout n'est pas parfait. Bien que maniable, la monture est parfois
difficile à arrêter, notamment en
mode déplacement automatique.
On se retrouve alors à
tourner autour d'une ressource ou d'un mur, avant de finalement réussir à
interagir avec ou à rater son coup. Un léger défaut qui peut
frustrer sur le long terme.
Un HUD complet, mais perfectible
Monster Hunter fait partie de ces jeux qui proposent une avalanche d'objets et d'actions. Entre les consommables, les pièges, les équipements à lancer et les ressources à collecter, il est facile de s'y perdre, surtout pour un
néophyte.
Heureusement, l'
interface de Wilds a été pensée pour faciliter l'accès à toutes ces fonctionnalités. Chaque touche est attribuée à une action spécifique, la plupart du temps à la volée, avec un système de
roue d'actions et une
ligne d'objets en rotation.
Bien que
complexe, l'interface reste
intuitive et bien conçue. Cependant, comme souvent dans ce genre de jeu, une
mauvaise manipulation peut vite arriver en plein combat. Il n'est pas rare d'activer par erreur un soin, un affûtage d'arme ou une potion au mauvais moment. Il faudra donc
bien maîtriser son clavier ou sa manette pour éviter ces désagréments.
Enfin, les attaques et actions disponibles s'affichent
dynamiquement dans la partie supérieure droite de l'écran, s'adaptant aux touches activées pour une
meilleure lisibilité.
Toujours plus de camps
Sans surprise, le camp est le point central où le chasseur retrouve les PNJ prêts à lui prêter main-forte. Que ce soit pour récupérer des ressources, forger des armes et armures, préparer un repas ou simplement discuter, il reste un
élément essentiel de la licence.
Au fil de la progression, et surtout en explorant les différentes zones, on découvre des emplacements parfaits pour installer des camps de fortune. Pour en établir un, il faut s'adresser au Palico responsable du camp de base, qui gère tout le processus. Cela demande toutefois quelques points de chasseur pour être validé.
Chaque zone possède un niveau de menace qui influence la sécurité du camp. Certains monstres, parfois en groupe,
peuvent le prendre pour cible et le détruire, obligeant à le reconstruire. Ce système ajoute une dynamique intéressante, car ces camps ne sont pas de simples zones de repos ou de fabrication. Ils permettent aussi le voyage rapide, et leur perte peut vite compliquer les déplacements, même avec une monture. Mieux vaut donc bien choisir leur emplacement et
garder un œil sur leur état.
Finalement, il convient que la chasse n'est pas la seule activité disponible. Comme dans tous les autres opus, vous pouvez pêcher ou même capturer des créatures au filet afin d'obtenir de nouveaux consommables/ingrédients. En outre, certains grands camps vous feront rencontrer des PNJ en mesure d'échanger certaines de vos ressources contre d'autres, typiques de la région ou simplement plus rares.
Une chasse plus accessible, sans perdre en intensité
Nous y voilà. Le cœur du sujet : la
chasse. Comme mentionné plus haut, la guilde régule vos expéditions et vous autorise, ou non, à partir traquer des monstres. Alma, qu'on peut considérer comme notre régente, fait office de
tableau des quêtes. C'est grâce à elle que vous pourrez lancer des
missions scénarisées, mais aussi des
chasses libres et du
multijoueur.
Une zone d'entraînement bien pensée
Toujours dans l'idée de rendre le jeu plus accessible aux nouveaux venus, Monster Hunter Wilds introduit une
zone d'entraînement. Dans cet espace, tous les coups disponibles avec l'arme équipée sont affichés sous forme d'une
barre d'état dynamique, qui se met à jour en fonction de vos actions. Pratique pour apprendre à maîtriser les différentes armes. D'ailleurs, chacune possède sa propre
spécificité et un style de jeu unique.
Crafting et préparations : les bases de la chasse
Comme dans tout bon
Monster Hunter, il est possible de fabriquer armes et armures, mais également de les améliorer, en utilisant les matériaux récupérés sur les monstres abattus.
Chaque équipement possède ses propres statistiques, influençant type de dégâts et résistances élémentaires, afin d'optimiser votre arsenal face aux créatures traquées.
Pour guider votre choix, le jeu vous pose quelques questions en début de partie afin de sélectionner une première arme adaptée, tandis que
le forgeron suggère des équipements correspondant à votre niveau et aux zones explorées. Toutefois, il reste essentiel d'analyser chaque pièce avant de se lancer dans la fabrication.
Enfin, mention spéciale pour la qualité visuelle des armures. Si une variante homme/femme est proposée, elle reste une simple alternative esthétique.
Votre Palico peut également bénéficier d'équipements forgés, bien que sans variation, certaines tenues se démarquent par leur extravagance.
Autre élément essentiel :
les repas. Toujours présents, ils permettent d'améliorer temporairement vos capacités de chasseur grâce à des bonus d'attaque, de défense et autres atouts. La bonne nouvelle ?
Les effets des repas ne disparaissent pas à la fin d'une chasse, un ajout appréciable qui rend la préparation encore plus stratégique. En prime, il existe des alternatives de repas, en ajoutant des ingrédients spécifiques, permettant d'améliorer les caractéristiques de ce dernier.
Bestiaire et points faibles : des combats plus dynamiques
Le bestiaire joue un rôleclé puisque, une fois un monstre affronté, vous débloquez des informations sur ses
forces, faiblesses et ses
zones destructibles (griffes, écailles, etc.). Ces détails sont cruciaux pour récupérer les matériaux nécessaires à l'amélioration de votre équipement. Notez qu'il existe un grand nombre de monstre aux particularités très disparates tant sur la gestion du combat que celui de leurs points faibles. Le livre du bestiaire sera ainsi comme votre bible, pour vous permettre de faire évoluer au mieux vos équipements.
Là où Wilds innove vraiment, c'est dans la gestion des
points faibles des monstres. Contrairement à Monster Hunter: World, où il fallait frapper sans relâche sans réel retour visuel sur l'état des parties visées, Wilds
marque clairement les zones blessées. Qu'il s'agisse d'un acharnement de votre part ou d'un affrontement entre monstres, ces blessures permettent de déclencher
une attaque spéciale propre à chaque arme, qui inflige des dégâts massifs et détache plus facilement les matériaux convoités.
Une fonction Focus réclamée par la communauté
Autre ajout majeur et très attendu : la
fonction de Focus. Concrètement, elle permet de
diriger vos attaques, y compris les coups spéciaux. Fini les moments de frustration où votre attaque part dans le vide parce que le monstre a bougé au dernier moment. Cette nouveauté rend les combats plus fluides et
permet même aux débutants d'expérimenter des attaques puissantes sans crainte de rater leur cible.
Certains puristes pourraient craindre que cette fonctionnalité
rende le jeu trop facile, mais rassurez-vous :
la chasse reste exigeante. Maîtriser une arme demande toujours de la pratique, et les monstres les plus redoutables vous donneront du fil à retordre. Sans oublier l'environnement, qui joue un rôle stratégique :
les scarabées grappins, permettant de se projeter sur le dos des monstres, et les
lucioles aveuglantes sont toujours de la partie, ajoutant des options tactiques aux combats.
Un équilibre subtil entre accessibilité et challenge
Malgré un sentiment de déjà-vu pour les vétérans de la saga,
Monster Hunter Wilds réussit un tour de force : rendre la chasse plus accessible sans la dénaturer. Les ajustements apportés évitent la frustration des nouveaux joueurs tout en préservant la profondeur et la difficulté qui font le charme de la licence.
Les monstres peuvent vous brûler, empoisonner ou écraser, obligeant à préparer des potions adaptées, poser des pièges pour immobiliser sa proie et enchaîner les coups critiques, ou encore exploiter l'environnement à son avantage. Un équilibre délicat, sans doute un véritable casse-tête pour les développeurs, sous l'œil attentif d'une communauté ultra-exigeante.
En somme, Wilds ne réinvente pas totalement la formule, mais il la
peaufine et l'améliore intelligemment. De quoi donner envie de repartir traquer du monstre encore et encore, que ce soit pour progresser, perfectionner ses techniques, ou tout simplement
se forger l'équipement ultime.
Le multijoueur
À noter que nous n'avons
pas encore testé la fonction multijoueur. Toutefois, il est possible d'envoyer une fusée de détresse pour inviter d'autres joueurs à rejoindre votre partie. Et si vous préférez jouer en solo, ou si personne ne répond à l'appel, un PNJ viendra vous prêter main-forte.
Nous n'hésiterons pas à mettre ce test à jour une fois que nous aurons exploré plus en détail la stabilité et les fonctionnalités du multijoueur.
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