Après avoir casté le match amical entre le PSG eSports et Schalke04 lors de l'ESWC Winter, Mahmoud Gassama, plus connu sous le nom de Brak nous parle de son parcours, mais aussi de sa vision sur l'avenir de FIFA en esport.
Après avoir été joueur, youtubeur, puis commentateur, te voici présentateur d'une émission à la télé, la Bein e-ligue1. Comment t'es-tu préparé à ce nouveau challenge ?
Avant même d'être youtubeur et streamer j'étais joueur pro sur FIFA. En fait on ne se prépare pas on construit ça au fil des années et forcement
à force de commenter des grandes compétitions ça permet de développer des choses qu'on ne soupçonne même pas. Du coup il n'y a pas vraiment de préparation, du moins pour moi ça s'est souvent fait à l'impro. Apparemment ça a l'air de marcher, ça plaît, donc je suis assez content.
L'équipe 21 la saison dernière, canal+ et bein sports cette année, il y a encore quelques années, pensais-tu voir un jour du FIFA à la télé?
Je pense que oui. Je suis assez convaincu parce qu'il y a un circuit qui a été vraiment lancé par EA Sports, l'éditeur du jeu. Ils ont une volonté assez farouche de vouloir
s'imposer comme un jeu majeur de l'esport donc justement je pense que les télévisions vont s'y intéresser de plus en plus parce que ça reste du football et le football ça parle à tout le monde.
C'est facilement compréhensible par rapport à un jeu comme
League Of Legends où il y a déjà une partie didactique à mettre en place en essayant de faire comprendre aux gens. Donc c'est plus dur pour ces jeux-là et pour FIFA c'est assez facile justement de mettre ça en place.
Je pense que les gens commencent à s'y intéresser de plus en plus et découvrent l'aspect compétitif de FIFA.
Justement League Of Legends a une plus grosse fan base et pourtant c'est FIFA qui a été diffusé en premier à la télévision.
C'est vrai que FIFA n'a pas une fan base aussi importante que League Of Legends, mais je pense qu'
elle est en train de se créer petit à petit avec tous les modes de jeu qu' EA a mis en place cette année. Je pense que les gens commencent à s'y intéresser de plus en plus et découvrent l'aspect compétitif de FIFA et je suis assez convaincu que ça va faire que grandir parce qu'il y a des jeunes qui ne savent pas que ça existe et grâce à ses émissions de télé et à tout ce qui se passe maintenant, on va aller les chercher et ça va faire grandir la communauté FIFA.
Tu es avant tout un joueur et un passionné, tu as toi-même participé à de nombreux tournois, tu ne ressens jamais l'envie de reprendre la manette pour la compétition ?
Ça me manque tous les jours. Après je suis un ancien joueur pro, mais je joue toujours à FIFA. D'ailleurs quand je stream ou quand je fais des vidéos sur Youtube, parce que je n'ai pas arrêté et je continue à jouer. Dans pas longtemps il y a
à Montpellier un très gros tournoi qui va se lancer et je vais y participer en tant que joueur, parce que j'aime ça. J'ai plus le niveau évidemment, mais la passion est toujours intacte.
À chaque fois que j'ai l'occasion de faire une compétition je ressens cette adrénaline, j'ai des palpitations. Je suis plus joueur pro, mais je prends toujours plaisir à faire des petits tournois et c'est toujours un petit kiff.
Lors de L'ESWC, il y avait un match amical entre le PSG eSports et Schalke04, penses-tu qu'une ligue pourrait voir le jour réunissant tous les clubs de football professionnels ?
Ca fait 10 ans voir même plus, qu'on se bat pour ça. On sait d'où c'est parti, d'où les jeux de foot viennent, donc en gros on va pousser, on va essayer et
on va faire en sorte qu'il y ait une vraie ligue des champions avec un vrai championnat, parce que c'est tellement évident à mettre en place.
Il faut aussi qu'ils [les clubs] s'investissent de plus en plus et se lancent en recrutant des joueurs et en créant des sections esports.
Après en terme de logistique et en terme de mécanique, ce n'est peut-être pas aussi simple, mais je pense qu'il y a quelque chose à faire parce que ça parle à tout le monde. Je pense que les clubs vont y arriver et puis il faut aussi qu'ils s'investissent de plus en plus et se lancent en recrutant des joueurs et en créant des sections esports.

Avec l'arrivée des clubs professionnels au sein de FIFA, y a-t-il un risque quand même pour les structures indépendantes ?
C'est une évidence, ça ne va pas être facile pour les petites structures de résister face à l'envahisseur. Ce qui est intéressant dans la démarche des clubs c'est qu'ils proposent, du moins ce que j'ai vu, de recruter ses joueurs avec le staff qui les entoure. C'est
la manière la plus légitime de remercier les structures pour ce qu'elles ont apportées.
L'avènement des clubs aide l'esport à avancer et je pense que les petites structures ont montré que parfois il y avait certaines limites. Les clubs vont pouvoir permettre d'encadrer encore mieux les joueurs en les accompagnant à devenir encore meilleur et à s'entrainer dans les meilleures conditions possibles. Aujourd'hui on est arrivé à un stade ou l'esport prend une ampleur tellement importante qu'il faut que ça soit professionnel et abouti.
On en est au stade où justement il y a des opportunités à saisir et si on s'en prive, on n'avancera jamais.
Comment vois-tu l'avenir de FIFA dans l'esport ?
L'avenir de FIFA je le vois comme
le circuit ATP au tennis avec un classement, des joueurs qui traversent le monde entier pour faire des tournois. Je le vois comme ça, avec des joueurs qui sont entourés de leurs clubs, parce que pour moi c'est tellement évident que les clubs soient là pour les suivre et qu'ils puissent se déplacer partout dans plusieurs tournois avec des circuits officiels. Je pense que ça va venir, parce qu'il y a une vraie volonté de la part de l'éditeur de FIFA, des clubs et des acteurs du milieu.
Penses-tu qu'il y ait une certaine réticence pour certains joueurs de jouer sous les couleurs d'un club sur FIFA alors qu'ils n'apprécient pas forcement cette équipe sur le terrain ?
Les joueurs n'ont pas vraiment intérêt à se mettre ses barrières-là et je pense que ce n'est pas la mentalité qu'ils adoptent. Ils sont conscients qu'ils ont besoin des clubs pour avancer, même si
entre St Étienne et Lyon ça va être difficile et entre Marseille et Paris aussi, mais après si un mec supporte Rennes et qu'on lui propose un contrat à Lorient, je crois qu'il va y aller. On n'est pas encore à ce stade-là, on en est au stade où justement il y a des opportunités à saisir et si on s'en prive, on n'avancera jamais.
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