Test Dead Island 2 : Des zombies, du sang et c'est tout ?

Corentin Rimbert Publié par Corentin Rimbert
le 18 avril 2023 à 16h00
Après maintes péripéties, Deep Silver Dambuster nous livre enfin Dead Island 2, une expérience de survie qui nous place dans un Los Angeles sanguinolent et décimé par les zombies. Nous avons eu l'occasion de tester la suite de Dead Island, sorti en 2011, et voici notre avis.
Test Dead Island 2 : Des zombies, du sang et c'est tout ?
Dead Island 2 a été initialement annoncé en 2014 pour une sortie l'année suivante, cependant, il aura fallu attendre huit longues années pour que le titre donne de ses nouvelles, et neuf pour pouvoir, enfin, le découvrir. Naturellement, l'attente est importante, étant donné que le premier opus avait particulièrement été apprécié. C'est donc avec un grand intérêt que nous avons lancé cette suite, dans le but de vous proposer le test de Dead Island 2.

Contexte : Avant de nous étaler sur le sujet, nous souhaitions contextualiser les conditions du test. Pour nous imprégner parfaitement de l'univers et du style de jeu, nous avions relancé Dead Island quelques semaines avant la sortie du 2, en coopération. Toutefois, cette suite a été parcourue en solo, sur un PC qui ne répondait pas à la configuration recommandée, mais qui tournait, malgré tout, à la perfection. Ainsi, nous avons pu avoir un vrai point de comparaison tout en pouvant noter plus facilement les améliorations et nouveautés.

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Une histoire sanguinaire

Le ton est donné dès le début du jeu, avec un crash d'avion qui vous permettra de faire la connaissance de certains personnages que vous recroiserez par la suite, mais, surtout, de mettre l'accent sur l'aspect sanguinaire de Dead Island 2. Que ce soit vos camarades fraichement rencontrés ou les morts-vivants que vous affrontez, le gore est tout de suite mis en avant, avec la possibilité d'écraser les têtes, ou tout simplement de les exploser avec une arme contondante, le tout dans une ambiance chaotique qui nous accompagnera tout au long de l'aventure. Après cette petite introduction, vous apprendrez que vous avez été mordu, mais que vous semblez immunisé. Commencera alors un long périple pour tenter de comprendre pourquoi vous l'êtes et comment sauver le monde.

C'est ainsi que nous voyageons dans un monde semi-ouvert, dans les quartiers aussi divers que variés de Los Angeles, ravagés par les monstres. De Beverly Hills à Bel Hair en passant par Santa Monica, nous parcourons une multitude de paysages, tous marqués par la présence de ces zombies, qui n'hésiteront d'ailleurs pas à vous tomber dessus et vous poursuivre. 

À l'image de nombreux autres jeux, vous serez envoyé à droite et à gauche pour satisfaire les besoins des autres personnages, en échange d'une information ou d'une action nécessaire à votre progression. Cela est parfois redondant, notamment après plusieurs heures de jeu, étant donné que la finalité est toujours la même : se battre contre des dizaines de zombies. Une répétition qui poussera, de temps en temps, à simplement traverser la zone, sans faire attention aux décors et consommables, d'autant plus que la mort est plutôt punitive (voir plus bas). 

Fort heureusement, une grande partie de l'histoire reste intéressante, poussée par l'envie d'en savoir plus sur l'immunité du personnage, tout en apprenant à se méfier des potentiels alliés, qui pourraient simplement vous utiliser à leurs fins. Chaque quartier est relié à un groupe auquel vous avez affaire, implanté dans un bâtiment, qui vous permet de vous ressourcer, comme dans le premier épisode. 

En prime, les cinématiques, qui servent de transition ou font tout simplement avancer l'intrigue, sont plutôt réussies, et poussent le gore à son paroxysme (notamment certaines scènes, qui pourraient choquer). Nous regretterons simplement la synchronisation labiale tout simplement inexistante et les quelques problèmes qui nous font sortir de cette immersion. 

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Un gameplay dans la lignée

Ne nous le cachons pas, nos plus grandes attentes étaient placées dans le gameplay, étant donné que le premier épisode était plutôt réussi pour son époque. Ici, nous pouvons noter quelques améliorations, et surtout, une vraie sensation de progression au fil du temps. Durant les premières heures, les armes ne font pas réellement mal aux ennemis, et les membres ne se découpent pas, ce qui nous avait déçus, étant donné que ce point était géré d'une main de maître, en 2011. Cependant, après avoir trouvé de meilleures armes et les avoir améliorées (ce qui prend plusieurs heures quand même), cette déception disparaît. Les combats seront un peu plus faciles, mais il faut penser à s'adapter aux différents zombies, puisque certains possèdent un type de dégât élémentaire (feu, électricité, etc.) et seront insensibles à l'amélioration de la même famille (impossible de faire des dégâts de feu à un zombie enflammé, par exemple). Foncer dans le tas ne suffit pas, il faut faire preuve de maîtrise et parfois de patience, pour connaître le pattern des zombies.

Cet avis est sensiblement le même pour l'esquive. Une fois la subtilité de la mécanique comprise, il est possible de tirer un vrai avantage en évitant la charge des morts-vivants, en ayant même la possibilité de la rendre plus puissante grâce aux cartes (sujet que nous aborderons plus bas). Faire une esquive au bon moment permet d'étourdir le zombie, pour ensuite l'attraper et lui faire un « finish » redoutable. Toutefois, le coup de pied semble un peu plus inutile ici, même si des cartes peuvent lui apporter un peu de fantaisie. Gros plus pour le coup de pied au sol, qui propulse ou ralentit les ennemis proches de vous.

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Nous n'entrerons pas dans les détails pour vous garder la surprise, mais la colère sanguinaire est une excellente idée, laquelle ajoute un aspect bourrin qui peut nous permettre de sortir de situations très mal embarquées. 

Une mort trop punitive

Comme nous vous le disions ci-dessus, la mort est bien trop punitive dans Dead Island 2, tout du moins pour celles et ceux qui évoluent en solo. Lorsque vous mourrez, vous redémarrez au dernier point de sauvegarde, mais sans les consommables que vous avez utilisés. Autant vous dire que cela devient compliqué lorsque vous affrontez une horde ou un boss, et que la zone ne vous offre aucun soin. La durabilité des armes est également conservée, ce qui rend la tâche encore plus compliquée.

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Ajoutons à cela que, parfois, vous réapparaissez encore plus loin (un ou deux points de sauvegarde plus tôt), et vous obtenez une frustration rarement trouvée dans un jeu solo qui se veut plutôt occasionnel. Cependant, ce dernier point est potentiellement dû à un problème, étant donné que Dead Island 2 n'est pas exempt de bugs en tout genre. Les missions ne se lancent parfois pas, les PNJ avec lesquels interagir ne sont pas présents ou encore les objets sont enfoncés dans le sol. Mais nous mettrons cela sous le coup d'une version qui n'a pas encore joui de son patch day one (ce qui n'est, en soi, pas une excuse). 

Un système de cartes plaisant

L'une des nouveautés majeures était les cartes, qui remplacent ici les compétences. En progressant dans l'histoire, vous obtenez des cartes, que vous pouvez équiper. Celles-ci apportent des bonus passifs, comme l'augmentation des dégâts, la possibilité de récupérer des PV après une esquive, faire un coup de pied glissé, bref, de multiples possibilités pour convenir à votre façon de jouer. Comme pour les autres points importants du gameplay, il va falloir jouer plusieurs heures pour comprendre la finesse et l'importance des cartes. Mais les développeurs l'ont particulièrement bien intégré avec en plus des cartes exclusives à des personnages, pour maximiser leurs points forts de départ.

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De fait, la sensation de progression, dans Dead Island 2, est plutôt bien maîtrisée, peut-être mieux que dans le 1, sans rendre le jeu trop facile après plusieurs heures.

Les armes et le craft, l'atout majeur

En plus des compétences obtenues via les cartes, ce sont bien les armes qui détermineront votre puissance. Il ne faut pas hésiter à les améliorer et les équiper de divers passifs, notamment des bonus de dégâts élémentaires. Cela sera un vrai plus lors des combats, puisqu'une arme d'un niveau supérieur sera bien plus efficace pour éliminer un zombie. Un seul niveau peut faire la différence.

Plus vous avancerez, plus vous obtiendrez des armes puissantes. Mais en les améliorant avec les ressources obtenues, vous multiplierez les dégâts, ce qui est plutôt plaisant, et apporte cette sensation de progression. Il faut cependant faire attention à la durabilité de ces armes, qui s'usent en combat. Contrairement au premier épisode, les stations de réparation sont bien plus rares, ce qui ajoute cette petite difficulté. Il ne faudra pas tout miser sur une seule arme, et surtout, bien faire attention à ne pas louper une station de réparation. Les développeurs ont également bien adapté le coût de ces réparations, pour que vous soyez amené à faire des choix, même au niveau des achats. En solo, il ne sera pas possible de tout acheter sans regarder le prix. Peut-être que la donne change en coopération.

Une ville de Los Angeles jolie, mais peu profonde

Dix ans après Dead Island, il était légitime d'attendre un monde plus complet, notamment dans les possibilités d'interaction. Malheureusement, le constat est décevant. Si ce « Hell-A » est très joli (et cela vaut pour toutes les zones ou presque), lorsque nous nous arrêtons sur des détails, ou même de la logique, nous ne pouvons qu'observer un manque de profondeur.

paysage
Prenons l'exemple des zombies qui arrivent des égouts lorsque vous vous battez dans une rue. L'idée est intéressante, mais les morts-vivants apparaissent du sol sans aucune interaction avec l'environnement (la plaque d'égout, entrouverte, ne bouge pas). Los Angeles étant habitué au soleil, de nombreuses habitations possèdent des piscines, dans lesquelles nous retrouvons des bouées. Celles-ci sont tout simplement increvables, même avec la lame la plus aiguisée du jeu, ou une arme à feu. Pareil pour les pneus des véhicules. 

Si cet aspect n'est qu'un détail pour certains, nous pensons qu'il est légitime d'en attendre plus en 2023, surtout lorsque ces zones ne sont pas ouvertes et que les joueurs sont amenés à faire des allers et retours dedans. Un point qui nous a fortement déçus.

Toutefois, cet aspect « bâclé » est souvent oublié avec la beauté des paysages, en contradiction totale avec le contexte apocalyptique qui règne. Les couleurs des quartiers sont plutôt joyeuses et viennent parfaitement s'opposer aux véhicules enflammés et rues ensanglantées. L'exploration de Dead Island 2 et son monde est une vraie partie de plaisir, si nous mettons de côté le manque de profondeur. Le game design reste de qualité et de nombreuses bonnes idées ont été implantées pour proposer quelques casse-têtes durant l'aventure.

Le bestiaire est également appréciable. À l'image du premier épisode, différents types de zombies seront à combattre, des normaux déclinés en plusieurs sortes, mais aussi des plus robustes, comparables à des boss et mini-boss. Il faudra, à chaque fois, adopter une stratégie différente et bien analyser l'environnement, qui peut devenir un véritable allié, grâce aux bidons d'essence, aux fils électriques ou aux bonbonnes de gaz. Cela n'empêche malheureusement pas la redondance dans les combats.

En bref, Dead Island 2 a, en partie, répondu à nos attentes, notamment avec la beauté des paysages, la sensation de progression qui est présente et la nécessité de maîtriser les mécaniques de combat pour être performant. Néanmoins, la mort trop punitive et les affrontements de zombies qui se répètent sans cesse (même si cela reste la base du jeu), apportent cette frustration qui donne une note mitigée à cette expérience, qui mériterait un peu de folie. La coopération devrait toutefois être plus amusante et surtout plus facile.

Conclusion

7.5 Le sentiment de frustration est malheureusement trop collé à Dead Island 2. Si l'expérience propose d'excellentes idées, avec un environnement très plaisant à parcourir, la redondance dans les combats, et surtout les missions, vient freiner cet enthousiasme.

La beauté des paysages et le plaisir de cogner des zombies sont néanmoins contrastés par les problèmes, certes mineurs, mais trop présents pour prendre du plaisir de bout en bout. Un agréable jeu de survie qui manque de profondeur pour se placer parmi les meilleurs, mais qui se doit d'être fait un jour par tous les amateurs du genre, au moins en coopération.
  • +Los Angeles et la beauté des paysages
  • +Apprendre à maîtriser les mécaniques de combat
  • +La sensation de puissance avec des armes plus fortes
  • +Toujours agréable de personnaliser ses armes
  • +La diversité des armes
  • +Les compétences via les cartes
  • +Un casting plutôt sympa
  • -La mort, trop punitive et frustrante
  • -Le manque de profondeur général
  • -Les problèmes de lancement/fin de quêtes
  • -Une redondance dans les quêtes et les combats

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