Test Avatar: Frontiers of Pandora : Une adaptation vidéoludique à la hauteur ?

Clémence Usseglio Publié par Clémence Usseglio
le 11 janvier 2024 à 15h26
Après plusieurs années de développement, Avatar: Frontiers of Pandora est sorti en décembre 2023 sur diverses plateformes de jeu. Nous avons eu l'opportunité de poser les mains sur le jeu d'action-aventure, plongé dans l'univers de James Cameron. Voici notre avis complet.
Test Avatar: Frontiers of Pandora : Une adaptation vidéoludique à la hauteur ?

Na'vi Versus RDA

Petit point préliminaire

Avant tout, nous tenons à faire un petit point sur notre expérience et le jeu en général. Nous avons testé Avatar: Frontiers of Pandora d'après une version PS5, qui, nous y reviendrons, était plutôt satisfaisante dans l'ensemble. En outre, nous avons majoritairement parcouru le jeu en coopération, donc avec un ami en ligne, et effectué quelques sessions en solo. L'aspect coopératif est franchement réussi et l'aventure, nous a ainsi semblé, d'autant plus plaisante (mais peut-être est-ce une affaire de préférence).

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Chronologiquement, l'histoire d'Avatar: Frontiers of Pandora se situe entre les deux films réalisés par James Cameron, à savoir Avatar et Avatar : La Voie de l'eau. Il n'est, d'ailleurs, pas impératif d'avoir vu les productions cinématographiques pour jouer au jeu de Massive Entertainment et d'Ubisoft. Toutefois, nous vous recommandons de les voir, tout du moins le premier, ne serait-ce que pour comprendre davantage l'univers et saisir tous les enjeux de l'adaptation vidéoludique. À ce sujet, notons que le jeu est canon aux films. Cela signifie que le soft fait partie de l'univers officiel. Évidemment, si vous n'avez pas vu les films, cela ne vous empêchera pas de comprendre le scénario d'Avatar: Frontiers of Pandora, qui est somme tout assez ordinaire.

Miniature vidéo

Un scénario en dents de scie

L'histoire d'Avatar: Frontiers of Pandora est efficace bien qu'assez classique. Voici le synopsis, en quelques lignes, afin de vous garder la surprise entière : la RDA (« Ressources Development Administration » dans la langue de Shakespeare) cherche toujours à coloniser Pandora et est ainsi parvenue à s'installer à la frontière occidentale. John Mercer, qui fait figure d'antagoniste dans le jeu et qui est l'un des dirigeants concernant les opérations menées dans cette zone, vous a enlevé vous (un Na'vi du clan Sarentu) ainsi que plusieurs de vos congénères. 

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Suite à une attaque des Na'vis sur l'infrastructure dans laquelle vous êtes, vous vous retrouvez cryogénisé pendant plus de dix ans afin de survivre. À votre réveil, vous parvenez à vous échapper et vous rejoignez, dès lors, la Résistance afin de combattre la RDA parmi les vôtres. Ce périple vous conduira notamment à rencontrer divers autres clans Na'vis, qui ont leurs « spécificités », pour rassembler davantage de forces et pour faire face à ladite organisation humaine. Bien entendu, le jeu dispose de quelques rebondissements scénaristiques, qui restent assez prévisibles dans l'idée.

Au sujet de la campagne d'Avatar: Frontiers of Pandora, nous avons trouvé certaines quêtes principales, et même secondaires, plutôt intéressantes et d'autres un peu plus banales, malheureusement. L'écriture est, de ce fait, un tantinet en dents de scie. Ce qui est assez dommage mais n'est pas rebutant pour autant. Avatar: Frontiers of Pandora brille ailleurs que par son scénario, soit notamment via son ambiance, qui est très fidèle aux œuvres cinématographiques de James Cameron.

À la découverte de Pandora

Avatar: Frontiers of Pandora comprend son lot de séquences « Waouh ». Nous pensons, par exemple, à la quête principale qui vous emmène dans le repaire des ikrans, et donc à l'adoption du vôtre. Le premier vol à dos d'ikran vous fera très certainement esquisser un sourire, surtout si vous avez vu les films. Autrement, et plus simplement, la scène, pendant l'introduction, où vous sortez de la structure RDA et où vous vous retrouvez en plein cœur de la Nature est aussi marquante.

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D'ailleurs, sur Avatar: Frontiers of Pandora, la sensation d'émerveillement est surtout apparue lors des phases d'exploration chez nous : découvrir une grotte regorgeant de plantes aux couleurs chatoyantes et phosphorescentes, arpenter les cieux à dos d'ikran pour rejoindre les îles volantes, approcher et monter son premier Equidius, voir la Nature reprendre ses droits et effacer la pollution suite au sabotage d'une infrastructure RDA... Autant de moments qui font leur effet et qui nous ont beaucoup plu.

À côté de cela, le soft manque à quelques endroits de scènes vraiment épiques, notamment en rapport avec les combats. Néanmoins, nous saluons le travail du studio Massive Entertainment qui a su coller aux œuvres de James Cameron et ainsi créer une ambiance digne des films, en plus d'un monde ouvert vaste dans lequel il y a beaucoup de choses à faire.

Un gameplay diversifié mais perfectible

Un monde ouvert très riche

En marge de la campagne, les joueurs et les joueuses ont, bien évidemment, accès à des quêtes secondaires, qui ne sont malheureusement pas toutes intéressantes, et vous demandent souvent de faire des allers-retours pour aller chercher ou bien confectionner tel ou tel élément. Certaines d'entre elles sont également liées à des activités annexes, telles que la récolte, la chasse ou encore la cuisine. Trois éléments sur lesquels nous revenons un peu plus bas. Mais, ce n'est pas tout.

Le monde ouvert d'Avatar: Frontiers of Pandora, qui est divisé en trois grandes régions (chacune étant occupée par un clan), fourmille d'éléments à récupérer. À l'image, par exemple, des compétences Ancêtre, que nous pouvons débloquer via les fleurs de Tarsyu. D'ailleurs, contrairement aux compétences de base, qui sont réparties en cinq branches et un tant soit peu génériques, celles Ancêtre ainsi que celles dites « ultimes » (souvenirs ultimes) sont réellement intéressantes et peuvent changer la donne dans certaines situations. Nous pensons, par exemple, au Souvenir ultime Second Souffle, qui donne aux joueurs la possibilité de se relever après être tombé au combat, et bénéficier d'un bonus non négligeable, à savoir une réduction de 100 % des dégâts subis pendant plusieurs secondes.

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En plus des fleurs de Tarsyu, il est possible de collecter des tigecloches, qui sont très nombreuses, afin d'augmenter la santé maximale de son personnage. Il y a aussi différents points d'intérêt, tels que les laboratoires de la Résistance à remettre en fonction grâce à notre gadget SID et les infrastructures RDA à saboter pour retirer la pollution d'une zone. Sans oublier, une myriade de collectibles à rassembler (pages de BD, images mémorielles, totems sarentus, cerfs-volants Zeswas, pour ne citer que ces exemples). Le jeu profite donc d'un monde très riche, mais qui pourrait tout de même sembler un peu trop riche pour certains.

Ainsi, les joueurs et les joueuses qui souhaitent obtenir le Platine ou bien le 100 % d'Avatar: Frontiers of Pandora passeront pas mal de temps sur le soft, soit environ 60 heures. Contre une vingtaine d'heures pour boucler l'histoire principale, tout en effectuant des activités annexes, qui ne se limitent pas à celles citées ci-dessus.

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Des activités annexes bien pensées

D'autres activités, ou mécaniques, ponctuent votre aventure sur Avatar: Frontiers of Pandora. À commencer par la cuisine, qui est rendue possible via une sorte de four, présent dans les camps et bases Na'vis. Comme dans d'autres jeux de cette dernière décennie, notamment The Legend of Zelda: Breath of the Wild ou encore Genshin Impact, sur Avatar: Frontiers of Pandora, la cuisine nous permet de confectionner des plats, qui accordent divers bonus et permettent de redonner de l'énergie. À ce propos, notons que les recettes ne sont pas pré-enregistrées et doivent donc être découvertes par les joueurs. Ce qui est bien vu.

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Évidemment, pour cuisiner, il faut avoir des ingrédients. C'est là que la récolte et la chasse entrent en jeu. En explorant la frontière occidentale, nous croisons de nombreux animaux, qui donnent diverses ressources (crocs, morceaux de viande, etc.), aussi bien utilisables pour le craft que pour la cuisine. Cependant, afin de collecter ces ressources selon la meilleure qualité possible, il faut d'abord pister la bête (traces olfactives en utilisant les sens Na'vi - sorte de vision d'aigle) puis la tuer en tirant avec les armes non humaines (arc, lance) dans ses points faibles.

D'autres ressources doivent être récupérées directement dans la Nature, notamment sur des arbres ou bien des rochers. En interagissant avec un matériau naturel, les joueurs ont accès à un QTE, qui consiste à trouver le bon angle afin d'extraire l'item en question (le retour haptique sur la DualSense s'active à ce moment-là et sert d'indice). Une mécanique sympathique, manette en main.

Toutes ces ressources sont catégorisées selon un code couleur, indiquant leur qualité : le vert représente le « convenable », le violet le « noble » et le jaune le « sublime ». Les collecter en très bonne qualité requiert, bien souvent, de se rendre à un endroit bien précis selon une certaine période de la journée ou selon une certaine météo (temps pluvieux...). Par exemple, pour obtenir de la mousse de rocher en sublime, il est impératif de rejoindre les montagnes flottantes, dans la Forêt des Kinglors, alors qu'il pleut.

Là encore, Avatar: Frontiers of Pandora a de bonnes idées : la cuisine, la récolte/cueillette et la chasse sont des éléments de gameplay bien amenés, bien pensés et font tout-à-fait sens avec l'univers. Cependant, ces activités peuvent devenir un peu ennuyantes à la longue, surtout si vous mettez un point d'honneur à faire toutes les quêtes annexes et si vous voulez avoir de bons équipements. Ce qui est nécessaire pour pallier la difficulté du jeu, qui est parfois très frustrante.

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Quelques points faibles, en revanche

Malheureusement, Avatar: Frontiers of Pandora n'est pas exempt de défauts, notamment en ce qui concerne les affrontements contre la RDA, qui ne bénéficie pas d'un bestiaire très varié comparé à celui de la faune et de la flore de Pandora. Le titre nous pousse quelque peu à l'infiltration. Toutefois, celle-ci est rendue difficile à cause d'une IA imparfaite : après avoir vu un corps au sol, un humain se met en état d'alerte et vous repère dans les secondes qui suivent, alors que vous êtes bien cachés. Ceci nous est arrivé à plusieurs reprises et peut être assez impactant, surtout quand il y a au moins trois hommes dans une machine, dotée d'artillerie lourde ou de missiles pouvant vous traquer sur plusieurs mètres, dans les alentours.

Tout cela est d'autant plus difficile si vous ne possédez pas le même niveau que celui indiqué dans la mission, et donc si vous n'êtes pas très bien équipés. Comme vous l'aurez compris, sur Avatar: Frontiers of Pandora, le niveau de notre personnage est lié aux équipements, aux armes, aux mods et aux compétences, et non pas à des jauges de points d'expérience à remplir. De ce fait, ne pas avoir le niveau requis, nous force, dans une certaine mesure, à effectuer des quêtes secondaires ou bien à farmer des ressources via la chasse ou bien la récolte pour confectionner, par la suite, les équipements adéquats

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À ce sujet, remarquons que le jeu de Massive Entertainment propose plusieurs paramètres en lien avec la difficulté des combats. Néanmoins, ce défaut se fait ressentir même si vous jouez dans la difficulté la plus basse.

De toute beauté ! 

Visuellement, sublime

Sur Avatar: Frontiers of Pandora, la beauté des environnements est réellement saisissante. D'ailleurs, nous avons été agréablement surpris de la diversité des paysages, qui changent véritablement entre les trois grandes zones du jeu : la Forêt des Kinglors (première région), les Plaines supérieures (deuxième région) et la Forêt embrumée (troisième région). À chaque fois, l'atmosphère générale change et apporte ainsi un peu de fraîcheur au fil de notre progression dans l'histoire principale. Par exemple, la troisième zone peut-être assez étouffante par endroits, à cause de la végétation dense, tandis que les Plaines supérieures offrent des espaces qui s'étendent à perte de vue et donc un certain sentiment de liberté.

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Comme nous avons pu le mentionner précédemment, le monde d'Avatar: Frontiers of Pandora fourmille également de grottes plus ou moins grandes, dans lesquels les plantes brillent de diverses couleurs. Mais aussi d'îles suspendues dans le ciel, qui sont tout à fait accessibles et parfois très jolies. En nous promenant avec notre ikran, nous sommes ainsi tombés sur une île volante plutôt conséquente, avec une étendue d'eau et une zone de forêt. Un endroit tout à fait sublime, comme bien d'autres sur le titre de Massive Entertainment et Ubisoft, qui raviront certainement la majorité et seront très probablement au centre de l'attention des férus de photographie virtuelle (un mode Photo est, d'ailleurs, disponible sur le soft). L'ensemble étant grandement mis en valeur grâce à une interface très épurée, qui n'affiche que le strict minimum à l'écran.

En ce qui concerne la direction artistique et la qualité visuelle, nous sentons que les développeurs ont voulu rendre honneur aux productions cinématographiques, et c'est une franche réussite ! Les musiques ne sont pas en reste non plus.


Un plaisir auditif

La bande originale de Avatar: Frontiers of Pandora, qui est notamment composée par Pinar Toprak, est tout aussi réussie. Les musiques, fidèles à l'univers et à son ambiance, accompagnent très bien tout ce qui se passe à l'écran et apportent une certaine profondeur à l'aventure. Mention spéciale pour les morceaux « The People's Cry (Main Theme) », « Wild Sky », « First Fly » et « New Beginnings », pour ne citer que ces exemples. Nul doute que la bande originale d'Avatar: Frontiers of Pandora finira dans les playlists des joueurs et des joueuses, qui aiment écouter des musiques issues de jeux vidéo, en dehors de leurs sessions.

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De petits problèmes techniques

Au cours de nos parties sur Avatar: Frontiers of Pandora, nous avons été témoins de légers problèmes visuels, à savoir du clipping par endroits et un peu de popping, principalement après le chargement de notre sauvegarde. Fort heureusement, le tout ne durait qu'une poignée de secondes et revenait très vite à la normale. Qui plus est, l'application s'est soudainement arrêtée à une occasion et nous avons eu, à deux ou trois reprises, des difficultés à inviter notre ami à rejoindre notre session. En dehors de cela, la version PS5 d'Avatar: Frontiers of Pandora est aussi stable que fluide, et offre ainsi une bonne expérience de jeu.

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Conclusion

7.5 Avatar: Frontiers of Pandora est un bon jeu d'action-aventure, plongé dans l'univers de James Cameron, et donc une bonne adaptation vidéoludique, mais pas tout-à-fait excellente/parfaite. Le titre de Massive Entertainment et Ubisoft plaira aussi bien aux fans des productions cinématographiques qu'à celles et ceux qui ne les ont pas vu.

Avatar: Frontiers of Pandora propose une histoire assez classique, qui manque à quelques endroits de moments véritablement épiques, mais qui est suffisamment efficace pour vouloir en voir la fin. Nous regretterons tout de même l'écriture de certaines quêtes principales et secondaires qui nous a semblé en deçà et donc bien moins intéressantes.

En ce qui concerne le gameplay de Avatar: Frontiers of Pandora, il y a, là encore, de bonnes idées et de moins bonnes mais surtout une pluralité de mécaniques, dont la majorité fait sens avec l'univers. Le tout étant dans un monde ouvert vaste qui n'est pas avare en activités annexes et points d'intérêt, mais qui est un peu trop riche. L'IA est, néanmoins, loin d'être parfaite et rend l'infiltration trop difficile.

Avatar: Frontiers of Pandora profite d'une direction artistique magnifique et d'une bande originale des plus plaisantes pour les oreilles. La version PS5, qui met très bien en valeur le jeu et son gameplay, est satisfaisante car elle ne souffre que de légers problèmes, qui seront, très probablement, corrigés à l'avenir.
  • +Une histoire qui ne demande pas nécessairement d'avoir vu les films...
  • +Un monde ouvert vaste rempli de choses à faire...
  • +Des séquences qui font leur petit effet...
  • +Des mécaniques de gameplay bien pensées...
  • +Une direction artistique absolument sublime
  • +Une bande originale magnifique
  • +Une version PS5 plutôt satisfaisante...
  • +Une ambiance générale fidèle aux œuvres de James Cameron
  • -... mais une écriture avec des hauts et des bas
  • -... peut-être un peu trop
  • -... mais un manque de scènes vraiment épiques
  • -... un peu redondantes tout de même, par moments
  • -Un bestiaire moins diversifié pour la RDA que celui de la faune et la flore
  • -Une IA loin d'être parfaite
  • -... malgré de légers soucis visuels
  • -Une difficulté parfois injuste

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