Dans le cadre de son initiative visant à revitaliser les classiques, Nintendo s'attaque aujourd'hui à un épisode emblématique de la série Paper Mario : La Porte Millénaire. Après avoir passé plusieurs heures à explorer ce jeu, voici notre avis final.
Conditions de test
- Console utilisée : Nintendo Switch OLED
- Manette utilisée : Joycons classiques / Manette PDP Realmz
- Temps de jeu : 16 heures (jeu non terminé et test en mesure d'évoluer)
- Nous n'avons pas joué au titre éponyme initial. Cet article n'y fera donc jamais référence ou comparatif.
L'heure est à la Peach au trésor
Si l'enlèvement de la
princesse Peach est au cœur de l'univers, force est de constater qu'il s'agit presque d'une quête annexe pour
Paper Mario : La Porte Millénaire. En effet, notre célèbre plombier moustachu est sollicité par la Princesse pour l'assister dans une chasse au trésor, après qu'elle ait découverte une carte légendaire, qui débute à Port-Lacanaïe.
Malgré sa détermination, notre héros finit par arriver sur place, mais la Princesse est absente. Il apprend toutefois l'existence des
Gemmes Étoiles et décide de se lancer dans la quête de ces trésors légendaires, dans l'espoir d'en apprendre davantage sur la disparition de
Peach.
Sans surprises, le premier contact avec le titre est très coloré, à l'effigie de ce que nous propose Nintendo depuis les nouveaux titres Mario. La direction artistique est lissée pour convenir autant à l'utilisation portable que dockée de la console. Le plus grand changement se situe dans l'esprit « papier » de l'opus, propre à cette licence, qui mène vers
une dynamique différente bien que tout aussi intéressante.
Une colorimétrie sans pli
C'est ainsi que le décor, à l'instar des personnages du jeu, se plie et déplie à convenance. Entre origami et patrons, chaque avancée dans le titre propose
son lot de surprises que l'on prend plaisir à découvrir. Il ne faut pas hésiter à penser différemment pour éviter d'être leurrer par un champ de vision étriqué ou une profondeur de champ mal étudiée. Un poteau peut en cacher un autre tandis qu'un alignement de décors est en mesure d'offrir un effet d'optique cachant passages secrets ou éléments à récolter. C'est ainsi que nous sommes
en constante recherche de zones cachées ou même d'un élément de décor destructible. Si dans le fond ce concept est intéressant,
Nintendo ne transforme pas l'essai et adopte une histoire assez linéaire où peu de choix se présentent à vous. C'est d'autant plus frustrant que de nombreux éléments se laissent écraser ou détruire.
A contrario, l'univers du jeu est riche et varié tandis que chaque monde propose une atmosphère unique et
des personnages aussi emblématiques que mémorables. Cette diversité parvient à maintenir notre intérêt à flot, bien que certaines sections souffrent d'une longueur scénaristique. Malgré ces petites réserves,
Paper Mario : La Porte Millénaire demeure un RPG d'action charmant et divertissant, où la quête des Gemmes Étoiles se double d'une aventure pleine
d'agréables surprises.
Charmante compagnie
Nous incarnons majoritairement Mario, et de temps en temps quelques surprises que nous vous laissons le soin de découvrir, qui sera accompagné, à mesure de son aventure, par des protagonistes, plus ou moins symboliques, en mesure de l'aider dans sa progression. En effet,
chacun dispose de caractéristiques et compétences particulières, tant sur scène que lors de votre voyage,
partagée entre le gameplay et l'information, pour permettre d'atteindre des zones spécifiques, activer des blocs, venir à bout de certains ennemis, etc. Notez tout de même qu'un seul personnage peut accompagner Mario bien qu'il soit possible de changer à tout moment, même en combat, afin de s'adapter à la situation.

Pour finir, si Mario évolue à mesure des gains de « PE » lors des combats, vos compagnons demanderont une ressource spécifique, les
« soleils » pour évoluer qu'il faudra donner en échange à l'un des personnages de Port-Lacanaï.
Tous en scène
Vous l'aurez compris,
Paper Mario : La Porte Millénaire propose une histoire bien pensée, agrémentée de combats, plateformes, jeux de réflexion et autres défis. Les points de difficulté du titre se manifestent principalement à travers des épreuves de mémoire et de réflexion, contrairement aux combats. Ces derniers, bien qu'essentiels pour la progression et offrant un affrontement original en forme de pièce de théâtre, ne présentent pas une grande difficulté.
La majorité des adversaires disposent d'un nombre de point de vie très limité et les combats ont tendances à
devenir redondants. Découvrir les compétences de chaque personnage et leurs actions spéciales est intéressant, mais l'ensemble devient rapidement répétitif, surtout avec la réapparition des monstres après les sauvegardes.

Il est néanmoins captivant de noter la mise en scène des combats, qui surprend parfois en outrepassant les règles habituelles. En général,
les combats ne se déroulent pas directement sur la carte, mais par le biais d'une pièce de théâtre séquencée, dont
l'entrée dépend de la confrontation entre notre héros et l'ennemi, qu'elle soit volontaire ou non puisque ces derniers se déplacent librement sur les tableaux parcourus.
Il est d'ailleurs possible de les esquiver ou de prendre l'initiative du combat pour obtenir un coup d'avance au début de l'affrontement. Vous disposez
de points de cœurs (PC) notifiant votre vie, des points de fleurs (PF) utiles pour lancer des compétences et des points étoiles pour les actions spéciales « ultimes ». En prime, à mesure de votre progression, vous pouvez équiper des badges, qui utilisent
des points de badges (PB), améliorant vos capacités ou donnant des compétences particulières.
Les badges s'obtiennent dans des coffres ou à l'achat en ville ou encore via des personnages spécifiques.
Pendant votre combat sur scène, selon les attaques, les décors peuvent se détacher et tomber sur vos alliés ou ennemis, tandis que le public influence la recharge de votre barre de sort spécial en fonction de ses réactions à vos actions. Les spectateurs peuvent également vous lancer des objets, bénéfiques ou nuisibles, vous obligeant parfois à descendre de scène pour frapper ledit spectateur. Finalement, la complétion d'un affrontement fait tomber au sol des pièces, utiles pour
échanger des objets aux vendeurs/aubergistes/marchands, et consommables à ramasser.
Le champi c'est la vie
En outre, l'aspect RPG de cet opus est assez restreint. Chaque personnage jouable ou antagoniste, sauf ceux possédant initialement des pouvoirs magiques, ne dispose d'aucun sort, et leurs équipements ne sont pas modifiables. Par exemple, Mario utilise toujours son célèbre marteau et
les koopas conservent leurs carapaces pour attaquer tandis que leurs sauter dessus les font se renverser. Bien qu'ils n'aient pas de sorts, à proprement parler, ils disposent de compétences liées à
leurs équipements d'origine. En sus, il vous faudra réaliser une commande spécifique pour faire des dégâts où l'échec les amenuisera allant même jusqu'à les annuler.
Tout se conforme à l'univers de Mario, y compris les objets : des champignons pour restaurer la vie ou des fleurs pour les points de compétences, entre autres. Notez que l'inventaire de notre plombier est également restreint, vous obligeant à utiliser fréquemment les objets ou à vous en débarrasser en cas de trop-plein. Rappelons que les combats sont assez faciles et que les points de sauvegarde pour restaurer les PC et PF sont nombreux, rendant rapidement l'utilisation des consommables moins essentielle.
Tout en péripétie, Mario se plie aux exigences du récit
Quoi qu'il en soit, ce ne sont clairement pas les combats qui font l'intérêt de cet opus, mais plutôt les péripéties annexes. Naviguant entre les mondes à la recherche des Gemmes Étoiles, nous découvrons des personnages emblématiques et diversifiés ainsi que des histoires parfois capillotractées. Les paysages variés, associés à l'aspect « papier », offrent un rendu 3D aussi charmant qu'intriguant. La progression de Mario à travers les niveaux est aisée, même dans les zones de plateforme,
Nintendo maîtrisant bien le concept.
À mesure que l'histoire avance, Mario se voit doter de compétences particulières, ayant un impact tantôt sur sa progression dans les mondes, tantôt sur les combats. Intelligemment intégrées, ces évolutions en deviennent intuitives et logiques. Quant aux interactions,
les dialogues sont simples, mais loin d'être enfantins, laissant parfois passer des blagues nécessitant des références ou de la réflexion pour en comprendre le fond. À cela s'ajoute quelques comiques de situation pour vous promettre une ambiance générale agréable et bienvenue.
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