Test Pacific Drive : Quand Road trip rime avec roguelite

Clémence Usseglio Publié par Clémence Usseglio
le 07 mars 2024 à 15h45
Nous avons eu l'opportunité de parcourir Pacific Drive, le jeu de survie et de conduite de Ironwood Studios et Kepler Interactive. Voici toutes nos impressions.
Test Pacific Drive : Quand Road trip rime avec roguelite

Conditions de test

  • Console utilisée : PS5.
  • Manette utilisée : DualSense.
  • Temps pour finir l'histoire principale : Entre 15 à 20 heures.
  • Temps de jeu : 18h.

Hit the road Jack

Le mystère de l'ARDA

Pacific Drive nous invite à incarner un personnage féminin dont le nom est maintenu secret, mais qui se retrouve surnommée « La nouvelle ». Une appellation qui fait référence au fait que nous nous retrouvons mystérieusement téléportée à l'intérieur de la Zone d'Exclusion Olympique (Nord-Ouest du Pacifique, États-Unis), un théâtre d'activités surnaturelles et un no man's land portant les stigmates d'expériences scientifiques de l'ARDA qui ont mal tourné, alors que nous ne passions pas loin en voiture. Évidemment, nous en apprenons un peu plus au sujet de ces expérimentations au fil des missions principales. Toutefois, nous ne vous en dirons pas plus afin de vous laisser la surprise entière, si vous décidez de passer le pas.

Ainsi, sur le titre de Ironwood Studios, l'objectif principal est, comme vous vous en doutez, de parvenir à s'échapper de cette région inhospitalière au possible. Ce qui n'est pas chose aisée tant cet espace se donne un malin plaisir à nous mettre des bâtons dans les roues (nous y reviendrons). Pacific Drive propose, ainsi, une durée de vie plus que satisfaisante : comptez 20 heures en ligne droite avec un peu d'exploration avant de voir les crédits du jeu, et plus de 30 heures afin de décrocher le tant convoité 100 % ou bien Platine. Sachez, d'ailleurs, qu'il est possible de continuer à jouer à Pacific Drive, même après avoir terminé l'histoire principale. Une aubaine pour les chasseurs et chasseuses de trophées/succès.

Miniature vidéo

Remarquons que les développeurs ont eu la bonne idée de laisser aux joueurs et aux joueuses l'opportunité de paramétrer leur expérience et de régler le niveau de difficulté. Par exemple, via les paramètres, nous pouvons désactiver les dégâts infligés au protagoniste, à la voiture ou encore amoindrir le taux d'objets perdus en cas de mort. Et encore il ne s'agit là que d'un échantillon des paramètres proposés.

Ces options sont véritablement les bienvenus, et conviendront à coup sûr à celles et celles qui ne souhaitent pas se prendre la tête. Néanmoins, il convient de noter qu'en activant certaines de ces options, l'obtention des trophées et succès liés au soft se retrouve, malheureusement, compromise.

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Dans tous les cas, pour réussir à s'échapper, il va falloir faire face à la Zone d'Exclusion Olympique et l'explorer intersection après intersection (comprenez « niveau »)... seul.

Une aventure solitaire et angoissante

Pacific Drive a le don de placer constamment le joueur dans une position inconfortable : nous sommes seuls dans la Zone. Hormis les trois scientifiques, c'est-à-dire Oppy, Francis et Tobias, qui nous guident via communication radio (la référence à Firewatch, le walking simulator et jeu narratif de Campo Santo, est plutôt évidente ici), c'est bien en solitaire et au volant de notre break que nous devons arpenter les chemins bitumés de cette région. D'ailleurs, à plusieurs reprises, nous nous demandons si ces scientifiques et la voiture sont dignes de confiance. En effet, nous apprenons très vite que notre break est un « Vestige », soit une entité surnaturelle qui a un lien fort avec son propriétaire... mais est-ce pour le meilleur ou pour le pire ?

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Ce sentiment de solitude est, par ailleurs, renforcé par le fait qu'au fil de nos excursions dans la Zone, nous nous apercevons que tout n'est que paysage de désolation et de dangers. Partout où nous regardons l'absence de vie humaine frappe. Autant dire que nous sommes très loin d'un road trip très tranquille à la Road 96, le jeu d'aventure du studio de développement DigixArt sorti en 2021 sur Nintendo Switch et PC, car avec Pacific Drive, c'est la survie qui prime.

La survie, avant tout

Un no man's land surnaturel et hostile

La Zone d'Exclusion Olympique de Pacific Drive est divisée en trois grandes régions, elles mêmes composées de plusieurs intersections : la première région est près de la bordure extérieure tandis que la dernière, dite Zone profonde, est beaucoup plus hostile que les précédentes, du fait de sa proximité avec le lieu où tout a commencé.

Ainsi, Pacific Drive propose une difficulté qui va crescendo. Lorsque nous arrivons à la Zone profonde, nous avons une meilleure appréhension des mécaniques et nous possédons plus de ressources (à condition d'avoir alloué du temps au farm, évidemment). Cela ne signifie pas, pour autant, que les dernières missions principales sont faciles. Maîtriser le gameplay de Pacific Drive demande un certain temps d'adaptation et de compréhension. Comme dit précédemment, sur Pacific Drive, nous sommes toujours sur le qui-vive à cause des diverses anomalies surnaturelles et dangers qui guettent chacun de nos miles.

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Arpenter la Zone d'Exclusion Olympique et progresser dans l'histoire exige de traverser une à une diverses intersections, qui sont générées de façon procédurale, et qui ont chacune leurs propres caractéristiques : dans certains cas, nous devons composer avec un brouillard épais, et dans d'autres, avec les ténèbres, qui plongent tout le niveau dans le noir. À cela s'ajoutent les anomalies, qui apparaissent sans crier gare et qui cherchent à mettre à mal votre santé ainsi que celle de votre voiture. Nous sommes, ainsi, témoins d'événements les plus étranges les uns que les autres : des scies sortent de terre, des machines s'accrochent à votre break et le transportent sur une certaine distance, des « ravisseurs » viennent vous subtiliser des pièces, des mannequins/touristes explosent à votre contact, des zones de corrosion apparaissent... et encore, nous ne vous dévoilons pas tout.

De ce fait, lors d'une run dans la Zone, nous passons notre temps à esquiver des dangers pour rejoindre la prochaine intersection ou le garage via un portail (que nous pouvons seulement traverser au volant de la voiture, et non à pied), qu'il est possible d'ouvrir à condition d'avoir récupéré des ancres disséminées ci et là dans le niveau. La myriade d'éléments dangereux fait que les trajets sont parfois un peu laborieux, et ce d'autant plus quand une tempête de radiations s'invite à la fête (après l'activation d'un portail), et vous pousse très brutalement vers la sortie pour survivre... si tant est que vous parveniez à l'atteindre rapidement au volant de votre break.
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En outre, durant les expéditions, nous devons sans cesse faire attention à l'état général du break, que ce soit le niveau de détérioration des éléments le composant (portières, pare-chocs, pneus, etc.) ou encore le niveau de batterie et la jauge d'essence. Si la voiture, dans son ensemble, est trop abîmée, sa protection est compromise et nous sommes, dès lors, susceptibles de subir des dégâts. Fort heureusement, le garage, qui est notre QG, nous permet de nous préparer au mieux et offre un repos salvateur, que ce soit pour notre fidèle alliée à quatre roues ou bien notre personnage.

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S.O.S, Garagiste !

Toutes les intersections de la Zone d'Exclusion Olympique comportent leur lot de bâtiments (caravanes métalliques, stations essence, etc.), de voitures abandonnées ou encore de coffres/caches, selon un taux plus ou moins élevé, que nous approchons à pied. Ces différentes structures permettent d'amasser une pléthore de ressources. Dans certains cas, il faut posséder l'outil adéquat pour les extraire : le grattoir donne la possibilité de récupérer de la ferraille tandis que le percuteur est là pour nous aider à ouvrir des portes ou ramasser du plasma en brisant des générateurs. Ces items, qui sont plutôt nombreux, sont nécessaires pour fabriquer des objets ou encore des pièces de voiture via l'établi, une fois de retour au garage.
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Le garage fait, ainsi, office de HUB central où nous réparons le véhicule, où nous faisons le plein (carburant, batterie - ce qui est, heureusement, gratuit), où nous soignons le protagoniste et où nous déterminons le trajet de notre prochaine excursion dans la Zone. En progressant, nous débloquons également la station de fabrication, qui permet d'apprendre de nouveaux plans de construction. C'est grâce à cette structure que nous apprenons à crafter des pièces plus robustes (portières en plomb, pneus tout terrain, pour ne citer que ces deux exemples), que nous accédons à des outils plus performants ou que nous améliorons les espaces de stockage (casiers du garage, coffre du véhicule).

Tout cela exige, bien évidemment, de posséder les ressources adéquates et surtout de l'énergie, provenant des ancres ramassées dans les niveaux et ingérées par l'ARC, placée sur le siège avant du break. La station de fabrication ressemble en quelque sorte à un arbre de compétences. Cette structure, qui est très importante dans le gameplay et son évolution, est très intéressante et peut s'avérer être un véritable élément « game changer » si utilisé correctement et à bon escient.
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Pour l'une des dernières missions principales, il est obligatoire de débloquer un plan de construction bien spécifique. De notre côté, nous ne possédions pas les items demandés pour fabriquer l'objet en question. Nous étions, de ce fait, obligés d'effectuer quelques allers-retours dans les intersections, seulement pour collecter les matériaux exigés. Cela peut être un peu pénible, surtout quand la ressource en question n'est trouvable que dans les intersections de la dernière zone, et qu'il faut donc en traverser trois à quatre autres avant pour y accéder. Jouer à Pacific Drive, c'est donc être prêt à farmer.

Dans le garage, nous avons également l'occasion d'améliorer, ou en tout cas renforcer, la protagoniste, notamment via la station de ravitaillement, qui nous permet d'accéder à des sacs à dos plus grands, à des vêtements protégeant des radiations, par exemple. Ce HUB est aussi composé d'une structure qui analyse les bizarreries dont est affectée la voiture. Cela exige d' « écouter » son véhicule pendant les trajets et d'émettre les bonnes hypothèses, au moment de l'analyse. Dans notre cas, au début du jeu, lorsque nous actionnions le levier de vitesse pour passer en mode parking, la portière avant droite s'ouvrait automatiquement et instantanément. Une fois cette bizarrerie diagnostiquée, nous étions en mesure de la réparer. Comme vous l'aurez compris, le break n'est pas infaillible et est autant affecté par l'environnement que vous l'êtes, voire plus étant donné qu'il fait office de barrière/rempart pour la protagoniste si son niveau de protection est bon. 

Mentionnons, en outre, la station d'entretien, qui nous donne la possibilité de personnaliser l'apparence extérieure et intérieure du véhicule. Au gré de nos pérégrinations dans la Zone, nous avons, effectivement, l'opportunité de récupérer des peintures, des stickers, des objets pour le tableau de bord ou encore des leviers de vitesse et des volants customisés. Cet ajout est plutôt fun et permet à chacun de s'approprier davantage le véhicule.

Via le garage, nous prenons pleinement conscience des choix opérés par les développeurs de chez Ironwood Studios en ce qui concerne la direction artistique globale du soft, qui mélange deux styles distincts mais complémentaires.

Mémorable ! 

Une direction artistique et bande originale marquantes

L'inspiration à Firewatch ne transparaît pas seulement par l'outil narratif qu'est la communication via radio avec les scientifiques, mais aussi dans la direction artistique. Le modélisme des structures et des environnements fait indéniablement penser au titre de Campo Santo, et bien d'autres qui adoptent un style similaire. D'ailleurs, Ironwood Studios a réussi avec brio à créer diverses atmosphères, notamment dans les intersections et régions à traverser. Par exemple, la première zone est assez « bucolique » (version post-apocalyptique, bien sûr) tandis que la dernière est très sombre et mortifère. Dans d'autres intersections, nous faisons face à des zones marécageuses. En alternant ces ambiances, Pacific Drive parvient à nous accrocher et cela a tendance à alléger la dimension quelque peu répétitive de la boucle de gameplay.

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À contrario, les différents menus du jeu adoptent un style plus rétro-science-fiction (si vous nous permettez ce néologisme). L'aspect un peu old school de certaines interfaces donnent un charme à l'ensemble, si tant est que ce choix artistique plaise un minimum. Mention spéciale pour le tableau de bord du véhicule, qui est très travaillé et qui offre toutes les informations nécessaires en un coup d'œil (jauge de carburant, niveau de la batterie, etc.), et ce de façon assez ludique. Sur ce point, nous regrettons tout de même le positionnement de la carte, via l'ARC, placé sur le siège passager avant, et qui demande de tourner la tête et donc de détourner son regard de la route pendant un bref instant... quelques secondes qui peuvent porter préjudice, malheureusement. La map peut également manquer de lisibilité, par moments, notamment en cas de radiations.

Pacific Drive, c'est aussi une bande originale réussie. Celle-ci propose quinze pistes musicales composées par Wilbert Roget, II, qui a travaillé sur la bande-son de Mortal Kombat 11, Call of Duty: WWII ou encore Helldivers 2, pour ne citer que trois exemples. Les bruitages, qui font indéniablement monter la jauge de stress/d'inquiétude, ne sont pas en reste non plus. Nous avons tout autant apprécié le doublage en V.O.

Une version PS5 qui met les gaz

Nous avons testé Pacific Drive sur la dernière console de Sony, la PS5. Autant le dire tout de suite, nous n'avons pas été déçus, loin de là même. Cette version offre des temps de chargement assez courts et une bonne fluidité, dans l'ensemble. À quelques endroits, nous avons eu de petits ralentissements, en raison du nombre d'éléments chargés par le jeu, mais rien de bien grave et impactant en soi. Nous n'avons pas non plus subi de crash d'application avec le titre de Ironwood Studios.

Le véritable point fort de cette monture de Pacific Drive réside dans l'utilisation des fonctionnalités de la manette PS5. Que ce soit via les vibrations et les gâchettes adaptatives de la DualSense, tout y est pour que nous ressentions ce qui se passe à l'écran et pour que nous fassions corps avec notre break. Un point qui nous a agréablement surpris, et ce de A à Z. Nous ne saurions que vous recommander de parcourir la Zone d'Exclusion Olympique et partir à la découverte de tous ses secrets avec la version PS5 de Pacific Drive.

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Conclusion

8 Pacific Drive est un jeu qui marque par son concept très original. Fort de sa direction artistique, qui mélange plusieurs styles, de ses multiples ambiances et de sa bande originale réussie, le titre de Ironwood Studios est accrocheur.

Pacific Drive n'est, évidemment, pas exempt de défauts. La boucle de gameplay est intéressante, mais parfois un peu redondante, surtout en ce qui concerne le farm et les trajets vers certaines intersections clés qui peuvent paraître longs. Les interfaces sont majoritairement réussies, hormis la carte, dont la position peut gêner par moments.

Pacific Drive est le premier jeu de Ironwood Studios, et c'est une belle réussite dans l'ensemble.
  • +Un concept qui ne manque pas d'originalité.
  • +Diverses atmosphères à travers les régions de la Zone.
  • +Un gameplay diversifié et intéressant...
  • +Plusieurs styles artistiques pour un ensemble réussi.
  • +Une très bonne bande-originale.
  • +Une excellente version PS5, avec les fonctionnalités de la DualSense.
  • +Une durée de vie correcte.
  • +Une histoire suffisamment prenante pour avoir envie de progresser.
  • -La longueur de certains trajets, surtout en end-game.
  • -Le positionnement de la carte qui peut faire défaut.
  • -... mais qui peut se montrer répétitif.

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