Nous avons eu l'occasion de parcourir Senua's Saga: Hellblade II, la suite d'Hellblade : Senua's Sacrifice. Voici toutes nos impressions sur ce nouvel opus signé Ninja Theory.
Conditions de test
- Version : PC (Microsoft Store)
- Manette utilisée : Xbox Series
- Temps de jeu : Un peu plus de 8 heures
Nous avons parcouru Hellblade II via un produit reçu permettant de jouer au titre aussi bien sur Xbox Series que sur PC Windows. Comme indiqué précédemment, nous avons opté pour la version PC. Après plusieurs minutes passées dans les réglages, notamment dans l'onglet « Graphismes », et quelques essais, nous avons choisi « Qualité » pour la résolution et avons sélectionné « Activité + boost » pour le NVIDIA Reflex. À quelques reprises, nous avons eu des baisses de framerate, plus ou moins importantes.

Par ailleurs, voici la configuration de notre PC, soit celui que nous avons utilisé pour jouer à Hellblade II :
- Système d'exploitation → Windows 11 64 bit
- Mémoire vive → 16 Go de mémoire
- Processeur → AMD Ryzen 7 5800X 8-Core 3.80 GHz
- Carte graphique → NVIDIA GeForce RTX 3070
Avertissement préalable
Senua's Saga: Hellblade II est classé PEGI 18, dû fait de son sujet principal, mais aussi de ses thématiques sous-jacentes. Les joueurs et les joueuses qui ont parcouru le premier opus, Hellblade : Senua's Sacrifice, le savent déjà, mais, dans la licence façonnée par Ninja Theory, Senua est psychotique. Comprenez par là que
la protagoniste est sujette à des hallucinations aussi bien auditives que visuelles. En tant que joueur, nous percevons tout cela et rien n'est filtré. Ce qui peut rendre l'expérience vidéoludique dérangeante, ou tout du mois malaisante.
En plus de cela,
Hellblade II propose des séquences qui peuvent être un peu dures, que ce soit à cause de la mise en scène, des propos énoncés ou bien de la thématique traitée. De ce fait,
le titre de Ninja Theory n'est pas à mettre dans toutes les mains et pourrait ne pas convenir à certains d'entre vous. D'ailleurs, avant même d'arriver dans le menu principal du jeu, un avertissement, visant à prévenir la communauté, s'affiche à l'écran (nous vous le mettons ci-dessous, pour que tout cela soit plus clair). D'ailleurs, pour ce test, nous avons trié les captures d'écran prises durant nos sessions de jeu sur Hellblade II, afin de ne pas heurter plus que de raison nos lecteurs.
Senua, porteuse d'espoir
Hellblade II est, comme dit précédemment, la suite de Senua's Sacrifice : Hellblade, sorti en 2017 sur PC et PS4 puis sur Xbox One et Nintendo Switch. Toutefois, sachez qu'il n'est pas forcément nécessaire d'avoir fait le premier opus de la licence de Ninja Theory pour plonger dans celui-ci car
l'histoire d'Hellblade II se déroule dans un tout nouveau lieu et ne fait que très rarement référence aux premières aventures de Senua. À ce propos, Ninja Theory a partagé une vidéo retraçant les événements majeurs du premier titre, afin que les nouveaux joueurs et joueuses ne soient pas totalement perdus.
Ainsi,
sur Hellblade II, nous retrouvons Senua (toujours jouée par Melina Juergens)
sur un navire, qui a été faite prisonnière par des esclavagistes. À la suite d'une forte tempête, la laissant quasiment pour seule survivante, la protagoniste se retrouve propulsée sur les rivages d'Islande, une terre aussi sauvage que dangereuse.
Bien décidée à sauver les victimes des esclavagistes et donc de la tyrannie, Senua débute alors un périple, constitué d'énigmes, de combats, de rencontres et surtout... de ténèbres. Toutefois, nous ne vous en dirons pas plus afin de vous garder la surprise entière.
Hellblade II propose une aventure assez linéaire, qui est composée de six chapitres au total et qui se boucle en moins de 10 heures de jeu (8 heures, de notre côté). Cette durée de vie peut paraître assez courte. Or, en réalité, elle est amplement satisfaisante et correcte tant
ce périple ne vous laissera pas de marbre et peut être assez épuisant mentalement (pas dans le mauvais sens du terme). À titre de comparaison, rappelons que terminer Hellblade : Senua's Sacrifice demandait environ 8 heures de jeu. Nous avons trouvé que certaines séquences étaient un peu longues. Néanmoins, celles-ci apportaient beaucoup de sens à l'aventure et à l'histoire, donc cela est tout à fait pardonnable.
Notons qu'après avoir terminé une première fois Hellblade II, vous débloquez les narrateurs alternatifs « Les Autres ». Cet élément bonus permet de refaire l'aventure tout en profitant de nouvelles lignes de narration prononcées par les personnages secondaires (Thórgestr, etc.). En outre, en trouvant et en activant tous les totems du savoir, nous déverrouillons un autre narrateur alternatif, à savoir Druth, qui est déjà présent dans le premier opus de la licence.
Ces ajouts apportent un peu de rejouabilité et plairont à coup sûr aux joueurs et aux joueuses qui désireront relancer une partie sur Hellblade II et qui seront surtout prêts à le refaire. |
Hellblade II a un gameplay un peu plus tronqué, en un sens, que son aîné, mais davantage peaufiné sur certains points.
Un périple psychologique, avant tout
Hellblade II est, avant toute chose, un périple psychologique, qui possède un gameplay assez basique. Ainsi,
ce deuxième opus propose toujours des énigmes environnementales. De ce fait, à plusieurs reprises, nous devons faire coïncider un symbole, inscrit sur une sorte de porte et apparaissant ensuite en surimpression sur l'écran, avec des parties de celui-ci cachées dans les décors. À cela s'ajoutent des casse-têtes prenant la forme de bulles flottantes dans les airs ou bien de braseros à allumer/éteindre. Ainsi, en manipulant ces éléments grâce à la faculté de « Concentration » de Senua, et ce selon un ordre bien précis, nous révélons des passages dans les décors ou bien nous changeons la position d'une plateforme. C'est relativement simple, d'autant plus que ces parties sont mises en surbrillance grâce à un effet de couleurs.
Toutes les énigmes disponibles dans Hellblade II, qui sont bien moins nombreuses que dans Hellblade : Senua's Sacrifice, ne sont vraiment pas difficiles à résoudre. Ces mécaniques ne sont en rien compliquées car, en observant correctement l'environnement et en jouant avec les perspectives, nous trouvons très facilement le symbole en question ou bien le passage à emprunter pour progresser.
En ce qui concerne les combats, soit l'autre pendant de gameplay du soft,
Ninja Theory a décidé de peaufiner cet aspect en ne proposant que des affrontements se jouant en 1 versus 1 (face à face dans une zone, qui fait office d'arène). Ainsi, combattre les ennemis, qui sont peu variés (esclavagistes, draugr...), est plus simple mais aussi plus viscéral et le tout est très bien chorégraphié. À ce sujet, remarquons que le gameplay lié au combat se veut intuitif et plutôt classique dans son approche : Senua peut effectuer une attaque rapide, une attaque lourde mais peut aussi esquiver ou bien parer les coups adverses. En plus de cela, très tôt dans l'aventure, nous récupérons un miroir, qui permet de ralentir le temps, une fois qu'il est pleinement chargé. Cette mécanique est relativement intéressante, manette en main, et tend à rendre les affrontements un tantinet plus faciles.

En revanche,
certaines séquences, notamment contre les « boss », nous ont beaucoup surpris et plu, étant donné que celles-ci apportent un peu d'originalité et de fraîcheur à l'ensemble. Mentionnons également les quelques collectibles à récupérer, notamment les totems de savoirs et les visages cachés, qui sont disséminés aux quatre coins des zones non ouvertes du jeu. Ces éléments sont liés à des succès et doivent donc être trouvés pour débloquer le 100 % du titre.
La boucle de gameplay d'Hellblade II n'est donc que très peu variée, et ce à juste titre. En effet, le soft de Ninja Theory n'a pas pour vocation de proposer un gameplay révolutionnaire et riche.
Hellblade II est, avant tout, un jeu narratif et linéaire, qui partage un message fort.
Le tout étant mis en avant par un travail esthétique et auditif des plus exemplaires.
Plus qu'un jeu vidéo, une expérience
Hellblade II, tout comme Hellblade : Senua's Sacrifice, profite d'un sound design tout simplement extraordinaire : les voix que Senua entend (nommées « Furies ») chuchotent constamment dans nos oreilles (VOSTFR, seulement). Tantôt elles encouragent Senua, tantôt elles la découragent. Parfois, elles aident la protagoniste, d'autres fois non. Elles renforcent surtout le sentiment d'oppression que nous pouvons ressentir en tant que joueur. Mais, elles ne sont pas les seules.
Tout au long de l'aventure,
d'autres voix viennent murmurer des choses à Senua. Nous pensons, notamment, à celle rauque d'une « Ombre », guettant les pas de l'héroïne, celle plus mystérieuse du peuple Huldufólk mais aussi les cris d'agonie des morts, qui jonchent le chemin.
Tout est réalisé avec une telle justesse que nous vivons réellement tout ce que ressent Senua. D'ailleurs, il est fortement conseillé de parcourir Hellblade II avec un casque audio. Si le périphérique est doté d'une spatialisation 3D du son, le rendu sera d'autant plus immersif et permettra de vivre une véritable expérience sensorielle. Les bruitages et sons émis par les créatures sont tout autant capturés avec précision.
Les musiques sont des plus réussies : elles distillent de la profondeur à ce qui se déroule sous nos yeux et peuvent être très rythmées, comment celles pour les combats. Mention spéciale pour celle se manifestant lors de l'affrontement contre le premier « boss », qui a littéralement fait frissonner. En plus de sa bande sonore,
Hellblade II surprend par son réalisme et sa beauté, qui sont aussi fascinants qu'angoissants.
Développé sous le moteur Unreal Engine 5, Hellblade II est, très certainement, l'un des plus beaux jeux disponibles sur le marché, à l'heure actuelle. Le réalisme des visages est époustouflant. Notre PC étant équipé d'une carte graphique NVIDIA GeForce RTX 3070, il y a de grandes chances que le jeu soit encore plus beau sur un meilleur périphérique ou bien sur une télévision OLED, qui permettraient d'avoir un rendu encore plus sublime.
L'aventure est, d'ailleurs, très cinématographique. Cela transparaît, par exemple, via les plans sur les paysages qui marquent une transition entre certains chapitres ou sous-chapitres, via les cinématiques ou encore via les positions prises par la « caméra ». Ainsi,
nous avons réellement l'impression d'être devant un film et non un jeu vidéo.
Sur Hellblade II, les jeux de lumière et la palette de couleurs influent grandement sur nos ressentis et contribuent, de ce fait, beaucoup à l'ambiance générale : les espaces en extérieur, qui profitent de la luminosité du soleil, apportent une certaine bouffée d'air frais tandis que les endroits cloisonnés et dotés de couleurs froides renforcent le sentiment d'angoisse. D'ailleurs, le jeu propose, très souvent, des sortes de plongées vers l'horreur car, parfois, les couleurs changent très rapidement et affichent une teintée bleutée, pour un rendu malaisant et terrifiant. Sans oublier, quelques effets de surimpression sur l'écran, se manifestant tantôt par des marques rouges tantôt par des effets de mise en relief d'éléments, qui accentuent grandement l'aspect surnaturel de séquences clés ou bien l'horreur de certaines scènes. Et encore, nous vous passons les cinématiques où l'épouvante est pleinement figurée à l'écran, et non simplement suggérée.
Le travail de Ninja Theory sur Hellblade II est tout bonnement colossal et nous ne pouvons que saluer les efforts fournis sur le plan esthétique et auditif. Par ailleurs, comme vous le savez probablement déjà, le studio de développement a utilisé la Motion Capture pour Hellblade II, pour apporter un rendu encore plus réaliste à l'expérience vidéoludique.
Le jeu de Melina Juergens, qui était monteuse vidéo avant de devenir l'incarnation de Senua à l'écran,
est exceptionnel. Nul doute qu'elle gagnera une nouvelle fois un Award (si ce n'est pas le cas, ce serait grandement étonnant). Les autres acteurs et actrices fournissent également une très bonne interprétation.
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