Assassin's Creed Origins

Assassin's Creed: Origins : le renouveau tant attendu ?

Publié le  par Sam Bourguet
Après une année de pause, sans jeu Assassin's Creed, les fans attendaient Origins au tournant, estimant pour beaucoup que si Ubisoft échouait sur ce dernier, la saga en pâtirait sévèrement. Le jeu est-il ce qu'Ubisoft nous vendait dans les multiples trailers et interviews le concernant ? Rend-il honneur à la saga sans pour autant la dénaturer ? Et au-delà de ces éléments, le jeu est-il un des meilleurs que la série ait pu nous livrer ? À lire également
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Un voyage convaincant dans l'Égypte Antique

Après un Assassin's Creed: Syndicate décevant d'un point de vue scénaristique, ce nouvel opus de la saga nous offre un postulat alléchant : partir en voyage dans des contrées encore inexplorées par les autres jeux de la série, qui sont celles de l'Égypte Antique, et découvrir les origines de la confrérie des assassins. Partant de la petite ville de Siwa, vous découvrirez peu à peu diverses zones, dont l'imposante cité d'Alexandrie, des îles diverses et variées ou encore les vastes déserts du pays.

Le jeu réussit avec brio à combiner trois points narratifs primordiaux au cours de son histoire ; les missions secondaires, l'aventure et la quête de rédemption du héros, Bayek, et de sa femme, Aya, ainsi que la grande histoire Antique, avec des personnages mythiques, comme le plus célèbre Empereur de la Rome Antique, Jules César, ou la non moins fameuse Cléopâtre. Le tout s'incorpore et s'enchaîne ainsi avec une fluidité déconcertante et offre au joueur l'envie de s'aventurer plus loin dans les terres désertiques d'Egypte et dans l'histoire proposée par le jeu.

Les personnages ne sont eux aussi pas dépourvus de points forts : les émotions, les ressentis et les caractéristiques comportementales de ces derniers ne semblent pas outrancières, ce qui offre un réalisme à l'histoire, et accentue l'attachement que peut éprouver le joueur vis-à-vis des protagonistes, puisque ce dernier peut s'identifier plus simplement aux héros présentés. La dichotomie du bien et du mal, malgré sa présence à de multiples reprises et dans une grande partie de la trame scénaristique, comme dans la majorité des œuvres issues de l'univers du jeu vidéo, n'est pas évidente et Bayek, qui doit censément être un personnage bon, possède aussi ses zones d'ombre : il est parfois présenté par le jeu, explicitement ou d'une manière plus subtile, comme un tueur sanguinaire ayant pour seul objectif sa vengeance et la satisfaction de ses objectifs.

On notera également le retour d'un élément longtemps déploré par les fans d'Assassin's Creed : les phases de jeu ancrées dans la réalité. Pour les néophytes de la saga, un petit résumé s'impose : les personnages que l'on incarne à travers les différentes périodes historiques ne sont en fait que des souvenirs revécus à l'aide d'ADN provenant des descendants de ces derniers. Ainsi, une personne est positionnée dans une machine, dénommée Animus, et revit des moments majeurs de la vie des membres les plus notoires de la guilde des assassins, en l'occurrence, Bayek et Aya.
Cependant, la désillusion est brutale et s'instaure vite : les phases en dehors de l'Animus sont souvent bien en dessous des phases de jeu où l'on incarne nos héros antiques, tant par leur gameplay que par leur histoire, et on ne souhaite qu'une chose : retourner au plus vite aux côtés de Bayek et d'Aya.

Ainsi, l'histoire n'atteint certes pas une qualité de narration paroxystique, en comparaison avec d'autres jeux actuels, mais réussit à captiver le joueur grâce à une intrigue basique mais néanmoins bien ficelée, et des personnages divers, attachants et bien écrits.

Le renouveau tant attendu ?

Un des arguments sur lesquels était basée la communication autour d'Assassin's Creed: Origins était le suivant : le jeu semblait apporter un vent de renouveau sur la licence, notamment en terme de gameplay. La question que les fans sont en droit de se poser est la suivante : qu'en est-il ?

On constate en effet, et ce dès les premières minutes de notre aventure, que les méthodes de jeu ont bien évolué sur différents points : fini les combats basés sur le timing où les ennemis attaquent tour à tour, adieu à l'infiltration simplifiée, bonjour aux combats nerveux et techniques façon Bloodborn ou The Witcher III, salutations à l'infiltration plus technique et à l'intelligence artificielle qui vous repère à une distance accrue et vous poussent ainsi à considérer les moindres de vos déplacements.
Grâce à ces ajouts majeurs, le joueur ressent un véritable challenge en combattant un boss ou en tentant de s'infiltrer dans un fort, ce qui change radicalement de ce qu'Ubisoft avait l'habitude de nous servir depuis quelques années. Les ennemis écopent également de niveaux chiffrés, comme dans Unity, ainsi que de points de vie, éléments qui prennent une place primordiale au cours du jeu : les ennemis avec un niveau plus élevé que le vôtre sont bien plus compliqués à battre, et une simple attaque furtive à la lame secrète ne peut, au mieux, que les affaiblir légèrement. Pour la première fois depuis quelques temps dans un Assassin's Creed, battre un boss ou assassiner discrètement une cible est devenu absolument grisant et jouissif.

Le système de loot et de personnalisation de votre arsenal est également très bien géré par le jeu : pour améliorer votre armure ou votre lame secrète, vous serez contraint de chasser, afin de récolter des matières diverses, nécessaires à l’accroissement du niveau des équipements énoncés précédemment. Deux manières de récupérer de l'équipement, comme la quantité foisonnante d'armes ou le bouclier, sont également mises à la disposition du joueur : en tuant des ennemis, il se peut que vous trouviez des armes, de bonne ou de mauvaise facture, ainsi que des outils, comme par exemple des flèches. Dans diverses zones sont également disséminés des coffres, contenant parfois des équipements.
Pour les moins grands amateurs de risques, les forgerons sont également disponibles à divers endroits du jeu, et vous permettront de vendre des objets désuets par rapport à votre niveau, d'en améliorer ou même d'acheter de nouvelles armes et boucliers.

L'arbre de compétences, point déjà introduit préalablement dans Assassin's Creed: Unity, prend également une ampleur phénoménale : trois branches se rejoignent, offrant des possibilités d'approches totalement différentes au joueur. Ainsi, vous pouvez opter pour l'infiltration, l'utilisation des divers modèles d'arcs, le combat frontal ou l'utilisation des différents  gadgets mis à votre disposition, comme les fumigènes et autres bombes. Il est également possible d'opter pour un des compromis et un personnage équilibré, grâce à certaines compétences transitoires qui relient les arbres entre eux. Le choix est tellement vaste que, bien souvent, vous vous verrez hésitant devant cet arbre de compétences, ne sachant pas quelle amélioration acquérir. Le joueur est ainsi libre de choisir son approche au cours du jeu et de se lancer dans les missions comme bon lui semble ce qui, je vous le concède, est un véritable bonheur.

Le parkour, grand classique de la série, est également mieux mis en scène que jamais, bien que sa place soit moins importante, de par l'architecture moins dense et le game design plus horizontal de cet opus. Presque toutes les surfaces peuvent être escaladées, et on ne ressent pas de gêne en grimpant : notre personnage se dirige là où on le souhaite, quand on le souhaite et de la façon dont on le souhaite.

Chaque type d'arme de corps-à-corps ou d'arc offre un gameplay différent et demande une maîtrise bien particulière. Si vous utilisez deux lames, vous devrez rester constamment en mouvement, puisque vous ne pourrez pas contrer ou parer les attaques ennemies. Cependant, vous frapperez bien plus vite qu'avec une masse d'arme, qui, quant à elle, vous permettra de bloquer les coups des adversaires avant de leur en asséner un nouveau une fois leurs défenses brisées.

Un élément présenté pour la première fois de la série par Assassin's Creed III et développé plus tard par Black Flag fait également son retour : les batailles navales. Ce point permet alors de faire respirer le joueur entre deux phases de jeu importantes et de renouveler entièrement son intérêt une fois la séquence achevée. Le fonctionnement, quant à lui, reste relativement similaire à celui d'Assassin's Creed: Black Flag, bien qu'il soit éminemment moins poussé, de par l'époque dans laquelle se déroule Origins.

Toujours en rapport avec l'eau, pour la première fois dans un Assassin's Creed, presque tous les fonds marins sont modélisés ! Vous pouvez ainsi nager sous l'eau comme bon vous semble, à la recherche d'une épave ou de ruines dans lesquelles se cachent des trésors enfouis, en faisant attention à ce qu'un crocodile ne vous attaque pas pendant votre petite exploration sous-marine.

C'est ainsi qu'Origins réussit à tenir le joueur en haleine toute sa durée : chaque mission secondaire est unique, les activités annexes sont lucratives et plaisantes à réaliser, et parfois, des éléments aléatoires se déclenchent, rendant l'expérience de jeu unique. De temps à autre, tous les points énoncés précédemment se rencontrent et s'assemblent, offrant une qualité de jeu déconcertante, qui n'aura de cesse de vous ébahir au cours de votre aventure. Alors que vous partez pour exécuter une mission secondaire, vous pouvez vous retrouver confronté à un ennemi issu d'une autre mission, à un animal agressif ou encore à un chasseur de primes venu vous assassiner. L'équipe de développement de Black Flag semble ainsi avoir accordé autant d'importance à ces points que sur leur précédent Assassin's Creed.

Côté technique...

Grâce au travail digne d'éloge des historiens ayant travaillé sur le jeu, un simili d'égyptien antique a pu être reconstitué, renforçant foncièrement cette impression d'immersion, que ce soit dans l'époque ou dans le lieu.
De plus, les couleurs chatoyantes de la nature et des villes de l'Egypte Antique retranscrites par le jeu font de ce dernier un véritable bonheur pour les prunelles du joueur. Ainsi, errer sans but dans la nature ou dans les rues immenses d'Alexandrie devient un plaisir, et on ne s'oblige nullement à accomplir les missions principales sous prétexte que le monde est vide d'intérêt.

Le monde est également plus vivant que jamais dans un Assassin's Creed : que ce soit la faune, la flore, ou même les PNJ, le joueur se sent directement immergé dans cette Egypte Antique. En fonction de l'heure et du temps à l'extérieur, chaque citoyen adopte un comportement particulier, en fonction de sa condition sociale, de son métier, de sa famille. Vous pourrez ainsi croiser des marchands discutant en compagnie de leurs clients, des paysans labourant leurs terres ou encore des parents réprimandant leurs enfants. Pour une fois, on ressent que notre personnage n'est pas le centre du monde mais que, au contraire, il gravite autour de ce dernier. Ainsi, explorer l'un des mondes les plus vastes de la saga est captivant, et le joueur se retrouve parfois à tendre l'oreille pour écouter une discussion ou à se perdre sans but dans les villes ou le désert.

On regrettera cependant l'absence de thèmes musicaux marquants, si ce n'est un thème de la trilogie Ezio remanié qui ravira les fans. La musique est bien souvent absente, que ce soit lors de longues traversées désertiques, et parfois même dans les villes, où elle est parfois tellement fade qu'on ne la remarque même pas. Cependant, cette absence musicale sert à mettre en exergue un autre aspect sonore du jeu : les bruitages. Ces derniers sont en effet de très bonne qualité, que ce soit les pas de Bayek dans le sable, les discussions des PNJ qui se chevauchent lorsque l'on s'approche d'un lieu fortement fréquenté, le vent et l'eau sur les bateaux ainsi que le bruit du fer croisé en combat, tous ces éléments contribuent à l'ambiance magistrale de cet opus.

L'intelligence artificielle des ennemis que vous rencontrerez au cours de votre aventure souffre également de quelques problèmes, que l'on remarque principalement lors des phases d'infiltration : bien qu'ils soient capables de remarquer le joueur de loin et de rendre la moindre erreur fatale, ils arrivent même parfois à vous repérer dans des zones où ils devraient censément être incapables de le faire. En seulement quelques pirouettes et sans trop vous fatiguer, vous pouvez perdre une armada d'ennemis, ce qui donne parfois lieu à des scènes relativement hilarantes où un ennemi tourne autour d'un point en vous cherchant tandis que vous réalisez la même boucle, sans pour autant qu'il vous mette la main dessus.

Conclusion

Malgré quelques petites erreurs techniques et un scénario parfois basique et prévisible, Ubisoft nous livre ici un excellent jeu, et un excellent Assassin's Creed, qui n'a pas à pâlir devant les autres opus de la saga, bien au contraire. Les équipes de développement d'Ashraf Ismail et de Jean Guesdon ont eu le temps de finir pleinement leur jeu, et ça se ressent.
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  • Un scénario bien écrit...
  • Des personnages bien écrits, charismatiques et attachants
  • Un gameplay innovant et incroyablement varié
  • Un univers vaste, réaliste et bien développé
  • Une grande rejouabilité
  • ...mais parfois prévisible
  • Le jeu est très gourmand
  • Un manque de thèmes musicaux marquants
  • Une I.A parfois hasardeuse
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