Après un premier opus très bien reçu par la critique et fortement apprécié des joueurs, la licence A Plague Tale revient sur le devant de la scène avec A Plague Tale: Requiem, la suite des aventures d'Amicia et Hugo De Rune. Nous avons eu l'opportunité de parcourir le titre. Voici notre avis complet.
L'opus de la maturité
Un mot pour contextualiser
A Plague Tale: Requiem étant la suite directe d'
A Plague Tale: Innocence, il nous semble bon de revenir un court instant sur l'histoire du premier opus, sorti en mai 2019. Ainsi, pour rappel, les événements narrés dans A Plague Tale: Innocence ont lieu pendant la Guerre de Cent Ans et alors que
la peste noire ravage le pays. C'est dans ce contexte que nous rencontrons les deux protagonistes de la licence : Amicia De Rune, alors âgée de 15 ans, et son jeune frère, Hugo De Rune.
Pourchassés par l'Inquisition, Amicia et Hugo doivent fuir et survivre à tout prix. Durant leur périple, ils feront la rencontre de jeunes adolescents les aidant à échapper au Grand Inquisiteur. L'élément le plus important et qui nous semble absolument nécessaire de rappeler est le fait suivant : au début de l'histoire d'A Plague Tale: Innocence,
Amicia et Hugo ne se connaissent que très peu, bien qu'ils soient frère et soeur. En effet, Hugo a été élevé par sa mère tandis que leur père a éduqué Amicia. Ainsi, cette aventure les amènera à tisser des liens.
Des liens très forts. Des liens entre une soeur et son frère cadet. Des liens qui seront ceux d'une
Protectrice et d'un Porteur de La Macula.
Une aventure qui ne laisse pas de marbre
Sur A Plague Tale: Requiem, nous retrouvons Amicia et Hugo, accompagnés de leur mère, Béatrice De Rune, mais aussi de Lucas, un jeune apprenti alchimiste rencontré dans le premier opus. Ces derniers ont décidé de quitter la Guyenne, afin d'échapper à leur passé, et espèrent pouvoir trouver de la tranquillité dans le Sud de la France. Comme vous vous en doutez déjà, rien ne se passe comme prévu : alors qu'ils pensaient pouvoir couler des joueurs heureux tous ensemble,
La Macula (malédiction/maladie) dont est atteint Hugo
refait surface, et ce plus que jamais, mettant ainsi de nouveau en péril sa vie.

Cherchant des réponses et un remède, Amicia, Hugo, leur mère et Lucas se rapprochent alors de l'Ordre, et plus précisément du Magister Vaudin. Malheureusement,
la maladie a atteint un seuil critique. Leur dernier espoir est de se rendre sur
l'île mystérieuse, La Cuna, qu'Hugo voit en rêve. C'est donc un tout nouveau périple qui les attend, durant lequel ils devront faire face à des ennemis, mais aussi à de nombreuses vérités. En ce qui concerne le scénario d'A Plague Tale: Requiem, nous ne vous en dirons pas plus afin de vous garder la surprise entière. Mais, croyez-nous, ce deuxième opus livre
une aventure des plus palpitantes et émouvantes. Nous avons eu du mal à lâcher la manette tant
l'histoire est bien ficelée et poignante. À ce sujet, comptez entre
15 à 20 heures de jeu pour voir les crédits s'afficher sur votre écran. Une
durée de vie un peu plus longue que le premier épisode et qui satisfait pleinement.
Un opus plus sombre
Les développeurs de chez Asobo Studio ont expliqué dans
une série de vidéos, publiées sur la chaîne YouTube de Focus Entertainment, que, contrairement au premier titre de la licence, A Plague Tale: Requiem transporte Amicia et Hugo dans un monde d'adultes, cette fois-ci. Cela se ressent nettement à travers les dix-sept chapitres du jeu :
cet opus est beaucoup plus sombre et violent (pour public averti donc). Cela est perceptible à la fois dans les décors et environnements, qui oscillent entre splendeur et horreur, mais aussi dans les thématiques abordées et via les personnages.
Avec A Plague Tale: Requiem, nous avons le sentiment qu'Asobo Studio est allé plus loin en ce qui concerne
la psychologie des personnages. Marqués par les événements du premier opus, Amicia et Hugo sont, certes, plus matures, mais ils sont surtout
plus impétueux et belliqueux. Cela transparaît aussi bien dans leurs actions (nous le verrons plus tard en parlant du gameplay) que dans leurs réflexions. Amicia est impatiente, mais aussi sujette à des excès de colère et de rage, par moments. D'ailleurs, nous avons accès aux pensées de cette dernière, car elles les expriment à haute voix, et ce à de multiples reprises. Ce qui apporte un grand plus et nous permet de mieux saisir ses états d'âme. Quant à Hugo, qui n'est plus si passif, il est souvent rongé par la culpabilité et la colère. Ces évolutions psychologiques donnent naissance à des
scènes saisissantes et
émouvantes, dont nous sommes témoins, mais aussi acteurs.
Un périple intense
L'héritage d'Innocence, mais une suite plus poussée
Ce deuxième opus reprend bien évidemment l'essence du gameplay d'Innocence. Ainsi, le titre possède toujours une forte dimension infiltration. Or,
celle-ci a été peaufinée. En effet, contrairement au premier titre de la licence, qui se voulait assez dirigiste, nous avons
plus de liberté sur Requiem. Si le jeu n'est pas un monde ouvert pour autant, les niveaux se veulent tout de même plus spacieux et offrent alors davantage de possibilités pour contourner ou encore éliminer les adversaires (humains). À d'autres moments, nous avons accès à des séquences d'affrontement plus singulières : nous pensons, par exemple, à celle nous invitant à contrôler une petite baliste sur un bateau afin de défaire une armée. Par ailleurs, notons que votre manière de jouer détermine les capacités d'Amicia, notamment en termes de discrétion, d'agressivité, etc.

Sans oublier l'ajout de
l'arbalète, une nouvelle arme qu'Amicia débloque au cours de l'aventure. La présence même de ce nouvel équipement souligne à quel point Amicia a évolué et prouve de nouveau sa combativité. Elle est désormais prête à tuer, si cela est nécessaire à leur survie. Tout comme la fronde, les flèches de l'arbalète peuvent être enduites de produits alchimiques, créant des réactions diverses (embrasement, extinction de feux, etc.).
Or, comme vous le savez, les humains ne sont pas les seuls ennemis d'A Plague Tale. Les rats sont également présents, et ce en nombre. A Plague Tale: Innocence parvenait à générer 5 000 rats. Un chiffre bien plus conséquent sur Requiem qui, grâce aux nouvelles générations de consoles, passe ainsi à 300 000. D'ailleurs, leurs comportements, et donc animations, sont plus réalistes. Cette
évolution technique et technologique quant aux rats donne naissance à des
séquences très oppressantes, voire angoissantes, car ils se déplacent par milliers, telle une marée prête à submerger les protagonistes à la moindre occasion.
Heureusement, Amicia est bien équipée pour leur faire face : les outils alchimiques (Ignifer, Exstinguis, Poix, Odoris, etc.), permettent d'allumer ou de renforcer le feu des braseros, distraire ou attirer les rats à un endroit précis, entre autres. Des actions nécessaires pour se frayer un chemin parmi eux et parmi les ténèbres. Remarquons, au passage, que ces éléments de gameplay sont amenés de façon progressive dans les différents chapitres du jeu. De ce fait, les joueurs ont le temps de s'adapter et de maîtriser les mécaniques de jeu.
De plus, notons que l'équipement d'Amicia peut être amélioré via des établis, et ce en échange de fragments et d'outils collectés ci et là. Plusieurs améliorations sont disponibles, dont celle réduisant le bruit de la fronde ou encore celle permettant de porter plus de pots, pour ne citer que deux exemples. Celles-ci ne changent pas fondamentalement le gameplay, mais ont le mérite d'accorder de légers bonus appréciables.

Par ailleurs, comme sur A Plague Tale: Innocence, nous avons
accès aux pouvoirs surnaturels d'Hugo, donnant notamment la possibilité de prendre le contrôle des rats et de les diriger vers des ennemis. Une fonctionnalité qui n'est pas présente tout le temps, mais peut faire la différence, en cas de difficulté. De plus, grâce à la fine ouïe de ces créatures, Hugo est désormais capable de
« scanner » les environs, révélant ainsi la position des adversaires. Les deux jeunes protagonistes sont également bien accompagnés durant leur périple : chaque allié les aidant à leur façon, face à l'adversité. Mais nous ne vous en dirons pas plus à ce sujet pour vous laisser la surprise entière.
Ainsi, avec A Plague Tale: Requiem, nous ne sommes pas totalement dépaysés, question gameplay. En revanche,
Asobo Studio a retravaillé la formule, en introduisant plusieurs améliorations et de nouvelles mécaniques de jeu, qui sont très appréciables, font sens et apportent un véritable plus à l'expérience. Le
gameplay de Requiem étant ainsi
plus profond, plus viscéral d'une certaine manière.
Une réussite
Déjà sur A Plague Tale: Innocence, la bande originale était mémorable. Ici, sur Requiem, elle est
majestueuse. Se calant parfaitement avec l'action, les compositions musicales sont
vectrices de grandes émotions : elles renforcent le sentiment d'oppression, d'horreur, de beauté des plans et mettent en valeur l'histoire de ce deuxième opus. D'ailleurs, nous vous recommandons de parcourir le titre avec un casque pour plus d'immersion (d'autant plus si vous en avez un avec l'audio 3D). Le compositeur de la licence, Olivier Derivière, montre donc à nouveau tout son génie ici. Il y a fort à parier que la soundtrack du jeu accompagnera les joueurs bien après avoir terminé l'aventure. Les bruits sonores ne sont pas en reste, non plus, et sont d'une belle justesse.
Sublime ! Voici le mot qui nous vient à l'esprit quand nous pensons à la direction artistique d'A Plague Tale: Requiem. Comme dit précédemment, le périple d'Amicia et d'Hugo nous transporte dans
différentes régions et donc divers types d'environnements : forêt, plage, ville/village, carrière d'ocre, souterrains, galeries étroites, etc. Ces changements réguliers de décor sont une bonne idée, tant ils apportent de la fraîcheur à l'aventure et permettent de ne pas lasser le joueur. Par ailleurs, ces décors, appuyés par des
jeux de lumière maîtrisés, oscillent volontiers entre
paysages somptueux et environnements lugubres, voire horrifiques. Ce qui donne une certaine gravité et profondeur à cette suite. Nous aurions aimé avoir un peu moins de flou sur certains arrière-plans pour pleinement profiter des visuels, qui sont incroyables, mais qui auraient encore plus gagné en netteté sans cela.
Pour Requiem,
la full motion-capture a été utilisée (seulement pour les mouvements du corps sur Innocence). Cette utilisation complète de la technologie renforce, évidemment, le réalisme et l'immersion de façon générale. Mais ce sont surtout les expressions et émotions transparaissant sur le visage des protagonistes qui nous ont marqués. Remarquons que nous avons joué en VF et en VO. Les deux sont convaincantes, bien que la synchronisation labiale manque, parfois, un tantinet de précision en VF, selon nous.

Ayant parcouru A Plague Tale: Requiem selon sa version PS5, nous avons pu profiter de temps de chargement rapides. Grâce au retour haptique, aux vibrations de la DualSense (lors de sprints, lorsque les ennemis repèrent Amicia, notamment) et aux gâchettes adaptatives, l'immersion était d'autant plus au rendez-vous. Techniquement, nous avons été témoins de très peu de bugs visuels (hormis un filet suspendu qui se balançait incessamment, dans un niveau) et de problèmes techniques. À l'exception de quelques baisses de framerate (qui feront certainement l'objet d'un patch),
la version PS5 d'A Plague Tale: Requiem est très fluide et stable.
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