Test Yoshi and the Mysterious Book : page après page, une aventure pleine de curiosité
le 20 mai 2026 à 09h00
Conditions de test
- Manette utilisee : Manette Switch 2 Pro
- Console utilisee : Nintendo Switch 2
- Temps de jeu : Environ 10 h (Histoire non terminée)
- Version du jeu : Version commerciale fournie par Nintendo
Un livre qui tombe du ciel
Tout commence sur l'île des Yoshi, quand un livre parlant prénommé Mysterius tombe soudainement du ciel. Ses pages fourmillent de créatures étranges et mystérieuses, mais Mysterius est incapable de lire son propre contenu. Il n'a donc qu'une solution, demander l'aide de Yoshi pour plonger dans ses chapitres, observer ces créatures inconnues et en percer les secrets.
Bien que plutôt simpliste, l'histoire se veut accessible et se suffit à elle-même pour donner envie d'avancer. Elle pose les bases d'une aventure qui se révèle bien plus riche qu'on ne le croit au premier abord et qui se découvre véritablement page après page. À noter que Yoshi and the Mysterious Book est une exclusivité Nintendo Switch 2, développée en Unreal Engine comme son prédécesseur Crafted World. Il est possible d'avoir jusqu'à trois sauvegardes distinctes.
Un style visuel qui se mérite
La première chose qui frappe en lançant le jeu, c'est sa direction artistique. Nintendo a opté pour un style aquarelle et illustration papier, avec des textures peintes sur Yoshi et les créatures, des contours crayonnés sur les éléments d'arrière-plan et des effets de taches de couleur en fond de décor. Certaines animations adoptent volontairement une cadence réduite pour évoquer le stop-motion, bien plus un choix artistique assumé qu'une limitation technique.
Le résultat donne vraiment l'impression de se déplacer dans un livre illustré à la main, et vient ajouter une couche de douceur à l'ambiance déjà cosy du titre. Ce n'est pas aussi aplati qu'un Paper Mario, mais l'univers graphique est cohérent, chaleureux et agréable à parcourir. À l'extérieur du livre, l'habillage visuel adopte un style plus classique, mais c'est bien à l'intérieur des pages que le jeu s'exprime pleinement.
Il y a aussi un petit détail qui fait plaisir dès le départ. On peut choisir librement la couleur de son Yoshi à tout moment, sans que cela n'impacte le moindrement le gameplay. Pas de capacité spécifique selon la couleur, pas de zones réservées. C'est purement cosmétique, mais le fait de pouvoir en changer quand on veut est une liberté qu'on n'a pas souvent dans la série, et c'est appréciable. Vous êtes team quoi d'ailleurs ? Turquoise pour nous !
Explorer, observer, expérimenter
Le cœur du jeu repose sur un concept assez inhabituel pour un platformer, celui de cataloguer des créatures. On parcourt les pages du livre et certains paysages laissent percevoir des créatures qui interagissent parfois avec le monde dans lequel elles sont dessinées. On doit alors approcher notre loupe pour les étudier et entrer dans leur tableau.
Yoshi peut interagir avec elles de plusieurs façons, que ce soit les avaler, les porter sur son dos ou encore sauter dessus. À chaque découverte validée, une petite animation de griffonnage apparaît directement sur les pages du livre, comme si Mysterius notait tout en temps réel. C'est un détail visuel simple, mais il renforce constamment l'immersion dans l'univers du jeu.
Chaque découverte rapporte des étoiles, qui servent à débloquer les chapitres suivants. Selon l'importance de la trouvaille, on en gagne plus ou moins, et finir un tableau ne signifie pas pour autant avoir tout découvert. Certaines interactions nécessitent de revenir avec des créatures rencontrées dans d'autres chapitres. Des indices partiels peuvent nous orienter sans pour autant tout révéler, et il faut parfois chercher le bon endroit où deux créatures coexistent pour déclencher une réaction spécifique.
Ça demande du temps et de l'observation, et c'est précisément là que le jeu trouve sa profondeur. Les créatures ne se limitent pas à un seul tableau. On les découvre d'abord dans un chapitre particulier, puis on les retrouve dans d'autres environnements où elles interagissent différemment. Chaque chapitre apporte son lot de nouvelles espèces, parfois des variantes de créatures déjà connues, et la mécanique se renouvelle suffisamment pour maintenir l'envie d'explorer.
On peut également donner un nom à chaque créature soi-même, ou laisser le jeu s'en charger. Mysterius réutilise ensuite ce nom dans ses textes et annotations. Rien d'essentiel sur le plan du gameplay, mais ça contribue à ce sentiment de s'approprier la découverte et de vivre l'exploration à son propre rythme.
Un platformer qui s'efface pour laisser place à la curiosité
Yoshi dispose de toutes ses capacités habituelles, avec notamment ce fameux saut flutter qui lui permet de rester un instant en l'air à coups de battements de pattes frénétiques. Les fans de la série reconnaîtront immédiatement le bruit caractéristique qui l'accompagne. C'est une mécanique qu'on utilise souvent pour explorer la verticalité des niveaux, et ça peut devenir légèrement répétitif sonalement pour les personnes à proximité, mais les fans de Yoshi y verront surtout la marque de fabrique du personnage.
Autre point important, on ne peut pas mourir dans ce jeu, et c'est pleinement assumé. Loin d'être un manque, ce choix libère complètement la façon dont on joue. On teste, on saute dans le vide, on se jette sur des ennemis, on expérimente sans contrainte.
C'est cette absence de punition qui donne au jeu son côté documentaire animalier interactif, où l'on passe son temps à observer et à essayer plutôt qu'à répéter des séquences par crainte de perdre une vie. La verticalité est bien présente malgré l'absence de 3D, avec des plateformes hautes et basses qui invitent à chercher comment y accéder. Si une plateforme est là, c'est qu'il existe un moyen d'y aller, et trouver lequel fait partie du plaisir.
Des découvertes se font aussi par accident en tombant dans un trou ou en cassant un élément du décor sans l'avoir prévu, et c'est souvent là que les meilleures surprises se cachent.
Des systèmes qui enrichissent l'exploration
Pour ne jamais laisser le joueur complètement dans le noir, le jeu propose plusieurs filets de sécurité bien pensés. Les pièces collectées dans les niveaux permettent de débloquer des indices, qui apparaissent sous forme d'ombres et expliquent ce qu'il faut accomplir pour valider une découverte.
De temps en temps, une tache d'encre animée fait son apparition et pousse à réaliser un objectif précis, généralement lié à l'avancée principale de l'aventure. C'est discret, bien intégré, et ça évite de bloquer sans pour autant tout donner sur un plateau.
Les amiibo sont également compatibles. Depuis le menu principal, Mysterius propose chaque jour une prédiction en utilisant les figurines Yoshi, Bowser Jr. et Poochy, les seules à offrir un véritable avantage dans le jeu. N'ayant pas eu ces figurines en main lors du test, difficile de détailler précisément ce que cette fonctionnalité apporte. Les autres amiibo se limitent quant à eux à faire gagner une vingtaine de pièces, ce qui reste anecdotique.
Un jeu accessible, mais pas sans fond
La difficulté de Yoshi and the Mysterious Book s'adapte à ce qu'on veut en faire. On peut le traverser en mode émerveillement pur, découvrir les créatures au fil des chapitres et avancer sans chercher à tout compléter. C'est une expérience agréable et accessible, pensée pour tous les profils, notamment les plus jeunes ou ceux qui veulent un jeu posé après une longue journée.
Mais pour ceux qui veulent aller au bout, la difficulté est bien réelle. Trouver certaines interactions spécifiques demande de l'observation, de la patience et parfois de revenir dans un tableau avec des créatures découvertes ailleurs. Certaines créatures ont tendance à fuir ou à beaucoup bouger, ce qui complique leur manipulation.
Il y a bien des combats de boss, mais dans l'esprit du jeu. Le méchant emblématique n'est autre que Bowser Jr., qui se perd dans les pages à la recherche de quelque chose en particulier dont on vous laisse le soin de découvrir. Comme on ne peut pas mourir, ces affrontements restent accessibles et sans pression, davantage pensés comme des moments forts de l'aventure que comme de véritables épreuves. C'est cohérent avec l'ensemble et ça ne dénature pas l'expérience.
Les joueurs en quête d'un platformer à la Mario, avec des timings précis et un challenge constant, ne trouveront pas leur compte ici. En revanche, pour un public familial, pour ceux qui apprécient les expériences inventives et rejouables, ou simplement pour les fans de Yoshi, le jeu tient ses promesses.
Une durée de vie bien dosée
Le jeu propose suffisamment de chapitres pour se diversifier sans jamais lasser. Chacun apporte son propre environnement et ses propres créatures, et on évolue aussi bien dans les airs que sous l'eau ou sur terre. Cette variété apporte une vraie fraîcheur au fil de l'aventure, sans jamais tomber dans la redondance.
Tous les niveaux n'ont pas la même dynamique non plus. Certains sont plus rythmés, d'autres plus posés, et c'est pleinement assumé. Yoshi and the Mysterious Book se prête davantage à des sessions courtes et cosy, où l'on revient régulièrement pour faire de nouvelles découvertes ou simplement se poser dans un univers chaleureux.
Le jeu joue également sur la transparence des niveaux pour entretenir cette envie d'explorer. Si l'on aperçoit un trou ou un passage suspect, le sol ne se découvrira qu'une fois qu'on s'y aventure vraiment. Rien n'est révélé à l'avance, ce qui oblige à chercher, tester et réfléchir. Un détail bien pensé qui renforce encore davantage le plaisir de la découverte.
La direction artistique est réussie, la mécanique de découverte fonctionne bien et le concept de livre vivant apporte une vraie cohérence à l'ensemble.
C'est un titre qui plaira naturellement aux familles, aux fans de Yoshi et à ceux qui cherchent une expérience posée sur Switch 2. Les joueurs en quête d'un challenge plus exigeant passeront leur chemin, et c'est honnête de le dire.
- +Direction artistique maîtrisée
- +La chasse aux tests et découvertes
- +Ambiance cosy
- +Accessible
- +On peut jouer tous les Yoshis
- -Trop accessible ?
- -Boucle de gameplay redondante sur la durée
- -Pas de vrai challenge
- -Pas de coopération



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