Huit ans après sa sortie sur Wii U, Xenoblade Chronicles X revient sous les projecteurs avec une édition définitive très attendue. Nous avons plongé dans cette version revisitée de ce RPG d'exploration massive, réputé pour son monde ouvert gigantesque et ses combats dynamiques et voici notre avis.
Conditions de test
- Manettes utilisées :
- Manette Nintendo Switch pro
- Nintendo Switch OLED portatif
- Console utilisée : Nintendo Switch OLED
- Temps de jeu : 30 heures (jeu non terminé)
Préambule
Pour contextualiser notre expérience, nous avons testé le jeu en mode portable et sur télévision via le dock de la Nintendo Switch. En revanche, nous n'avons pas joué à
Xenoblade Chronicles X sur Wii U, et notre seule référence dans la saga reste
Xenoblade Chronicles 3.
Ce test s'adressera donc avant tout aux
néophytes et mettra l'accent sur
l'accessibilité de cet opus, plutôt que de le comparer en détail aux précédents jeux ou à la version originale.
Vers l'infini et au delà
L'histoire de
Xenoblade Chronicles X débute sur
Terre, ou plutôt lors de ses
derniers instants. Une invasion extraterrestre d'une puissance écrasante réduit littéralement notre planète en poussière. Heureusement, l'humanité avait anticipé cette menace et construit
plusieurs vaisseaux d'évacuation pour préserver son existence.
Mais la fuite tourne au désastre. La majorité des vaisseaux sont détruits en tentant d'échapper à l'attaque. Seule la
Grande Blanche parvient à s'échapper, laissant derrière elle l'explosion de la Terre. Perdus et isolés, les survivants errent dans l'espace pendant plusieurs années avant d'être repérés par leurs poursuivants. Pris en chasse, ils sont forcés de s'écraser sur une planète inconnue et regorgeant de vie.
C'est là que commence votre aventure, en tant que « Terrestre », personnalisable avant prise en main, luttant pour survivre dans cet environnement hostile. Heureusement, tout n'est pas perdu : la
zone d'habitation a résisté au crash et sert de base improvisée, un refuge permettant aux rescapés de s'adapter et d'apprendre à cohabiter avec les indigènes de ce nouveau monde.

Votre premier voyage vous mène aux portes de
New Los Angeles, la zone d'habitation des survivants. Pourtant, il faut bien avouer que le simple trajet jusqu'à ce refuge aurait pu mettre un terme à notre aventure avant même qu'elle ne commence. Dès les premiers instants, le jeu vous plonge dans
un monde aussi magique qu'hostile, où
chaque décision repose sur vous.
Nous étions déjà bien à l'aise avec la mécanique de combat, surtout après
Xenoblade Chronicle 3, pourtant, bien que peu nombreux au début, ils suffisent à vous submerger sous un flot d'informations, tandis que la gestion des Arts n'est pas immédiatement intuitive. Malgré tout, nous avons persévéré, curieux de comprendre ce qui avait valu au jeu tant de
critiques dithyrambiques.

Une fois arrivé à New L.A., le choc est immédiat. Installée depuis à peine deux mois, la ville impressionne par son organisation, ses activités et surtout sa taille. Comme si le jeu nous prévenait dès le départ :
vous allez y passer des heures. Les points d'intérêt se multiplient, et l'on découvre le
BLADE, l'unité militaire que l'on rejoint en tant que combattant. Vous devez y choisir une division selon vos affinités, qu'il s'agisse de récupérer des épaves de la Grande Blanche, protéger la ville contre les indigènes hostiles, chercher des matériaux ou explorer le monde. Ce choix n'est pas définitif et n'influence pas directement vos missions, mais
il permet de mieux vous immerger dans cet univers.
Et ce n'est que le début. Après plusieurs heures de jeu, on réalise que tout cela ne représente que la base des bases. À cela s'ajoute un arbre sociologique, un système où chaque habitant est répertorié et où vos réponses et actions influencent leurs relations. Il existe ainsi des missions d'entente et des tête-à-tête avec des personnages inconnus qui, au fil du temps, pourront rejoindre votre équipe de 1 à 4 membres jouables.
Développer ces liens permet d'améliorer les relations, de
débloquer des compétences ou simplement d'en apprendre plus sur cet univers riche et interconnecté.
Le puzzle ne cesse de s'étoffer, ajoutant une couche de complexité constante. Heureusement, tout est guidé, à condition de prendre le temps de lire
la montagne d'informations fournies, que ce soit dans les menus ou à travers les discussions entendues en ville et sur la planète. Une densité qui peut intimider, mais qui promet une immersion totale pour ceux prêts à s'y plonger.
Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'adversité
Pour autant,
New L.A. ne peut pas survivre seule. Il vous faudra explorer le monde extérieur, notamment pour
installer des sondes, qui révèlent les
points d'intérêt, cartographient les
zones hostiles et facilitent l'extraction de
minerais. Mais avant de les activer, encore faut-il trouver leur emplacement, souvent
caché ou difficile d'accès. Chaque sonde peut ensuite être
modifiée parmi différents modules, qui se débloquent au fil des missions et de l'avancée du scénario. Selon leur niveau, elles permettent de
récupérer de l'argent, des matériaux ou même de
booster d'autres sondes pour maximiser leur efficacité.
Bref, en tant que
membre du BLADE, l'extérieur vous appelle.

Et une fois dehors,
c'est un choc. La liberté est immense et les possibilités
vertigineuses. Suivre le chemin ? Combattre tout ce qui bouge ? Nager, sauter, explorer des zones qui semblaient
inaccessibles ? Naviguer à travers une faune où
les créatures n'ont pas de niveau uniforme, laissant parfois traîner
d'immenses colosses dix à vingt fois plus puissants que le reste de la zone ? Oui, tout ça en même temps.
Sans oublier ces indigènes experts en camouflage, prêts à surgir au pire moment.
Piqué par la curiosité, on se retrouve souvent
là où on ne devrait pas être, explorant chaque centimètre carré, même au péril de notre survie. Et là, peut-être que vous vous demandez :
« Mais pourquoi continuer ? » Nous aussi, au début. Et pourtant, le temps passe.
Dix heures de jeu derrière nous, et quelque chose nous attire toujours. Est-ce la curiosité ? L'envie de repousser nos limites ? Ou simplement une addiction insidieuse ? Peu importe. Nous voilà en train de
peaufiner nos compétences, d'ajuster nos classes, d'étudier la faune locale, minute après minute, heure après heure.

Et le combat dans tout ça ? Un vrai concentré de dynamisme .Les monstres évoluent librement sur la carte et, selon leurs attributs, peuvent se montrer
agressifs, passifs, ou même rejoindre un combat en cours, peu importe leur niveau. Certains monstres aux capacités atypiques disposent d'un cadre différent et sont dénommés Tyran pour finir de les rendre plus dangereux. Il est possible de se déplacer pendant l'affrontement, mais attention,
l'esquive dépend des compétences ou d'un passif spécifique, donc inutile de croire que fuir en courant vous sauvera la mise.
Sur la carte et hors combat, vous pouvez choisir quel personnage incarner, mais une fois lancé, impossible d'en changer. De plus, l
e positionnement de votre héros est déterminant, certaines attaques étant plus efficaces dans le dos ou sur les flancs de l'ennemi. Un large éventail d'actions, défini par votre classe et son niveau, s'affiche en bas de l'écran, accompagné de timers et d'affinités spécifiques.

Chaque allié profite d'auras et de cris de guerre, capables de déclencher des compétences stratégiques, comme des soins d'urgence ou des boosts de dégâts. On teste, on ajuste, on cherche les meilleures combinaisons de classes, on part en missions d'entente pour débloquer de nouveaux personnages… Et avant même de s'en rendre compte, on est happé par cette spirale d'expérimentation aussi captivante qu'addictive.

Cerise sur le gâteau, il est possible d'
équiper deux armes différentes, interchangeables en combat, chacune avec ses propres
Arts. L'équipement aussi joue un rôle clé, chaque pièce apportant ses
forces et faiblesses qu'il faudra équilibrer selon votre style. Et si votre armure manque de style, pas de panique : un
mode alternatif permet de personnaliser l'apparence de votre personnage sans impacter ses stats.
Oui, mais
Vous l'aurez compris, la quantité dantesque de possibilités offertes par
Xenoblade Chronicles X mettra rapidement à l'épreuve les plus
téméraires d'entre vous, tout en récompensant les plus
patients. Mais le titre n'est pas exempt de défauts, bien que ceux-ci soient largement compensés par la qualité du
gameplay et de la
direction artistique.

Prenons par exemple la multitude de quêtes, sous toutes leurs formes. Elles sont un excellent moyen de gagner de l'
expérience, de l'
équipement et des
consommables, mais elles ont la fâcheuse tendance à se ressembler. Tuer tel monstre, récolter tel matériau, enchaîner les
allers-retours pour parler à une ribambelle de PNJ.
Un schéma
répétitif qui devient vite lassant, d'autant plus que de nombreuses
cinématiques, bienvenues sur le principe, viennent ralentir drastiquement le rythme, parfois même sans réel intérêt scénaristique. Résultat ? On finit par les passer, on trace vers les zones indiquées sans même lire les objectifs, et l'on réalise que la
géolocalisation des ressources n'est pas non plus le point fort du jeu.

Autre point frustrant : la
quête principale impose souvent de boucler des
missions annexes. Certaines d'entre elles sont liées à des personnages spécifiques qui deviennent alors temporairement indisponibles, forçant à remanier son équipe sans arrêt et à trouver des alternatives avant de poursuivre l'aventure.
Ajoutez à cela un
tutoriel aussi complet qu'interminable, qui vous bombarde d'informations et vous oblige à attendre plusieurs heures avant de vraiment entrer dans le
vif du sujet. Le jeu brille autant qu'il se pénalise par sa
complexité, rendant l'expérience parfois
hermétique pour les nouveaux venus.

Enfin, ce trop-plein de
liberté a un revers de médaille. Il nous est arrivé plus d'une fois d'
errer sans but, cherchant à comprendre une quête ou l'ennemi à abattre, se faisant
écraser par des monstres trop puissants, ou encore peinant à trouver son chemin. Mais le plus frustrant reste sans doute ces quêtes qui exigent la collecte de
ressources via les
sondes : ici, seul le
temps fera avancer votre mission, pourtant
cruciale pour la progression. Une mécanique qui, si elle participe à l'
immersion, risque surtout de mettre votre
patience à rude épreuve.
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