Nous avons eu l'opportunité de parcourir le nouveau jeu du studio de développement Awaceb, Tchia. Voici notre avis complet.
Tchia Versus Meavora
Une petite île de sable blanc. Des palmiers de grande taille, offrant ombrage et fraîcheur. Des oiseaux chantant leur bonheur à tue-tête. Les vagues venant s'écraser doucement et mélodieusement sur la berge.
Un tableau paradisiaque, à l'abri de l'agitation citadine. C'est sur cette île que Tchia et son père vivent. Malheureusement, cette tranquillité est très vite mise à mal : le tyran de l'archipel, Meavora, a commandité l'enlèvement du père de la jeune fille.

Malgré son jeune âge,
Tchia ne compte pas rester les bras croisés et décide de partir à la recherche de son père, qui est détenu quelque part, à des kilomètres de son petit coin de terre paisible et reculé. Sa première destination : la grande ville, Aëmoon, afin d'avoir une entrevue avec Meavora. Une rencontre qui ne peut se faire avant d'avoir respecté la Coutume, soit d'avoir rapporté certains objets en offrande. Des items que Tchia trouve aux quatre coins des îles situées les plus au nord. Endroits où elle fait la rencontre de différents personnages secondaires, découvre de nouvelles cultures et réalise l'étendue du pouvoir de Meavora sur tout l'archipel.
Très vite, le périple de Tchia prend une tout autre tournure : il n'est plus seulement question de retrouver son père, fait prisonnier, mais de
mettre un terme au règne de terreur de Meavora et, donc, sauver l'archipel et ses habitants. Une quête faite de pérégrinations, sur terre comme sur mer, et de quelques séquences d'affrontements contre les créatures maléfiques créées par Meavora, les Maano.

L'histoire principale du soft n'est, comme vous vous en doutez, pas très longue. Néanmoins, elle est accrocheuse. Celle-ci, présentée comme un conte pour enfants dans lequel Tchia fait figure de véritable sauveuse pour les générations à venir, est assez bien pensée et comporte quelques rebondissements scénaristiques efficaces.
En ce qui concerne sa durée de vie, notons que celle-ci peut grandement varier en fonction de vos objectifs : or, en ligne droite, le jeu peut être terminé en cinq heures environ. Néanmoins,
Tchia propose un monde ouvert plutôt vaste et regorgeant d'activités. De ce fait, il est fort possible de passer plus de temps sur le soft, et davantage encore si vous désirez obtenir son Platine/100 %.
Un gameplay qui fait du bien
Une expérience rafraîchissante
Bien que certaines des mécaniques proposées pour les déplacements soient somme toute assez basiques (grimper, plonger, planer, naviguer - hormis le bond d'âme, donc), celles-ci fonctionnent à la perfection et offrent de belles possibilités d'action : se catapulter depuis un palmier, descendre une pente à toute blinde en glissant, etc. Nul doute que les joueurs s'amuseront à essayer différentes combinaisons.

De la même manière, nous retrouvons des éléments de jeu que nous connaissons, notamment la jauge d'endurance, qui peut être améliorée en trouvant et en consommant des « fruits d'endurance ». Notons tout de même que celle-ci fait, ici, également office de barre de santé. Mais aussi le fait de pouvoir personnaliser la protagoniste ainsi que le bateau.
Cependant, Tchia ne se contente pas seulement de reprendre les codes du genre,
le titre d'Awaceb parvient à apporter sa touche personnelle et à insuffler un peu de fraîcheur, notamment en ce début d'année 2023 marqué par les sorties successives de AAA.
Sur Tchia, ne comptez pas sur la présence d'armes à feu. Et rien que cela fait du bien, vous en conviendrez certainement (si tant est que vous soyez réceptif à ce type de proposition vidéoludique). Ainsi, la protagoniste ne peut compter que sur ses capacités de déplacement et son pouvoir unique, intitulé « Bond d'âme », pour se défaire de ses ennemis faits de tissu et de bois, les Maano. Des affrontements qui sont rendus obligatoires seulement à un moment donné dans l'histoire principale (et encore il est possible d'opter pour une approche très furtive).
Nous avons grandement apprécié le fait que
le jeu ne nous force pas à enchaîner les combats, hormis dans la séquence indiquée ci-dessus. En effet, les camps des Maano, à retrouver à différents endroits sur les îles, sont en réalité facultatifs. Par ailleurs, remarquons que dans cette
logique de quasi non-violence, la protagoniste ne peut pas mourir des mains des Maano, elle ne peut qu'être faite prisonnière. De plus, un mode Famille, permettant de réduire les scènes de combat, est disponible dans les options.
Revenons, tout de même, un instant sur le Bond d'âme. Ce pouvoir permet à
Tchia de contrôler un objet ou bien un animal, pendant un certain temps. Par exemple, vous pouvez transposer l'âme de Tchia dans un jerrican d'essence, puis l'enflammer pour brûler les tas de tissu ou bien les Maaano. Contrôler un dauphin ou un requin permet, entre autres, de se déplacer plus vite sous l'eau. Et nous vous en passons, afin de vous laisser la surprise entière.
Force est de constater, manette en main, que le Bond d'âme est plutôt amusant et nous offre une certaine liberté, que ce soit lors des combats ou durant l'exploration.
Un terrain de jeu paradisiaque
Le gameplay de Tchia propose également d'autres à-côtés récréatifs, qui font tout à fait sens et distillent beaucoup de fun à l'ensemble. Par exemple, dès le début de l'aventure, nous avons accès au ukulélé : en effectuant certaines combinaisons de notes, dites « mélancolies d'âme », il est ainsi possible de bénéficier de divers effets, comme passer le temps ou bien invoquer un animal précis. Les mélancolies d'âme doivent être débloquées en terminant des empilements de pierres. Exercice qui nous demande, comme son nom l'indique, d'empiler des pierres pour former une sorte de cairn. Ce qui exige de trouver le bon emplacement et axe pour les pierres afin de les faire tenir en équilibre, jusqu'à la complétion de la structure. Et encore, il ne s'agit que d'une activité parmi tant d'autres.

En marge des missions principales, et même après avoir terminé la campagne, les joueurs et les joueuses ont, effectivement,
la possibilité d'effectuer diverses activités annexes, notamment des défis de course ou encore de stand de tir, demandant d'atteindre un certain nombre de points pour remporter un trophée en or, ou encore des machines à grappin. Nous pensons également aux Temples Totem, lieux dans lesquels les compétences de Tchia sont mises à l'épreuve, mais permettent d'augmenter la réserve d'âme (jauge liée à la capacité « Bond d'âme » et indiquant le temps de contrôle). Pour y accéder, il convient au préalable de sculpter un totem, en respectant un dessin prédéfini. En plus de cela,
plusieurs types de collectibles et objets sont à trouver : figurines tressées, perles de bénitier, coffres à objets et bien d'autres.
Non, il n'y a pas le temps de s'ennuyer sur Tchia !
Si l'aventure est des plus plaisantes,
nous aurions aimé que les développeurs rendent les voyages rapides plus faciles et accessibles. Cette fonctionnalité est seulement disponible via les ports, qu'il convient, au préalable, de débloquer en s'y rendant. De plus,
il est parfois difficile de se repérer sur la carte, car celle-ci n'affiche pas la position précise du personnage. C'est uniquement en interagissant avec des panneaux que nous pouvons la connaître ou bien en effectuant quelques déductions. C'est, parfois, assez frustrant. À ce sujet, notons que tous les points d'intérêt peuvent être révélés en se rendant à un point de vue.

Comme dépeint brièvement plus haut, l'aventure
Tchia se déroule dans un monde composé d'un archipel, regroupant deux ensembles d'îles. Le tout étant ouvert et fortement inspiré de la Nouvelle-Calédonie, la terre natale des fondateurs du studio de développement Awaceb. Autant dire que les grands espaces y sont légion et sont donc un
véritable terrain de jeu.
Tchia nous invite sans cesse à explorer, à nous amuser avec la physique et à faire des découvertes.
Une aventure charmante et poétique
Comme vous avez pu le voir grâce aux différents trailers ou encore aux images ci-dessus,
Tchia profite d'une direction artistique, versant dans le cartoonesque, très jolie et très colorée. La palette de couleurs plutôt chatoyante donne beaucoup d'allure aux paysages, qui invitent quelque peu à la contemplation, et à l'aventure en général.
En outre, certains effets sont réussis : nous pensons notamment aux lagons, dont la transparence laisse apparaître les coraux, mais aussi aux vagues et à l'écume qu'elles forment. Les environnements proposés offrent un peu de diversité. Nous avons apprécié les explorer et découvrir les différents petits villages. Néanmoins, à plusieurs reprises, notre expérience a été impactée par
d'importantes baisses de framerate et surtout par de nombreux crashs de l'application de jeu (sur la version PlayStation 5). Ce qui n'est en rien handicapant en soi, mais nous espérons que tout cela sera corrigé au plus vite afin que les joueurs profitent pleinement de cette ballade vidéoludique charmante qu'est Tchia.
En plus d'être agréable,
l'aventure Tchia est aussi poétique grâce à sa bande originale, emprunte de mélodies et de chants typiques de la Nouvelle-Calédonie. Un vrai plaisir, pour les oreilles. À ce sujet, remarquons que les joueurs et les joueuses ont également un rôle à jouer : tout au long de l'aventure, des séquences musicales, durant lesquelles nous jouons du ukulélé ou des instruments à percussion, sont proposées. Faisant presque office de mini-jeu, ces séquences nous invitent à cliquer sur la note adéquate ou suivre le rythme en actionnant une touche, et ce au bon moment. C'est assez plaisant, à vrai dire. Notons, tout de même, que le titre ne vous force pas à les réaliser, car il est possible d'activer « le jeu auto » pour profiter, par exemple, pleinement de la musique jouée sans avoir à intervenir. Un mode libre, avec le ukulélé, est également disponible.
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